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Introduction

[L’Union européenne fait débat !], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

"Europa unita per il progresso e per la pace" (L’unité de l’Europe pour le progrès et pour la paix. Affiche italienne à l’occasion de la signature du traité de Rome, le 25 mars 1957.
© Union européenne

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Depuis quelques années, l’Union européenne n’est pas ménagée. En moins d’une décennie, au contraire d'un modèle exemplaire de prospérité et de paix incarnant l’un des plus grand succès de l’histoire en matière de coopération régionale, elle est vue comme un continent en déclin affligé d’institutions incapables de juguler la crise économique ou d’apaiser la défiance des citoyens. Soixante ans après la signature du traité de Rome en 1957, la construction européenne traverse une crise profonde. L’Union européenne suscite interrogations, critiques, doutes et, parfois, railleries. Elle ne laisse pas indifférent.

Au-delà de la surenchère politique et médiatique sur la "fin de l'Union européenne", une réalité demeure : l’Europe fait face à une série de contestations sans précédent. D’abord sur le plan interne. Entre le Brexit et la question des migrants, l’Union peine à convaincre les citoyens qui se tournent de plus en plus vers des extrêmes euro-sceptiques et nationalistes. Sur le plan externe, elle doit à la fois faire face à des défis sécuritaires, à une menace terroriste toujours présente et à un certain effacement diplomatique. Selon la plupart des observateurs, l’équilibre des puissances qui se dessine en ce début du XXIe siècle ne sera pas tendre avec les Européens, notamment en raison de leur incapacité à faire de l’Union un véritable acteur stratégique.

L‘Union européenne est donc, d’un côté, en butte à des questionnements sur son fonctionnement,  sa nature, sa finalité, son utilité, sa place dans le monde …, de l’autre, elle est de plus en plus sollicitée sur le plan financier. Si certains dirigeants des États membres ont tendance à rendre les institutions européennes responsables de tous les maux politiques, économiques et sociaux au niveau national et international, les citoyens européens, pour leur part, regrettent une "Europe loin d’eux", technocratique et incompréhensible tant le nombre d’acteurs européens est important, tant leurs intérêts sont complexes, tant la volonté commune est lente à se construire. L’Union n’est-elle que la somme de ses membres ? Ou un acteur relativement autonome ? Ou encore l’instrument de quelques grands pays ? Entrave-t-elle au contraire l’action de ses membres ? Est-elle à mettre sur le même pied qu’une organisation internationale ?

L'Union européenne, chacun a son opinion dessus. Mais la connaissez-vous bien ?  Pour le savoir, testez vos connaissances en répondant à ces dix questions !

  • Le Quiz

  • Force pourtant est de constater que l’Europe au quotidien existe bel et bien et que, nonobstant les questionnements, les progrès rendus possibles par la construction européenne sont réels. L’Union intervient à différents niveaux dans de nombreux domaines intéressant directement la vie des citoyens. Lorsque les Européens partent en vacances à l’étranger, ils sont dispensés de contrôles aux frontières et bénéficient d’une assurance maladie européenne ou encore de tarifs de téléphone et de GSM avantageux. Depuis 2013, les permis de conduire nationaux sont progressivement remplacés par un modèle unique, pas plus grand qu’une carte de banque, valable sur l’ensemble du territoire de l’Union. L’Europe confère davantage de droits aux usagers du rail. Les compagnies de chemin de fer sont en effet tenues d’accorder une compensation financière en cas de retard significatif ou de train "exceptionnellement supprimé". Des centaines de milliers d’étudiants européens ont pu, grâce au programme Erasmus, faire leurs études dans un pays voisin. Et nombre d’ouvrages et infrastructures n’existeraient pas sans les Fonds structurels européens. Depuis ses débuts, l’Union européenne a eu vocation à exister au travers de "réalisations concrètes".

    Si les décisions de l'Union européenne sont transcrites dans les différents droits nationaux pour être mises en œuvre, l’affirmation selon laquelle 80 % du droit et des lois en vigueur au niveau national seraient d’"origine communautaire" avancée par les contempteurs de la construction européenne comme par nombre de ses zélateurs est fausse. En réalité, l’européanisation des corpus législatifs nationaux ne dépasse les 30 % que dans trois grands secteurs : l'agriculture, le secteur banques et finances et l'environnement.

    Nombreux sont les citoyens qui considèrent que, puisque l’Union s’occupe de "l’infiniment petit" (la taille des cages à poules) et qu’il lui arrive aussi d’intervenir dans "l’infiniment grand" (l’encadrement des budgets nationaux, et donc le financement de l’ensemble des politiques nationales), elle occupe tout le champ de l’action publique et dès lors entrave la souveraineté des États membres et la liberté des peuples. Ce débat récurrent sur le poids des interventions européennes au regard des souverainetés nationales a été ravivé par la crise de la zone euro et les évolutions de la gouvernance de l’Union économique et monétaire. Il est aussi nourri pas les critiques émises dans beaucoup de pays européens sur l’application présumée imparfaite du "principe de subsidiarité" au point d’entretenir une image souvent négative des normes européennes. La législation produite par l’Union a été adoptée par les représentants des États membres lors de la rédaction des traités ou de l’adoption des normes de droit dérivé (règlements, directives, etc.). Ce corpus législatif vise à atteindre les objectifs que se sont fixés les États membres et leurs citoyens à l’instar des interventions budgétaires ou politiques impulsées par l’Union européenne. Il est cependant frappant que si l’impact réel des interventions budgétaires de l’Union est souvent sous-estimé – partant du constat que le budget communautaire représente seulement 1 % du PIB de l’Union européenne – celui des normes européennes est pour sa part largement surestimé.

    Mis à jour le 17/03/2017

     

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