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Les jeunes : une insertion professionnelle difficile

[Le marché du travail en France et en Europe], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Manifestation contre le CPE, 2006.
Photo : Bertrand Guay © AFP

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Dans la plupart des pays d’Europe, les jeunes occupent une position particulière sur le marché du travail par rapport aux autres actifs : taux de chômage élevé, part très importante des emplois de courte durée, phénomènes de ˝déclassement˝, salaires faibles compte tenu du niveau de diplôme…  Les difficultés dans le processus d’insertion des jeunes sur le marché du travail, fortement dépendant du contexte conjoncturel, rendent laborieuses, voire parfois impossibles, la réussite de leur intégration sociale.

Un problème persistant dans tous les pays d’Europe

Manifestation des membres du groupe “"Génération précaire" devant  le Virgin Megastore à Paris, 2012

Manifestation des membres du groupe “"Génération précaire" devant  le Virgin Megastore à Paris, 2012.

PHOTO : Patrick Kovaric © AFP

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Selon un rapport de la Cour des comptes portant sur ˝Le marché du travail : face à un chômage élevé, mieux cibler les politiques˝ (Rapport public thématique, janvier 2013), « les jeunes (l’expression désigne conventionnellement les 16-25 ans en matière d’emploi) sont traditionnellement plus affectés que les autres catégories de la population active lors des épisodes de récession. Les causes de ce phénomène sont multiples et renvoient à la plus grande précarité de leur situation sur le marché du travail : plus forte proportion de contrats atypiques ou à durée déterminée, difficultés d’insertion sur le marché du travail renforcées en période de recul de l’activité. On constate cependant que le prix payé par les jeunes en période de difficultés économiques n’est pas identique selon les pays. La plus ou moins grande augmentation du chômage des jeunes lors des épisodes de récession éclaire l’efficacité, variable d’un pays à l’autre, des mécanismes d’insertion sur le marché du travail. Les pays qui disposent d’institutions permettant une bonne transition entre la période de formation et l’emploi (notamment grâce à des dispositifs de formation en alternance) affichent des résultats supérieurs aux autres. Ainsi, alors que la tendance générale est à une augmentation du taux de chômage des 16-25 ans durant la crise : de 2007 à 2011, le taux de chômage des jeunes a reculé de près de 2 points en Allemagne et a enregistré une légère baisse en Autriche et en Belgique. A l’inverse, d’autres, comme la Grèce et l’Espagne, ont vu le taux de chômage des jeunes augmenter de plus de 20 points. La France affiche une évolution proche de la moyenne de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) avec une augmentation du chômage des jeunes de 3 points entre 2007 et 2011. Ces différences dans l’augmentation du taux de chômage des jeunes durant la crise ont généralement amplifié les écarts importants qui existaient dans ce domaine. A cet égard, la France connaît un taux de chômage des jeunes proche de la moyenne de l’Union européenne, à environ 20 %, mais supérieur à ceux de certains pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou les Pays-Bas, qui enregistrent des taux inférieurs à 10 % ».              

Une situation particulièrement difficile en France

Qu’en est-il de la situation de l’emploi des jeunes en France ? Une étude du Conseil d’analyse économique dresse un bilan alarmant : « Aujourd’hui près de 1,9 million de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en éducation ni en formation. Ces "NEET" [Not in Education, Employment or Training] représentent près de 17 % de la tranche d’âge. (…) La France a un problème spécifique avec l’emploi des jeunes. À seulement 30 %, le taux d’emploi des 15-24 ans est deux fois plus faible qu’au Danemark, 1,5 fois plus faible qu’au Royaume-Uni, aux États-Unis ou en Allemagne. Lorsqu’on inclut les jeunes de 25 à 29 ans, la comparaison n’est guère meilleure. Ce décrochage n’existe pas pour les personnes âgées de 30 à 54 ans pour lesquelles la France se situe au-dessus de la moyenne de l’OCDE. La faiblesse du taux d’emploi des jeunes en France s’explique autant par une moindre fréquence du travail chez les jeunes qui sont encore en étude, que par un nombre très important de jeunes inoccupés. En effet, tous les jeunes qui ne sont pas en emploi ne sont malheureusement pas pour autant en éducation ou en formation. Nombreux sont ceux qui sont au chômage, voire inactifs. Cette population est en situation de grande précarité et rencontre les plus grandes difficultés d’insertion dans l’emploi ». (Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo et Klaus F. Zimmerman, ˝L’emploi des jeunes peu qualifiés en France˝, Les notes du Conseil d’analyse économique, n°4, avril 2013) 

Les jeunes en emploi ne sont pas pour autant épargnés, car ils sont souvent maintenus dans une situation de précarité : « En France, la segmentation du marché du travail touche les jeunes davantage qu’ailleurs. En 2009, la fréquence des emplois à durée déterminée y est cinq fois plus importante pour les jeunes que pour les adultes. (…) Plus la rupture d’un contrat stable coûte cher et s’accompagne d’une complexité juridique source de grandes incertitudes, plus les entreprises font appel aux contrats à durée déterminée pour sélectionner leur personnel et pour gérer les fluctuations de l’activité. Comme le recours à ces emplois est très facile, les entreprises en font un usage intensif ».

Mis à jour le 26/09/2013

 

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