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«La chute du communisme inaugure une troisième phase de messianisme politique...», entretien avec Tzvetan Todorov

Mis à jour le 12/10/2011

Résumé

Les effets de la disparition de l’URSS ne sont pas tous positifs : influence croissante des élites politico-mafieuses et creusement des inégalités sociales, à l’Est, et adoption de politiques libérales faisant fi du principe de solidarité, à l’Ouest.


La chute du communisme inaugure une troisième phase de messianisme politique...

Entretien avec Tzvetan Todorov*

La rédaction – Au lendemain de la disparition de l’URSS, le système bipolaire a cédé la place à un monde unipolaire qui, pour les plus optimistes, devait se caractériser par la diffusion des valeurs démocratiques, la généralisation de l’économie de marché et l’acception universelle des droits de l’homme. Vingt ans plus tard, que penser de cette généreuse profession de foi au regard de l’évolution des pays européens, notamment ceux de la partie orientale ?

 J’ai grandi en Bulgarie, pays qui faisait partie du « camp socialiste », et, même si je vis en France depuis 1963, je n’ai pas oublié l’expérience déprimante qui était la nôtre dans le monde totalitaire. Je me suis donc réjoui sans réserve de voir son démantèlement au cours des années 1989-1991, qui a culminé avec la disparition de l’URSS. Sans aller jusqu’à imaginer l’arrivée de la paix perpétuelle et de l’harmonie entre les peuples, j’espérais une amélioration de la situation internationale et des conditions de vie dans chaque pays concerné. Vingt ans plus tard, je pense toujours que l’événement politique majeur de l’histoire du XXsiècle est l’instauration, le renforcement, puis l’effondrement des régimes communistes. Je n’éprouve toujours aucun regret face à cette disparition. Je dois en même temps admettre que je n’avais pas imaginé toutes ses conséquences et que certaines d’entre elles ne sont pas vraiment positives. Pour y voir plus clair, il faut entrer un peu dans le détail.

Les populations des pays d’Europe de l’Est aspiraient à une plus grande prospérité, au pluralisme politique, à la protection des libertés individuelles. Elles ont donc accueilli avec bienveillance les réformes qui annonçaient l’introduction de l’économie de marché, l’instauration d’un État démocratique et la défense des droits de l’homme. Toutefois, elles ont découvert progressivement que ces formules générales recouvraient des réalités qui n’étaient pas toujours enthousiasmantes.

L’un des pires effets du système communiste a été la compromission des idéaux qu’il prétendait servir et qui, à la longue, sont apparus comme un simple voile hypocrite jeté sur des pratiques d’esprit contraire. La propagande officielle glorifiait le peuple, la société, l’État, la solidarité, la fraternité. La réalité était tout autre : on assistait à une lutte incessante pour le pouvoir, les privilèges, les avantages matériels ou symboliques, au déploiement des égoïsmes. De ce fait, les idéaux en question n’étaient plus pris au sérieux par personne. La rhétorique socialiste cachait un individualisme exacerbé. Lorsque, au début des années 1990, les frontières se sont ouvertes, ce sont les formes extrêmes de l’ultralibéralisme occidental qui ont été accueillies le plus facilement, toute autre formule suscitant trop de réminiscences liées au régime précédent honni. En Europe occidentale, l’économie de marché est solidement établie, mais en même temps elle est limitée et contrôlée par les interventions de l’État comme par une législation qui protège les intérêts communs, le bien commun. Ces dernières notions sont considérées comme purement illusoires dans la vulgate ultralibérale, qui recommande l’abolition de toute contrainte politique pour que seule règne la logique du marché.

