Exercice d’inspection d’armes chimiques en République tchèque, 1999

Exercice d’inspection d’armes chimiques en République tchèque, 1999

© Organisation pour l’interdiction des armes chimiques

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La politique de "glasnost" (transparence) lancée par le Président soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, à la fin des années 1980, ainsi que les révélations de certains transfuges ont permis à la communauté internationale d’entrevoir l’ampleur du programme d’armement de l’Union soviétique, tenu secret lors de la Guerre froide. Or, après la chute de l’URSS en 1991, un grand nombre d’unités de production et de dépôts de ces armes ont été laissés à l’abandon, sans protection ni décontamination, notamment hors des frontières russes. Si le cas des armes nucléaires a été très médiatisé et a mobilisé la communauté internationale, la question des autres types d’armes (chimiques et bactériologiques) a reçu moins d’écho et demeure préoccupante.

Armes chimiques en Russie

Ce type d’armes regroupe notamment les agents "suffocants", tel le gaz moutarde utilisé dans les tranchées lors de la guerre de 1914-1918, les défoliants, tel l’ " agent orange" utilisé par l’armée américaine au Vietnam et surtout les substances les plus dangereuses, les neurotoxiques, comme le gaz sarin utilisé par la secte Aum dans le métro de Tokyo en 1995 et qui était probablement d’origine russe.

La Convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l'emploi des armes chimiques et sur leur destruction de 1993, entrée en vigueur le 29 avril 1997, exigeait de ses signataires la destruction de leurs stocks dans un délai de dix ans. La Russie, qui détient les stocks les plus importants, a évalué les siens à 40 000 tonnes, contenus dans sept dépôts identifiés. Mais certains écologistes estiment que des centaines de dépôts contenant jusqu'à 20 000 tonnes de ces armes pourraient avoir été "oubliés" par les militaires. Dans les années 90, Moscou avait estimé le coût des opérations de destruction à sept milliards de dollars, mais il semblerait que ce coût et surtout les risques pour les populations et pour l'environnement avaient été largement sous-estimés. Si bien que les deux principaux Etats détenteurs d'armes chimiques, la Russie et les Etats Unis (qui pour leur part en détiennent 30 000 tonnes) ont demandé le report du délai à 2012. Or, la plupart des experts considèrent qu'ils seront tout aussi incapables de respecter cette nouvelle échéance. D'autant que les populations voisines des sites ont commencé à s'inquiéter, et à s’opposer à la construction d’unités de destruction d’armes faute de garanties sur leur sécurité.

Armes bactériologiques en Asie centrale

Les armes bactériologiques reposent sur la dissémination d’agents infectieux qui peuvent être des bactéries (anthrax, peste...), des virus (variole) ou bien certaines toxines (ricin).

Elles sont bannies par la Convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxines et sur leur destruction de 1972, entrée en vigueur en 1975. Parmi les programmes développés en violation de cet accord, ceux de l’Union soviétique furent de loin les plus ambitieux. Révélé par des transfuges au cours des années 1990, le programme Biopreparat occupait 30 000 personnes dispersées sur une quarantaine de sites en Russie et au Kazakhstan, dont cinq usines de production, huit centres de recherche, et un centre d’essais en plein air sur l’île de Vozrojdenie (Résurection).

  • l’île de Vozrojdenie en mer d’Aral, Ouzbékistan

Au début des années 50, les militaires soviétiques avaient installé dans cette petite île située au milieu de la mer d'Aral, un laboratoire d'armes bactériologiques où l'on a testé et stocké des souches pathogènes comme l'anthrax, la peste, le typhus et la variole ... Jusqu'au départ des Russes en 1992, ce laboratoire avait été tenu secret car il abritait le plus grand site de stockage et d'expérimentation d'armes bactériologiques à ciel ouvert de toute l'Union soviétique. A la chute de cette dernière, les militaires ont abandonné les lieux après avoir affirmé qu'ils l'avaient décontaminé. En réalité, ils s'étaient contentés d'enterrer profondément dans le sable onze fûts contenant de l'anthrax, soit le plus grand dépôt au monde. La diminution de la surface de la mer d'Aral a eu pour conséquence de rendre l'île accessible depuis la côte et les autorités ouzbèkes ont craint alors que des souches bactériennes restées actives ne soient véhiculées par des animaux ou pire que des terroristes ne s'en emparent.

Ainsi autorisèrent-ils en 1997, une mission de scientifiques américains à se rendre sur les lieux. Ces derniers révélèrent que les souches de la bactérie étaient toujours actives. Il faudra encore attendre quatre ans, pour que les autorités américaines et ouzbèkes parviennent à un accord, le 22 octobre 2001, selon lequel les Etats-Unis s’engagent à nettoyer l’île pour un montant de 6,6 millions d’euros.

Mis à jour le 01/09/2007

 

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