30 novembre 1922
Création de la région autonome de Tchétchénie.

5 décembre 1936
Création de la République autonome de Tchétchénie-Ingouchie.

23 février 1944
Démantèlement de la République et déportation en masse de ses habitants.

1957
Restauration de la République.

2 novembre 1991
Proclamation d'indépendance. Djohar Doudaïev est élu président de la République par le Parlement.

4 juin 1992
L'Ingouchie se sépare de la Tchétchénie rebelle.

1994
Début de la première guerre.

Août 1996
Accord de paix de Khassaviourt signé par le général Lebed et le général tchétchène, Aslan Maskhadov, accordant à la Tchétchénie une autonomie complète.

Le premier conflit de Tchétchénie, très meurtrier, qui s'est déroulé de 1994 à 1996, a entraîné de nombreuses destructions. La population russe, relayée par les médias, a été très critique sur la conduite de cette guerre (création d'un comité des mères de soldats). Les accords de Khasaviourt n'ont fait que geler la situation politique sans rien résoudre sur le fond.

Janvier 1997
Aslan Maskhadov, leader modéré est élu Président au suffrage universel avec 53 % des voix, contre l'extrémiste Chamil Bassaïev.

1999 : début de la deuxième guerre de Tchétchénie

7 août 1999
L’armée russe intervient pour repousser un groupe d’extrémistes islamistes venus de Tchétchénie, se réclamant du wahhabisme, conduits par les chefs de guerre Bassaïev et Khatab, qui se sont emparés de quatre villages au sud du Daghestan.

9 août 1999
Le Premier ministre Sergueï Stépachine est limogé et Vladimir Poutine nommé chef du gouvernement par intérim.

11 août 1999
Le gouvernement tchétchène se désolidarise des actions conduites par des combattants tchétchènes au Daghestan.

31 août-13 septembre 1999
Succession d’attentats meurtriers en Russie, attribués par le pouvoir aux Tchétchènes. Une "chasse aux Caucasiens" est organisée dans les rues de Moscou.

5 septembre 1999
L’aviation russe bombarde pour la première fois Grozny.

Fin septembre 1999
Les bombardements s’intensifient dans toute la République indépendantiste. Moscou masse des troupes à la frontière de celle-ci. Les réfugiés commencent à affluer dans la République voisine d’Ingouchie qui appelle à l’aide le HCR (Haut Commissariat des Nations unis pour les réfugiés).

1er octobre 1999
Le Premier ministre Vladimir Poutine déclare que la Russie ne reconnaît plus le pouvoir du président Maskhadov et que le seul pouvoir légitime est le Parlement élu en 1996, actuellement en exil. Les troupes russes pénètrent sur le territoire tchétchène. Le reporter français Brice Fleutiaux est enlevé en Tchétchénie.

5 octobre 1999
Le président Maskhadov déclare la Loi martiale sur le territoire de la Tchétchénie. Les troupes russes sont accusées d’avoir bombardé un convoi de réfugiés.

8 octobre 1999
Visite à Moscou du commissaire européen Chris Patten qui fait part de la "préoccupation" de l’Union européenne. Moscou refuse toute médiation, n’acceptant qu’une aide humanitaire.

16 octobre 1999
Le commandement militaire russe déclare que la première étape de l’opération en Tchétchénie est achevée et que le tiers du territoire est "libéré".

20 octobre 1999
Le président tchétchène appelle l’Occident à suspendre l’aide financière à la Russie.

21 octobre 1999
Violent bombardement sur Grozny qui, selon les autorités tchétchènes, fait 137 morts dans la population civile. Les Occidentaux pressent la Russie de rechercher une issue politique.

28 octobre 1999
Le président tchétchène en appelle au pape Jean-Paul II.

9 novembre 1999
Seule personnalité politique russe à dénoncer la guerre en Tchétchénie, Grigory Yavlinski, président du parti "Yabloko", appelle à la négociation avec Aslan Maskhadov "président légitime de la Tchétchénie".

