L'ensemble des Etats des Balkans occidentaux se sont vu reconnaître le statut de "candidats potentiels" lors du sommet de Feira en 2000, et l'Union européenne a lancé un processus de stabilisation et d'association avec tous les pays issus de la République fédérale de Yougoslavie et l'Albanie.
En 2011, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et le Kosovo, sont considérés comme candidats potentiels et progressent dans leur perspective européenne conformément à la feuille de route établie par la Commission en 2005. L'Union européenne est devenue leur principal partenaire commercial et le premier investisseur étranger. Par ailleurs, la Commission européenne a adopté le 27 mai 2010, une proposition permettant aux citoyens albanais et bosniaques de voyager dans les pays de l'espace Schengen sans visa à court terme.

Zoï Muletier, dans " L'Europe en zone de turbulences" (Questions internationales, n°45, septembre-octobre 2010, La Documentation française) fait un tour d'horizon la situation des trois candidats potentiels à l'élargissement.

L'Albanie

Vote d'un Albanais lors des élections locales à Tirana le 8 mai 2011

Vote d'un Albanais lors des élections locales à Tirana le 8 mai 2011.

Photo : Gent Shkullaku © AFP.

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Capitale : Tirana
Superficie : 28 748 km²
Population (2011) : 2,8 millions
PIB par habitant (2010) : 2895 euros

« Seul Etat des Balkans occidentaux non issu de l'ex-Yougoslavie, l'Albanie a signé un ASA [Accord de stabilisation et d'association] en juin 2006, entré en vigueur le 1er avril 2009. Elle a déposé sa candidature le 28 avril 2009 et le Conseil des Affaires générales a fixé le 14 décembre 2010 douze "priorités clés" dans le domaine de la démocratie et de l'Etat de droit, dont le respect conditionne l’ouverture des négociations d’adhésion. Demeurant relativement isolée, l'Albanie a néanmoins un rôle à jouer dans la stabilité de la région par sa capacité à gérer le débat résurgent sur une "Grande Albanie" qui rassemblerait l'ensemble des populations albanaises de la zone, et est susceptible d'alimenter les craintes de ses voisins. Cependant, là encore, les principaux défis résident dans la transition du pays vers un État de droit. Dans le dernier baromètre de Transparency International, l'indice de perception de la corruption classait ainsi l'Albanie au 95ème rang mondial. À la suite des résultats contestés des élections législatives de juin 2009, remportées de justesse par le parti de centre droit sur les socialistes, l'Albanie est en outre entrée dans une grave crise politique. Elle souligne la fragilité de ses institutions démocratiques et compromet par conséquent son avancée européenne.

La Bosnie-Herzégovine

Bannière à Sarajevo  disant «ville de Sarajevo - voie européenne»

Bannière à Sarajevo  disant «ville de Sarajevo - voie européenne».

© CE.

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Capitale : Sarajevo
Superficie : 51 209 km²
Population (2007) : 3,9 millions
PIB par habitant (2010) : 8 641 dollars

Les Accords de paix de Dayton, signés à Paris le 10 décembre 1995, ont mis fin au conflit et établi les institutions actuelles de la Bosnie-Herzégovine. La Bosnie a signé un ASA et un accord intérimaire en juin 2008, mais n'a toujours pas déposé officiellement sa candidature. Près de quinze ans après la fin de la guerre, la Bosnie reste en effet embourbée dans les contradictions des accords de Dayton qui ont consacré l'intégrité du pays tout en entérinant sa division par la reconnaissance de deux entités aux larges pouvoirs, la Fédération bosno-croate et la Republika Srpska (RS), majoritairement serbe. Le fonctionnement institutionnel de l'Etat commun demeure par conséquent toujours tributaire du haut représentant de l'ONU, dont le bureau devait pourtant fermer en 2007. L'Union européenne est présente civilement - le haut représentant est aussi le représentant spécial de l'Union européenne qui devrait voir sa mission accrue une fois le bureau onusien fermé - et militairement - EUFOR Althea, Force multinationale de stabilisation en Bosnie-Herzégovine -. Elle peine à normaliser les relations entre les trois peuples constituants, relations fragilisées par une situation économique désastreuse qui facilite le regain des discours nationalistes.

Le Kosovo

Vue de Peja, Kosovo

Vue de Peja, Kosovo.

© CE.

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Capitale : Pristina
Superficie : 10 887 km²
Population (2011) : 1,8 million
PIB par habitant (2009) : 1 759 euros

Au sein de l'Union européenne, le Kosovo [indépendant depuis le 17 février 2008] n'est pas reconnu par cinq États [Chypre, Espagne, Grèce, Roumanie et Slovaquie] et l'Union en reste donc dans ses documents officiels à l'appellation "Kosovo en vertu de la résolution 1244 des Nations unies". Pour l'instant, l'Union s'efforce de concilier avancée du processus européen de la Serbie et rapprochement bilatéral avec le nouvel État, dont elle doit également gérer la consolidation via sa mission civile État de droit (EULEX). »
La Serbie n’a pas reconnu l’indépendance du Kosovo, dont elle continue de revendiquer la souveraineté. Elle a néanmoins accepté d’ouvrir un dialogue avec le Kosovo. Le processus du dialogue entre la Serbie et le Kosovo sous l'égide de l'Union européenne, a été lancé à Bruxelles, le 8 mars 2011. Des accords ont été conclus le 2 juillet 2011 (liberté de circulation, reconnaissance mutuelle des diplômes, état civil), le 2 septembre 2011 (cadastre, tampons douaniers), le 2 décembre 2011 (gestion intégrée des frontières) et le 24 février 2012 (participation du Kosovo aux fora régionaux). Les deux pays ont rétabli leurs échanges commerciaux en septembre.
Suite à ces accords, le Conseil affaires générales de l'Union européenne a "pris note", le 28 février 2012, de l’intention de la Commission de préparer une étude de faisabilité concernant un accord de stabilité et d’association entre l’Union européenne et le Kosovo.

Mis à jour le 23/01/2014

 

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