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Économie internationale - Finances publiques

Un Etat riche peut-il faire faillite ?

Problèmes économiques
N°2968 - 1er avril 2009

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2009
Réf. : 3303332029686
48 pages, 21 x 27 cm

4,70

 

Problèmes économiques
No 2.968
1er avril 2009


DOSSIER :
Un État riche peut-il faire faillite ?

Finances publiques 2009 : aux grand maux, les grands remèdes
Lettre de l'OFCE
Mathieu Plane
En 2009, la France n'échappera pas à la récession qui aura de lourdes conséquences sur le déficit budgétaire et la dette publique. Deux effets pèseront sur les budgets publics. Le premier concerne les effets directs de la crise, c'est-à-dire la baisse des recettes fiscales due à la contraction plus rapide des assiettes des impôts que celle du produit intérieur brut (PIB) ; par ailleurs, la crise accroîtra la précarité, aggravera le chômage et augmentera ainsi les prestations sociales et de chômage. Le deuxième facteur concerne le financement du plan de relance, auquel s'ajoutent plusieurs mesures de soutien aux entreprises privées et établissements de crédit. L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) estime que ces mesures apporteront un supplément de croissance de 0,5 point de PIB sur l'ensemble de l'année. Elles devraient, en revanche, détériorer les finances publiques : le déficit public de la France serait de 5,1 % et la dette publique de 71,9 % du PIB en 2009. Mais la France n'a guère le choix : la faillite globale du système coûterait beaucoup plus cher aux générations actuelles et futures que quelques dizaines de points de PIB de dette supplémentaires et seul l'Etat a les moyens d'éviter que la mécanique récessive ne s'emballe.

Jacques Rueff a-t-il encore des héritiers ?
Sociétal
Jean-Marc Daniel
En 1958, la France a rencontré de graves difficultés économiques : déficits budgétaire et extérieur, érosion de la monnaie, spectre d'une intervention du Fonds monétaire international (FMI)… Jacques Rueff proposa alors un plan de redressement, basé sur un serrage budgétaire et une dévaluation monétaire. Cinquante ans après le plan Rueff, la situation financière est à nouveau délicate. Selon l'auteur, deux facteurs expliquent les difficultés d'aujourd'hui : un Etat providence devenu envahissant et un secteur public qui accumule des dettes. La gravité de la situation serait masquée par les solidarités au sein de la zone euro. Ainsi, l'auteur craint que l'Allemagne - qui a fait l'effort du redressement - n'accepte plus très longtemps une France qui se comporte comme un véritable passager clandestin de sa politique économique.

Déficit public américain, pas de panique !
The New York Times
Paul Krugman
Aux Etats-Unis, le débat fait rage sur les mesures que le gouvernement doit adopter pour sortir le pays de la récession. Paul Krugman, lauréat du prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel en 2008, est partisan d'une vaste relance budgétaire qui, selon lui, améliorerait les perspectives économiques à long terme. Il rejette ainsi l'hypothèse souvent émise selon laquelle les emprunts publics prennent la place de l'investissement privé. P. Krugman fonde son interprétation sur deux éléments. Le premier est le caractère exceptionnel de la crise, le deuxième, les leçons que nous devons tirer de deux épisodes de l'histoire économique du XXe siècle : la politique d'austérité menée en 1937 aux Etats-Unis et celle conduite en 1996/1997 au Japon ont toutes les deux conduit à une chute impressionnante de l'investissement privé, car à chaque fois les gouvernements ont été face à une trappe à liquidités, c'est-à-dire une situation dans laquelle l'économie tourne en sous-régime alors que le niveau des taux d'intérêt est déjà au plus bas.

Les dangers du plan de relance américain
Financial Times
Jeffrey Sachs
Le plan de relance américain face à la crise est l'objet d'un intense débat. Si certains appellent à une très vaste relance budgétaire, d'autres s'inquiètent du fardeau que les lourds déficits budgétaires feront peser sur les épaules des générations futures. Jeffrey Sachs partage l'inquiétude des seconds. Il admet que la situation conjoncturelle est tellement mauvaise qu'elle appelle à une augmentation conséquente des dépenses publiques, financée par l'endettement. Cependant, si rien n'est fait pour imposer le retour à l'équilibre budgétaire à moyen terme, le programme de relance pourrait bien avoir finalement des conséquences plus négatives que positives. Jeffrey Sachs soutient ainsi l'idée d'une introduction graduelle de hausses d'impôts, afin de dégager de nouvelles marges de manœuvre.