On a donc assisté à l’effondrement de l’économie étatisée, dont les vestiges matériels ont été bradés au profit des nouveaux « capitalistes », souvent des privilégiés du régime précédent. Ce fut la fameuse « thérapie de choc », qui a provoqué une chute brutale des revenus pour une majorité de la population, accompagnée d’une envolée des prix. Sous l’effet de ce choc, les anciens partis communistes, rebaptisés sociaux-démocrates, sont revenus au pouvoir aux élections suivantes, car ils paraissaient plus susceptibles d’assurer une certaine protection sociale. En réalité, leurs cadres étaient convertis à la doctrine ultralibérale tout autant que leurs prédécesseurs. Les effets bénéfiques de l’économie de marché finiront par se produire, mais, en attendant, son introduction a entraîné l’enrichissement de quelques-uns et la précarisation de beaucoup d’autres.

Les droits de l’homme sont censés être les mêmes pour tous, quel que soit le pays dans lequel nous vivons. Cela veut dire qu’ils correspondent à l’être humain envisagé comme un individu isolé, semblable à lui-même sous toutes les latitudes. Or, un tel être n’existe pas : chacun de nous naît au sein d’une famille, d’une société, d’une tradition, d’une langue. Les êtres humains ne sont pas seulement des individus, ils sont aussi membres de plusieurs réseaux. Les droits de l’homme peuvent servir à encadrer une législation, ils ne peuvent s’y substituer. L’hommage rituel qu’on leur rend ne transforme pas la vie dans les pays ex-communistes. Quant à la démocratie, elle ne se limite manifestement pas à quelques institutions et règles, comme le pluripartisme ou la libre circulation des individus, relativement faciles à imposer, mais exige aussi un fonctionnement spécifique. Ainsi, pour commencer, un État de droit ; or, le démantèlement des anciens États a favorisé la prolifération des groupes mafieux, la généralisation de la corruption. La séparation et l’équilibre des pouvoirs sont indispensables ; sans une réelle indépendance et des moyens importants mis à son service, la justice ne peut jouer son rôle, fondamental dans une démocratie. Là encore, les effets bénéfiques de la disparition du communisme sont lents à se concrétiser.

La rédaction – L’affrontement idéologique Est-Ouest avait eu pour conséquence de structurer le champ politique et permis aux régimes en place, de part et d’autre du mur de Berlin, de tirer une partie de leur légitimité de cet antagonisme. La disparition effective du pôle communiste – quand bien même son impact en tant que système de valeurs s’était depuis longtemps estompé – a-t-elle contribué à émousser la capacité d’autocritique des pays occidentaux à l’égard de leur propre système ou, au contraire, les a-t-elle conduits à se focaliser davantage sur leurs propres défaillances ?

Indépendamment de son rôle idéologique, le camp communiste jouait aussi un rôle de contrepoids : c’était une puissance militaire, politique et économique, qui imposait une limite aux ambitions du camp adverse. Or, comme nous l’enseigne la philosophie politique, « tout pouvoir sans bornes ne saurait être légitime » (Montesquieu), car il est alors menacé par ce que les Grecs appelaient la hubris, ou démesure, l’illusion que les hommes sont aussi puissants que les dieux, que tout but peut être atteint, pourvu qu’on le veuille vraiment. De ce point de vue, un monde unipolaire est intrinsèquement inférieur à un monde bipolaire. La chute du mur de Berlin a été, malgré toutes les nuances qu’on peut apporter, une bonne nouvelle pour la population des pays ex-communistes. Mais, comme elle a signifié en même temps que l’Occident n’avait plus d’adversaire à sa mesure, elle a rendu possible l’aspiration de ce dernier à accroître son hégémonie sur le reste du monde. Il n’est pas sûr que cette nouvelle soit aussi bonne que la précédente.

