La région du Caucase du Sud comprend trois Etats issus de l'URSS, l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie et est séparée par la chaîne du Grand Caucase des républiques du Nord-Caucase (dont la Tchétchénie), sujets de la Fédération de Russie.

Des conflits anciens

  • Carte du Caucase du sud

    Du temps de l’Empire, le Nord et le Sud étaient regroupés dans le Gouvernement général du Caucase, comprenant 13 gouvernorats (régions) ne recoupant pas les territoires nationaux.
  • Après la Révolution d’Octobre 1917, le sud du Caucase proclame son indépendance sous le nom de «République indépendante de Transcaucasie» : la coupure entre le Sud et le Nord est désormais entérinée.

Mais la nouvelle entité éclate rapidement, en 1918, en trois Etats souverains, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie. Ceux-ci, faibles et antagoniques, sont occupés par l’Armée rouge en 1921 et le gouvernement bolchevik proclame la Fédération de Transcaucasie qui sera, en décembre 1922, une des parties constitutives de la nouvelle Union soviétique.

  • C’est au cours de la période qui a suivi la liquidation des indépendances que se nouent tous les conflits qui réapparaîtront lors de la restauration de celles-ci, en 1991. En effet, en 1923, la région du Haut-Karabakh peuplée en majorité d’Arméniens, de même que celle du Nakhitchévan, dont c’était également le cas à l’époque, sont rattachées à l’Azerbaïdjan et en 1931, l’Abkhazie, qui jouissait depuis 1921 du statut de république fédérée, est rattachée à la Géorgie en qualité de république autonome. Quant à l’Ossétie, elle est coupée en deux en 1922, le Sud étant rattaché à la Géorgie et le Nord à la Fédération de Russie.
  • Les trois anciens Etats, qui ont conservé une certaine autonomie au sein de la Fédération, acquièrent le statut de républiques fédérées en 1936.

Une multiplicité d’acteurs nationaux et internationaux au Caucase du Sud

Observateurs militaires de la Mission d’observation des NU en Géorgie, mars 2004

Observateurs militaires de la Mission d’observation des NU en Géorgie, mars 2004.

© ONU/DPI

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Depuis l’éclatement de l’URSS, de nombreux acteurs sont présents dans la région, répondant à leurs intérêts géopolitiques propres mais aussi à l’appel des dirigeants des trois pays, désireux de résoudre les conflits et de consolider leur Etat avec leur soutien. Au nombre des organisations internationales impliquées figurent l’ONU, l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), le Conseil de l’Europe, l’OTAN et l’Union européenne, et parmi les acteurs nationaux, les Etats-Unis, la Russie, mais aussi la Turquie et l’Iran, puissances régionales voisines.

La Russie

Sans parler comme certains de «retour de l’Empire», on peut constater que la Russie s’efforce de maintenir son influence dans la région.

  • A la suite de son accord militaire avec l’Arménie de 1997, elle dispose d’une base militaire dans ce pays et assume la garde de ses frontières.
  • Ses relations avec la Géorgie sont, par contre, tendues depuis des années : des troupes russes sont impliquées dans le «maintien de la paix» en Abkhazie et en Ossétie du Sud et la Russie est accusée par le gouvernement géorgien de soutenir les régimes séparatistes. La situation s’est aggravée avec l’arrivée de la nouvelle équipe au pouvoir, et elle a dû procéder à la fermeture de deux de ses quatre bases militaires.
  • Sa politique à l’égard de la région est par ailleurs largement influencée par la guerre qu’elle mène en Tchétchénie, puisqu’elle a accusé l’Azerbaïdjan, et surtout la Géorgie, de servir de base arrière aux indépendantistes tchétchénes.

Enfin, sa position de premier fournisseur d’hydrocarbures de la Géorgie et de l’Arménie lui fournit un moyen de pression sur ces deux pays et elle voit d’un mauvais œil la mise en service de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan qui la prive du contrôle de l’acheminement du pétrole de la Caspienne vers l’Europe. Ses relations avec l’Azerbaïdjan se sont cependant améliorées ces dernières années et elle a obtenu un bail de longue durée pour sa station radar à détection avancée installée dans ce pays.

  • Pour les relations Russie - UE, consulter le dossier d’actualité «La Russie et l’Union européenne».

Les Etats-Unis

Pour les Etats-Unis, la région offre des opportunités en raison de l’existence d’importantes ressources énergétiques, mais aussi de sa position géographique. La lutte contre les réseaux criminels (drogue, trafic d’armes) présents sur place et, après le 11 septembre 2001, la focalisation sur la lutte antiterroriste, les ont en outre poussés à un engagement militaire plus important : levée en 2002 des restrictions imposées sur l’aide à l’Azerbaïdjan dans le cadre du Freedom Support Act de 1992, lancement d’un programme d’équipement et d’entraînement en 2002 en Géorgie.

L’Azerbaïdjan et la Géorgie ont approuvé l’intervention américaine en Irak et y ont envoyé de petits contingents. L’Arménie, qui s’y était opposée, a finalement envoyé 46 hommes en janvier 2005 «pour une mission humanitaire». Enfin, il n’est un secret pour personne que des ONG (organisations non gouvernementales) américaines ont joué un rôle de premier plan dans le soutien aux forces politiques qui ont initié la «révolution des roses» en Géorgie en novembre 2003.

L’Iran, la Turquie

  • L’Iran représente pour l’Arménie la seule source de diversification de ses approvisionnements en hydrocarbures et les deux pays ont entrepris dans ce but la construction d’un gazoduc. Ses relations avec l’Azerbaïdjan, tendues pendant un certain temps, en particulier en raison de positions divergentes sur le statut de la mer Caspienne, semblent s’être apaisées.
  • Quant à la Turquie, qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec l’Arménie et soumet celle-ci à un blocus parallèle à celui de l’Azerbaïdjan à la suite du conflit du Haut-Karabakh, elle est partie prenante d’importants projets de coopération militaire et surtout économique avec l’Azerbaïdjan et la Géorgie. C’est dans ce cadre qu’a été décidée en 1998 la construction de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), qui doit entrer en service en 2006 et, en parallèle, celle du gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum (BTE).
  • Pour les enjeux énergétiques, consulter le dossier d’actualité «Mer Caspienne : enjeux pétroliers»

Les organisations internationales

L’ONU et l’OSCE se sont fortement engagées dans le règlement des conflits, en Abkhazie pour la première, au Haut-Karabakh et en Ossétie du Sud pour la seconde, sans grand succès. Elles se sont également efforcées, de même que le Conseil de l’Europe, de promouvoir la défense des droits de l’homme et le déroulement démocratique des élections.

L’OTAN est, pour sa part, de plus en plus présente. Les trois pays sont en effet depuis 1994 partie prenante du Partenariat pour la paix et en 2002, la Géorgie et l’Azerbaïdjan se sont déclarés candidats à l’adhésion. L’Arménie a également fait un pas en direction de l’Alliance en lui soumettant en juin 2005 un Plan d’action individuel pour le partenariat (IPAP).

Quant à l’Union européenne, elle a concrétisé politiquement son important engagement sur le plan de l’assistance technique en incluant les trois Etats de la région dans sa politique européenne de voisinage (PEV) le 11 juin 2004.

Mis à jour le 14/11/2006

 

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