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Grèce. Quels enjeux de sécurité en Méditerranée orientale ? par Renaud Dorlhiac

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Grèce et Méditerranée orientale.
La Documentation française

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Mis à jour le 12/07/2011

Introduction

Face aux questions de sécurité en Méditerranée orientale, dont l’immigration clandestine, la Grèce peine à définir une stratégie consacrant ses sympathies pour les pays arabes sans froisser Israël, ménageant ses liens avec la Turquie et favorisant les intérêts de ses armateurs.


Grèce. Quels enjeux de sécurité en Méditerranée orientale ?

Renaud Dorlhiac*

Les crises aiguës qui, depuis le début de 2011, affectent le Maghreb et le Proche-Orient contribuent à accélérer la « réappropriation » par la Grèce de la Méditerranée orientale et de son environnement immédiat(1). Cet élan s’efforce de prendre en compte l’instabilité politique qui règne dans cette région et de contenir ses conséquences sécuritaires directes, notamment en termes d’immigration illégale. Pour autant, le positionnement propre de la Grèce sur certaines des questions en jeu, et le fait qu’elle y soit partie prenante, ne lui permettent pas de jouer le rôle de pivot de la stabilité régionale qu’elle ambitionne, bien qu’elle se montre active sur la plupart des dossiers concernés.

La crise libyenne : pour une solution diplomatique

Cette observation se vérifie particulièrement dans le cas de la crise libyenne : tout en soutenant la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU imposant une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Lybie et autorisant le recours à toutes les mesures jugées nécessaires pour protéger les populations civiles, Athènes privilégie la recherche d’une solution diplomatique (elle plaide inlassablement en ce sens, en qualité de membre du groupe de contact mis en place lors de la Conférence de Doha, le 13 avril 2011). Compte tenu des très bonnes relations entretenues de longue date avec Tripoli et de l’hostilité de son opinion publique à une opération militaire, la Grèce met l’accent sur le volet humanitaire et sur la nécessaire association des pays arabes. Fidèle à cette ligne de conduite, elle se contente d’actions modestes préparant son engagement humanitaire futur (une unité médicale mobile ainsi qu’un navire transportant de l’aide ont été dépêchés à Benghazi à la fin du mois de mai) et lui permettant de nouer des contacts officiels avec le Conseil national de transition. Elle s’abstient simultanément de prendre directement part aux frappes, tout en mettant à disposition des alliés et de l’OTAN trois de ses bases (principalement celle de La Soude, en Crète) et en fournissant des moyens de soutien.

Paradoxalement, l’implication de l’OTAN dans l’opération menée contre le régime du colonel Khadafi constitue également un motif de frustration pour la Grèce. Elle signifie en effet pour elle tout à la fois l’essoufflement du moteur européen (incapable d’offrir une réponse concertée et rapide) et le renforcement de l’ascendant au sein de l’Alliance atlantique de la Turquie, son principal rival dans la région. De fait, la décision prise le 8 juin 2011 par les ministres de la Défense de l’OTAN de transférer le commandement de sa Composante terrestre à Izmir (Turquie), et de supprimer le centre des Opérations aériennes combinées de Larissa (Grèce), illustre clairement les priorités stratégiques de l’Alliance atlantique dans un contexte de réduction de ses empreintes géographiques.

Dépasser les différends gréco-turcs

Consciente de ce rapport de force déséquilibré, la Grèce peine à définir une politique cohérente à l’égard de sa voisine. Partagée entre la reconnaissance de l’existence d’intérêts stratégiques communs et une méfiance persistante, Athènes balance continuellement entre une politique d’ouverture et le maintien de positions intransigeantes sur des sujets pourtant discutables.

