Retour
 
 

Chypre. Classe politique et société face au conflit, par Gilles Bertrand

[Chypre. Classe politique et société face au conflit, par Gilles Bertrand], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Lâcher de colombes et de ballons par des organisations féminines chypriotes grecques et chypriotes turques en faveur de la paix. La pancarte porte l’inscription libellée en grec et en turc «La paix pour une patrie commune».
Harun Ucar - 2000

Agrandir l'image

Mis à jour le 12/05/2010

Introduction

La division de l’île de Chypre résulte d’un conflit entre les nationalismes grec et turc issu du clivage confessionnel orthodoxe/musulman. S’opposent également les tenants du nationalisme aux partisans du « vivre-ensemble » insulaire. Malgré quarante-cinq ans d’efforts onusiens et l’adhésion à l’Union européenne en 2004, une solution négociée ne semble pas se profiler à ce jour.


Chypre. Classe politique et société face au conflit

Gilles Bertrand*

La division de l’île de Chypre résulte d’un conflit entre les natio-nalismes grec et turc issu du clivage confessionnel orthodoxe (grec)/musulman (turc). Mais ce dernier occulte au moins deux autres conflits : l’un, horizontal, oppose les tenants du nationalisme (grec ou turc) aux partisans du « vivre-ensemble » insulaire (chypriotisme) ; l’autre, vertical, moins manifeste, met aux prises des partis politiques qui cherchent à contrôler assez étroitement la société, y compris par le clientélisme, et des citoyens qui souhaitent s’affranchir de cette mainmise. Le conflit intercommunautaire qui a éclaté à la fin des années 1950, comme l’absence de solution négociée à ce jour, malgré quarante-cinq ans d’efforts onusiens et l’adhésion à l’Union européenne en 2004, s’expliquent aussi par ces deux autres conflits encore largement méconnus qui transcendent le clivage communautaire(1).

Un clivage communautaire entretenu de l’extérieur

L’île de Chypre a connu des migrations, des occupations et des colonisations successives jusqu’à l’indépendance octroyée par les Britanniques (1960), à la suite d’une insurrection déclenchée par les nationalistes grecs chypriotes en 1955, laquelle dégénéra en conflit intercommunautaire à partir de 1957. En 1960, les orthodoxes de langue grecque représentaient 80 % de la population. Les musulmans, descendants de convertis ou de colons envoyés par le Sultan ottoman après la conquête de 1571, seulement hellénophones dans leur immense majorité et parfois bilingues grec-turc, constituaient 18 % des habitants. Plusieurs minorités chrétiennes (arabe maronite, catholique et arménienne) formaient les 2  % restants.

Carte. Chypre

Chypre. La division du pays (2005).

© La Documentation française

Agrandir l'image

 

La montée en puissance des nationalismes, grec dans un premier temps (XIXe siècle), puis turc à partir du début du XXe siècle, accentua le clivage religieux hérité du système ottoman des millets (groupes religieux considérés comme des « nations » et jouissant d’un certain degré d’autonomie dans leur organisation interne). En effet, jusqu’à la guerre gréco-turque de 1919-1922 et la disparition de l’Empire ottoman (1923), le clivage religieux n’avait pas encore pris une dimension vraiment « nationale » et se traduisait essentiellement dans l’absence de mariages interreligieux (on en a dénombré quatre durant toute la domination britannique, de 1878 à 1960), dans l’existence, admise par les Britanniques, de deux systèmes judiciaires et surtout éducatifs distincts. Plusieurs révoltes paysannes avaient uni orthodoxes et musulmans contre les collecteurs de l’impôt à l’époque ottomane, tout comme plus tard, en 1936 et en 1948 les grandes grèves des mineurs du cuivre.

