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Liechtenstein. Une longue marche vers la reconnaissance, par Jaroslav Blaha

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Le Liechtenstein.
Dila / Paris – 2010

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Mis à jour le 12/12/2010

Introduction

Ce n’est qu’en 2009 qu’est intervenue une normalisation des relations entre la République tchèque et le Liechtenstein, ce petit pays dont les terres ont longtemps été inféodées à une branche de la famille des Habsbourg et dont la dynastie a possédé de vastes domaines en Bohême et en Moravie.


Liechtenstein. Une longue marche vers la reconnaissance

Jaroslav Blaha*

L’histoire de ce pays, lové sur les bords du Rhin et dont la superficie est sensiblement équivalente à celle du département français des Hauts-de-Seine, renvoie à des temps très anciens, des fouilles archéologiques faisant remonter le peuplement du Liechtenstein à l’ère du paléolithique supérieur. Seules, les régions en altitude étaient habitées, en l’occurrence par les Rhètes, le Rhin et ses fréquentes crues représentant une menace permanente dans la vallée. Le territoire fut conquis par les Romains et déclaré « province romaine » en l’an 15 av. J.-C. Une voie romaine parcourait d’ailleurs la région du nord au sud, traversant les Alpes par la passe de Splügen ; les plaines virent alors se construire des villas romaines et des ouvrages de défense pour contrer les attaques des Alamans. Avec la chute de l’Empire romain et l’arrivée des Alamans, les cultures latine et germanique cohabitèrent des siècles durant. Incorporée à l’Empire carolingien, la région devint un comté franc en 806, dirigé par les comtes de Bregenz, dont la lignée s’éteignit en 1152. L’ancienne Rhétie fut ensuite, au fil des générations, divisée en plusieurs comtés. En 1342, se constitua le comté de Vaduz qui, à partir de 1416, fut gouverné par les barons de Brandis. A l’issue de différentes acquisitions territoriales, ces derniers fixèrent les frontières du Liechtenstein, restées depuis 1434 à l’identique. Le dernier baron de cette lignée vendit les domaines de Vaduz et de Schellenberg aux comtes de Sulz, catholiques romains, qui demeurèrent, pendant la Réforme, fidèles à Rome. En 1613, les comtes de Sulz, lourdement endettés, cédèrent les comtés à leurs homologues de Hohenems dont l’ambition était de créer un État tampon entre la Suisse et l’Autriche, car, bien qu’élevés au rang de princes depuis 1608, ils ne pouvaient pas pour autant prétendre à siéger au Conseil des Princes, instance consultative placée auprès de l’Empereur. Endettés à leur tour, ils furent contraints de vendre leur possession.

S’ouvre alors, au XVIIe siècle, une période noire marquée par des épidémies, conséquence dramatique parmi d’autres de la guerre de Trente Ans qui permit aux catholiques impériaux, dont Charles de Liechtenstein – d’abord protestant, celui-ci rallia ensuite les rangs des catholiques –, de s’approprier des fiefs confisqués aux protestants. Ce personnage comptera dans l’histoire parmi ceux qui prirent part à l’exécution des nobles tchèques et moraves en 1620, après leur défaite lors de la bataille de la Montagne Blanche(1).

L’installation de la dynastie Liechtenstein

La dynastie Liechtenstein possédait donc de vastes domaines, principalement en Bohême, en Moravie et en Silésie (actuelles République tchèque et Pologne), en Basse-Autriche, en Styrie (actuelles Autriche et Slovénie) ainsi qu’en Hongrie, soit plus de 6 000 km² incluant 46 châteaux, 59 villes et bourgs et 756 villages. Mais ces riches domaines étaient des fiefs assujettis à l’autorité d’autres seigneurs de diverses branches des Habsbourg, en particulier. Bien que fidèles serviteurs et proches conseillers du pouvoir impérial aucun de cette dynastie ne possédait de territoire jouissant de « l’immédiateté impériale » (c’est-à-dire relevant directement de l’empereur) permettant de disposer d’un siège et d’une voix au Conseil des Princes. Dans ce but, elle jeta son dévolu sur les domaines de Vaduz et de Schellenberg et après de longues négociations, le prince Johann Adam Ier de Liechtenstein fut autorisé, en 1699 et en 1712, à acheter aux Habsbourg les deux minuscules comtés. Ce territoire directement subordonné au Saint Empire prit alors le nom de la famille le dirigeant, en l’occurrence celui d’un château qu’elle possédait en Basse-Autriche. En 1719, l’Empereur Charles VI décréta que les comtés de Vaduz et de Schellenberg seraient promus au rang de Principauté impériale de Liechtenstein, devenant alors le 343e État de l’Empire. La transaction étant de nature purement politique, les princes  de Liechtenstein ne s’installèrent sur leur nouvelle terre que bien des décennies plus tard.

