Carte du monde et drapeaux.

Avec la nouvelle politique de voisinage (PEV), l'Union européenne propose à ses voisins une offre économique et une offre en matière de sécurité, avec un développement de la coopération transfrontalière, afin de répondre à quatre défis : démocratique, économique, énergétique et migratoire. Tirant les leçons de la lenteur du processus de réforme aussi bien à l'Est qu'au Sud, la politique européenne de voisinage introduit une méthode de différenciation par pays pour dynamiser l'approche régionale. Selon la Commission européenne, « La politique européenne de voisinage porte sur l'intérêt mutuel de l'UE et de ses voisins à partager une zone de stabilité, de sécurité et de bien-être. C'est un programme conjoint qui vise à promouvoir la bonne gouvernance afin de mieux gérer notre voisinage commun. Elle s'appuie sur des valeurs et intérêts communs, dont le besoin d'une réponse collective aux défis communs tels que les écarts de prospérité, la migration, le crime, les questions environnementales, la santé publique, l'extrémisme et le terrorisme. Dans ce sens, la PEV contribue également à la stabilité et à la sécurité mondiale et régionale ».

Originalité de la politique européenne de voisinage

Elle repose sur trois éléments :

  • Son vaste champ géographique, à l’Est et au Sud de l’Europe.
  • La contractualisation des relations de l’Union européenne avec les pays partenaires. Les plans d’action nationaux, qui sont les instruments centraux de la politique de voisinage, sont négociés avec chaque pays et adoptés conjointement pour une période minimale de trois ans. Ils prévoient un calendrier de réformes à court, moyen et long terme, ainsi que des indicateurs de résultat et constituent la feuille de route des priorités à mettre en œuvre. Les sept premiers plans d’action ont d’ores et déjà été adoptés en février 2005, puis trois avec les pays du Caucase du Sud en novembre 2006.
  • Une démarche conditionnelle : l’assistance européenne sera d’autant plus importante que les réformes auxquelles se seront engagés les partenaires dans les domaines prioritaires destinés à les rapprocher des valeurs de l’Union européenne (réformes économiques, respect des droits de l’homme, démocratie, Etat de droit, gouvernance, lutte contre le terrorisme, non prolifération des armes de destruction massive, efforts en vue du règlement pacifique des conflits régionaux, migrations...), seront effectivement mises en œuvre.

La conditionnalité concerne le financement mais aussi la coopération technique ainsi que la participation aux programmes européens.

Les principaux domaines de coopération

La police européenne des frontières

La police européenne des frontières.

© Communauté européenne

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Les principales mesures envisagées par l'Union européenne sont les suivantes :

  • relations commerciales préférentielles et ouverture du marché,
  • application des règles du marché intérieur dans ces pays,
  • mise en place d’une politique relative aux migrations légales et aux mouvements transfrontaliers de personnes,
  • coopération renforcée afin de prévenir et combattre les menaces terroristes,
  • implication plus grande de l'UE dans la prévention des conflits et la gestion des crises,
  • promotion des droits de l'homme, de la coopération culturelle,
  • intégration des nouveaux voisins dans les réseaux transeuropéens de transports, d'énergie et de télécommunications de l'UE et dans l'espace européen de recherche.

Les objectifs de la politique européenne de voisinage : donnant-donnant

La politique de voisinage, réponse aux conséquences externes de l’élargissement de 2004, offre la perspective de relations de plus en plus étroites qui impliquent un niveau d'intégration économique important, et un renforcement de la coopération politique, le but étant d'éviter la création de nouveaux clivages entre l'Europe élargie et ses voisins. L’Allemagne, qui prend la présidence de l’Union au premier semestre 2007, a déclaré en novembre 2006 vouloir éviter "qu’un nouveau rideau de fer soit érigé aux frontières extérieures de l’Europe".
L’UE veut protéger ses intérêts géostratégiques : l’expansion de ses frontières la met en contact avec des régions particulièrement instables comme le Caucase du Sud ou le Moyen-Orient ; or il est dans son intérêt d'avoir une zone de stabilité et de sécurité à ses frontières, là où son influence est aussi la plus grande.
Basée sur les concepts de différentiation et de progressivité, la PEV offre le pacte suivant aux pays voisins : intégration économique partielle incluant davantage de liens politiques, contre respect des valeurs communes et efficacité des réformes. Une interdépendance existe en effet, entre ce voisinage et l’Union. Les flux migratoires, commerciaux ou énergétiques se dirigent vers l’UE qui est le premier client de la plupart de ses voisins, même si, inversement, elle exporte peu de marchandises et de capitaux vers eux.

Un bilan mitigé

Se fondant sur les résultats des 18 premiers mois d’application de la politique européenne de voisinage, la Commission, dans une communication relative au renforcement de la politique européenne de voisinage [PDF, 77 Ko] du 4 décembre 2006 dégage à la fois les atouts de cette politique : l’appropriation commune des plans d’action, le caractère très concret des plans, un meilleur usage des fonds, mais aussi ses faiblesses, notamment l’absence d’amélioration dans la délivrance des visas et dans les déplacements des citoyens des pays partenaires vers l’UE. Selon ce rapport, « la PEV n'a guère contribué jusqu'ici à la résolution des conflits dans la région, qu'ils soient gelés ou ouverts, nonobstant certaines réalisations particulières -en ce qui concerne la gestion des frontières moldaves et les territoires palestiniens, par exemple-. L'Union européenne se doit d'être plus active et plus présente au niveau des mécanismes régionaux ou multilatéraux de résolution des conflits et des efforts déployés en matière d'observation ou de maintien de la paix. »

Elle propose donc des mesures destinées à consolider l’action de l’UE : l’augmentation de 32 % du budget de la politique européenne pour la période 2007 à 2013 - le portant à 12 milliards d’euros - serait complétée par la création d’un fonds d’investissements auquel pourraient participer les Etats membres, et une nouvelle facilité «gouvernance» serait dotée de 300 millions d'euros.

Mis à jour le 07/05/2009

 

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