Les pays occidentaux ont adopté comme principe politique majeur le droit d’ingérence dans les affaires de tout pays qui n’adhère pas aux valeurs de « la liberté, la démocratie et la libre entreprise », selon une formule employée par le Président américain Bush à la veille de la guerre d’Irak. Le principe universellement accepté de la légitime défense a été progressivement remplacé par cet autre, le droit d’imposer le Bien par la force. Les interventions successives des armées occidentales en Irak, en Afghanistan et aujourd’hui en Libye illustrent cette nouvelle doctrine. Ces pays n’appartenaient pas au monde communiste, mais l’existence de deux superpuissances modérait les interventions de chacune d’elles dans le reste du monde : elles devaient se cantonner à leur voisinage immédiat (l’URSS en Hongrie et en Tchécoslovaquie, les États-Unis à Saint-Domingue, dans l’île de Grenade ou au Panama), ou rester clandestines. Les nouvelles « guerres humanitaires » ont été rendues possibles par l’effondrement de l’empire soviétique.

Cette politique d’exportation d’un modèle idéologique s’inscrit dans une longue tradition occidentale, celle du messianisme politique, qui a pris le relais des croisades et autres guerres conduites au nom de la bonne religion qu’il fallait apporter à tous les peuples du monde. Depuis la Révolution française, cette tradition s’est affranchie de ses origines religieuses et a pris des formes profanes. Dans un premier temps, la France révolutionnaire a fait la guerre aux autres pays européens pour les faire bénéficier de ses principes nouveaux, liberté, égalité et fraternité. En même temps, les pays européens, avant tout la Grande-Bretagne et la France, ont entrepris la conquête et la domination de nombreux pays d’Afrique et d’Asie, sous prétexte de leur faire goûter les fruits de la civilisation européenne, la meilleure de toutes. Au XXe siècle, ce même esprit messianique anime l’expansion du communisme, de sorte que les deux formes de messianisme se trouvent en lutte l’une contre l’autre, le second adoptant, avec succès, des positions anticolonialistes. La chute du communisme inaugure donc une troisième phase de messianisme politique.

Le même événement a eu des répercussions sur la vie intérieure des démocraties libérales. Leur confrontation constante avec le camp communiste, qui était censé incarner le progrès social, la protection des classes travailleuses, le souci de l’intérêt commun, les obligeait à soigner leur image de ce côté-là, pour ne pas prêter le flanc aux critiques. Depuis la disparition de l’adversaire, qui en réalité ne possédait guère les vertus dont il se réclamait, il n’est plus nécessaire de faire des efforts dans ce sens, puisque l’ordre établi ne peut plus être contesté au nom d’un idéal différent, mais apparaît comme une nécessité inéluctable. L’idéologie ultralibérale a donc pu se déployer sans rencontrer d’obstacles. Des services publics comme l’éducation, la santé ou les transports en commun ont été délaissés ou démantelés.

La capacité d’autocritique est inscrite dans la structure même des démocraties, car elle résulte de leur pluralisme. Dans un premier temps, la disparition de l’adversaire communiste  a fait place à un certain triomphalisme, où l’autocritique n’avait plus cours : nous avons vaincu parce que nous sommes les meilleurs ! Il est devenu clair depuis que les démocraties, de loin préférables aux régimes totalitaires, ont leurs propres faiblesses. On peut dire que leurs principaux ennemis aujourd’hui proviennent du fond d’elles-mêmes : ce sont le messianisme guerrier, l’ultralibéralisme, le populisme xénophobe.

Il ne faudrait pas que la convergence idéologique entre parties éloignées du monde, que l’on peut observer aujourd’hui, se double de l’hégémonie d’un seul pays ou d’un bloc de pays. On peut souhaiter que le monde bipolaire d’hier soit remplacé, non par un monde unifié, dominé par l’Occident, mais par un système multipolaire, où la présence de plusieurs acteurs exerce un effet modérateur  sur chacun d’eux.

La rédaction – Quelle a été l’empreinte de la réunification du continent sur les mentalités en Europe ? À partir du moment où le rideau de fer a disparu, souvent, les populations semblent avoir eu tendance à escamoter la période communiste, à la gommer afin d’établir un lien direct entre leur évolution présente et leur histoire antérieure. Une telle attitude ne comporte-t-elle pas le risque d’atténuer la perception du caractère totalitaire d’une période que certains, au regard des difficultés liées à la sortie du communisme, ont parfois tendance à enjoliver ?

