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Ressources et potentiels de l’Iran

[Jusqu’où ira l’Iran ?], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Peinture murale du palais Ali Qâpu du XVIIe siècle à Ispahan, Iran.
© Véronique Bordeaux - 2009

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Géographique, géologique, démographique et culturel, les ressources de l’Iran  sont importantes et diverses.  En terme de développement, notamment de revenu par habitant, l’Iran fait jeu égal avec les pays émergents les plus avancés, le Mexique ou la Turquie par exemple, tout en devançant nettement l’Égypte, le Brésil ou la Chine. 

Statue d’Avicenne (980-1037), philosophe, écrivain, médecin et scientifique médiéval persan, Hamadan

Statue d’Avicenne (980-1037), philosophe, écrivain, médecin et scientifique médiéval persan, Hamadan.

© Bernard Demassiet

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Dans un article intitulé "Iran : la nouvelle puissance régionale ?" (publié dans "Iran, le retour", Questions internationales, n°77, janvier-février 2016, La Documentation française), Mohammed-Reza Djalili et Thierry Kellner passent en revue les facteurs de la puissance iranienne :

« Sur le plan géographique, l’Iran possède les attributs d’une véritable puissance régionale. Son territoire, d’une superficie totale de 1 648 000 km2 – soit trois fois la France – occupe le 18e rang mondial. (…) L’Iran (…) très extraverti, (…)  possède des frontières terrestres et maritimes avec une quinzaine d’États. Sur le plan de la localisation géographique, c’est un pays charnière, situé à l’intersection des mondes arabe, turc, indien et russe (…). Il est en outre placé au centre d’un vaste ensemble territorial, historique et culturel, qui constitue un monde particulier, le "monde iranien.", caractérisé par des nombreux traits communs.(…)

À l’échelle de l’ensemble de son voisinage, en termes de population, seuls la Turquie (de peu), la Russie et le Pakistan peuvent rivaliser avec l’Iran. (…) Avec (…) 80,8 millions d’habitants en 2015,  [ce dernier] est le 19e pays le plus peuplé de la planète et (…) le troisième plus peuplé du Moyen-Orient après l’Égypte (86,9 millions) et la Turquie (81,6 millions. (…) L’âge médian de sa population – c’est-à-dire l’âge qui divise la population en deux groupes numériquement égaux – est (…) de 28,8 ans, ce qui en fait un pays relativement jeune comparé à l’Europe occidentale. (…). » Avec une population qui, pourrait dépasser les 100 millions d'habitants à l'horizon 2050 selon les experts, l'Iran constituera le plus gros marché intérieur du Moyen-Orient.

Aller à l’école à Kerman, Iran

Aller à l’école à Kerman, Iran.

© Véronique Bordeaux – 2009

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En ce qui concerne les capacités techniques et scientifiques, la précellence de la science iranienne par rapport à ses pays voisins est « bien documentée. Durant le règne des Pahlavi (1925-1979), l’éducation de masse s’est répandue en Iran. La tendance s’est poursuivie sous la République islamique. Le taux d’alphabétisation atteindrait 86,8 % de la population dont 82,5 % des femmes. Téhéran dispose d’excellents établissements d’enseignement technique, supérieur et universitaire où les filles sont très nombreuses – plus de la moitié des étudiants dans l’enseignement supérieur. (…)

À titre d’illustration des potentialités scientifiques de l’Iran, on se souviendra  que la mathématicienne iranienne Maryam Mirzakhani, formée à l’université technologique Sharif à Téhéran, est devenue en août 2014 la première femme au monde récipiendaire de la médaille Fields, la plus prestigieuse récompense en mathématiques (…). »

Le chiisme

Les chiites représentent 10 à 15 % de la population musulmane du monde et sont minoritaires même à l’échelle du Moyen-Orient. Mis à part l’Iran, il n’y a que deux autres pays de la région où cette communauté est majoritaire : l’Irak avec 60 à 65 % de la population et Bahreïn avec 70 % environ. Les principaux lieux saints du chiisme sont situés en territoire irakien (notamment Karbala et Nadjaf).

L’islam chiite comprend trois branches : les duodécimains, les zaydites et les ismaéliens. L’ensemble des chiites vénère le prophète Mahomet, sa fille Fatima, son cousin et gendre Ali et les imams descendant de Fatima et d’Ali. Les chiites duodécimains, majoritaires, vénèrent douze imams dont le premier est Ali.

En Iran, le chiisme duodécimain est religion officielle depuis le début du XVIe siècle. Son adoption comme religion d’État a alors marqué un tournant majeur dans l’histoire des institutions et des doctrines religieuses. Ensuite, l’avènement du régime iranien a entraîné une innovation quant à la doctrine chiite de l’autorité. De nombreuses théories de l’État ont été élaborées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Iran, conçues pour légitimer ou au contraire pour récuser la pensée mise en œuvre par l’ayatollah Khomeyni. Les évolutions survenues depuis sa mort en 1989 ont suscité de multiples questionnements parmi les clercs qui ont abouti à un renouvellement de la pensée chiite, attestant les interactions entre les éléments politiques et institutionnels et les reformulations doctrinales. Dans le paysage intellectuel iranien, des convergences s’observent, à l’heure actuelle, entre laïcs et clercs qui s’interrogent sur les cadres d’appréhension de la religion. Ne citons que les noms de Abd ol-Karim Sorush, Mohsen Kadivar, Mohammad Mojtahed Shabestari, Mostafa Malekiyan …

  • Source : "Iran, le retour", Questions internationales, n°77, janvier-février 2016, La Documentation française.

