Retour
 
 

Partis politiques allemands représentés à la Diète fédérale (Bundestag)

Des quarante-huit formations politiques admises au scrutin fédéral du 24 septembre 2017, quarante-deux partis se présentent aux élections législatives dont trente-quatre qui participent au scrutin par le biais de Landeslisten (liste de Land des partis, voix secondaires). Deux grands mouvements – la démocratie chrétienne et la social-démocratie – marquent le paysage politique allemand, mais les scores de plusieurs petites formations (Die Linke, les Verts, CSU, FDP, AfD) seront décisifs pour la formation d’un nouveau gouvernement fédéral.

L’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (Christlich Demokratische Union Deutschlands, CDU)

L’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (Christlich Demokratische Union Deutschlands, CDU)

Christliche Demokratische Union Deutschlands

© CDU

Agrandir l'image

Premier congrès fédéral : 1950

Nombre d’adhérents : 430 000 (données du parti)

Direction fédérale : Angela Merkel

Résultat des élections législatives fédérales de 2017 :  26,8 %  (34,1 % en 2013)

Candidat : Angela Merkel

La CDU combine un conservatisme socio-politique fondé sur des valeurs chrétiennes avec une orientation économique qui s’inspire de l’économie sociale de marché. Les objectifs politiques qu’elle affirme souhaiter poursuivre après les élections législatives du 24 septembre 2017, sont le plein emploi et une baisse modérée des impôts.

Premier parti explicitement multiconfessionnel dans l’histoire politique allemande, la CDU a oeuvré pour surmonter le clivage entre catholiques et protestants. Principale force de centre droit depuis 1949, elle a fait partie du gouvernement fédéral pendant quarante-sept ans. Soutenant dans un premier temps l’ancrage à l’Ouest de la République fédérale d’Allemagne et se démarquant fortement du communisme et du socialisme, elle s’est ensuite engagée activement pour la construction et l’unification européenne.

Sous la direction d’Angela Merkel, secrétaire générale depuis 2000, le parti s’ouvre au centre et aborde des questions sociétales comme le mariage homosexuel, l’immigration, l’intégration, le travail des femmes, l’accueil extra-familial des enfants.

Le Parti social-démocrate d’Allemagne (Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD)

Le Parti social-démocrate d’Allemagne (Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD)

Sozialdemokratische Partei Deutschlands

© SPD

Agrandir l'image

Premier congrès fédéral : 1863

Nombre d’adhérents : 441 784 (données du parti)

Direction fédérale : Martin Schulz

Résultat des élections législatives fédérales de 2017 : 20,5 % (25,7 % en 2013)

Candidat : Martin Schulz

La liberté, l’égalité et la solidarité sont les valeurs fondamentales sur lesquelles s’appuie le SPD. Depuis 1949, le parti a été au pouvoir pendant vingt ans. Il a aussi participé à des grandes coalitions aux côtés de la CDU-CSU (2005-2009 et 2013-2017).  Dans son programme électoral pour les élections législatives du 24 septembre 2017,  il prône  une taxation plus forte des revenus élevés, une hausse des droits de succession pour les héritages importants ainsi qu’un accès entièrement gratuit à l’instruction jusqu’à l’obtention d’un premier diplôme.

Voyant le jour en 1863 dans les balbutiements du mouvement ouvrier, le SPD est le plus vieux parti politique en Allemagne. Interdit par les nationaux-socialistes, il est recréé en 1945. En 1959, il admet dans le programme de Bad Godesberg que la social-démocratie s’inspire non seulement du marxisme mais également de l’humanisme et du christianisme. Incarnant dès lors un parti du peuple (Volkspartei), il se présente comme une formation qui lie la garantie des droits fondamentaux à une protection sociale que l’État doit fournir par des mesures sociales étendues, voire par la mise en place d'une démocratie sociale (soziale Demokratie). Cette revendication a cependant été mise à mal – à partir de 2003 – par les réformes mises en place par l’agenda 2010 sous le gouvernement de Gerhard Schröder.

L’Alternative pour l’Allemagne (Alternative für Deutschland, AfD)

L’Alternative pour l’Allemagne (Alternative für Deutschland, AfD)

Alternative für Deutschland (AfD).