La modernisation économique, par l’intégration de l’île au système colonial britannique, ne s’accompagna pas d’une modernisation sociale et politique : les Chypriotes restaient des sujets communautarisés et non des citoyens. Les Britanniques s’accommodèrent du système ottoman parce qu’il leur permettait d’appliquer la politique du « divide and rule » si bénéfique pour le maintien de l’Empire et si désastreuse pour la période de l’après-indépendance, comme en Asie du Sud (Inde et Pakistan, Sri Lanka). L’administration coloniale s’assurait du soutien des musulmans en agitant l’épouvantail d’une annexion de l’île par la Grèce qui donna lieu, comme en Crète ou en Macédoine (1912), à une épuration ethno-religieuse parachevée par l’échange gréco-turc de population de 1923. La création d’un parti communiste (1926), qui plus est intercommunautaire, détourna les Britanniques de leur défiance vis-à-vis de l’Eglise et de la bourgeoisie orthodoxes gagnées au nationalisme grec. Les Britanniques jouèrent alors la carte de l’encadrement de la population par les institutions religieuses (pourtant très nationalistes) pour « endiguer » (selon une formule usitée durant la guerre froide) le communisme. Dans le même temps, les Britanniques purent difficilement faire pièce à l’influence du nationalisme turc, triomphant avec Mustafa Kemal Atatürk (1923-1938). A la fin des années 1930, on ne parlait plus de communauté musulmane mais de communauté chypriote turque...

À partir de 1950, une fois la Grèce sortie d’une décennie de guerre (mondiale puis civile), se posa à nouveau la question du rattachement de Chypre à la « mère-patrie ». Élu archevêque en 1950, Makarios III, était un nationaliste convaincu, bien décidé à utiliser aussi son statut d’ « ethnarque » (chef de la communauté orthodoxe, titre conféré par le Sultan et conservé sous les Britanniques) pour faire aboutir le projet d’union (enosis) à la Grèce. Et l’objectif « national » coïncidait avec la politique intérieure que les Britanniques entendaient mener sur l’île puisque l’union à la Grèce, où le Parti communiste avait été banni, impliquerait inéluctablement l’interdiction du Parti communiste chypriote (AKEL) devenu très influent. De leur côté, les nationalistes turcs chypriotes s’organisaient également, avec à leur tête un avocat, Rauf Denktash, réclamant le partage (taksim) de l’île entre les deux « mères-patries ». Pour retarder son départ et dans le but de conserver, après celui-ci, une influence prépondérante dans l’île, le Royaume-Uni conduisit une politique qui aboutit à l’indépendance « garantie » par trois puissances (lui-même, la Grèce et la Turquie) qui sera proclamée le 15 août 1960. Les trois gouvernements supervisèrent la rédaction de la Constitution par leurs propres juristes, et les dirigeants chypriotes furent sommés d’accepter cette indépendance sous surveillance, au mépris des règles les plus élémentaires de l’autodétermination.

Le poids des nationalismes turc et grec

Le partage des responsabilités politiques, à défaut de partage territorial, contribua à légitimer le discours des élites nationalistes. Un accord plus ou moins tacite des nationalistes des deux communautés se fit contre l’ensemble de la gauche chypriote  : les membres chypriotes turcs d’AKEL et des syndicats proches de ce dernier durent quitter leurs organisations respectives – quand ils ne furent pas assassinés – pour en former d’autres strictement « communautaires », très perméables de ce fait à l’idéologie nationaliste séparatiste. Les communistes chypriotes grecs furent neutralisés par leur ralliement à Makarios III qui, élu président de la République de Chypre en décembre 1959 et cumulant dès lors trois légitimités (religieuse, traditionnelle et légale), prôna le statu quo (donc l’indépendance) contre les nationalistes radicaux « enosistes ». Ces derniers furent mobilisés par la junte militaire au pouvoir à Athènes pour organiser un putsch contre Makarios (15 juillet 1974) et durent s’affronter aux communistes, aux socialistes et aux nationalistes modérés partisans de Makarios. Ce dernier déposé, la guerre civile interne à la communauté chypriote grecque, latente durant les années 1950-1960, dura l’espace de quelques jours jusqu’à ce que l’intervention militaire turque (22-24 juillet puis 14-16 août 1974) provoque un choc avec pour conséquences la partition, l’épuration ethnique et l’échange de population.

