Dix-sept ans après la première guerre indo-pakistanaise qui a immédiatement suivi la Partition, un second conflit éclate, lui aussi causé par la querelle territoriale portant sur le Cachemire. Il se solde par la victoire de l'Inde et, au Pakistan, ruinera une large part du prestige dont jouissaient jusqu'alors les officiers supérieurs.

La guerre de 1965

"La guerre de 1965 entre l'Inde et le Pakistan a été déclenchée par ce dernier, voulant vraisemblablement tirer parti de la faiblesse apparente de l'Inde après sa défaite contre la Chine en 1962, qui a conduit à l'occupation d'importants territoires au Cachemire, "l'Aksai Shin" et tout le long de leur frontière commune. Cependant, les Pakistanais ayant sous-estimé le redressement de l'armée indienne grâce à l'aide soviétique, sont finalement défaits. La guerre s'achève par une médiation soviétique à Douchambé au Tadjikistan qui replace les deux États dans la situation initiale."

La guerre du Bangladesh (1971)

Outre la question du Cachemire, le démembrement du Pakistan constitue un véritable traumatisme pour Islamabad, d'une importance comparable à la crise causée par la Partition. Depuis la fin de l'Empire des Indes et jusqu'à la guerre du Bangladesh, le Pakistan est en effet composé de deux entités, le Pakistan occidental et le Pakistan oriental, que séparent la culture et la langue, et quelque 1 600 km de territoire indien.

Une lutte d'abord culturelle et linguistique puis politique

De 1947 à 1971, "la partie orientale [du Pakistan] est plus peuplée que la partie occidentale et de langue différente. Rapidement des difficultés apparaissent entre le Pakistan oriental et le Pakistan occidental en raison de la domination des Penjabis et de la non-reconnaissance de la langue bengalie. Ce combat à l'origine culturelle et linguistique se transforme en une lutte politique menée par la Ligue Awami fondée en 1949 et dirigée par le Cheikh Mujibur Rahman. Son audience va croître sans cesse sous l'effet des répressions des gouvernements militaires successifs, jusqu'à ce que la démission du général Ayub Khan en 1970 amène à la tenue d'élections libres où le Pakistan oriental se voit reconnaître son importance démographique. Il devait disposer de 162 sièges sur 300. Le résultat des élections permet à la Ligue Awami d'obtenir 160 sièges contre 81 au parti du Peuple de Z. A. Bhutto. Ce résultat inacceptable pour Ali Bhutto et les militaires conduisit à une répression de grande ampleur au Pakistan oriental qui en réaction proclama son indépendance le 27 mars 1971. La fuite de près de dix millions de réfugiés en Inde amena l'Inde à intervenir aux côtés des Bengalis, avec le soutien de l'URSS en décembre 1971. Le 15 décembre 1971 la guerre prenait fin par la défaite du Pakistan et la reconnaissance de l'indépendance du Bangladesh."

L'accord de Simla (1972)

"La guerre de 1971 aboutit à un accord diplomatique extrêmement important dit "accord de Simla", en 1972. Par cet accord, l'Inde et le Pakistan conviennent que tout différend bilatéral, y compris le Cachemire, doit être résolu au même niveau. Ces accords fondent la position diplomatique actuelle de New Delhi au sujet du Cachemire. L'Inde refuse, en se basant sur cet accord, toute internationalisation de la question du Cachemire et toute médiation internationale de quelque nature qu'elle soit. Elle estime également que la résolution de l'ONU suivant la partition est désormais caduque. D'une part, les populations cachemiries ont marqué leur adhésion libre et démocratique à l'Inde en participant aux élections locales et nationales, il n'est donc plus question de plébiscite, la population du Cachemire adhérant à l'Inde par un "plébiscite de tous les jours". D'autre part, l'intervention de l'ONU n'est plus souhaitée puisque les deux pays ont convenu de résoudre la question au niveau bilatéral. De son côté le Pakistan tient une position inverse. Il souhaite une médiation internationale au sujet du Cachemire, estimant que ce conflit est par nature d'envergure internationale et qu'il ne peut être résolu uniquement par des échanges bilatéraux. Il demande également l'application du droit international, c'est-à-dire de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies demandant que la population cachemirie soit consultée. Il récuse la thèse indienne sur l'expression de volonté de la population du Cachemire en raison de l'importante abstention et du boycott des élections par les partis favorables à l'autonomie ou au rattachement au Pakistan."

Source : l'ensemble des citations de cette page est extrait du rapport n° 336 du Sénat, 24 juin 2002, établi à la suite d'une mission effectuée du 3 au 10 mars 2002 en Inde et au Pakistan.

Mis à jour le 01/03/2007

 

Autres contenus apparentés

Ressources complémentaires