Les différends gréco-turcs en mer Égée illustrent parfaitement la nature des relations entre les deux pays. Ceux-ci portent principalement sur la délimitation des eaux territoriales, de l’espace aérien et du plateau continental(2). Dans le premier cas, la Grèce s’appuie sur la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de Montego Bay pour revendiquer une extension de ses eaux territoriales de 6 à 12 milles marins(3). La légitimité de cette prétention, qui aurait pour conséquence de rendre la mer Égée presque aux trois quarts grecque (limitant d’autant la liberté d’accès des opérateurs turcs à la Méditerranée, ou leur exploitation économique des zones contestées), est rejetée par la Turquie qui n’est pas signataire de la Convention. En outre, si aucune restriction au droit des États d’étendre leurs eaux territoriales n’est prévue, la pratique de bon voisinage veut que ceux-ci s’abstiennent d’y recourir dans les cas conflictuels. Il en va de même de la délimitation de l’espace aérien national, porté unilatéralement à 10 milles par la Grèce, alors que la Convention de Chicago stipule que ses limites doivent correspondre à celles des eaux territoriales. Enfin, pour ce qui est du plateau continental, la Grèce estime que les îles de la mer Égée, y compris les plus proches du littoral turc (Castellorizo, par exemple, marquant la frontière orientale du territoire grec, n’est qu’à quelques encablures…), prolongent son territoire continental... et non pas le plateau anatolien.

Pour anciens qu’ils soient, et même s’ils occasionnent régulièrement des tensions et des frictions plus ou moins sérieuses, ces différends n’empêchent pas Athènes et Ankara de rechercher des voies de compromis et, surtout, d’améliorer leurs relations politiques. Celles-ci connaissent d’ailleurs une embellie depuis le retour au pouvoir, en octobre 2009, du gouvernement socialiste conduit par Georgios Papandréou, grand artisan de la stratégie d’ouverture à la Turquie formulée en 1999(4). La visite à Athènes du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, en mai 2010, lança le partenariat stratégique entre les deux pays ; celles du Premier ministre grec en Turquie, en janvier 2011, puis du ministre turc des Affaires étrangères en Grèce, en mars, ont œuvré à la relative détente entre les deux États et à leur recherche de solutions pragmatiques. Néanmoins, la mise en pratique de ces avancées trouve rapidement ses limites(5), dans la mesure où le traitement des questions les plus sensibles est laissé de côté.

Ce rapide survol des différends gréco-turcs en mer Égée et des efforts déployés pour tenter de les dépasser indique combien il est difficile d’adopter une approche sereine sur des sujets au demeurant simples, même si les deux États sont alliés au sein de l’OTAN et si Athènes défend vigoureusement l’intégration de la Turquie à l’Union européenne. Si les raisons tactiques qui poussent la Grèce à défendre cette position ne trompent personne, elles apparaissent cependant des plus étonnantes si l’on prend en compte l’irritant que constitue la question chypriote dans la laborieuse normalisation des relations entre l’Union européenne (UE) et l’OTAN, comme entre l’UE et la Turquie. Les liens unissant la Grèce et la République chypriote dépassent largement ceux d’un simple partenariat stratégique : les deux États se conçoivent comme appartenant à un espace hellénique commun(6), au regard duquel leur séparation procède d’un accident historique.

La mise en place d’un partenariat avec Israël

Cette défiance persistante envers la Turquie explique le rapprochement très net de la Grèce avec Israël, opéré à la suite de la dégradation des relations entre Tel-Aviv et Ankara, provoquée par les tensions qu’a suscitées l’assaut par des commandos israéliens de la flottille humanitaire internationale se rendant à Gaza, au printemps 2010. Depuis, les visites se succèdent au plus haut niveau (en janvier 2011, un Premier ministre israélien s’est pour la première fois rendu en Grèce), annonçant la mise en place d’un véritable partenariat.

Cette évolution, marquante dans le cas d’un État connu pour son positionnement pro-arabe et pro-palestinien, permet à la Grèce de rééquilibrer son approche des problématiques proche-orientales. Il ne s’agit nullement d’un revirement puisqu’Athènes reste attentif à ce que l’amélioration de sa relation avec Israël ne porte pas ombrage à ses relations traditionnelles avec le monde arabe(7). À cet égard, la décision des autorités, le 1er juillet 2011, d’interdire aux bateaux constituant la seconde flotille de Gaza de quitter les ports du pays à destination de l’enclave, moyennant la proposition d’acheminer par ses soins la cargaison humanitaire devant y être livrée, est symptomatique du nouveau positionnement grec au Proche-Orient. Dans une optique plus large, la Grèce a nommé, au début de 2011, un envoyé spécial pour le Moyen-Orient, Antonis Nicolaidis, dont la mission consiste à promouvoir les relations avec les pays de la région et à soutenir les efforts visant à résoudre la question israélo-palestinienne. Gênée par le silence européen au moment de l’intervention israélienne dans la bande de Gaza en décembre 2008-janvier 2009, la Grèce soutient naturellement l’objectif de renforcement de l’action européenne dans les territoires palestiniens. Elle juge cependant nécessaire de procéder à une évaluation préalable du dispositif existant, avant toute fusion des missions qui y sont déployées depuis 2005 (EUBAM Rafah et EUPOL COPPS)(8) et élargissement de leurs champs d’action.

