Le rapport 2005 de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZUS) présente un bilan actualisé des évolutions des écarts sociaux, économiques et urbains entre les zones urbaines sensibles (ZUS), leurs agglomérations et les moyennes nationales, sur la base des indicateurs définis en annexe de la loi du 1er août 2003 de programmation et d'orientation pour la ville et la rénovation urbaine.

L’activité et les taux de chômage

Enfants dans la rue.

« Le taux de chômage, au sens BIT, des 15-59 ans est en moyenne sur l’année 2004 de 20,7 % dans les ZUS, en progression d’un point par rapport à 2003, il est environ le double de la moyenne nationale et de la moyenne des agglomérations ayant une ZUS (10,3 % en 2004). Cette apparente contradiction avec la statistique de l’ANPE s’explique en partie par le décalage temporel entre les deux indicateurs mais aussi par des différences conceptuelles des deux instruments de mesure. Le mouvement de réduction des écarts de taux de chômage entre les ZUS et leurs agglomérations que laissait percevoir la comparaison des années 1999-2003 semble néanmoins interrompu en 2004.

Sur une population active de l’ordre de 1,7 million de personnes, on peut estimer à environ 50 000 la baisse du nombre des actifs ayant un emploi, dont une baisse de 35 000 salariés en CDI dans le secteur marchand et de 10 000 stagiaires ou actifs bénéficiant d’un contrat aidé. La dynamique de l’emploi dans les quartiers en ZUS est certes particulièrement sensible à la réduction du niveau d’intervention de la politique de l’emploi qui s’est poursuivie en 2004, mais l’essentiel des baisses d’emploi provient d’emplois non aidés du secteur marchand.

En ZUS, le fait d’être femme, d’être jeune ou immigré expose davantage au risque de chômage : 36 % des garçons actifs et 40 % des filles actives de 15 à moins de 25 ans sont au chômage (les chômeurs représentant respectivement 14 % des jeunes hommes et 12 % des jeunes filles de ces générations).

Sur l’ensemble des actifs âgés de 15 à 59 ans, le creusement des écarts est plus net pour les femmes en ZUS que pour les hommes, avec pour les premières une hausse du chômage de 1,6 points entre 2003 et 2004. De plus, le taux d’activité des femmes de plus de 25 ans dans les ZUS reste inférieur de 10 points à celui de la moyenne des citadines.

Enfin, l’évolution du chômage des populations immigrées vivant dans les ZUS contribue largement à l’augmentation de l’écart global de chômage entre ces quartiers et le reste des agglomérations : concernant les immigrés originaires de pays hors de l’Union européenne, le taux de chômage passe de 23 % en 2003 à 26 % en 2004 pour les hommes et de 33 % à 38 % pour les femmes ».

Les revenus des habitants

« Le revenu fiscal moyen (qui n’intègre pas les prestations sociales non imposables) par unité de consommation est, en 2001, de 10 540 € dans les ZUS pour 18 135 € dans l’ensemble des unités urbaines ayant une ZUS et 17 184 € pour la France métropolitaine ; ce revenu représente donc dans les ZUS 58 % du niveau moyen de leurs unités urbaines et 61 % du niveau national. Les revenus salariaux représentent 74 % de l’ensemble des revenus fiscaux en ZUS, contre 68 % dans les unités urbaines où elles se situent et 66 % au niveau national (à noter que les allocations chômage font partie de ces revenus salariaux). La part des ménages non imposés est de 57 % en ZUS, pour 37 % dans leurs unités urbaines et 40 % au niveau national.

Près d’une ZUS sur trois compte entre 20 % et 30 % de bas revenus fiscaux (proportion de la population vivant dans des ménages dont le revenu par unité de consommation est inférieur à 5 469 € en 2001) ; de plus, dans 20 % des ZUS cette proportion dépasse 40 % de la population  ».

L’évolution du parc des logements sociaux dans les ZUS

Le quartier des Courtillières à Pantin, Seine-Saint-Denis

Le quartier des Courtillières à Pantin, Seine-Saint-Denis.

Photo : Michaël Zumstein © La Documentation française

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« La transformation du parc des logements des ZUS s’inscrit dans la mise en œuvre du programme national de rénovation urbaine tel que défini par la loi du 1er août 2003.
Au 1er juillet 2005, 62 conventions de rénovation urbaine portant sur la période 2005-2008 sont signées, elles concernent 78 ZUS et 18 quartiers dérogatoires.
Elles prévoient la démolition de 30 044 logements sociaux, la construction de 27 316, la réhabilitation de 53 669 et la résidentialisation de 50 155. Sont ainsi programmées, la démolition de 9 % des logements existants dans ces 78 ZUS et la réhabilitation de 17 %. Le volume des constructions représente 91 % des démolitions.

