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Ukraine. Gages diplomatiques et économiques à la Russie, par Mathilde Goanec

[Ukraine. Gages diplomatiques et économiques à la Russie, par Mathilde Goanec], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Défilé des marins de la Flotte russe de la mer Noire à Sébastopol, en Ukraine, célébrant le Jour de la marine, le 25 juillet 2010.
AFP / Vasiliy Batanov – 2010

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Mis à jour le 12/09/2010

Introduction

Sous l’impulsion du président Viktor Ianoukovitch, l’année 2010 a vu le retour d’un net resserrement des relations économiques et culturelles avec la Russie avec, le 10 avril 2010, la signature emblématique des accords de Kharkiv accordant à l’Ukraine un rabais sur le prix du gaz russe moyennant le stationnement de la Flotte russe à Sébastopol jusqu’en 2042.


Ukraine. Gages diplomatiques et économiques à la Russie

Mathilde Goanec*

Viktor Ianoukovitch est-il en train de brader l’Ukraine au profit de la Russie ? La question agite le milieu politico-médiatique ukrainien depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau Président, en février 2010. Après la période de froid polaire qui a caractérisé les relations diplomatiques entre les deux pays sous l’ère Iouchtchenko (23 janvier 2005 – 25 février 2010), l’heure est effectivement au réchauffement. C’est d’ailleurs tout l’esprit de la politique menée par le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Kostiantin Grishchenko, interrogé pour Grande Europe (éditions de la Documentation Française). Ambassadeur de 2008 à 2010 en Russie, le ministre avoue accorder une « attention spéciale au développement des relations ukraino-russes, la principale tâche étant de restaurer et de raffermir la vraie confiance entre nous ». Ces derniers mois, une vingtaine de rencontres de haut niveau ont eu lieu entre les deux pays et 21 documents bilatéraux ont été signés. « En seulement cinq mois, le commerce entre nos deux pays a doublé et a pratiquement retrouvé le niveau d’avant la crise. Est-ce que cela ne prouve pas l’excellent développement de nos relations bilatérales ? », s’enthousiasme Kostiantin Grishchenko.

Rapprochement sur tous les fronts

L’accord le plus important, et le plus controversé, est bien entendu celui conclu le 21 avril 2010 à Kharkiv, dans l’est du pays, entre Viktor Ianoukovitch et le chef d’État russe, Dmitri Medvedev. Le Président ukrainien a autorisé le stationnement de la Flotte russe de la mer Noire à Sébastopol (donc en territoire ukrainien) jusqu’en 2042, soit pour 25 ans de plus que prévu initialement. En échange, il a obtenu un rabais de 30 % sur le prix du gaz russe. Cette décision capitale, au désavantage de l’Ukraine selon nombre d’analystes, a été avalisée à toute vitesse par le Parlement quelques jours seulement après la rencontre, dans le chaos le plus complet, ce qui a achevé de décrédibiliser la classe politique ukrainienne chez nombre d’ambassadeurs européens à Kiev. « Par cette décision, nous avons créé les conditions propices à la reprise de la croissance économique en Ukraine », se défend le ministre des Affaires étrangères. « Selon les termes des contrats signés en janvier 2009(1), le prix mensuel moyen du gaz naturel fourni à l’Ukraine par la Russie était de 334 dollars pour 1 000 m3. L’Ukraine achetait donc le gaz russe à l’un des prix les plus élevés d’Europe. Nous nous sommes donc attachés à négocier les livraisons sur une perspective de long terme ainsi que des prix acceptables. Les accords de Kharkiv vont nous permettre d’économiser près de 40 milliards de dollars, mais aussi d’éviter une politisation qui n’a pas lieu d’être autour de la question du séjour de la Flotte russe sur le territoire de l’Ukraine ».

L’allègement significatif de la facture énergétique de l’Ukraine ne doit toutefois pas faire oublier que, ce faisant, l’Ukraine renonce de facto à entrer dans l’OTAN, qui ne tolèrerait pas une base militaire russe installée pour une longue période dans un pays membre. L’adhésion à l’Alliance atlantique était un symbole fort d’ancrage stratégique à l’Ouest, voulu par l’ancien Président « orange », Viktor Iouchtchenko. Mais dans ce domaine aussi, l’heure est au revirement. En juin, l’Ukraine a officiellement inscrit dans la loi son statut « hors blocs », et a donc abandonné l’idée d’une possible adhésion à l’Alliance atlantique. Kostiantin Grishchenko rappelle que, pour autant, l’Ukraine reste un partenaire de l’OTAN sur certaines opérations : « La vraie garantie d’une sécurité réelle pour l’Ukraine, comme pour n’importe quel autre État, est maintenant la coopération multilatérale, y compris avec l’OTAN. Par ailleurs, l’Ukraine contribuera par tous les moyens à la création du système collectif de sécurité européenne, car un tel système est le mieux à même de défendre les intérêts d’une Ukraine hors blocs ». Rappelons cependant que l’OTAN elle-même, lors de son sommet de Bucarest en 2008, avait brisé les espoirs ukrainiens d’une adhésion à moyen terme.

