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L’extrême gauche. Définition(s) et diversité des positionnements politiques, par Christine Pina

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Quatre grandes figures du mouvement révolutionnaire en Europe : Karl Marx, Friedrich Engels, Vladimir Ilitch Lénine, Léon Trotski.
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Mis à jour le 12/01/2010

Introduction

La notion de gauche extrême ou, plus largement, radicale recouvre de nombreuses réalités qui, tout en ayant des racines historiques communes, se sont diversifiées selon les scènes politiques nationales, les formes de lutte contre le système capitaliste et les profils des différentes générations de militants.


L’extrême gauche. Définition(s) et diversité des positionnements politiques

Christine Pina*

Définir les termes est un travail complexe dans le champ politique, en particulier quand il s’agit d’établir les contours ou les frontières de courants politiques. La difficulté est encore accentuée quand ces mêmes courants sont identifiés par référence à des catégories elles-mêmes susceptibles d’évoluer dans le temps et/ou quand s’ajoute à cet exercice de définition la comparaison internationale.

Frontière ou extrémité de la « gauche » ?

À cet égard, l’extrême gauche est incontestablement un cas d’école, tant il semble malaisé de faire entrer sous cette expression des mouvements, organisations ou partis aux objectifs et aux formes difficilement comparables. Plus encore, si en France par exemple, le terme « gauche » semble aujourd’hui être réutilisé pour nommer de nouvelles organisations politiques(1), quel parti ou groupement se présente concrètement comme étant d’« extrême gauche » ? Les militants, sympathisants ou représentants de cette famille lui préfèrent des qualificatifs tels que « vraie gauche » ou « gauche » qui permettent tout à la fois de conforter une position et de dénoncer, en négatif, une « gauche inauthentique » ou pervertie.

Il faut donc admettre que l’extrême gauche est une catégorie construite par des hommes politiques, des journalistes, des analystes(2)... pour classer, clarifier, quand elle n’est pas invoquée pour repousser ou délégitimer. Elle est ainsi érigée de l’extérieur, parfois dans le but de simplifier ou de définir l’autre (l’extrémiste, tout autant repoussoir qu’étranger), qui est censé bien malgré lui servir de borne ou incarner une limite à ne pas transgresser.

Etymologiquement, l’extrême est ainsi ce qui est extérieur, au-delà. Par extension, l’extrême gauche serait tout à la fois ce qui borde la gauche (elle serait dès lors également une frontière censée clore l’espace politique) et ce qui lui est étranger ou périphérique. Ainsi, l’expression « extrême gauche » participe-t-elle à la consolidation d’une autre notion : la gauche. Il serait ainsi possible de cerner, pour en proposer une configuration bien précise, une gauche constituée, identifiable qui aurait des contours intangibles, une unité aussi indiscutable que solide, voire une « nature » politique.

Or, la « gauche », surtout dans une perspective comparative, reste une notion sur laquelle les politistes ne cessent de s’interroger. Que recouvre concrètement ce terme (en matière de programmes, de références, d’options – tant politiques, qu’économiques ou sociales) ? Quels sens et consistance les acteurs politiques (élus, partisans, militants, électeurs...) donnent-ils à ce terme ? Une catégorie de ce type résiste-t-elle au temps et à « l’exportation », quand elle n’est pas soumise à des évolutions qui amènent là aussi à en mesurer la fragilité heuristique(3) ? Le pluriel « les gauches » est, si l’on en croit Jean-Jacques Becker et Gilles Candar, plus adapté pour rendre compte d’une sensibilité politique tentée par la scissiparité(4).

Il y a donc un double défi pour qui souhaite analyser l’extrême gauche : considérer la gauche comme une notion opérante ; accepter le pari d’en identifier un extrême qui ne saurait être seulement et uniquement extrémiste.

Questions de terminologie

Étudier l’extrême gauche sous-entend également lui accorder crédit, même si définir son essence peut sembler bien ambitieux ou d’emblée voué à l’échec. Car la tentation existe, soit d’envisager l’extrême gauche comme le moyen d’entretenir une « utopie » venant bousculer ponctuellement les systèmes politiques et contribuer à leur polarisation(5), soit d’en faire une mesure approximative du désarroi de populations en difficulté ou précarisées. C’est imputer à cette famille politique une fonction (fonction tribunitienne, fonction barométrique, fonction de subversion...) qui tend là aussi à la délégitimer comme objet d’étude ou à ne pas la prendre au « sérieux »(6).