© AfD

Agrandir l'image

Fondation du parti fédéral : 2013

Nombre d’adhérents : 28 000 (données du parti)

Direction : Frauke Petry et Jörg Meuthen

Résultat des élections fédérales de 2017 : 9,2 % (4,6 % en 2013)

Candidats : Alice Weidel et Alexander Gauland

Fondée en 2013, l’Alternative pour l’Allemagne (Alternative für Deutschland, AfD) a rapidement progressé dans les sondages d’opinion et lors des élections régionales et européennes successives. Le parti a été créé en réaction directe aux décisions européennes et allemandes relatives à la crise de la zone euro et aux mécanismes d’aide (politique monétaire européenne, plans d’aide à la Grèce …) mis en place. À la suite d’un changement de direction, le parti s’est tourné, à partir de 2015, vers d’autres thématiques liées à la  gestion de la crise des migrants et des réfugiés.

Alors que l’AfD se prononce toujours contre la politique européenne, elle s’est également positionnée  sur les questions migratoires comme l’asile et l’immigration et s’approprie désormais les interrogations sociétales. Dans son programme fondamental de 2016, la formation politique se considère comme la « vraie alternative à l’establishment politique » dont les « hommes et les femmes professionnels » approfondiraient « le clivage immense avec le peuple ». Elle plaide en faveur de la démocratie directe, de la reconnaissance de la primauté de la famille au sein de la société et de la « tradition vécue de la culture allemande.» Parti populiste de droite, les tendances nationalistes et ethno-nationalistes (völkisch) ainsi que d’extrême-droite progressent parmi ses adhérents et au sein de sa direction.

Dans son programme électoral pour les élections fédérales législatives de 2017, l’AfD se présente comme le défenseur de la démocratie et de l’État de droit. Elle plaide pour un retour de l’Union européenne vers une union économique et pour un retrait de l’Allemagne de la zone euro. Par ailleurs, elle se prononce pour une immigration sélective (main d’œuvre qualifiée), un droit d’asile limité et une fermeture des frontières. Adversaire d’une « idéologie du genre », le parti se prononce pour une « culture dominante allemande » et considère que l’islam est incompatible avec à un ordre libéral et démocratique.

Démocrates libres (FDP, Freie demokratische Partei, Parti libre démocratique)

Parti libre démocratique

Parti libre démocratique Freie Demokraten (FDP)

© FDP

Agrandir l'image

Fondation : 1948

Nombre d’adhérents : 58 000 (données du parti)

Direction fédérale : Christian Lindner

Résultat des élections législatives fédérales de 2017 : 10,7 % (4,6 % en 2013)

Candidat : Christian Lindner

Le FDP, fondé en 1948, plongent ses racines dans les idées libérales de la révolution de mars 1848. Plaidant en faveur d’un libéralisme qui accorde la priorité à chaque citoyen et aux droits de l’homme (liberté et égalité) au détriment de la puissance étatique, le parti place l’individu devant le collectif. Il prône  le renforcement de la responsabilité individuelle, de l’économie sociale de marché et du respect de l’État de droit en mettant l’accent plus qu’auparavant sur la solidarité et l’équité.

De 1949 à 2013, le FDP a été représenté sans discontinuer à la Diète fédérale et a participé à la responsabilité gouvernementale dans plusieurs coalitions, tantôt avec la CDU/CSU tantôt avec le SPD. Après la débâcle électorale au scrutin législatif de 2013, le FDP a dû se reconstruire. Dans son programme pour les élections législatives de 2017, les libéraux ont demandé une hausse significative des dépenses pour le système scolaire et universitaire afin de placer l’Allemagne parmi les cinq premiers pays au sein de l’OCDE en matière d’investissement dans l’éducation. Ils ont par ailleurs plaidé en faveur d’une baisse des impôts et ont pointé la tentation de la mise en place d’un État surveillant tous les faits et gestes du citoyen grâce aux nanotechnologies. Une autre revendication a été la mise en place d’un ministère réservé à la digitalisation pour réussir le virage numérique.

La Gauche (Die Linke)

La Gauche (Die Linke)

Die Linke

© Die Linke

Agrandir l'image

Date de fondation : 2007

Nombre d’adhérents : 58 910 (données du parti)

Direction fédérale : Bernd Riexinger et Katja Kipping

Résultat des élections législatives fédérales de 2017 : 9,2 % (8,6 % en 2013)

Candidats : Sahra Wagenknecht et Dietmar Bartsch

La Gauche prône un socialisme démocratique ainsi que la mise en place d’un État social étendu financé par une redistribution globale des richesses du haut vers le bas. Présente à la Diète fédérale depuis 1990 où elle est la troisième force politique depuis 2013, elle plaide, pendant la campagne électorale de 2017, pour une augmentation substantielle du salaire minimum et des retraites ainsi que pour le retrait des forces armées (Bundeswehr) de toutes les missions à l’étranger.