En 1806, Napoléon envahit le Saint Empire germanique qui fut dissous et le Liechtenstein, dès lors affranchi de tout devoir d’obéissance à une puissance extérieure, devint indépendant. En rejoignant la Confédération du Rhin (1806-1813) créée par Napoléon, cette Principauté devint, à l’instar du Grand-Duché de Luxembourg, un État souverain et indépendant.

Intégrée à partir de 1815 au sein de la Confédération germanique (1815-1866, rassemblement de 39 États inspiré de la Confédération du Rhin), sa situation devint délicate. Économiquement isolée, ne réalisant qu’un volume modeste d’échanges avec les pays voisins, la Principauté du Liechtentstein était un pays rural, sous-développé, qui, croulant sous le poids des taxes féodales, n’en fut que plus sensible aux idéaux de la révolution de 1848. A coup de pétitions, la population réclama au Prince une nouvelle Constitution, des élections libres et l’abrogation des taxes. Le monarque donna d’abord la priorité à l’ouverture du pays : un accord douanier fut conclu avec l’Autriche en 1852. Rattachée au système monétaire autrichien, l’économie de la Principauté décolla avec l’apparition des premières manufactures et usines et la création, en 1861, d’une première banque (Spar und Leihkasse). L’inauguration en 1872 de la première liaison ferroviaire marqua le désenclavement du pays. Les changements politiques souhaités par les sujets de la Principauté tardèrent à être mis en œuvre et une nouvelle Constitution instaurant une diète ne fut promulguée qu’en 1862. En 1868, deux ans après le démantèlement de la Confédération germanique, le Liechtenstein dissout son armée de 80 hommes et opte pour la neutralité qui, bien que mise à l’épreuve durant les deux guerres mondiales(2), ne fut jamais remise en cause.

Étroitement lié à l’Empire austro-hongrois jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale, le Liechtenstein fut durement frappé sur le plan économique et contraint de se rapprocher de la Suisse : en 1919, un traité investit cette dernière de la mission de représenter les intérêts du Liechtenstein sur les plans diplomatique et consulaire là où l’État helvétique était présent ; en 1920, une convention sur les services postaux fut signée entre les deux pays qui, en 1923, décidèrent de former une union monétaire et douanière ; en 1924, le franc suisse devient la monnaie officielle de la Principauté.

En 1921, le Liechtenstein adopta une nouvelle Constitution qui, outre le fait d’introduire le suffrage universel, stipulait que tout candidat au poste de Premier ministre devait être originaire de la Principauté. En 1938, François-Joseph II de Liechtenstein décida – au lendemain de l’Anschluss – de quitter sa résidence autrichienne pour s’installer à demeure dans la Principauté, plus précisément au château de Vaduz, d’où il dirigera le pays jusqu’à sa mort, en 1989.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le pays s’en tint officiellement à une stricte neutralité. Ceci étant, les historiens divergent quant au comportement réel de la famille princière. Aurait-elle collaboré avec les nazis, en particulier dans le Protectorat de Bohême-Moravie ? Ou, au contraire, aurait-elle fourni assistance aux victimes du nazisme et aidé financièrement la résistance en exil à Londres ? Jusqu’à présent, la question reste entière. Il est par contre avéré que les biens mobiliers de la famille des Liechtenstein se trouvant dans les zones occupées et/ou de combat furent acheminés vers Londres, ou emportés dans la Principauté. Quant à l’imposante collection de tableaux, après avoir risqué d’être détruite par les nazis, elle put en 1945, après bien des déboires, être installée à Vaduz(3).