Le scénario menaçant d'un krach obligataire mondial
Le Monde Economie
Adrien de Tricornot
La gravite de la crise économique fait actuellement grimper, à des niveaux records, le volume des titres publics émis chaque semaine sur les marchés, afin de financer les programmes de relance et de sauvetage des banques. Malgré leur volume, cette hausse des obligations publiques n'entraîne pas une augmentation des taux d'intérêt qui demeurent à des niveaux historiquement bas. Face au risque de dépression mondiale, les investisseurs préfèrent, pour l'instant, la sécurité des titres publics et se contentent de rendements très faibles. Cette situation pourrait cependant changer. La FED (Réserve fédérale des Etats-Unis) en effet ne peut que monétiser le déficit - en rachetant des bons du Trésor américain - tant qu'il n'y a pas de défiance généralisée sur le dollar. Outre le risque lié à un possible défaut d'un Etat, un krach obligataire pourrait également être provoqué par une brusque hausse des taux si les plans de relance s'avéraient efficaces plus vite que prévu.

Nuages sur la zone euro
The Economist
La crise économique et financière pourrait représenter un danger pour la monnaie unique. Tel est au moins le signal émis par les marchés financiers : le spread (l'écart) entre certains taux de refinancement nationaux s'est creusé rapidement ces derniers mois. Si on prend le taux d'une obligation publique allemande comme référence, la Grèce, l'Italie, l'Espagne ou l'Irlande sont obligées de se refinancer à des taux de plus en plus élevés par rapport à ceux d'outre-Rhin. Cette situation s'explique par le fait que l'euro ne permet plus un ajustement via le taux de change. Cet ajustement s'opère désormais par la baisse de la compétitivité, le déficit des comptes courants ou par le spread entre les taux de refinancement exigés par les marchés, qui expriment ainsi leurs craintes quant à la solvabilité de certains pays. Compte tenu des règles en vigueur de l'Union économique et monétaire qui ne prévoient pas la possibilité d'une aide financière à l'intérieur de l'Union, l'actuelle phase d'instabilité pourrait se solder par un renforcement de l'intégration politique.


Egalement dans ce numéro

FINANCE
Crise financière et solidarité internationale
Etudes
Étienne Perrot
La crise qu'affronte aujourd'hui l'économie mondiale a commencé en 2007 par une crise financière. En revenant sur le déroulement de cette dernière, ainsi que sur les moyens mis en œuvre par les gouvernements pour sortir de la tourmente, l'auteur tire trois conclusions : l'endettement ne peut être indéfini ; les risques, accrus par la mondialisation, favorisent eux-mêmes le développement de la finance au sein de laquelle se multiplie le nombre des produits spéculatifs ; la diversification des institutions intervenant sur les marchés, enfin, contribue à accroître l'opacité de la sphère financière.


ECONOMIE DE LA CULTURE
La nocturne gratuite, un bon plan pour les jeunes et pour les musées
Consommation et modes de vie - CREDOC
Bruno Maresca
A l'occasion de ses " vœux à la culture ", à Nîmes, le 13 janvier 2009, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a annoncé entre autres mesures, l'instauration à partir du 4 avril prochain, de la gratuité d'accès aux cinquante musées nationaux pour tous les jeunes de moins de 25 ans. Avant cela, quatre grands musées parisiens - le Louvre, Orsay, le Centre Pompidou et le Quai Branly - ont expérimenté une gratuité ciblée en direction des jeunes âgés de 18 à 25 ans, en nocturne. Les enquêtes réalisées par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC) et Sciences Po pour évaluer cette expérimentation montrent qu'elle exerce un attrait indéniable sur les jeunes, même si son impact sur la démocratisation de la fréquentation reste limité.

MONNAIE
25 ans de currency board à Hong Kong
La Lettre du CEPII
David Khoudour-Castéras
Adopté en octobre 1983, le currency board (décision d'un pays d'instaurer la fixité quasi absolue du taux de change) a, en stabilisant durablement le taux de change de la monnaie avec le dollar américain, permis à Hong Kong de devenir l'un des principaux centres financiers du monde. Mais les coûts d'ajustement de cette politique ont été élevés. La dépendance vis-à-vis de la devise américaine a réduit la marge de manœuvre nécessaire pour faire face aux crises économiques et financières conjoncturelles, comme lors de la crise asiatique de 1997 durant laquelle les attaques spéculatives répétées contre le dollar de Hong Kong ont provoqué des sorties massives de capitaux. Le bilan de la politique monétaire conduite par l'ancienne colonie britannique au cours du dernier quart de siècle est inégal. Si le currency board a inspiré confiance aux investisseurs étrangers, les performances de l'économie hongkongaise, inférieures à celles de ses voisins, devraient, selon l'auteur, conduire probablement Hong Kong à mettre fin à cette expérience monétaire.

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