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Vie économique

Le bilan de l'économie française 2012

Problèmes Economiques n°3051

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Année d'édition : 2012
Réf. : 0900020305102

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L'année 2012 a été marquée par une aggravation de la crise de la zone euro et par une alternance politique historique en France avec l'élection du deuxième président socialiste de la Ve république. Ce numéro propose le bilan de l’activité économique française de l’année écoulée et les perspectives du premier semestre 2013.

France-Allemagne : histoire d’un chassé-croisé démographique
Population et sociétés
Gilles Pison
Avec un indice de fécondité de 2 enfants par femme et une croissance de sa population de 5,6 pour mille en 2011, la France s’illustre par son dynamisme démographique. En Allemagne, en revanche, la même année, la population a baissé de 0,6 pour mille. Ces évolutions contrastées, si elles se poursuivent, laissent entrevoir un dépassement de la population allemande par celle de la France dès 2055. Pourtant, l’Allemagne a longtemps eu une démographie plus dynamique, et ce n’est qu’à partir de la Seconde Guerre mondiale que le rapport avec la France s’est inversé. 

La situation du marché du travail s’est dégradée
DARES-Analyses
Claude Minni et al
Avec le ralentissement de l’activité économique, la situation du marché du travail s’est dégradée en France, au cours de l’année 2011.  Les créations d’emploi y ont été deux fois moins nombreuses qu’en 2010, se situant à environ 60 000 contre 124 000 l’année précédente. Cette baisse s’explique, pour partie, par le repli  du secteur de l’intérim notamment  dans l’industrie. Dans un contexte de poursuite de l’augmentation de la population active, le taux de chômage est reparti à la hausse en 2011 pour s’établir à 9,8 % pour l’ensemble de la France. Les hommes qui avaient profité de la reprise de 2010, mais très présents dans l’intérim, ont vu leur taux de chômage augmenter  tandis que celui des femmes a légèrement reculé. 

La croissance du PIB s’est maintenue
INSEE Première
Anne-Juliette Bessone, Vladimir Passeron et Aurélien Poissonnier
Après une récession en 2009 sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, la France a connu  en 2011, et pour la deuxième année consécutive, une croissance positive. Le produit intérieur brut a progressé  de 1,7 % en moyenne annuelle. La demande des entreprises s’est accélérée, elles ont davantage investi  et ont reconstitué leurs stocks. La consommation des ménages, en revanche, s’est ralentie. Leur revenu disponible n’a crû que  très faiblement, l’augmentation des prix, notamment celui de l’énergie,  ayant été plus rapide que celle des revenus d’activité. Quant aux sociétés non financières, elles ont vu leurs taux de marge et leur épargne reculer.

Un léger recul du pouvoir d’achat
Note de conjoncture de l’INSEE
Le revenu disponible brut (RDB) des ménages a, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), quelque peu ralenti en 2012 en raison notamment d’un moindre dynamisme de leurs revenus d’activité et d’une accélération des prélèvements obligatoires. Un léger recul du pouvoir d’achat est ainsi attendu, le faible ralentissement des prix à la consommation ne suffisant pas à en maintenir le niveau.  En ce qui concerne la consommation des ménages, celle-ci a légèrement accéléré en 2012. Quant à leur taux d’épargne, il marque un net recul.

Le solde des transactions courantes se creuse
Balance des paiements et position extérieure de la France
Banque de France
Le solde des transactions courantes de la France, qui résulte des flux économiques de biens, de services et de revenus entre résidents et non-résidents, est déficitaire de 38,9 milliards d’euros pour l’année 2011, soit 1,9 % du produit intérieur brut (PIB). La détérioration de ce solde se confirme : douze mois auparavant, il s’élevait à - 30 milliards d’euros contre - 25 milliards en 2009. Le principal facteur qui explique cette évolution est l’augmentation du déficit des échanges de biens – en hausse de 20 milliards en 2011 ; les échanges de services et de revenus, quant à eux, se redressent mais sans compenser le solde négatif des biens. Enfin, les flux d’investissements directs aboutissent en 2011 à des sorties nettes de 35 milliards, équivalentes à celles de l’année 2010, mais inférieures de quelque 25 milliards à celles de 2008 et 2009.

Le déficit commercial s’amplifie
Le Chiffre du commerce extérieur
DGDDI
Si, en 2011, les échanges ont, après la vigoureuse reprise de 2010, ralenti, ils ont néanmoins dépassé leur niveau d’avant la crise. Les ventes du secteur agroalimentaire et de l’industrie du luxe ont tiré les exportations tandis que le renchérissement du cours des matières premières – alourdissant la facture énergétique –  a contribué au gonflement du montant des importations. Au final, le déficit commercial  continue de se creuser : - 69,6 milliards d’euros en 2011 (contre – 51,5 milliards en 2010).

Des finances publiques en cours de redressement
Rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques
Cour des comptes
Le redressement des finances publiques s’est poursuivi en 2011. Le déficit public a fortement reculé (de 1,9 point de produit intérieur brut - PIB) pour revenir à 5,2 % du PIB. Cette baisse tient toutefois pour moitié à la fin des mesures temporaires, comme notamment le plan de relance, qui avaient aggravé le déficit en 2010 et qui n’ont pas été reconduites en 2011. Ce déficit est, en majeure partie, structurel -  4 % du PIB en 2011 contre 3,2 % en moyenne dans la zone euro - et concentré sur l’État. Les administrations locales sont à l’équilibre et le régime général de la Sécurité sociale continue à accuser un déficit structurel de 0,6 point du PIB. La dette publique, quant à elle, a encore augmenté en 2011 ; elle s’élève à 86 % du PIB (après 82,3 % en 2010)  et reste très proche de la moyenne de la zone euro.

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The Economist
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Fereydoun A. Khavand
L’économie iranienne traverse une période difficile. Certes, elle bénéficie toujours  de la rente pétrolière lui assurant de très importantes  rentrées de devises, mais ces revenus arrivent de moins en moins à dissimuler les fragilités structurelles dont souffre le système économique : une économie étatisée et rentière, des politiques économiques peu lisibles et des rivalités entre les différents pôles du pouvoir, qui empêchent la mise en œuvre des réformes. Ces dysfonctionnements pèsent fortement sur la conjoncture : les indicateurs macroéconomiques du pays affichent l’un des taux de croissance les plus faibles et l’un  des taux d’inflation les plus élevés de la région.

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