Il convient également de ne pas se méprendre sur ce que recouvre l’extrême gauche. La difficulté apparaît dans les locutions qui cohabitent aujourd’hui et que les acteurs emploient en fonction du contexte ou de l’objet d’étude : gauche de la gauche, gauche extrême, gauche radicale, gauche dure... Ces expressions témoignent, à leur manière, de la difficulté de s’entendre sur un unique objet. Toutefois, elles n’impliquent pas les mêmes contours et peuvent s’avérer trop englobantes ou extensives. Si l’expression « extrême gauche » renvoie précisément à une position dans l’espace politique et à un héritage – lui aussi composite mais dans lequel la Révolution de 1917 tient une place importante –, les termes « gauche radicale » ou « gauche de la gauche » semblent désigner des catégories plus vastes ayant vocation à réunir les mouvements, organisations ou partis situés « à gauche » des partis communistes historiques. Ces expressions regroupent donc, au-delà de l’extrême gauche, aussi bien les mouvements anarchistes voire autonomes que l’ultragauche, ainsi réunis du fait de la radicalité des discours et/ou des modes opératoires divers dans lesquels le parti ne constitue pas a priori un type d’organisation obligé(7).

La notion d’extrême gauche, même s’il s’agit d’une « catégorie construite », permet toutefois de se limiter aux organisations partisanes qui, en s’opposant à une économie de type capitaliste et à la gauche traditionnelle et gouvernementale, entendent instaurer une autre organisation économico-politique et réactiver la « passion de l’égalité »(8) à une échelle internationale. La participation aux consultations électorales n’est pas exclue, même si celles-ci sont souvent suspectées de contribuer à un affaiblissement des luttes et à une exclusion des plus démunis au profit de professionnels de la politique.

Quel que soit le cas européen observé, l’extrême gauche recouvre un ensemble composé tant de partis politiques que d’organisations agitant des étendards pour le moins divers : antilibéralisme, anticapitalisme, altermondialisme, marxisme-léninisme, trotskisme, etc. L’intérêt du concept d’extrême gauche consiste précisément à rassembler sous une seule et même expression des ethos différents, des rapports à l’État, à l’économie, voire à la démocratie parfois dissemblables : lutte contre le libéralisme ou le capitalisme ? Recours à la violence ou à l’opposition médiatisée par le parti ? Tentations altermondialistes ou maintien d’une ligne révolutionnaire invariable ?... Serge Cosseron, dans son Dictionnaire de l’extrême gauche(9), ne s’y trompe pas en désignant l’extrême gauche par les termes « galaxie » et « nébuleuse ». Ces expressions sont indéniablement pertinentes en ce qu’elles soulignent le caractère éminemment composite de partis ou mouvements impossibles à compacter en un « prêt-à-penser » ou un « prêt-à-agir »(10). Elles tendent toutefois à accorder à cette gauche une extériorité au « système politique », qui contraindrait le chercheur à de bien étranges acrobaties pour observer son sujet d’étude.

Bien que sans doute réductrice, la démarche consistant à remonter aux origines de l’extrême gauche contemporaine permet de la circonscrire plus précisément.

Un détour nécessaire par l’histoire

L’extrême gauche est en effet réellement implantée en Europe(11) mais ne peut se résumer à un positionnement et une stratégie uniques dans les espaces politiques nationaux. L’histoire ne saurait donner une image figée de cette famille politique ni même expliquer son évolution, mais elle peut aider à identifier quelques jalons ou ruptures(12).

La Révolution française a sans doute constitué un premier terreau pour l’extrême gauche, en particulier au travers de Gracchus Babeuf. En prônant une « religion de la pure égalité », en passant de la propagande politique à l’insurrection (la « Conspiration des Egaux » de 1795-1796), en s’appuyant sur une avant-garde jugée apte à entraîner le peuple dans la révolution, Babeuf aura une postérité qui transcende le XVIIIe siècle, en particulier avec Auguste Blanqui, tout à la fois stratège et penseur d’une révolution prolétarienne(13).

La Russie de l’après-Révolution bolchévique de 1917 apparaît comme un autre pôle de formation d’une extrême gauche. Si le babouvisme pose notamment la question du type d’action ou de stratégie à mettre en œuvre pour aboutir à un « moment révolutionnaire », le trotskisme des origines fournit une alternative au stalinisme et au communisme d’État. Selon Daniel Bensaïd(14), quatre options caractérisent cette famille à ses débuts : la théorie de la révolution permanente, le front unique et la lutte contre le fascisme, la lutte contre le stalinisme et la bureaucratie, le rôle dévolu au parti et la question de l’Internationale(15).