L’inclusion des pays ex-communistes d’Europe de l’Est dans l’Union européenne a eu des effets contrastés à l’Est et à l’Ouest. En Europe occidentale, le changement n’a pas été très favorable aux ressortissants de l’Est. Auparavant, ceux-ci pouvaient apparaître comme les victimes d’un régime oppressant, les Occidentaux occupant la position fort agréable du héros leur venant en aide ou étant l’incarnation d’un idéal désirable. Après le changement, ils ont perçu leurs frères de l’Est comme un danger potentiel, des ouvriers prêts à accomplir la même tâche pour moitié ou quart du prix payé aux travailleurs locaux, ou comme un appel constant à la générosité, tel un mendiant installé à demeure devant votre porte. La situation évolue petit à petit, mais on a encore vu, avec l’expulsion des Roms roumains ou bulgares de France, les sentiments d’animosité et de rejet que pouvaient provoquer les ressortissants de ces pays.

Dans l’est de l’Europe, les réactions au passé récent sont différentes. Il faut bien se rendre compte que, dans un pays où le régime dictatorial s’est maintenu au pouvoir pendant quarante-cinq ans – ou, dans le cas de la Russie, soixante-quatorze ans – personne ne peut rester entièrement indemne, sans avoir jamais passé le moindre compromis avec le pouvoir. Le propre du totalitarisme est d’impliquer l’ensemble de la population dans ses pratiques. On comprend, dans ces conditions, le désir de nombreux habitants de tourner la page de ce passé peu glorieux, de ne plus ressasser les humiliations subies, mais de profiter de ce dont on manquait tant auparavant. D’autant plus que, dans certains de ces pays de l’Est, comme en Pologne ou aujourd’hui en Hongrie, on entend des appels à la purification, lancés par des hommes politiques au passé inconnu, appels suivis de poussées conservatrices. Il est vrai, d’autre part, qu’il est dangereux de refouler le passé, car il risque de ressurgir sous des formes violentes. Mais l’expérience montre que le temps d’une, voire de deux générations doit passer entre l’événement et son inscription nuancée dans la mémoire collective. En France, il a fallu attendre trente ans avant que des analyses pondérées de la Seconde Guerre mondiale ne s’imposent, et l’on commence seulement de mettre en lumière l’expérience de la guerre d’Algérie – alors que cinquante ans se sont écoulés depuis sa fin.

La rédaction – Vous plaidiez, il y a quelques années, à l’époque de l’adoption d’une Constitution pour l’Europe, en faveur d’un fonctionnement à « géométrie variable » de l’Union européenne afin, notamment, de permettre à celle-ci de retrouver un élan et de lui permettre d’être « la puissance tranquille » à laquelle aspirent ses membres, anciens comme nouveaux ; la crise financière actuelle vous semble-t-elle avoir compromis cette éventualité ? Sur quel(s) aspect(s) vous paraît-il important d’insister aujourd’hui pour que la construction européenne reprenne un nouveau souffle ?

Que la plus grande intégration des États européens en une seule entité soit une bonne chose est une évidence. D’abord pour une simple question de taille : une Union européenne de 500 millions de personnes pourra mieux imposer ses options à ses partenaires dans le reste du monde qu’à eux seuls des États membres, comme la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne ou d’autres. Ensuite en raison de sa spécificité : le continent européen, avec la diversité des populations qui l’habitent, riche d’une histoire millénaire, doit pouvoir choisir une voie qui corresponde à son identité, bâtir un modèle social qu’il pourra offrir en exemple aux autres parties du monde. Mais cette évidence se heurte aux égoïsmes nationaux, plus exactement à la résistance de la classe politique dans chaque pays, qui craint de ne pas retrouver au niveau européen les positions de pouvoir dont elle dispose au niveau local. La réduction de la distance entre idéal et réalité se fait avec une lenteur exaspérante. Certains acquis qui semblaient définitifs se trouvent aujourd’hui ébranlés, ainsi de l’euro, ou de l’Espace Schengen.