12 novembre 1999
Les Russes déclarent avoir repris Goudermes, deuxième ville de Tchétchénie. Moscou rejette les propositions de bons offices de l’OSCE (Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe).

18-19 novembre 1999
Sommet de l’OSCE à Istanbul. La Tchétchénie est au centre des débats. La Géorgie et l’Azerbaïdjan soutiennent les positions occidentales. La Russie accepte la médiation de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

6 décembre 1999
Les Russes adressent un ultimatum à la population de Grozny qui doit quitter la ville sous peine d’être anéantie. Le 18, les Russes ferment la frontière entre la Tchétchénie et la Géorgie. Le G8 appelle la Russie à un cessez-le-feu.

31 décembre 1999
Le président Eltsine démissionne. Vladimir Poutine est nommé président par intérim.

2000

7 janvier 2000
Vladimir Poutine annonce une pause des opérations à Grozny.

16 janvier 2000
Le journaliste russe Andreï Babitski, correspondant de "Radio Liberté" est capturé en Tchétchénie par les services spéciaux russes.

28 janvier 2000
Le Conseil de l’Europe renonce à exclure la Russie, mais l’Assemblée parlementaire la prive de son droit de vote.

1er février 2000
Les combattants tchétchènes déclarent avoir abandonné Grozny où des combats sporadiques ont cependant encore lieu.

2 février 2000
Vladimir Poutine annonce la fin des opérations en Tchétchénie, tout en envoyant 3 500 parachutistes en plus des 93 000 hommes déjà présents.

6 février 2000
Chute de Grozny.

19 février 2000
Manifestation d’un millier de personnes au centre de Moscou contre la guerre en Tchétchénie à l’appel d’organisations des droits de l’homme. Le 24 février, c'est à Paris que plusieurs milliers de personnes contre les exactions russes en Tchétchénie.

28 février 2000
Libération du journaliste Andreï Babitski.

29 février 2000
Le IIe Congrès des mères de soldats se tient à Moscou. Cette association avait tenu son premier congrès en 1995 pendant la Première guerre de Tchétchénie.

21 avril 2000
V. Poutine déclare ne pas exclure des pourparlers avec A. Maskhadov, à condition que celui-ci dépose les armes.

8 juin 2000
Décret de V. Poutine mettant en place un exécutif provisoire en Tchétchénie.

12 juin 2000
Le photographe français Brice Fleutiaux est libéré par les forces russes dans des circonstances mal définies.

14 juin 2000
Le muphti Akhmad Kadyrov est nommé par les autorités russes chef de l’exécutif tchétchène.

2 juillet 2000
Série d’attentats suicides au camion piégé dans plusieurs villes de Tchétchénie. Au moins 50 Russes sont tués.

9 décembre 2000
Attentat à Alkhan-Yourt, 21 civils tués.

25 décembre 2000
Boris Nemtsov, président du groupe de l'Union des forces de droite à la Douma signe un "protocole" avec des représentants de Maskhadov sur la nécessité d'entamer des négociations "avec l'aval du président Poutine".

2001

10 janvier 2001
Enlèvement d'un médecin américain de MSF ( Médecins sans frontières) en Tchétchénie. Il sera libéré quelques jours plus tard.

22 janvier 2001
Le président Poutine signe un décret retirant la responsabilité de "l'opération anti-terroriste en Tchétchénie" à l'armée et la confiant aux troupes du ministère de l'Intérieur. Les trois quarts des 80 000 soldats engagés devraient être retirés dans les mois à venir.

26 janvier 2001
L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe rétablit la Russie dans ses droits.

15 février 2001
Annonce du début du retrait des forces militaires russes de Tchétchénie, démenti par les séparatistes.

23 février 2001
Nombreux meetings et manifestations en Russie et dans les pays de l'Union européenne pour commémorer la déportation des Tchétchènes par Staline le 23 février 1944 et appeler à la négociation.