La communauté chypriote turque fut également « mise au pas ». Elle fut d’abord prise entre le marteau (persécutions, parfois même massacres perpétrés par les nationalistes grecs chypriotes en 1958 et surtout à partir de 1964) et l’enclume : de 1964 à 1974, la grande majorité des Chypriotes turcs vivaient dans des enclaves (villages ou quartiers des villes) contrôlées par « leur » milice nationaliste encadrée par des officiers de l’armée turque et placées sous l’autorité politique d’une élite anti-communiste et partisane de la séparation. Les « dissidents », communistes ou plus largement « chypriotistes » (hostiles à la politisation des appartenances ethno-religieuses et à l’enosis comme à la taksim), furent contraints au silence ou à l’exil. Le coup d’Etat et l’intervention militaire turque, visant officiellement à protéger la communauté chypriote turque, légitimèrent avec force le discours nationaliste. La création d’une zone (nord) entièrement chypriote turque, contrôlée par l’armée turque et gouvernée par les nationalistes sous la houlette de Rauf Denktash, leader du Parti de l’unité nationale (UBP), fit donc l’objet d’une quasi-unanimité. Ce dernier devait se maintenir au pouvoir jusqu’en 2005, malgré l’émergence de partis concurrents et favorables à une réunification de l’île : le CTP, le Parti pour la République (sous-entendu  : de Chypre, contre la partition), socialiste, aujourd’hui dirigé par Mehmet Ali Talat ; le TKP, le Parti pour la libération de la communauté, (sous-entendu : de la mainmise des nationalistes), social-démocrate, pour ne mentionner que les plus importants. Toutefois, ces formations ont eu tendance à reproduire les modes d’organisation et de fonctionnement du Parti communiste ou de celui des nationalistes, à savoir  : embrigadement des adhérents et sympathisants qui s’inscrit dans un contexte de forte politisation de la société et s’accompagne de discriminations contre tous les citoyens refusant de prêter allégeance au discours « national » et à la République turque de Chypre du Nord (RTCN), proclamée unilatéralement en 1983 (et reconnue par la seule Turquie). Le CTP et le TKP ont d’ailleurs eu des positions ambigües vis-à-vis de la RTCN : tout en refusant l’indépendance, synonyme de partition définitive, ils ont participé à des coalitions gouvernementales aux côtés des nationalistes (1993-1998 et 1998-2000). La victoire du CTP aux élections législatives de 2003, puis l’élection de son dirigeant M. A. Talat à la présidence de la République en 2005, ont changé la donne, et surtout l’atmosphère politique dans la zone nord. Mais l’UBP (créé par R. Denktash en 1975) est redevenu majoritaire au Parlement en 2009 et c’est son nouveau dirigeant depuis 2008, Dervis Eroglu, qui a remporté l’élection présidentielle, avec 50,3 % des voix, dès le premier tour, le 18 avril 2010.