L’intégration européenne devrait progresser sur plusieurs points.

Le premier concerne les institutions. L’Union souffre à la fois d’un déficit démocratique et d’un manque de visibilité. Pour remédier au déficit, il aurait fallu renforcer le rôle du Parlement européen, seule instance élue : c’est à lui, et non aux chefs de gouvernements nationaux, qu’il reviendrait d’élire le président du Conseil, fonction qui devrait se confondre avec celle de président de la Commission. Pour des raisons de procédure, une telle transformation est difficile à réaliser, pourtant elle serait bénéfique à tous.

Le deuxième touche aux affaires économiques. Comme on l’a souvent dit, il faudrait qu’il y ait une coordination accrue des politiques économiques, que s’imposent des stratégies concertées – ajustement des systèmes fiscaux, révision des rapports avec les banques ; sans cela, l’existence même d’une monnaie commune est menacée. Un ministre européen de l’Économie devrait incarner cette intégration accrue. Je me demande parfois si la crise ne devrait pas être plus aiguë encore pour que les résistances soient levées, pour que les peuples puissent reprendre le contrôle de leur destinée.

Le troisième point est celui de l’autonomie militaire. Il est inapproprié que la politique militaire de l’Europe soit entre les mains de l’OTAN, organe contrôlé par un pays non européen, les États-Unis. Cela nous vaut l’engagement absurde dans la guerre d’Afghanistan, qui pèse lourd sur les budgets nationaux, entraîne le sacrifice des soldats et ne sert en rien les intérêts européens, si ce n’est de prouver notre loyauté envers les États-Unis qui en échange garantissent notre sécurité. On pourrait me rétorquer que la guerre de Libye illustre l’action militaire conduite par les Européens. Pour ma part, j’y vois plutôt une intervention décidée et dirigée par les deux grandes ex-puissances coloniales, la Grande-Bretagne et la France : comme au temps des colonies, le destin des pays africains se discute entre Londres et Paris, dont les dirigeants choisissent les gouvernants locaux qui leur conviennent et dont ils attendent des services en retour. La « puissance tranquille » que j’appelle de mes vœux devrait agir dans l’intérêt des peuples européens, être capable d’empêcher les massacres chez ses voisins, mais s’abstenir de décider à leur place qui doit les gouverner.

Le principe d’un fonctionnement « à géométrie variable » est appliqué en Europe, comme l’illustre la non-coïncidence entre la zone euro et l’Espace Schengen. Ce qui manque, c’est l’élan pour avancer vers une plus grande intégration, un embryon de fédération. Il pourrait venir en réponse d’un danger commun qu’il s’agirait de parer ; ou, alternative moins risquée, du courage politique de nos dirigeants.

* Essayiste et historien.

Quelques ouvrages récents de Tzvetan Todorov
• Mémoire du mal, tentation du bien. Enquête sur le siècle, Paris, Robert Laffont, 2000.
• Le Nouveau Désordre mondial. Réflexions d’un Européen, Paris, Robert Laffont, 2003.
• L’Esprit des Lumières, Paris, Robert Laffont, 2006.
• La Peur des barbares. Au-delà du choc des civilisations, Paris, Robert Laffont, 2008.
• La Signature humaine : essais 1983-2008, Paris, Le Seuil, 2009.
• Goya à l’ombre des Lumières, Paris, Flammarion, 2011.

Pour citer cet article : Entretien avec Tzvetan Todorov, « La chute du communisme inaugure une troisième phase de messianisme politique... », Grande Europe n° 37, octobre 2011 - La Documentation française © DILA

 

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