24 février 2001
Découverte d'un charnier contenant une cinquantaine de corps de personnes exécutées sommairement à Grozny, non loin d'un camp de "filtration". Des civils tchétchènes arrêtés par l'armée russe seront identifiés par leurs familles. Le parquet russe accuse les combattants tchétchènes d'être les auteurs des assassinats.

23 mars 2001
Reçu à Stockholm par la présidence suédoise de l'Union européenne, le président Poutine, critiqué pour sa politique en Tchétchénie, la donne en exemple à l'Europe pour régler le problème albanais en Macédoine.

24 mars 2001
Des attentats terroristes dans la région de Stavropol (Caucase du Nord) font 24 morts et 143 blessés. Ils sont aussitôt attribués par les autorités russes aux séparatistes tchétchènes.

26 mars 2001
Le ministre des affaires étrangères du gouvernement séparatiste tchétchène, Ilias Akhmadov, est reçu au Département d'Etat à Washington. Moscou proteste vigoureusement.

18 avril 2001
Le gouvernement tchétchène pro-russe s'installe à Grozny.

20 avril 2001
La Commission des droits de l'homme de l'ONU condamne la Russie pour la 2e année consécutive, pour les brutalités de ses forces de sécurité.

5 mai 2001
En raison de la situation sur le terrain, les autorités militaires russes décident de suspendre la réduction des troupes russes présentes en Tchétchénie.

2 juin 2001
Le président Maskhadov rejette un rapport de l’ONG Human Rights Watch dénonçant des atrocités commises par les séparatistes.

15 juin 2001
Retour de l’OSCE en Tchétchénie : inauguration du Groupe d’assistance de l’OSCE à Znamenskoye (créé en avril 1995, lors du premier conflit).

15 juin 2001
Dix-neuf soldats russes soupçonnés d’assassinats de civils tchétchènes sont arrêtés par la police russe.

24 juin 2001
Arbi Baraïev, un des chefs de la fraction radicale des séparatistes tchétchènes, est tué par l’armée russe.

4 juillet 2001
Le présient français Jacques Chirac, en visite officielle en Russie, appelle Vladimir Poutine à trouver une solution politique au conflit tchétchène.

9 juillet 2001
Pour la première fois, le chef de l’administration tchétchène pro-russe Akhmad Kadyrov dénonce les "crimes à grande échelle" commis par les militaires russes. Le président Poutine reconnaît des "abus".

20 juillet 2001
Aslan Maskhadov lance un "appel désespéré" aux dirigeants du G7 réunis à Gênes.

15-20 août 2001
Rencontre secrète de membres du gouvernement séparatiste tchétchène et de parlementaires russes dans la région de Montreux, en Suisse.

4 septembre 2001
Deux actions symboliques des séparatistes à Grozny : ils minent le bâtiment de la radio-télévision et bombardent celui de l’antenne locale du ministère de l’intérieur.

17 septembre 2001
Les séparatistes reprennent la deuxième ville de Tchétchénie, Goudermès, mais ils en sont chassés par les troupes russes au bout de vingt-quatre heures.

24 septembre 2001
Déclaration du président Poutine invitant les séparatistes tchétchènes à déposer les armes dans un délai de soixante-douze heures dans le cadre de "la lutte contre le terrorisme international". Aslan Maskhadov perçoit cet appel comme une offre de négociations et missionne son adjoint Akhmad Zagaïev pour rencontrer Viktor Kazantsev, responsable du District fédéral du Sud. Il annonce par ailleurs qu’il rompt tous contacts avec le Conseil de l’Europe en raison de "la politique négative" de cette organisation.

25 septembre 2001
Le chef de l’administration tchétchène pro-russe Akhmad Kadyrov commence une tournée au Proche-Orient, en particulier en Irak.

18 novembre 2001
Pour la première fois depuis le début du deuxième conflit, un représentant du gouvernement séparatiste tchétchène, Akhmed Zakaïev, rencontre un représentant du pouvoir russe, Viktor Kazantsev, l'envoyé spécial du Président russe dans le District fédéral Sud. Selon la partie russe, le dialogue sera maintenu, mais aucune date n'est fixée. La partie tchétchène exprime son optimisme concernant la possibilité d'un accord.