Une évolution similaire a eu lieu dans la zone sud, mais avec un contexte politique plus détendu quoique frappé d’amnésie : un consensus s’est établi en effet au sein de la classe politique, pour évoquer aussi rarement que possible la période 1964-1974 et insister surtout sur la « guerre d’indépendance » (contre les Britanniques) et sur « l’invasion turque » de 1974. Les Chypriotes grecs étaient ainsi uniquement présentés comme des victimes, qui plus est d’acteurs étrangers (Royaume-Uni, États-Unis, Turquie) ; l’histoire officielle faisait des Chypriotes turcs des marionnettes aux mains de leurs dirigeants nationalistes et de la Turquie qui les aurait manipulés de bout en bout... AKEL et le reste de la gauche se démarquèrent finalement assez peu de ce discours, en raison du traumatisme collectif de la partition mais aussi parce que leurs militants n’étaient plus persécutés, même s’ils continuaient d’être la cible de mesures discriminatoires. Surtout, AKEL, avec plus du tiers des suffrages, devint le partenaire obligé de la plupart des coalitions gouvernementales, à l’exception des deux mandats du Président conservateur Glafcos Clerides (1993-2003)(2). AKEL, malgré son poids majoritaire dans ces alliances, soutint deux présidents nationalistes menant une politique de centre droit sur les plans économique et social : Spyros Kyprianou (1977-1988) et Tassos Papadopoulos (2003-2008), leaders du Parti démocratique (DIKO), qu’il finit cependant par abandonner en raison de leur intransigeance dans les négociations intercommunautaires. En 1988, AKEL défendit les couleurs d’un candidat indépendant, un entrepreneur qui portait les espoirs de la société civile : Georges Vassiliou. En 2008, le Parti communiste fit élire son propre secrétaire général, Dimitri Christophias, le responsable politique réputé le plus à même de négocier avec M. A. Talat.

L’émergence de la société civile au cœur de la réconciliation

On peut définir la société civile comme l’ensemble des citoyens engagés dans des relations et des activités sociales et culturelles dans l’espace public, ne concernant pas directement la politique (élections, confrontations partisanes). Dans les pays de l’ex-bloc soviétique, la société civile a émergé de la contestation des régimes sur des terrains autres que politiques (luttes syndicales ou en faveur de la liberté d’expression, notamment religieuse et artistique). A Chypre, le clientélisme a constitué le principal moyen utilisé pour mobiliser les citoyens en les amenant à faire allégeance à une personne, à une institution (l’Eglise orthodoxe) ou à une organisation partisane. Le contexte de guerre interne (à l’île et aux communautés) a accentué ce phénomène que l’on retrouve d’ailleurs dans d’autres sociétés (à commencer par celles de la Grèce et de la Turquie), et qui est illustré par des formules telles que « avec nous ou contre nous » et par une polarisation « patriotes » / « traîtres ».

L’apparition d’organisations non gouvernementales (ONG) non partisanes, voire bicommunautaires, date des années 1980 et surtout 1990, marquées, sur le plan politique, par les échecs des négociations intercommunautaires : Kyprianou-Denktash (1985 et 1987), cycle « Ensemble d’idées » des secrétaires généraux de l’ONU Perez de Cuellar et Boutros Boutros-Ghali (1991-1993), Clerides-Denktash (1997-2000). A chaque fois, plus nombreux sont  les citoyens qui semblent avoir perdu espoir dans les négociations de « niveau 1 » (track 1, selon le concept académique de la multi-track diplomacy ou « diplomatie à voies multiples ») et cherchent d’autres moyens de poursuivre les efforts de rapprochement. Certains, qui ne croient plus en une réconciliation, prennent de la distance par rapport à la préoccupation permanente affichée par les hommes de résoudre le conflit et de parvenir à une réunification de l’île. Ils s’investissent dès lors dans des activités culturelles ou de défense de l’environnement, par exemple. A partir de 1990 (atténuation de la polarisation communistes/non-communistes), mais surtout de 1993-1995 (leçons tirées d’autres processus de paix, comme celui d’Oslo entre Israéliens et Palestiniens), des gouvernements étrangers très concernés par la partition (américain et britannique mais aussi allemand), ainsi que l’ONU, ont encouragé les initiatives communes aux ONG, afin, espéraient-ils, de faire pression sur les politiques, voire de les soutenir en cas de signature d’un accord intercommunautaire. Cette approche dénommée track 2 (la deuxième voie, celle de la société civile) a connu un succès certain au point que, à la fin des années 1990, les membres de ces ONG furent la cible d’attaques verbales (voire physiques dans la zone nord) très violentes de la part des politiciens et médias nationalistes qui ont repris à leur compte la thèse de la manipulation d’individus peu « expérimentés » (puisque n’appartenant pas à la sphère politique) par des « puissances étrangères »(3).