À la fin de la guerre, l’annexion de territoires par la Pologne et l’expulsion de plus de trois millions d’ « Allemands des Sudètes » par la Tchécoslovaquie entraînèrent l’expropriation et la nationalisation de la totalité des possessions « héréditaires » des Lichtenstein situées dans les régions historiques de Silésie, de Moravie et de Bohême. Dans la seule Tchécoslovaquie, furent ainsi nationalisés, outre plusieurs châteaux et palais, 1 600 km² de terres agricoles et de forêts, soit dix fois la superficie de la Principauté. Durant la guerre froide, Prague et Vaduz s’ignorèrent mutuellement et les citoyens du Liechtenstein furent interdits d’entrée en Tchécoslovaquie. La situation était à ce point absurde que la Principauté était considérée par les autorités tchécoslovaques comme étant intégrée à l’Allemagne tandis que le Liechtenstein refusait de traiter la Tchécoslovaquie autrement que comme une partie de l’Autriche ! D’ailleurs, jusqu’à nos jours, le souverain du Liechtenstein continue de se prévaloir des titres de « prince de Krnov et d’Opava », du nom des deux possessions confisquées en Silésie. Le fort engagement du prince François-Joseph II aux côtés des associations des « expulsés des Sudètes » contribua à entretenir cette hostilité réciproque.

De façon certes tardive, le Prince déploya beaucoup d’efforts pour faire entendre la voix de son pays au niveau international : en 1978, ce dernier devenait membre du Conseil de l’Europe. Mais ce n’est qu’à partir de 1989, lorsque le prince Hans-Adam II succéda à son père que ce processus d’intégration aux relations internationales s’accéléra : en 1990, le pays rejoignait l’Organisation des Nations unies, en 1991, l’Association européenne de libre-échange (AELE) et, en 1995, l’Espace économique européen (EEE) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Une démocratie sérénissime

La Constitution de 1921 stipule que le Liechtenstein est « une monarchie constitutionnelle héréditaire » dans laquelle le pouvoir est partagé entre le prince et le peuple. Le Landtag, (Parlement), est composé de 25 députés élus au suffrage universel, tandis qu’un gouvernement formé de cinq ministres assure la gestion des affaires courantes. Contrairement à ce qui s’observe dans beaucoup d’autres monarchies constitutionnelles, la Constitution confère au prince du Liechtenstein plusieurs prérogatives d’une réelle importance : il peut dissoudre le Parlement, faire stopper une procédure pénale en cours et dispose du droit de grâce. Ces compétences furent l’objet de polémiques et de critiques jusqu’à ce qu’un référendum, en mars 2003, confirme l’adhésion populaire à l’organisation actuelle du pays, celle-ci ayant été obtenue, selon les détracteurs du prince Hans-Adam II, sous la pression d’un « chantage ». En effet, le souverain et sa famille ne s’étaient-ils pas déclarés prêts à partir pour Vienne, au cas où leur pouvoir serait fortement contesté, quitte à déstabiliser ce pays prospère ?

Points de repère

Doté d’une superficie totale de 160 km², dont 41 % constitués de champs et de pâturages, le pays comptait, en 2007, 35 000 habitants. Seuls deux tiers de la population environ (65,8 %) sont d’origine liechtensteinoise, 20,1 % provenant de pays germanophones (10,8 % de Suisse, 5,9 % d’Autriche et 3,4 % d’Allemagne). Viennent ensuite les Italiens (3,3 %), les ressortissants de l’ex-Yougoslavie (3,3 %), les Turcs (2,6 %) et les autres nationalités (4,8 %). Alors que la langue usuelle est le suisse-allemand, dialecte alémanique, l’allemand, langue officielle de l’administration, doit être maîtrisé par tout citoyen. C’est au demeurant le seul pays au monde à avoir adopté l’allemand comme unique langue nationale. Lors d’une enquête réalisée en juin 2003, 75,7 % de la population se déclara de confession catholique, contre 7 % de protestants et 4,2 % de musulmans ; 10,9 % ne fournirent aucune réponse. Un référendum organisé le 1er juillet 1984, activement soutenu par le Prince, accorda le droit de vote aux femmes, mais uniquement pour les scrutins nationaux (et non locaux).