La fusion, en 2007, du Parti du socialisme démocratique (PDS) issu du défunt Parti communiste est-allemand (SED) avec un regroupement de diverses forces de la gauche ouest-allemande ayant rompu avec SPD a donné naissance à Die Linke. Le discours de cette formation de gauche radicale séduit un électorat surtout d’origine modeste dont le SPD s’est progressivement éloigné à partir du milieu des années 1990.

Jugeant  le capitalisme comme une source d’«inégalité, d’exploitation, d’expansion et de concurrence », le parti revendique la mise en place d’un « autre » système économique et social.

L’alliance 90/ Les Verts (Bündnis 90/ Die Grünen, Grüne, Verts)

L’alliance 90/ Les Verts (Bündnis 90/ Die Grünen, Grüne, Verts)

Bündnis 90 / Die Grünen

© Bündnis 90/ Die Grünen

Agrandir l'image

Fondation du parti fédéral : 1980

Membre d’adhérents : 62 100 (données du parti)

Direction fédérale : Simone Peters et Cem Özdemir

Résultat des élections législatives fédérales de 2017: 8,9 % (8,4 % en 2013)

Candidats : Katrin Göring-Eckardt et Cem Özdemir

Tiraillés entre une aile « fondamentaliste » (Fundis) et une aile réaliste (Realos) depuis la fondation du parti en 1980, les Verts mettent en avant des thématiques comme l’environnement, les droits civiques et les droits de l’homme, l’égalité homme/femme et la démocratisation de la société. Représentés à la Diète fédérale depuis 1983, ils se prononcent, dans leur programme électoral de 2017, contre un durcissement du droit d’asile et souhaitent restreindre la circulation routière à des voitures non-polluantes à partir de 2030.

Dans les années 1980, les Verts ont multiplié manifestations, marches, occupations d’immeubles. Lors de la formation de cette alternative électorale s’y côtoyaient Nouvelle Gauche et forces conservatrices, notamment les partisans de la protection de la nature. S’interrogeant sur le caractère linéaire du progrès, les deux courants étaient unis par des valeurs post-matérielles, démarche qui faisait perdre en importance les thèmes politiques classiques, comme la croissance, au profit d’autres objectifs comme la qualité de vie. Si l’évolution des Verts ne s’est pas faite sans heurts, leur programme a connu, dans un laps de temps relativement court, une transformation notable et le parti une professionnalisation accrue. Ainsi, en avril 1991, les Verts se prononçaient pour la première fois en faveur de la démocratie parlementaire. Ce revirement en faveur des Realos a également été porté par l’effondrement des régimes communistes à l’Est et l’apparition d’une concurrence à gauche de la gauche incarnée par le PDS (Parti du socialisme démocratique), successeur du SED, parti dominant de l’ancienne RDA. Les Realos ont par ailleurs été renforcés à partir de 1993 par la fusion du parti avec son homologue est-allemand Alliance 90 et ses membres pragmatiques.

L’Union sociale-chrétienne en Bavière (Christlich-soziale Union in Bayern, CSU)

L’Union sociale-chrétienne en Bavière : Christlich-soziale Union in Bayern (CSU)

Christlich-soziale Union in Bayern

© CSU

Agrandir l'image

Fondation : 1946

Nombre d’adhérents : 142 412 (données du parti)

Direction : Horst Seehofer

Résultat des élections législatives fédérales de 2017 : 6,2 % (7,4 % en 2013)

Candidat : Joachim Herrmann

Tenant le rang de troisième formation politique en Allemagne par le nombre de ses adhérents (142 000), ce parti créé en 1945 se présente exclusivement en Bavière. Il assure néanmoins une double fonction aux niveaux régional et fédéral où il forme, depuis 1990, avec son parti frère, la CDU, un groupe parlementaire à la Diète fédérale. S’inspirant de la vision chrétienne de l’homme comme fondement normatif de sa doctrine sociale, promouvant les éléments fédéraux, un État bavarois fort, son programme électoral pour les élections législatives du 24 septembre 2017 revendique des plébiscites au niveau fédéral et une série de mesures pour soutenir les familles.

Alors que les régionalismes progressent sur le continent européen, la CSU entend utiliser toutes les ressources du fédéralisme, tant au sein de l’Allemagne que de l’Union européenne, pour promouvoir son autonomie régionale. Le système politique allemand attribue une importance majeure aux seize Länder qui sont, à bien des égards, des laboratoires pour la démocratie d’où partent des impulsions en direction de Berlin.

Mis à jour le 14/12/2018

 

Autres contenus apparentés

Ressources complémentaires