2002

10 janvier 2002
L'état-major russe affirme avoir remporté la victoire en Tchétchénie.

28 janvier 2002
Un hélicoptère militaire russe est touché par un missile tchétchène. Quatorze tués, dont deux généraux.

18 avril 2002
Un convoi de police est attaqué par les rebelles tchétchènes. 21 officiers tués.

26 avril 2002
La télévision russe diffuse des images montrant le cadavre du chef de guerre islamiste tchétchène Khattab, la mort remonterait au 19 mars.

22 juillet 2002
Appel de l'administration américaine et du Conseil de l'Europe au gouvernement russe pour mettre fin à la guerre.

20 août 2002
Un hélicoptère militaire russe qui transportait 132 personnes est abattu par les rebelles tchétchènes. 80 personnes sont tuées.

24 septembre 2002
Troisième anniversaire des premières attaques des forces russes contre la République indépendantiste marquant le début du deuxième conflit.

23-26 octobre 2002
Une importante prise d'otages est menée à Moscou par un groupe de rebelles tchétchènes. Plusieurs centaines de spectateurs sont retenus dans un théâtre de la capitale russe. Le commando réclame la fin des hostilités et le retrait des troupes russes de Tchétchénie. Dans la nuit du 25 au 26 octobre, les forces spéciales russes donnent l'assaut, utilisant un gaz paralysant. Tous les membres du commando sont tués, ainsi que de très nombreux otages. Une vive polémique s'engage aussitôt concernant les méthodes employées, le manque d'information des familles et des médecins chargés de traiter les ex-otages.

30 octobre 2002
Arrestation à Copenhague, à la demande de la Russie, de l'émissaire du président indépendantiste tchétchène, Akhmed Zagaïev, qui participait dans la capitale danoise à un forum sur la Tchétchénie. Le 3 décembre, il est relâché par les autorités danoises faute de preuve, en dépit des efforts du gouvernement russe qui exigeait son extradition.

31 octobre 2002
Un mandat d'arrêt international est lancé par la Russie à l'encontre du président indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov qui, bien qu'ayant condamné la prise d'otages, avait déclaré quelques jours auparavant sa solidarité avec tous les combattants tchétchènes.

27 décembre 2002
Attentat sanglant à Grozny : des kamikazes se font sauter avec une voiture bourrée d'explosifs au pied du siège du gouvernement pro-russe de Tchétchénie. Le bilan des victimes est officiellement chiffré au 2 janvier 2003 à 80 morts et 152 blessés. Le président indépendantiste Aslan Maskhadov condamne l'attentat tout en déclarant qu'il démontre l'échec de la politique du gouvernement russe en Tchétchénie.

31 décembre 2002
Le mandat du Groupe d’assistance de l’OSCE en Tchéchénie vient à expiration et le gouvernement russe décide de ne pas le renouveler. En fait, cette dernière s'est avérée totalement impuissante et le gouvernement séparatiste se félicite qu'il ait été mis fin à "cette fiction". La mission cesse ces activités le 21 mars 2003.

2003

Deuxième semaine de février 2003
Le Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe Alvaro Gil-Roblès effectue une visite en Tchétchénie et en Ingouchie, R épublique où sont réfugiés environ 150 000 Tchétchènes. Il donne son aval au référendum constitutionnel très controversé organisé par les autorités russes le 23 février, obtenant du président pro-russe Akhman Kadyrov que, contrairement à ce qui était prévu, les réfugiés tchétchènes d'Ingouchie puissent y participer. Il appelle par ailleurs les séparatistes à cesser les combats et les autorités russes à lutter de façon plus efficace contre les exactions de l'armée. Selon les chiffres officiels, le nombre des soldats russes tués en Tchétchénie en 2002 s'élève à "plus de 4 700".

