Comme le dit André Dumoulin, dans un article publié dans la revue Questions internationales, n° 43, mai-juin 2010 :

Après la chute du Mur, "L'Alliance a été dans l'obligation de repenser la sécurité et la défense de ses Etats membres dans un cadre élargi et plus ouvert, au sein d'un nouvel environnement stratégique débarassé de l'ennemi classique, dans l'esprit du "nouvel atlantisme" prôné par l'ancien secrétaire d'Etat américain James Baker dès 1989. Un premier ajustement de l'organisation transatlantique intervient alors pour tenir compte de la nouvelle donne sécuritaire. Lors du sommet de Rome les 7 et 8 novembre 1991, les chefs d'Etat et de gouvernement des Etats membres de l'OTAN décident d'investir l'Organisation d'une nouvelle mission de prévention et de gestion des crises, notamment celles pouvant porter atteinte à la sécurité européenne, y compris "hors zone" (c'est-à-dire à l'extérieur du territoire des Etats membres). Dans le cadre de cette interprétation élargie des exigences de sécurité, l'OTAN met ses moyens et son expérience à la disposition des Nations unies et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Son action sort du cadre de la stricte défense collective de la zone nord-atlantique pour s'orienter vers des missions de sécurité internationale. A partir de ce moment, les missions de l'OTAN deviennent plus diversifiées et se concrétisent, à la différence de la guerre froide, où prévalait l'attente aux frontières."

Des opérations hors zone à une multiplicité de missions

Préparation à un incident chimique

"Exercice Ferghana 2003" au Kirghystan : préparation à un incident chimique.

© OTAN

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L'OTAN s'est d'abord impliquée dans les conflits balkaniques, en Bosnie dès 1994, pour soutenir les efforts de la Force de protection des Nations unies en Bosnie (FORPRONU), au Kosovo en 1999, en Macédoine en 2001. Parallèlement, l'OTAN a développé ses capacités opérationnelles, notamment dans le cadre de l'Initiative sur les capacités de défense, ou DCI, lancée au sommet de Washington, en avril 1999. A la suite des attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, le sommet de Prague en novembre 2002 décide de l'adaptation des missions de l'OTAN pour améliorer son efficacité face aux nouvelles menaces, notamment le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

L'OTAN, dont c'est la première opération "hors zone", s'engage en Afghanistan en août 2003. Elle y prend le commandement de la FIAS (Force internationale d'assistance à la sécurité) , mission dédiée essentiellement à des tâches de stabilisation, témoignant des nouvelles orientations de l'organisation.

Après le Sommet d'Istanbul en juin 2004, de nouvelles initiatives voient le jour : l'OTAN forme du personnel irakien en Irak ; depuis juin 2005, elle aide l'Union africaine (UA) à étendre sa mission de maintien de la paix au Darfour. Elle intervient également en Méditerranée, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, par le biais de l'opération maritime Active Endeavour.

"En plus de ses opérations de paix, l'OTAN joue un rôle de plus en plus important en matière de secours humanitaires, depuis la création, en 1998, du Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe. Ce Centre fournit un point focal pour la coordination des efforts de secours des quarante-six Alliés et Partenaires de l'OTAN en cas de catastrophe naturelle ou technologique sur le territoire d'un membre du Conseil de partenariat euro-atlantique. C'est ainsi, par exemple, qu'à la suite des ravages causés par l'ouragan Katrina à la fin du mois d'août 2005, les Alliés de l'OTAN ont répondu à une demande d'aide des Etats-Unis en leur fournissant des secours par voie aérienne. La Force de réaction de l'OTAN (NRF) a ainsi été impliquée au niveau opérationnel pour la première fois.

À la suite du tremblement de terre dévastateur de l'année [2005] au Pakistan […], l'Alliance a lancé une opération de secours intensive d'une durée de trois mois, incluant le transport aérien de près de 3 500 tonnes de vivres et de matériel jusqu'au Pakistan, le déploiement de techniciens, d'unités médicales et d'équipements spécialisés, tout en impliquant une fois encore la NRF"

Ainsi, "en un peu plus d'une décennie, l'OTAN est passée du stade d'une Alliance focalisée sur les plans de circonstance pour une guerre de haute intensité en Europe centrale à celui d'une organisation hautement opérationnelle, confrontée à une série différenciée de missions. Les Alliés et Partenaires de l'OTAN sont aujourd'hui déployés dans diverses opérations dirigées par l'Alliance sur trois continents : en Afrique, en Asie et en Europe. Cette multiplication des engagements démontre la volonté et l'aptitude de l'Alliance à répondre aux menaces pour la sécurité, où qu'elles se situent.

" L'évolution des opérations de l'OTAN", James Pardew et Christopher Bennett, Revue de l'OTAN, printemps 2006.

Mis à jour le 01/12/2010

 

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