Retour
 
Vie économique

Le retour du libéralisme ?

Problèmes économiques
N°3120 - Première quinzaine 11/2015

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2015
Réf. : 3303332031207
64 pages, 21 x 27 cm

4,90

 

Faut-il interpréter le résultat de récentes enquêtes d’opinion qui montre en France un soutien croissant en faveur de réformes structurelles comme le signe d’un retour en grâce du libéralisme ? En effet, ces mêmes sondages révèlent également que si le libéralisme en tant que système de valeur est plébiscité – initiative, autonomie et responsabilité sont appréciées par une très large majorité de nos concitoyens – sa déclinaison pratique reste mal comprise et suscite la prudence, voire le rejet.

Les leçons libérales de la crise
Sociétal
Marc Crapez
Les critiques formulées contre le système capitaliste et de l’idée d’efficience des marchés ont été particulièrement virulentes après la crise économique et financière de 2008 qui a débuté aux États-Unis. Ces critiques, si elles prennent pour cible le libéralisme, constitueraient cependant, selon l’auteur, un mauvais procès mené contre les idées libérales. La crise serait plutôt, selon lui, le résultat d’une accumulation excessive de dettes. Les établissements de crédit parapublics dont les bilans ont atteint une taille trop importante, ont été à l’origine de la crise. Le libéralisme qui vise justement à éviter des situations de monopole, n’est donc, selon l’auteur, nullement en cause dans le déclenchement de cette dernière.

Le néolibéralisme : unité, diversité, divergences
La Vie des idées
Serge Audier
Le néolibéralisme est une notion relativement difficile à définir. Pour certains, il évoque – dans le contexte de la crise des solutions dites « keynésiennes » - les grandes mutations économiques qu’ont connues les pays développés à partir des années 1970 comme la dérégulation, les privatisations et le retrait de l’État. Pour d’autres, il englobe l’ensemble des expériences socio-économiques menées depuis les années 1950 depuis l’instauration de l’économie sociale de marché en Allemagne. Le néolibéralisme n’est donc pas un concept univoque, il est indiscutablement pluriel. Nier cette diversité serait confondre les époques, car l’histoire du libéralisme réunit autant des ruptures et des désaccords, que de mutations et de convergences.

Au cœur du libéralisme : la pensée autrichienne
Institut Turgot
Entretien avec François Facchini
L’école autrichienne d’économie est un courant de pensée complètement distinct de l’école néo-classique. La principale différence entre ces deux écoles est le refus de la première de  penser l’économie de marché à partir de la théorie de l’équilibre. L’approche de l’école autrichienne rompt ainsi avec la physique sociale du modèle walrasien. Selon les économistes se référant à cette tradition de pensée, l’information prix est l’élément essentiel de tout marché : sans cette information capable de révéler le montant des ressources que les individus sont prêts à sacrifier pour obtenir un bien, la coordination des agents serait encore plus imparfaite. Toute la stabilité de la coordination au sein des marchés tient au rôle positif du prix. L’auteur revient dans cet entretien sur les principaux concepts développés par l’école autrichienne – une forme de pensée économique hétérodoxe qui n’est que très rarement enseignée dans les universités.

Libre concurrence versus liberté contractuelle
Frankfurter Allgemeine Zeitung
Rainer Hank
De nombreuses controverses à propos du libéralisme sont liées au conflit entre deux principes libéraux fondamentaux : celui de la libre concurrence et celui de la liberté contractuelle. La théorie libérale n’a jamais véritablement réussi à arbitrer entre ces deux idéaux. Il est vrai que la liberté contractuelle peut être utilisée pour restreindre la liberté de concurrence, comme dans le cas d’un cartel. Selon certains économistes libéraux, ceux qui mettent en particulier l’accent sur la libre concurrence, il est ainsi indispensable de combattre les cartels à l’aide du pouvoir étatique, sans égard pour les droits de propriété. D’autres, au contraire, s’opposent à cette démarche. Dans la tradition de Böhm-Bawerk, ils considèrent que nul ne dispose d’un pouvoir sans limites, pas même le plus grand monopoleur, car plus celui-ci tente d’augmenter le prix, moins il y a d’agents prêts à accepter ce dernier. L’économie numérique du XXIsiècle vérifie de manière encore plus prononcée cette posibilité pour la concurrence de battre en brèche les monopoles.