3 mars 2003
Le chef d'état-major de l'armée russe, le général Kvachnine, annonce qu'à dater du 5 mars, une partie du contingent russe stationné en Tchétchénie quittera la R épublique "en raison de la stabilisation de la situation". Le 23 janvier 2001, un décret présidentiel avait déjà annoncé une mesure similaire, et les premiers départs avaient effectivement eu lieu le 13 mars ; mais ces mesures avaient été suspendues après la prise d'otages du 23 octobre 2002 à Moscou.

23 mars 2003
En l'absence d'observateurs internationaux, un référendum portant sur le texte de la nouvelle Constitution, la loi sur l'élection présidentielle et celle sur les élections législatives, se tient en Tchétchénie. La participation aurait été de plus de 80 %, et le "oui" l'aurait emporté respectivement par 96 %, selon les résultats préliminaires. Le président séparatiste Aslan Maskhadov les contèste aussitôt.

11 avril 2003
Le Monde publie un article à propos d'un rapport des autorités tchétchènes pro-russes transmis "au plus haut niveau de l'Etat" (c'est-à-dire à Vladimir Poutine). Ce document non publié, dont un exemplaire est parvenu à la journaliste, fait état de 100 exécutions de civils par mois tout au long de l'année 2002, de près de 3 000 cadavres retrouvés dans des charniers, d'enlèvements et de tortures. Le 17 avril, le Premier ministre de Tchétchénie Anatoli Popov déclare qu'il ne s'agit pas d'un "rapport secret" mais des résultats d'enquêtes menées par le procureur de Tchétchénie Viktor Kravtchenko. D'après lui, ce texte fait en réalité mention de 300 enlèvements de civils dans lesquels seraient impliqués des soldats russes dont certains purgent déjà leur peine.

17 avril 2003
Le président de la Douma Guennadi Seleznev annonce dans une allocution à la télévision tchétchène que les autorités russes ont décrété une amnistie en Tchétchénie, concernant les "rebelles n'ayant pas commis de meurtres, d'enlèvements ou d'autres crimes graves". Ce n'est pas la première fois que le gouvernement russe prend une telle décision et ces déclarations ont en général été suivies de peu d'effets.

12 mai 2003
Un commando suicide fait exploser un camion piégé à proximité de bâtiments administratifs et du siège de l'antenne locale des services spéciaux FSB (ex-KGB) de Znamenskoié, dans le nord de la Tchétchénie. Le nombre de victimes serait de 54 morts et 300 blessés. Le président séparatiste Aslan Maskhadov, accusé par les autorités russes, condamne cet attentat.

14 mai 2003
Un attentat suicide perpétré par une femme lors d'une fête religieuse à Khachkhan Yourt, à l'est de Grozny, fait 14 morts et 145 blessés. Il visait apparemment Akhmad Kadyrov, le président pro-russe de Tchétchénie.

5 juillet 2003
Un attentat suicide est perpétré à l'aéroport de Touchino, près de Moscou, lors d'un concert de rock : 15 victimes.

1er août 2003
Un kamikaze fait sauter un camion bourré d'explosifs dans l'enceinte d'un hôpital militaire de Mozdok (Ossétie du Nord), non loin de la frontière tchétchène : 50 morts.

5 septembre 2003
Le Parlement de la République autoproclamée d'Itchkérie (Tchétchénie) aurait destitué par décret le président Aslan Maskhadov en raison de ses actions ayant "conduit à la ruine du pays", en particulier l'instauration de la charia, "contraire à la Constitution d'Itchkérie". Certains observateurs mettent en doute la réalité de cette décision.

11 septembre 2003
Tous les candidats à l'élection présidentielle de Tchétchénie, fixée au 5 octobre, se sont désormais retirés, ce qui laisse la voie libre au candidat du Kremlin Akhmad Kadyrov
et décrédibilise encore un peu plus l'élection.

12 septembre 2003
Le ministère des affaires étrangères du gouvernement séparatiste tchétchène dément l'information selon laquelle le Parlement tchétchène aurait destitué le Président Maskhadov.