La mobilisation de la société civile a été cependant plus effective au Nord qu’au Sud. L’autoritarisme de Rauf Denktash et l’occupation militaire turque (40  000 soldats pour moins de 200 000 habitants) favorisèrent l’engagement des citoyens dans des ONG. La crise financière de 2000, provoquée par une mauvaise gestion et des malversations, y amplifia la contestation. La présentation en 2002 du plan Annan du nom du secrétaire général de l’ONU, prévoyant la réunification et l’entrée de toute l’île (et pas seulement la zone sud) dans l’Union européenne suscita un immense espoir et d’énormes manifestations dont l’initiative revint tout d’abord à une plateforme de 92 ONG et syndicats intitulée « Ce pays est le nôtre ». L’ouverture de points de passage à travers la ligne de démarcation (23 avril 2003)(4), décidée par le gouvernement turc, permit d’exercer des activités bicommunautaires sans autorisation préalable des autorités. Le plan Annan recueillit 65 % des voix dans la zone nord, lors du référendum du 24 avril 2004, mais fut rejeté par 76 % des Chypriotes grecs, laissant la zone nord hors de l’Union européenne. Depuis, les activités bicommunautaires sont sensiblement moins fréquentes et l’enthousiasme n’est plus de mise.

L’échec du référendum au Sud a montré que le système des affiliations partisanes n’avait rien perdu de sa vigueur : les électeurs ont manifestement suivi les consignes de vote des partis politiques, seuls le Rassemblement démocratique (DISY), qui représente environ un tiers de l’électorat, et quelques petites formations de gauche ayant appelé à voter « oui ». Après bien des atermoiements, AKEL décida de faire campagne pour le « non ». Les citoyens et les ONG pro-Annan ont été bien peu écoutés, quand ils n’ont pas été victimes de la censure sous différentes formes et d’attaques verbales voire physiques, seuls les appels à voter « oui » du DISY étant considérés comme légitimes par le gouvernement. Ainsi, la classe politique chypriote grecque a montré à quel point elle se méfiait de toute expression à caractère politique ne passant pas par les canaux partisans. Aujourd’hui, alors que le leader d’AKEL, Dimitri Christophias, recherche sur tous les fronts des partisans d’un compromis avec les Chypriotes turcs, restera-t-il prisonnier des manipulations politiques et se gardera-t-il d’en appeler à la société civile contre une partie de la classe politique qui, de toute évidence, préfère garder le pouvoir dans la seule zone sud plutôt que de le partager, dans l’ensemble de l’île, avec les Chypriotes turcs ? Mais faudrait-il encore qu’émerge un véritable débat démocratique sur les avantages et les inconvénients de la réunification. Or ce débat ne peut avoir lieu sans une société civile dynamique.

Notes
(1) Voir également Gilles Bertrand, « Chypre : vers une solution européenne », Questions internationales, n° 1, mai-juin 2003, pp. 74-83.
(2) Celui-ci est à l’origine de la création, en 1976, du Rassemblement démocratique, une formation favorable à la réunification de l’île et au renforcement des liens avec l’Union européenne.
(3) Les États-Unis étaient ainsi accusés par les nationalistes turcs chypriotes de vouloir à toute force la réunification, mais par les nationalistes grecs chypriotes de militer pour que la partition soit acceptée !
(4) Voir Christophe Chiclet, « Nicosie, dernière capitale divisée en Europe », Grande Europe n° 7, avril 2009.

* Maître de conférences, co-directeur du master « Politique internationale », Institut d’études politiques de Bordeaux.

Pour citer cet article : Gilles Bertrand, « Chypre. Classe politique et société face au conflit », Grande Europe n° 20, mai 2010 – La Documentation française © DILA

 

Autres contenus apparentés

Ressources complémentaires