Vers un renouveau du libéralisme par la démocratie facilitatrice
Les Échos
Geneviève Bouché
Le capitalisme connaît aujourd’hui de profondes mutations : la conception du travail, la forme des grandes organisations ou la notion de biens publics sont, à des degrés divers, remises en cause. Les conditions de la libre entreprise font également l’objet de débats, tandis que les attentes de la société à l’égard de l’État sont de plus en plus élevées. Dans ce contexte, le libéralisme doit être redéfini. Favoriser les initiatives citoyennes pourrait être une voie efficace pour refonder les idées libérales. De nombreuses collectivités territoriales commencent à encourager ce type d’initiatives lorsque ces projets sont considérés comme utiles à la collectivité. Cette formule de démocratie facilitatrice est à terme susceptible de favoriser l’émergence de meilleurs compromis entre satisfaction économique et satisfaction sociale.

Également dans ce numéro

Le poids du secteur de la défense dans les pôles de compétitivité
ECODEF
Sylvain Moura
Les pôles de compétitivité qui réunissent des entreprises, des laboratoires et des établissements de formation, ont pour objectif de favoriser l’innovation dans un territoire. Lors de la mise en œuvre de ces pôles, le ministère de la Défense a été désigné comme correspondant interministériel pour 9 pôles sur 71, ce qui fait de la base industrielle et technologique de défense (BITD) un acteur majeur dans la vie de ces pôles. Mais l’influence réelle de ce secteur est encore plus importante. Environ un tiers des entreprises de la BITD adhèrent à un ou plusieurs pôles. Presque tous sont concernés, car 68 des 71 pôles de compétitivité comptent au moins une entreprise de la BITD parmi ses adhérents. Par ailleurs, en termes de financement, les pôles « défense » représentent 27 % des intentions de financement en provenance du fonds unique interministériel (FUI) de l’État, soit près de 32 millions d’euros en 2012.

Sanctions économiques : quelles leçons ?
Lettre Trésor-Éco
Christian Gianella et al.
Le recours aux sanctions économiques comme instrument diplomatique est une pratique ancienne. Plus de 200 cas de régimes de sanctions ont été mis en place depuis le début du XXe siècle. L’adoption récente de sanctions à l’encontre de la Russie ou la levée prochaine de celles mises en œuvre contre l’Iran montrent que cette question reste d’une grande actualité. La littérature économique empirique demeure relativement partagée sur le bilan   des sanctions. En ce domaine, une analyse comparative s’avère en effet particulièrement complexe en raison de la singularité de chaque  épisode de sanctions. Pour que celles-ci soient efficaces, il est indispensable que l’objectif économique intermédiaire poursuivi soit bien défini et ait une réelle capacité à atteindre l’objectif politique visé.

Cinquante ans de consommation alimentaire 
INSEE première

Brigitte Larochette et Joan Sanchez-Gonzalez
La part que les ménages consacrent à l’alimentation dans leurs dépenses de consommation s’est réduite au cours des dernières décennies : 20 % en 2014, contre 35 % en 1960. La consommation alimentaire par habitant en volume a, en revanche, augmenté, mais moins rapidement que l’ensemble de la consommation. La composition du panier alimentaire s’est considérablement modifiée en raison notamment de l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages et de l’évolution des prix des différents biens alimentaires. Les produits  transformés et les plats préparés ont ainsi tendance à se substituer à la viande, aux fruits et légumes, au pain et aux céréales.

 

 

 

 

Auteur(s) moral(aux)

La Documentation française

La Documentation française

Tous les titres de l’éditeur

Problèmes économiques

Gagner du temps
Problèmes économiques extrait les articles les plus pertinents de la presse française et internationale pour donner une analyse distanciée de l'actualité économique

Rester informé
Grâce à la veille effectuée par la rédaction de la revue, aucune question économique importante n'échappe aux lecteurs.

 

La revue Problèmes économiques est née le 7 janvier 1948 de la fusion du Bulletin hebdomadaire d'informations économiques édité par la Documentation française et de la Revue hebdomadaire de la presse économique française publiée par le Centre national d'information économique (CNIE) de l'INSEE.

Elle a pour vocation, et ce dès son origine :

  • de rendre accessible au plus grand nombre l'information économique et sociale ;
  • d'être un outil de travail et de réflexion ;
  • de refléter ce que les revues françaises et étrangères, les instituts de conjoncture, les organisations internationales, les centres de recherche publient.

La revue est structurée autour d'un thème illustré par quatre ou cinq articles issus de revues françaises ou étrangères. Des articles indépendants viennent compléter le dossier.


Chaque année, deux numéros hors-série approfondissent, à partir d'articles inédits, des questions centrales de la science économique.

L'ensemble de ces numéros constitue une véritable collection, indispensable pour comprendre les grandes questions économiques.

Parution bimensuelle

 

Découvrez le n° spécial journées de l'économie - Lyon 2014  : Crise, croissance et modèle social [PDF, 4,2 Mo]

 

Autres contenus apparentés