5 octobre 2003
Election présidentielle en Tchétchénie. Son résultat ne faisait pas le moindre doute, tous les concurrents sérieux d'Akhamat Kadyrov, chef de l'administration pro-russe et candidat du Kremlin, ayant été d'une façon ou d'une autre empêchés de prendre part au scrutin. Akhmat Kadyrov est élu au premier tour avec 82,5 % des suffrages, la participation étant de 81,5 %. Le président indépendantiste Aslan Maskhadov avait déclaré que cette élection était une "farce" qui ne changerait rien à la situation en Tchétchénie. Cette opinion se retrouve dans la plupart des journaux russes.

2004

15 janvier 2004
Le Président pro-russe de Tchétchénie Ahmad Kadyrov se rend en Arabie saoudite à l'invitation du prince héritier Abdallah. Jusqu'à présent, l'Arabie saoudite soutenait la frange la plus radicale des séparatistes tchétchènes.

13 février 2004
Zélimkhan Iandarbiev meurt au Qatar des suites d'un attentat. Il avait été Président par intérim de la République de Tchétchénie après l'assassinat de son premier Président, Djokhar Doudaïev, en 1996. Il avait été battu lors de l'élection présidentielle de 1997 par Aslan Maskhadov, dont il était devenu le représentant dans les pays arabes. Il avait ensuite rompu avec celui-ci, lui reprochant d'exclure le recours à des attentats dans la lutte pour l'indépendance. Il était inscrit sur les listes de terroristes d'Interpol, de l'ONU et des Etats-Unis et Moscou avait demandé à plusieurs reprises son extradition au Qatar.

8 mars 2004
Magomed Khambiev, ministre de la défense du gouvernement séparatiste tchétchène, se rend aux autorités pro-russes de Grozny. Selon de nombreuses sources, il y aurait été poussé par la prise en otage de plusieurs membres de sa famille.

9 mai 2004
Lors des célébrations de la victoire sur l'Allemagne nazie, une bombe explose à Grozny sous la tribune officielle, tuant le Président pro-russe Akhmad Kadyrov, ainsi qu'un nombre indéterminé de personnes (de 6 à 32 selon les sources) et en blessant une cinquantaine, dont le commandant en chef des armées fédérales en Tchétchénie, le colonel général V. Baranov. La présidence par intérim est assurée par le Premier ministre S. Abramov. L'attentat est condamné par le Président séparatiste A. Maskhadov.
 Le 17 mai, le chef de guerre radical Chamil Bassaïev revendique l'attentat.

21 juin 2004
Un détachement de combattants tchétchènes d'environ 200 hommes prend d'assaut le bâtiment du ministère de l'intérieur de la République russe d'Ingouchie, voisine de la Tchétchénie, tuant 36 personnes, dont des autorités de la République et en blessant 30 autres. Cette action dément une fois encore les allégations du gouvernement russe sur le retour progressif à la normale dans le Nord Caucase.
 
 Le 24 juin, les autorités russes révisent à la hausse le nombre des victimes de l'assaut lancé par les rebelles tchétchènes à Nazran. Le nombre des morts se monte à 92. Un commando fort de 1 000 hommes, et non de 200 comme annoncé précédemment, s'est rendu maître de plusieurs bâtiments administratifs, dont le ministère de l'intérieur et d'un tronçon d'une route stratégique. Les combats ont fait rage pendant quatre heures.

22 août 2004
Au petit matin, quelques heures avant la visite surprise de Vladimir Poutine à Grozny, environ 300 combattants séparatistes font irruption dans la capitale tchétchène.

29 août 2004
Dans une atmosphère que la presse russe qualifie de "farce", Alou Alkhanov, proche du défunt président Kadyrov et ancien ministre de l'intérieur soutenu par le Kremlin, est élu au poste de Président de la République avec 73,78% des voix. Les 25 000 militaires russes stationnés en Tchétchénie ont pris part au vote.