L’ANRU n’est pas aujourd’hui en mesure d’indiquer le nombre de logements dont la construction, la démolition ou la réhabilitation ont été financées et achevées depuis 2004. A ce jour, environ 10 % des concours financiers programmés, sur la période 2004-2008, ont été engagés  ».

L’amélioration des conditions d’habitat

« En 2003-2004, des travaux d’amélioration, financés par l’ANAH, ont été réalisés dans 31 600 logements du parc privé en ZUS, ils représentent 6 % de ce parc et se répartissent sur la moitié des quartiers en ZUS.
Ces travaux concernent le traitement des copropriétés en difficulté, la réhabilitation du parc locatif privé ou l’amélioration des logements des propriétaires occupants ayant de faibles ressources.
Les ZUS sont particulièrement concernées par l’effort d’amélioration du parc locatif privé : 15 % des logements améliorés sont en ZUS alors que celles-ci ne représentent que 5 % du parc locatif privé en France métropolitaine.
En 2004, 70 % des logements subventionnés par l’ANAH dans le cadre du plan de sauvegarde des copropriétés dégradées sont situés en ZUS, soit en tout 7 700 logements.

Les conventions de gestion urbaine de proximité visent à l’amélioration des services destinés à l’entretien de l’habitat. En 2004, il y avait 116 conventions signées correspondant à 147 ZUS  ».

Quelques indicateurs sur les établissements scolaires en ZUS

« Les données prises en compte pour le rapport 2005 sont celles de l’année scolaire 2003-2004 et portent sur les établissements scolaires publics situés en ZUS.
On note peu d’évolutions significatives par rapport à l’année précédente, dans ce domaine, les grands paramètres structurels retenus parmi les indicateurs de l’observatoire évoluent de toute évidence lentement.

Si la baisse des effectifs (qui correspond à la fois à la baisse de la population en ZUS et à la baisse générale des effectifs des élèves de collège au niveau national) constatée depuis plusieurs années se confirme en 2003-2004, 25 % des ZUS qui disposent d’un collège voient cependant leurs effectifs augmenter. La baisse des effectifs ne semble pas avoir d’effet majeur sur la structure sociale des collèges en ZUS : de 1999-2000 à 2003-2004, le taux d’élèves défavorisés n’augmente en moyenne que d’un point, passant de 63 % à 64 % . Il est toutefois de 42,6 % hors ZUS. Cet écart, si on le rapproche ce celui qui concerne la part d’élèves de nationalité étrangère (12 % dans les collèges de ZUS contre 4 % en dehors) traduit la permanence de phénomènes de ségrégation spatiale qui peuvent localement être très forts, reflétant et amplifiant parfois ce qui se passe dans l’habitat.

Si l’on examine la scolarité des élèves des collèges de ZUS, les grands écarts constatés demeurent : la proportion d’élèves en retard de 2 ans ou plus en 6ème est supérieure de 3 points dans les établissements en ZUS, de même que les élèves de 3ème orientés vers l’enseignement général ou technologique sont plus nombreux à redoubler leur seconde (22 % en ZUS contre 18 % en dehors). L’écart de réussite au diplôme national du brevet est de 10 points environ en défaveur des élèves scolarisés en ZUS. (…)

En ce qui concerne l’offre éducative au niveau de l’enseignement supérieur, on note une spécialisation des ZUS vers les filières les plus courtes tandis que les classes préparatoires situées en ZUS ne représentent que 5 % de ce type de structure au niveau national  ».

Les faits de délinquance constatés en ZUS

Intervention nocturne d’une brigade anti-criminalité (police nationale)

Intervention nocturne d’une brigade anti-criminalité (police nationale).

Photo : Alain Le Bacquer © La Documentation française

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« Pour cette première analyse, 28 catégories d’infractions enregistrées par les services de police et de gendarmerie représentant au niveau national 72 % de la délinquance constatée, ont fait l’objet d’un décompte sur les quartiers des 640 ZUS étudiées, situées en zone de police. La mise en place de l’automatisation de la collecte des données par la gendarmerie nationale n’a permis d’obtenir des statistiques qu’à partir de septembre 2004 pour les 77 ZUS de la zone de gendarmerie. Pour l’ensemble des 28 catégories d’infractions retenues, le total des faits constatés dans les ZUS situées en zone de police s’élève en 2004 à 68 faits pour 1 000 habitants en moyenne. Ce taux de délinquance constatée est de 65,6 dans l’ensemble des circonscriptions de sécurité publique d’appartenance de ces ZUS et de 47,3 pour la France métropolitaine.

La sur-délinquance constatée en ZUS est plus prononcée pour les actes de vandalisme, certains actes de violences aux personnes ou certaines catégories de vols (avec ou sans violence). La fréquence des vols simples dans les lieux ou locaux publics est par contre plus faible en ZUS que dans les territoires qui les environnent  ».

Source : ONZUS, rapport 2005, synthèse générale (extraits).

Mis à jour le 30/10/2010

 

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