  • Récolte de pétales de rose à Kashan, Iran

    Récolte de pétales de rose à Kashan, Iran.

    © Amytis - Diane Demassiet

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    Depuis la révolution islamique de 1979,  « en un peu plus de trois décennies, une véritable diaspora iranienne s’est constituée à travers le monde  (…) que certains responsables du régime estiment (…) à environ 7 millions de personnes (…). Éduqués, dynamiques et disposant d’une bonne capacité d’intégration dans leur nouvel environnement, de nombreux émigrés d’origine iranienne ont connu des réussites économiques (…). Leur expérience, leurs capitaux et leurs réseaux pourraient être autant d’atouts en cas de redéploiement économique de l’Iran. »  (…)

    « Malgré les difficultés qu’elle rencontre, c’est-à-dire, les obstacles structurels et un environnement macro-économique dégradé, l’économie iranienne se classait en parité de pouvoir d’achat, en 2014, au 19e rang mondial, juste derrière la Turquie mais devant l’Australie et le Nigéria. À l’échelle régionale, elle serait donc la troisième économie du Moyen-Orient, derrière l’Arabie saoudite et la Turquie. (…) L’Iran est une véritable puissance énergétique. Il détient certains des plus importants gisements de pétrole et de gaz naturel du monde. Avec 9,3 % du total des réserves prouvées de pétrole de la planète, il se classerait à la fin 2014 au quatrième rang mondial derrière le Venezuela (17,5 %), l’Arabie saoudite (15,7 %) et le Canada (10,2 %).

    L'Iran et ses voisins : Quelques indicateurs comparatifs

    Source : Questions internationales, n°77, janvier-février 2016, p. 36.

    L’Iran figure également parmi les dix principaux producteurs de pétrole de la planète et les cinq plus gros producteurs de gaz naturel. Il exporte des quantités importantes de pétrole – soit 1,4 million de barils par jour en 2014, essentiellement vers la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et la Turquie. En raison des sanctions internationales, ses exportations ont toutefois été limitées depuis 2012. (…) En matière gazière, (…) le potentiel inexploité (…) est particulièrement important.

    En plus des hydrocarbures, l’Iran déteindrait environ 7 % des ressources minérales mondiales et se classerait parmi les quinze principaux pays riches en minéraux. Son territoire renferme des réserves de plus d’une soixantaine de minerais divers. Plus de 40 produits minéraux sont exploités dans le pays et environ 20 métaux ou matières premières minières sont raffinés ou fabriqués en Iran (aluminium, zinc, chromite, cuivre, plomb, manganèse, molybdène …). Les experts considèrent que son potentiel reste, là encore, largement sous-exploité. »

    Dans un article sur "Le Plan d’action commun : un accord de paix nucléaire ?", Charlotte Beaucillon affirme que dans la perspective qu’ouvre la conclusion, entre l’Iran, d’une part, et le groupe P5+1 [les cinq États membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et l'Allemagne ], d’autre part,  du Plan d’action global commun en matière nucléaire, « la liste des secteurs économiques et financiers qui seront libérés des restrictions européennes et américaines laisse présager une intensification significative des relations transnationales entre l’Iran et l’Occident en 2016 (…). Sanctions unilatérales confondues, sont concernés les domaines financier et bancaire, les activités d’assurance, les secteurs du gaz et de l’industrie pétrochimique, les transports maritimes, la construction navale et les installations portuaires, l’or, les autres métaux précieux et les billets de banque et, enfin, le secteur automobile. »

    Hamadan : Tombeau d’Esther, Iran

    Hamadan : Tombeau d’Esther, Iran.

    © Amytis-Diane Demassiet

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    Cinq familles juives se recueillent encore aujourd’hui dans la synagogue d’Hamadan qui abritent les tombeaux d’Esther et de Mardochée, Iran

    Cinq familles juives se recueillent encore aujourd’hui dans la synagogue d’Hamadan qui abritent les tombeaux d’Esther et de Mardochée, Iran.

    © Amytis-Diane Demassiet

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    Enfin,  selon le rapport d'information intitulé "L'Iran : le renouveau d'une puissance régionale ? " (Sénat, n°22,  octobre 2015),  « les grandioses paysages de l'Iran et son patrimoine historique et culturel constituent une autre de ses ressources. La civilisation millénaire qu'ont forgée les apports successifs, notamment, des dynasties achéménide, parthe, sassanide, savafide et qadjar, conserve, dans des villes comme Chiraz, Tabriz ou Ispahan, ou sur des sites comme celui de Persépolis, des trésors architecturaux (palais, mosquées, bazars, places monumentales, etc.) et joyaux artistiques de tous ordres (jardins, fresques et miniatures peintes, tapis, bijoux, livres précieux...). Pas moins de dix-neuf sites à travers le pays se trouvent d'ailleurs inscrits par l'UNESCO sur la liste du patrimoine mondial. Cette richesse fait de l'Iran une destination touristique potentiellement privilégiée. »

    Mis à jour le 03/06/2016

     

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