1er septembre 2004
Le jour de la rentrée des classes, une prise d'otages a lieu dans une école de Beslan (Ossétie du Nord). Selon un décompte effectué par des enseignants, elle a concerné 1 326 personnes, dont un grand nombre d'enfants, bien plus donc que le chiffre officiel de 354 personnes avancé dans un premier temps. Alors que les autorités avaient annoncé ne pas souhaiter donner l'assaut, ce dernier a tout de même lieu, dans des conditions très confuses, les autorités russes indiquant qu'il avait été provoqué par une explosion à l'intérieur du bâtiment.
Le nombre officiel de victimes est de 338 morts, dont plus de la moitié d'enfants, mais certaines sources avancent le chiffre de 700 morts. Les 26 preneurs d'otages sont tués, au nombre desquels figureraient 10 ressortissants de pays arabes. Cette tuerie provoque une vive émotion en Russie et dans le monde , et en particulier une demande d'explications de l'Union européenne. Une manifestation de soutien à la politique du président Poutine, très "encadrée", a lieu à Moscou, pendant qu'en Ossétie même, des manifestants réclament la démission des autorités locales. Vladimir Poutine lui-même reconnait le "manque de préparation" des forces spéciales russes pour faire face à une telle situation.
Le 17 septembre, le chef des extrémistes islamistes tchétchènes, Chamil Bassaïev revendique la prise d'otages, alors que le dirigeant séparatiste modéré Aslan Maskhadov la condamne.

2005

3 février 2005
Le président indépendantiste Aslan Maskhadov et le chef de guerre radical Chamil Bassaïev appellent leurs combattants à observer une trève jusqu'au 22 février.
En dépit des protestations des autorités russes, la BBC Chanel 4 diffuse une interview de Chamil Bassaiev dans laquelle celui-ci justifie la prise d'otages à l'école de Beslan.

24 février 2005
Pour la première fois, la Cour européenne des droits de l'Homme condamne la Russie pour des atteintes aux droits de l'Homme commises en Tchétchénie, condamnant à verser 136 000 euros à six Tchétchènes qui l'avaient saisie à la suite de l'assassinat de cinq membres de leurs familles par les troupes russes en 1999-2000.

8 mars 2005
Les agences de presse russes, reprises par l'AFP (Agence France Presse), annoncent que les forces russes ont tué le président indépendantiste Aslan Maskhadov au cours d'un assaut dans le village de Tolstoï-Iourt.

10 mars 2005
Akhmed Zakaïev, émissaire à l'étranger d'Aslan Maskhadov, confirme que lors d'une réunion de leur comité de défense, les indépendantistes avaient désigné un successeur au président défunt. Il s'agit d'Abdoul Saïdoullaïev (également connu sous le nom de Cheikh Abdoul Khalilm), considéré comme un proche de Maskhadov et un éminent spécialiste du droit musulman. Le chef de guerre extrémiste Chamil Bassaïev a également fait allégeance à celui-ci.

17 mars 2005
Ouverture à Grozny d'une table ronde consacrée aux prochaines élections législatives dans la R épublique, avec la participation des autorités tchétchènes pro-russes et de représentants de la Ligue arabe, de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) et de l'OSCE.

1er avril 2005
Le procureur général adjoint de Russie Nikolaï Schepel déclare, à la suite des examens effectués sur le corps d'Aslan Maskadov, que celui-ci avait été tué par un de ses compagnons à sa demande, pour ne pas être capturé vivant, ce qui diverge de la version officielle donnée immédiatement après la mort du dirigeant indépendantiste. Il avait en effet été déclaré que celui-ci était mort à la suite de l'attaque de son bunker par les forces fédérales.

28 juillet 2005
Le journaliste russe Andreï Babitski obtient, fait rarissime, une interview du chef de guerre tchétchène Chamil Bassaïev, diffusée sur la chaîne américaine ABC. Les autorités russes protestent auprès de l’ambassade des Etats-Unis.

29 août 2005
Chamil Bassaïev est nommé vice-Premier ministre du gouvernement indépendantiste.