Le Liechtenstein dispose de ressources naturelles limitées, mais son économie n’en est pas moins prospère, grâce notamment à une industrie diversifiée (quelque 600 entreprises dont la majorité de moins de 50 salariés) qui s’est fait un nom dans certaines filières des biens d’équipement, des instruments de précision, du matériel médical et de l’outillage. Outre un secteur financier performant, l’attractivité de la Principauté repose sur l’existence d’un impôt sur les sociétés très avantageux, dont le taux est plafonné à 18 % et de diverses autres facilités fiscales, qui ont incité plus de 74 000 multinationales à installer leur siège dans le pays, le plus souvent sous la forme d’une simple boîte postale ; environ 30 % des revenus du Liechtenstein proviennent de cette opportunité qu’elle offre aux entreprises. Aux côtés de Monaco et Andorre, le pays figurait, en avril 2009, sur la « liste grise » des paradis fiscaux établie par l’OCDE. Un an plus tard, les trois Principautés étaient répertoriées sur la « liste blanche », puisqu’elles avaient accepté de se conformer aux standards internationaux en matière fiscale. Le Liechtenstein abrite en outre 165 sociétés d’investissement et 31 compagnies d’assurance. La famille princière est le principal actionnaire d’une des trois banques de la Principauté, le LGT Bank.

Le Prince ne bénéficie d’aucun subside public et ne reçoit aucun émolument. Doté d’une fortune estimée à près de 4 milliards de francs suisses, il lui revient d’assurer la totalité de ses dépenses ; seuls les frais de représentation à l’étranger sont pris en charge par le budget de la Principauté.

Vaduz-Prague : une longue hostilité

Les relations entre le Liechtenstein et la Tchécoslovaquie se détériorèrent au lendemain de la guerre de 1914-1918. Le nouvel État tchécoslovaque refusa en effet de reconnaître la Principauté en tant qu’État souverain. Bien plus, considérant que les Liechtenstein, proches des Habsbourg, étaient des « traîtres à la nation », il procéda à la confiscation d’une grande partie de leurs terres. En 1945-1946, ce fut sur la base d’un décret du Président tchécoslovaque Edouard Benes que la totalité des biens étiquetés « propriété des Allemands » ont été nationalisés. Accusés d’avoir collaboré avec le régime nazi, les Liechtenstein furent d’autant plus stigmatisés qu’ils s’étaient déclarés « de nationalité allemande » lors du recensement de 1933. L’ignorance dans laquelle se sont tenus mutuellement les deux pays dura jusqu’en 1990. Peu après l’effondrement des régimes communistes d’Europe de l’Est, tablant sur la liesse populaire saluant la réunification du continent, la Principauté avait proposé de renouer des relations diplomatiques, à la condition que soit examinée la question des biens « confisqués ». Elle essuya un refus catégorique de la part de Prague et en 1990, la loi fédérale tchécoslovaque sur les restitutions excluait la famille princière de son champ d’application(4). De toute façon, et même après la chute du communisme, la diplomatie tchécoslovaque (puis tchèque à partir de 1992) a refusé de reconnaître non seulement la souveraineté de la Principauté depuis 1806, mais aussi sa neutralité depuis 1866, car en accédant à ces deux demandes de Vaduz, les confiscations et les nationalisations intervenues après les deux conflits mondiaux devenaient illégales. En guise de rétorsion, le Liechtenstein fut le seul État au monde à ne pas reconnaître en 1993 (après la partition de la Fédération tchéco-slovaque) la République tchèque et déploya tout son zèle pour freiner l’admission de cette dernière au sein des organisations internationales.