Proche-Orient : une certaine frilosité face aux mouvements de réformes

En ce sens, la décision prise par l’Égypte au printemps 2011 d’ouvrir de façon permanente le poste frontalier de Rafah, faisant la jonction entre son territoire et la bande de Gaza, va dans le sens d’une normalisation attendue par la Grèce.

Mais l’attention portée à l’Égypte est également liée à la présence dans ce pays d’une diaspora grecque historiquement et symboliquement importante(9). Athènes s’est d’ailleurs empressé de procéder à l’évacuation de cette communauté au plus fort des troubles qui ont entraîné la chute du président Moubarak, le 11 février 2011. Depuis, la Grèce s’emploie à soutenir le processus de réformes, tout en prenant garde de ne pas pouvoir être accusée d’ingérence.

D’une façon générale, elle fait preuve de frilosité face aux changements politiques dans la région, semblant douter de la capacité des oppositions démocratiques à constituer une alternative politique crédible. La Syrie est également concernée par cette approche même si Athènes, initialement peu favorable à l’exercice de pressions trop fortes sur le régime de Bachar El-Assad, devrait rallier le mouvement in fine avec la dégradation et la médiatisation internationale de la situation.

Liban, Somalie : sécuriser les flux maritimes

Enfin, l’engagement de la Grèce en faveur de la stabilisation du voisin libanais se manifeste autant par l’octroi d’un financement au Tribunal spécial pour le Liban (instance internationale créée sous égide de l’ONU) qu’avec l’implication grecque dans la FINUL II (Force intérimaire des Nations unies au Liban), à compter de l’automne 2006.

Bien que les deux lui permettent de s’afficher au sein de l’ONU, enceinte privilégiée pour le traitement de questions sensibles en Grèce (Chypre, Ancienne République Yougoslave de Macédoine – ARYM – ...), la présence de la Grèce dans la FINUL est surtout symbolique et centrée exclusivement sur le volet maritime. Celui-ci répond essentiellement aux préoccupations de ses armateurs relatives à la sécurisation des flux maritimes (en effet, la flotte de commerce sous pavillon grec se situe au premier rang en Europe et demeure l’une des plus importantes au monde). D’ailleurs, cette même considération fut directement à l’origine de la participation grecque à l’opération Atalanta (lancée par l’Union européenne à la fin de 2008) de lutte contre la piraterie au large de la Somalie(10) et dans le golfe d’Aden, principale voie d’acheminement à destination de la Méditerranée(11).

De la difficulté à développer une vision prospective en Méditerranée

À défaut de présenter des risques majeurs pour la sécurité de son territoire, l’instabilité dans les pays baignés par la Méditerranée orientale n’en a pas moins des conséquences sérieuses pour la Grèce. La première, et la plus immédiatement perçue, réside dans l’immigration clandestine qui connaît une croissance constante ces dernières années du fait de l’instabilité récurrente dans le voisinage de la Grèce(12). Bien que l’essentiel des flux empruntait traditionnellement la voie terrestre et la frontière septentrionale du pays, en provenance des Balkans et d’Europe centrale(13), ceux arrivant par voie maritime sont d’autant plus mal perçus qu’ils sont principalement constitués de populations non européennes et non chrétiennes, mettant à mal l’axiome de l’unicité de la nation grecque. Le fait que ces dernières transitent surtout par la Turquie constitue un facteur aggravant, celle-ci étant suspectée par Athènes de ne pas chercher à endiguer ce flot et de contribuer à sa déstabilisation. Cette perception pourrait néanmoins évoluer avec la mise en œuvre partielle (le nombre de retours est limité à 1 000 par an) par Ankara du protocole bilatéral de réadmission signé en mai 2010, et avec l’aboutissement attendu des négociations d’un accord similaire entre l’UE et la Turquie (retardé du fait des contestations bilatérales sur la fixation de la frontière maritime). Ces évolutions préfigurent peut-être des avancées substantielles et concertées sur des sujets aussi sensibles que la lutte contre l’immigration clandestine et, plus généralement, les enjeux de sécurité.