27 novembre 2005
Elections législatives en Tchétchénie. Sans surprise, le parti pro-Poutine Russie Unie remporte 60,65 des voix, le parti d'opposition Union des Forces de droite 12,39 % et le Parti communiste 12,20 %. Russie Unie disposera de 24 sièges à l'Assemblée du peuple (chambre basse) et de 9 au Conseil de la République (chambre haute), le PC de 3 sièges dans chacune des chambres, l'Union des Forces de droite de 4 sièges à la chambre basse. 14 candidats indépendants ont été élus au scrutin uninominal, dont le Président de l'Union eurasienne, dont le Parti n'a pas franchi la barre des 3 % au scrutin de liste, de même que plusieurs autres partis, dont le parti d'opposition démocratique Iabloko. La présence de députés issus de l'Union des Forces de droite est présenté par le pouvoir comme le garant de l'honnêteté des élections.

2006

19 janvier 2006
Le Parlement européen vote une résolution sur "La situation en Tchétchénie après les élections législatives et la société civile en Russie", critiquant l’attitude initiale du Conseil et de la Commission européenne qui s’étaient déclarés plutôt satisfaits du processus en cours dans la République caucasienne.

25 janvier 2006
L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) adopte une résolution condamnant la torture en Tchétchénie.

7 février 2006
Explosion à Kourtchaloï (est de la Tchétchénie) dans une base militaire russe abritant le bataillon Vostok, unité d’élite formée uniquement de Tchétchènes. Treize tués, plus de vingt blessés.

26 février 2006
Selon le ministère russe de la défense, il y aurait eu 3 501 tués en Tchétchénie depuis le début du 2e conflit. Ce chiffre est considéré par les associations des droits de l’Homme comme fortement sous-estimé.

4 mars 2006
Ramzan Kadyrov, fils du président prorusse assassiné Akhmad Kadyrov et chef d’une milice qui sème la terreur dans la république, est nommé Premier ministre de Tchétchénie.

26 mai 2006
Nourpachi Koulaïev, unique rescapé des preneurs d’otages de l’école de Beslan, est condamné à la prison à vie.

17 juin 2006
Le président indépendantiste Abdoul-Khalim Saïdoullaïev, successeur d’Aslan Maskhadov, est tué par les forces russes. C’est un proche de Chamil Bassaïev, Dokou Oumarov, jusque là vice-Premier ministre, qui prend sa suite.

28 juin 2006
Chamil Bassaïev est nommé vice-président de la République d’Itchkérie (indépendantiste).

10 juillet 2006
Annonce de l’élimination en Ingouchie du chef de guerre Chamil Bassaïev, "ennemi n°1" du Kremlin alors que, selon les autorités russes, il préparait une attaque des forces russes à l’occasion de l’ouverture du Sommet du G-8 à Saint-Pétersbourg, le 15 juillet.

15 juillet 2006
Appel du Comité national antiterroriste (NKA) à la reddition des combattants tchétchènes, promettant l'amnistie à ceux qui n'ont "pas commis de crimes graves".

29 août 2006
Le Premier ministre du gouvernement pro-russe de Tchétchénie Ramzan Kadyrov reçoit en grande pompe à Goudermes (deuxième ville de la R épublique) la reddition de 49 combattants séparatistes, dont plusieurs chefs de guerre.

Anna Politkovskaïa reçoit le prix Journalisme et démocratie, février 2003

Anna Politkovskaïa reçoit le prix Journalisme et démocratie, février 2003.

© OSCE

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7 octobre 2006
Anna Politkovskaïa, journaliste au bi-hebdomadaire Novaya Gazeta, connue pour sa dénonciation de la guerre de Tchétchénie, est assassinée dans l'ascenseur de son immeuble en plein centre de Moscou.

16 février 2007
Vladimir Poutine accepte la démission du président tchétchène Alou Alkhanov et nomme le Premier ministre Ramzan Kadyrov président par intérim. Il est officiellement intronisé président de la République de Tchétchénie le 5 avril.

Mis à jour le 16/02/2007

 

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