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Poignée de mains entre la ministre des Affaires étrangères
de la Principauté du Liechtenstein, Aurélia Frick, et son homologue
de la République tchèque, Jan Kohout (remplacé en juillet 2010
par Karel Schwarzenberg), à l’issue de la signature du mémorandum
entre les deux pays le 8 septembre 2009 à Prague.
© AFP / Michal Cizek – 2009

Un dénouement diplomatique à l’européenne

Finalement, le 8 septembre 2009, les deux pays ont signé un mémorandum dans lequel ils se déclarent « être liés par l’héritage européen commun et l’histoire pluri-centenaire de la lignée des Liechtenstein en Bohême, en Moravie et en Silésie ». Sur cette base, ils s’engagent à développer leurs relations et à surmonter leurs divergences quant à l’interprétation de certains points d’histoire. D’ailleurs, une commission mixte d’historiens a été constituée, qui toutefois n’a pas mandat de se prononcer sur le sort futur des biens « confisqués ».

En visite en République tchèque, sur les terres de ses ancêtres, Hans-Adam II a déclaré que la Principauté n’entreprendrait aucune démarche « active » pour obtenir que ces biens lui soient rendus, tout en émettant le souhait qu’ils le lui soient. Dans ce cas, ajoutait le Prince, « Nous sommes prêts à investir immédiatement dans ces propriétés pour créer, à l’instar de nos ancêtres, de la richesse », avant de conclure « qu’une telle solution serait bénéfique pour tout le monde, y compris pour la population tchèque ». Mais ce sujet demeure politiquement délicat en République tchèque. Si, par exemple, dans certains cercles politiques, on plaide en faveur d’une sorte de « cogestion » du patrimoine non restituable dont la valeur est estimée à plusieurs centaines de millions d’euros, leur proposition ne rencontre guère d’écho dans la classe politique. Quoi qu’il en soit, au printemps 2009, il n’était pas question pour le gouvernement en place d’ouvrir un débat sur cette question avant les élections européennes de juin, tant la pression des souverainistes de divers bords politiques était grande. Cette pression pourrait réapparaître au printemps 2011, à l’occasion de la libéralisation de la vente des terres agricoles aux étrangers.

En 2009, Hans-Adam II a préfacé un livre intitulé Dominions moraves des Liechtenstein et des Dietrichstein. Diversement accueilli, cet ouvrage met en lumière des questions non traitées par l’historiographie ou restées taboues pendant plus de soixante ans. Son auteur, Pavel Jurik, un historien amateur qui connaît un certain succès, avait eu accès à une source précieuse de première main : les archives de la famille princière, saisies par l’Armée Rouge en 1945 et restituées par la Russie en 1996, mettant ainsi fin à la discorde entre les deux pays.

Dans le cadre de la reprise des relations et la reconnaissance mutuelle, les conservateurs des musées des deux pays se concertent désormais pour coordonner les échanges de documents, envisageant même de réaliser des copies d’objets d’art manquants dans leurs collections respectives. Quant à la région de la Moravie du Sud, elle prépare un programme d’échanges universitaires entre la ville morave de Brno et l’université de Vaduz.

Notes
(1) Colline proche de Prague où l’armée impériale écrasa l’armée protestante de Frédéric V ; première bataille de la guerre de Trente Ans, elle mit un terme aux efforts des protestants de Bohême pour s’affranchir des Habsbourg.
(2) En 1917, les Allemands avaient projeté de faire du Liechtenstein un État pontifical, moyennant l’abandon du Vatican par le pape mais le plan échoua.
(3) L’exposition permanente à Vienne consacrée aux biens du Palais de Liechtenstein comprend quelque 1 600 tableaux.
(4) En retenant comme date butoir celle du 25 février 1948 – date de la prise du pouvoir par les communistes en Tchécoslovaquie –, tous ceux dont les biens avaient été confisqués entre 1945 et 1948 sur la base des décrets présidentiels signés par Edouard Benes, furent exclus du bénéfice des restitutions. Par ailleurs, l’Office de protection du patrimoine a décidé que les terres et forêts ainsi que les douze châteaux, palais et biens mobiliers des Liechtenstein ne faisaient pas partie des biens susceptibles d’être restitués. Pour plus de détails, voir Jaroslav Blaha « Les privatisations en République tchèque » in « Diversité des privatisations en Europe centrale et en Russie », Le courrier des pays de l’Est, n° 390, juin-juillet 1994, pp. 28-40.

Pour citer cet article: Jaroslav Blaha, « Liechtenstein. Une longue marche vers la reconnaissance », Grande Europe n° 27, décembre 2010 - La Documentation française © DILA

 

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