En attendant, la Grèce n’a de cesse de sensibiliser ses partenaires européens au risque migratoire et de réclamer davantage de solidarité de leur part (rappelant à juste titre que son territoire n’est, le plus souvent, qu’un point d’accès vers l’Europe occidentale). L’ouverture, au Pirée, d’un bureau régional de l’Agence européenne pour la gestion de la coopération aux frontières extérieures (FRONTEX) et le déclenchement, en octobre 2010 et à son initiative, du mécanisme européen d’intervention rapide aux frontières (RABIT) à sa frontière terrestre avec la Turquie sont autant de signes démontrant que les préoccupations d’Athènes sont – au moins partiellement – entendues. Néanmoins, la perspective d’un rétablissement des contrôles sur les frontières internes de l’espace Schengen et le peu d’écho reçu par sa proposition d’introduire des critères démographiques et géographiques dans le règlement Dublin II(14) (afin d’équilibrer entre États membres la charge de l’examen des demandes d’asile), ravivent les craintes de la Grèce de devoir affronter seule un problème considéré comme commun.

De manière plus générale, la configuration géographique de la Grèce (le pays européen disposant du littoral le plus étendu) l’expose particulièrement aux risques maritimes. Mais, alors que ce facteur devrait sensibiliser le pays aux enjeux de surveillance et de prévention, Athènes hésite à s’engager dans des projets contraignants et suit sans ardeur les travaux pilotés par l’UE en vue d’établir un espace commun de partage de l’information. Le peu d’enthousiasme montré par la Grèce envers une plus grande transparence des flux maritimes en Méditerranée souligne aussi certains de ses paradoxes ainsi que sa difficulté à concevoir les enjeux sécuritaires en Méditerranée orientale autrement que comme le théâtre d’une rivalité historique avec la Turquie ou le lieu de cristallisation des problèmes d’immigration.

Pourtant, l’accroissement continu du trafic dans la zone et les efforts qu’elle fournit pour se positionner en tant que nœud d’approvisionnement énergétique dans la région(15) (avec les risques environnementaux que cela comporte)(16), devraient inciter la Grèce à la prudence. Appréhender les désordres qui affectent la Méditerranée orientale sous le seul angle de leur impact sur l’économie du pays ou sur les équilibres démographiques internes ne saurait être longtemps satisfaisant. Alors que la zone n’est nullement à l’abri d’une catastrophe majeure, les moyens de réponse disponibles sont tout aussi insuffisants que la sensibilisation de l’ensemble des pays riverains. Telle est peut-être la raison qui conduit la Grèce à être l’un des plus fervents partisans de l’Union pour la Méditerranée. Prémonitoire ou non, le volontarisme affiché par Athènes en la matière vise autant à densifier des relations Nord-Sud qu’à rehausser le statut d’une Méditerranée orientale si souvent négligée et tenue à l’écart d’initiatives centrées sur son versant occidental (Dialogue 5 + 5, Euromarfor...)(17). Dans cette optique, les crises aiguës qui se succèdent dans la zone et mobilisent l’attention internationale constituent une opportunité unique de rétablir l’ « unité » de la Méditerranée. La Grèce aurait beaucoup à y gagner. Encore faudrait-il qu’elle se résolve à concevoir une politique plus audacieuse pour la région, à l’heure où les défis à relever ne se résument plus à la déclinaison de l’équation gréco-turque sur un panel élargi de théâtres et de problématiques.