Pour l’ICPS, le Centre international d’études politiques de Kiev (de tendance pro-occidentale), le choix des dirigeants ukrainiens représente une victoire diplomatique pour le Kremlin. Selon ces analystes, « la Russie a toujours poursuivi avec constance ses propres intérêts, qui consistent principalement dans le retour de l’Ukraine dans son orbite ». Figurent parmi les points fondamentaux de ce programme, toujours selon l’ICPS, « l’adoption par l’Ukraine du statut hors blocs et l’abandon de son projet d’adhésion à l’OTAN, la mise sous contrôle du secteur gazier par Gazprom, spécialement dans le domaine du transport, la restauration des conglomérats industriels de la période soviétique, l’attribution du titre de seconde langue officielle au russe et la réunification de l’Église orthodoxe ukrainienne qui serait placée sous l’autorité du Patriarcat de Moscou ». Les évènements de ces derniers mois semblent effectivement aller dans ce sens.

Prises de positions dans le secteur gazier ukrainien ?

Outre la question du prix du gaz, c’est toute la réforme du secteur énergétique qui est à l’étude actuellement en Ukraine, avec, comme inconnue, le rôle que pourrait jouer la Russie dans cette transformation. Vladimir Poutine, Premier ministre russe, a évoqué fin avril 2010 une possible fusion des deux grandes compagnies d’État, Gazprom pour la Russie et Naftogaz pour l’Ukraine. Cette hypothèse a été immédiatement démentie par Viktor Ianoukovitch, accusé par l’opposition de vouloir céder à son puissant voisin les gazoducs ukrainiens, la seule arme dont le pays dispose dans l’intense jeu gazier européen. Pour autant, l’idée de créer une « société mixte », lancée lors d’une deuxième visite de Dmitri Medvedev à Kiev, a fait son chemin. Durant tout le mois de mai, selon un rapport de l’Institut des études énergétiques de l’Université d’Oxford, des négociations se sont poursuivies entre Gazprom et Naftogaz, « premier pas », selon Youri Boïko, ministre ukrainien des Combustibles et de l’Énergie, sur la voie d’une « étroite collaboration » entre les deux compagnies. Son collègue des affaires étrangères, Kostiantin Grishchenko, confirme l’existence du projet : « Les Ukrainiens et les Russes comprennent parfaitement qu’il y a des obstacles sérieux à une intégration complète des deux compagnies. Premièrement parce que la fusion de Naftogaz et de Gazprom est en contradiction avec la législation à la fois russe et ukrainienne. C’est pourquoi les gouvernements d’Ukraine et de Russie ont ouvert des discussions sur la création d’une société mixte à parts égales. Pour le moment, nous étudions les modalités possibles de son fonctionnement, ainsi que l’ensemble des actifs qui seront apportés par chacune des parties à cette entreprise ».

Cette fameuse société est désormais l’objet de tous les fantasmes. Pour l’opposition et une partie des médias, elle serait l’instrument qui permettrait la mainmise russe sur le secteur gazier ukrainien, à l’instar d’un scénario déjà expérimenté en Biélorussie. Sans aller jusque-là, il existe néanmoins un élément tangible de l’influence de la Russie : le choix qui a été effectué des acteurs-clés dans le domaine de l’énergie et du gaz au sein du gouvernement mis en place par Viktor Ianoukovitch. Le poste de ministre des Combustibles et de l’Énergie a ainsi été offert à Youri Boïko (déjà en fonction en 2006-2007), qui est très proche de l’un des propriétaires de la compagnie RosUkrEnergo, Dmitri Firtach. Cette dernière dont le capital est majoritairement russe est emblématique de ces sociétés au rôle mal défini qui gravitent autour de Naftogaz et sont souvent accusées d’être le cheval de Troie de Moscou dans le secteur gazier ukrainien. Evgueni Bakoulin, l’actuel directeur de Naftogaz, avait déjà exercé cette fonction la première fois où Youri Boïko avait détenu le portefeuille de l’Énergie, tandis que plusieurs responsables de premier plan, notamment dans la très stratégique section « Transit vers l’Europe » de Naftogaz, sont d’anciens collaborateurs de Dmitri Firtach. Ce schéma de répartition du pouvoir ne contribue guère à l’instauration d’une plus grande transparence, réclamée par l’Union européenne (UE), le troisième acteur dans le système gazier ukrainien.