Notes
(1) Lesser Ian, « Greece’s new geopolitical environment », Southeast European and Black Sea Studies, Vol. 5/3, septembre 2005.
(2) Ortolland Didier, « Le conflit gréco-turc en mer Égée : un règlement impossible ? », Défense Nationale et Sécurité Collective, n° 1, 2009.
(3) Voir Sena Latif, « Le différend de la mer Égée » (cartes), in « Mers et océans », Questions internationales, n° 14, juillet-août 2005, p. 24.
(4) Georgios Papandréou exerçait les fonctions de ministre des Affaires étrangères (février 1999 - février 2004) lorsque la défense des perspectives européennes de la Turquie a été inscrite parmi les constantes de la diplomatie étrangère grecque.
(5) Alors que le point avait été évoqué en 2010 lors de la refonte de la stratégie turque de sécurité nationale, la levée du casus belli, établi en 1995 en cas d’extension unilatérale des eaux territoriales, a finalement été écartée.
(6) À ce titre, la Grèce déploie plus de 1 000 personnels de défense sur le territoire de la République de Chypre (la plupart étant inclus dans la Garde nationale chypriote), ce qui fait de ce pays son principal théâtre d’opérations extérieures.
(7) Agnantopoulos Apostolos, « Greece and the Palestinian-Israeli Conflict : a Discursive Constructivist Perspective », Mediterranean Politics, vol. 12/3, novembre 2007.
(8) EUBAM Rafah est la mission d’aide frontalière au point de passage avec l’Egypte, tandis que EUPOL COPPS aide au renforcement des capacités de maintien de l’ordre public de l’Autorité palestinienne.
(9) Jadis évaluée à plus de 100 000 personnes, la communauté grecque d’Égypte a fortement diminué avec la politique de nationalisation menée par Nasser à la fin des années 1950 et au début de la décennie suivante. Elle compterait désormais moins de 4 000 membres. Le poète Konstantinos Kavafis ou le philantrope Emmanouil Benakis en sont parmi les plus illustres représentants.
(10) La Grèce en exerça notamment le premier commandement sur zone, de décembre 2008 au printemps 2009.
(11) 40 % du volume mondial d’échanges de marchandises et 30 % du trafic pétrolier transitent par le canal de Suez.
(12) Au cours du premier semestre de 2010, les trois quarts des clandestins interceptés à leur entrée dans l’UE l’ont été en Grèce (soit un peu plus de 30 000 personnes). Grâce aux moyens déployés, les chiffres ont été réduits de près de moitié lors du premier trimestre de 2011.
(13) Même si l’immigration en Grèce est en train de changer de nature, la seule population albanaise représentait jusqu’à il y a peu 60 % de l’ensemble.
(14) Ce règlement détermine l’État membre de l’Union européenne responsable de l’examen d’une demande d’asile dans l’UE en vertu de la Convention de Genève. Habituellement, cet État est celui par lequel le demandeur est entré dans l’UE.
(15) Ifantis Kostas, « Greece’s Energy Security Strategy : Between Energy Needs and Geopolitical Imperatives », in Marquina Antonio, Energy Security : Visions from Asia and Europe, Palgrave Macmillan, New York, 2008.
(16) La construction d’un oléoduc reliant la mer Noire à la Méditerranée en contournant les détroits, ou les positionnements vis-à-vis de la Turquie et d’Israël (également motivés par des perspectives d’exploitation de champs gaziers en mer), n’en sont que quelques exemples.
(17) La Force maritime européenne, a été constituée en 1995 à l’initiative de l’Espagne, la France, l’Italie et le Portugal. Le Dialogue 5 + 5 met en relation les mêmes pays (auxquels s’ajoute Malte) avec les pays du Maghreb. L’instabilité de la Méditerranée orientale et le différend gréco-turc ont toujours empêché l’intégration de la Grèce dans ces deux initiatives.

* Chef du Bureau Balkans à la Délégation aux affaires stratégiques du ministère de la Défense et membre associé du Pôle Balkans de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Pour citer cet article : Renaud Dorlhiac, « Grèce. Quels enjeux de sécurité en Méditerranée orientale ? », Grande Europe n° 34, juillet 2011 - La Documentation française © DILA

 

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