Si le rôle que joue la partie russe est moins médiatisé dans le cas de l’énergie nucléaire que dans celui du gaz, il ne cesse cependant d’y gagner en importance : Moscou a en effet l’intention d’investir de 5 à 6 milliards de dollars dans la construction de réacteurs pour la centrale nucléaire de Khmelnitski, alors que la TVEL, une filiale de la société d’État russe Rosatom, a obtenu, au printemps 2010 un contrat d’exclusivité de 25 ans portant sur la livraison de combustible uranium à Energoatom, compagnie publique ukrainienne, moyennant une remise de plus de 1 milliard de dollars. Une entreprise mixte est également en cours de création avec pour mission de développer le potentiel en uranium de l’Ukraine.

Retour massif des capitaux russes

La participation de capitaux russes à l’économie ukrainienne est également en pleine expansion, une dynamique enclenchée depuis le début des années 2000 et qui ne s’est jamais démentie, même pendant la période « orange ». Selon une enquête réalisée par le site internet de référence Ukrainska Pravda, la Russie est présente dans quasiment tous les secteurs, à commencer par les plus stratégiques, comme l’énergie et les industries de défense. Cette implication s’est encore accrue avec l’acquisition très controversée, en juin 2010, des deux énormes complexes métallurgiques de Zaporizhstal et de Marioupol Illitch par des investisseurs russes, soutenus par des banques très proches du Kremlin.

Cette situation ne s’explique pas seulement par les visées russes, mais également par la faiblesse des milieux d’affaires ukrainiens. « Les oligarques locaux, incapables de contrecarrer l’expansion de leurs homologues russes, vont perdre des opportunités et des parts de marché », avance l’analyste Andrew Kolpakov, interviewé par l’agence de presse Unian. « Ceci pourrait conduire à la disparition de toute compétition entre les compagnies russes et ukrainiennes sur le marché mondial ». Des accords bilatéraux ont aussi été conclus dans les domaines de l’aviation, une société mixte ayant été constituée pour la construction et le développement de l’avion de ligne Antonov 148, et de l’agriculture, avec l’objectif d’accroître les exportations de céréales. Dans ce contexte, le projet de rejoindre l’union douanière qui s’est constituée autour de la Russie, évoqué par le président Viktor Ianoukovitch pendant la campagne présidentielle, prendrait tout son sens. Elle serait pourtant contraire au projet de zone de libre-échange en négociation avec l’Union européenne. « La participation potentielle de l’Ukraine à l’union douanière en vigueur [depuis le 1er juillet 2010 – Ndlr] entre la Biélorussie, le Kazakhstan et la Fédération de Russie nécessite l’accord de chacun des pays membres, ainsi que l’approbation par le gouvernement ukrainien de la politique commerciale et douanière globale », précise le ministre des Affaires étrangères sans nier la réalité du projet. « Or cette approbation est compliquée en raison des obligations découlant de notre appartenance à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). En outre, la libéralisation des règles régissant le commerce extérieur entre l’Ukraine et les États membres de cette union douanière est très variable d’un pays à l’autre ».

Tirer un trait sur les sujets qui fâchent

La nouvelle équipe Ianoukovitch a également choisi d’enterrer les querelles historiographiques et identitaires. Un exemple frappant en est le changement de ton sur l’Holodomor, la grande famine des années 1930 en Union soviétique. « Il serait injuste de qualifier l’Holodomor de génocide d’un seul peuple, c’était une tragédie commune », a ainsi indiqué Viktor Ianoukovitch face aux élus de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), en avril. Or, pour sa part, son prédécesseur, Viktor Iouchtchenko, avait milité activement pour la reconnaissance de l’Holodomor comme un génocide de la « nation » ukrainienne(2), une version des faits que rejettent catégoriquement les Russes. Et alors que les États baltes, la Moldavie et plus récemment la Géorgie vouent aux gémonies le passé communiste, Viktor Ianoukovitch oscille, comme le pouvoir russe, entre condamnation et réhabilitation partielle des années sombres de la période soviétique. Le Président ukrainien a ainsi appelé ses concitoyens, à l’occasion du vingtième anniversaire de la Déclaration de souveraineté nationale ukrainienne, à « respecter » les pages de leur histoire qui se sont déroulées sous le régime soviétique. Cette position est appréciée par tous ceux qui sont nostalgiques de l’URSS, mais a aussi le don d’irriter les familles victimes de répressions ainsi que les citoyens ukrainophones les plus nationalistes.

Par ailleurs, nombre d’Ukrainiens reprochent au Président et aux nouveaux hommes forts du pouvoir leur dédain pour la culture et la langue ukrainiennes. Le mécontentement de l’opinion s’est principalement cristallisé sur Dmitri Tabachnik, le ministre de l’Éducation, intellectuel reconnu et idéologue du Parti des régions, la formation politique de Viktor Ianoukovitch. Lui qui n’a jamais caché ses profondes sympathies pro-russes est de ce fait l’une des figures politiques les plus honnies des citoyens ukrainophones.

Enfin, les observateurs soulignent la surreprésentation dans le gouvernement des régions de l’Est, le fief du président Ianoukovitch. Sur les 29 membres du gouvernement, 17 sont issus des régions industrielles orientales et plus particulièrement du « clan » de Donetsk. Quatorze régions (sur les 25 que compte le pays), presque toutes situées dans la partie occidentale de l’Ukraine, n’ont tout simplement plus aucun représentant au sein du pouvoir central à Kiev.

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Le 11 mars 2010, le Président ukrainien, Viktor Ianoukovitch présente
son ministre des Affaires étrangères, Kostiantin Grishchenko au personnel
du ministère.
© Ministère des Affaires étrangères d’Ukraine

Le champ du spirituel a également donné lieu à d’intenses controverses, en plein cœur de l’été, lors de la longue visite du chef de l’Église orthodoxe « de Moscou et de toutes les Russies », le patriarche Kirill. Visites privées, remise de décorations honorifiques, ce dernier est devenu, à l’instar du rôle qu’il joue au Kremlin, un proche et un conseiller incontournable du chef d’État ukrainien. Lors de son intronisation en février, le Président s’est fait bénir par le patriarche Kirill dans l’intimité plutôt que de se prêter à la traditionnelle cérémonie œcuménique. Un signal qui n’est pas passé inaperçu dans le pays tant le terrain du religieux y est éminemment politique. L’orthodoxie ukrainienne est en effet divisée, depuis la chute de l’URSS, entre l’Église du Patriarcat de Moscou et l’Église du Patriarcat de Kiev qui revendique son indépendance et ses spécificités. Kirill a, dans ce contexte, attisé les tensions, évoquant, en véritable ambassadeur de la Russie, « le monde russe », les « peuples slaves frères » et ces « valeurs communes », fondées sur la foi orthodoxe.

Une entente cordiale qui fait pour l’instant consensus

Pour l’instant, ni l’Union européenne, ni l’OTAN, ni les États-Unis n’ont émis la moindre réserve sur le revirement géopolitique de l’Ukraine. La communauté internationale, par le biais du FMI, a même, dans une certaine mesure, confirmé sa confiance en l’équipe de Viktor Ianoukovitch, en lui accordant fin juillet un nouveau prêt(3), qui va donner de l’oxygène à l’économie ukrainienne et qui prend le relais de celui de 13,3 milliards d’euros attribué en novembre 2008, dont le dernier tiers avait été bloqué pour non-respect par Kiev des recommandations en matière de politique économique. « Pour l’Union européenne, cette réorientation vers la Russie ne signifie pas le renoncement à la perspective d’intégration européenne de l’Ukraine mais annonce, au contraire, une transition ferme vers les standards européens. Un pays qui accepte l’existence d’un leader régional et qui travaille activement avec l’un des centres de l’économie mondiale est un partenaire bien meilleur et plus intéressant pour l’UE comme pour l’OTAN qu’un pays qui n’est pas capable de collaborer avec son plus proche voisin », analyse l’ICPS.

Cette entente cordiale semble donc convenir à tous, même si demeurent bien des questions quant au nouveau modèle économique, politique et démocratique ukrainien. Sur le plan intérieur également, les protestations devant cette nouvelle stratégie sont l’exception : l’ancienne majorité « orange », paralysée depuis sa défaite à l’élection présidentielle de février 2010, est quasiment absente de la scène publique, d’autant que le pouvoir semble s’employer à reprendre en mains les médias(4). Seuls se manifestent les partis nationalistes les plus extrémistes, comme Svoboda. Toutefois, si la frustration, voire la colère, est réelle chez les citoyens les plus attachés à la nation et à la spécificité ukrainiennes, pour le moment, ce mécontentement ne s’est pas transformé en un réel mouvement populaire.

Notes
(1) Ils ont été signés par Ioulia Timochenko, alors Premier ministre.
(2) Voir Alain Guillemoles, « Ukraine. Bataille pour la reconnaissance d’un génocide », Le courrier des pays de l’Est, n° 1067, mai-juin 2008, pp. 67-70.
(3) Le Fonds monétaire international a accordé à l’Ukraine une nouvelle facilité de caisse de 11,6 milliards d’euros sur vingt-neuf mois, dont les fonds seront débloqués par étapes, en commençant pas la mise à disposition immédiate de 1,4 milliard d’euros.
(4) Voir à ce propos la mise en garde de Reporters sans frontières sur la réapparition de la censure dans les médias ukrainiens

* Journaliste indépendante à Kiev (Ukraine)

Pour citer cet article : Mathilde Goanec, « Ukraine. Gages diplomatiques et économiques à la Russie », Grande Europe n° 24, septembre 2010 – La Documentation française © DILA

 

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