Dans ce rapide retour sur l’histoire, les noms de Rosa Luxemburg (1870-1919) ou d’Anton Pannekoek (1873-1960) ne sauraient être oubliés : face à une révolution confisquée aux ouvriers ou aux soviets par le parti communiste, la volonté de remettre au premier plan les masses en amont des partis a sans doute conduit l’extrême gauche à évoluer. Certaines formations se sont ainsi ouvertes à des formes d’expression nouvelles parfois contradictoires avec la prééminence d’un parti de professionnels, tandis que naissaient des expressions spécifiques de la gauche radicale : « gauche communiste »(16), conseillisme, ultragauche... Comme le souligne Christophe Bourseiller au sujet de la tentative révolutionnaire menée à Berlin en janvier 1919 par les spartakistes, « 1919 officialise la grande rupture entre les révolutionnaires accrochés à l’idéal, et les tenants d’un “socialisme moderne”, voué au pragmatisme et à la gestion »(17).

Affiche de la Ligue Spartakus «Que veut Spartakus ?».

Affiche de la Ligue Spartakus «Que veut Spartakus ?».
L’hydre à trois têtes représente : «Un nouveau militarisme», «Le capitalisme», «L’aristocratie foncière».

© www.secoursrouge.org

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La rupture sino-soviétique de 1963 est également à l’origine d’une famille, certes numériquement plus faible que le trotskisme, mais toutefois importante dans l’histoire de la structuration de l’extrême gauche européenne : le maoïsme. Si cette tendance a, elle aussi, connu nombre d’oppositions en son sein, elle constitue néanmoins une tentative de défendre un purisme originel, où le parti, « fraction la plus éclairée de la classe ouvrière »(18), et le prolétariat représentent les deux piliers de la révolution.

Une extrême gauche en « recomposition permanente »

Ces éléments historiques permettent indéniablement d’identifier un héritage, mais qui reste, comme l’indique Daniel Bensaïd au sujet du trotskisme, un « héritage sans mode d’emploi »(19). Ainsi, serait-il très largement trompeur de n’étudier l’extrême gauche qu’au travers de son passé, même si cette famille politique fait régulièrement appel à lui et à ses figures tutélaires. Les contextes nationaux, les recompositions au sein même des gauches européennes, voire l’émergence de nouveaux enjeux (la crise des économies capitalistes, la constitution d’une mouvance altermondialiste, pour ne citer qu’elles) et de nouvelles générations de militants invitent à rafraîchir l’analyse de l’extrême gauche contemporaine.

En premier lieu, cette dernière n’est pas toujours le fruit d’une opposition de gauche à un communisme bien implanté sur le plan national. Les exemples européens dans lesquels le communisme n’a pas été une force structurante du débat politique ne manquent pas (le Danemark, la Suède, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, par exemple...). Ainsi, l’extrême gauche se développe-t-elle contre une gauche dénoncée pour sa conversion au libéralisme et au capitalisme, très largement incarnée aujourd’hui par les partis sociaux-démocrates ou socialistes qui occupent souvent une position dominante (tant gouvernementale qu’électorale). Elle s’impose ainsi comme un adversaire crédible, à mesure en particulier que les partis communistes se muent en force d’appoint pour ces mêmes partis de la social-démocratie (comme c’est le cas en Italie ou en France...).

En deuxième lieu, les grilles de lecture dont on dispose pour analyser la situation aux XIXe et XXe siècles ne sont plus guère en mesure de rendre compte des conjonctures actuelles, qu’elles soient politiques, économiques ou sociales. La chute des régimes communistes de l’Est européen, l’éclatement de l’URSS et l’accélération de la mondialisation, en même temps qu’ils bouleversent les repères nationaux et les relations internationales, conduisent à étendre la catégorie des opprimés au-delà de la seule classe ouvrière. Parallèlement, dans le panthéon des personnalités marquantes de la révolte et de la résistance à l’oppression (capitaliste, libérale, impérialiste), les figures emblématiques et très largement mythifiées du « Che » et du « sous-commandant Marcos » remplacent peu à peu Trotski, Mao et Marx. Ces ruptures posent concrètement la question de l’actualité d’une révolution (un objectif ou une possibilité parmi d’autres ?)(20) ainsi que du parti censé être à l’avant-garde dans le processus de conquête du pouvoir.

L’altermondialisme (et sa version antilibérale) apparaît ainsi tout à la fois comme un facteur susceptible de redynamiser l’extrême gauche, de lui donner un supplément d’âme, en même temps qu’il l’interroge très profondément sur sa capacité à incarner seule une alternative politique ou à fédérer des oppositions ou des revendications souvent difficilement conciliables(21). Comment en effet rejoindre (ou prendre la tête) des luttes et des oppositions qui se développent, non plus seulement contre l’État (bourgeois, capitaliste, dégénéré...), mais contre des modes de production, des oppressions, des conflits bien plus divers qui transcendent de fait la question de la forme du pouvoir ?

Ressurgit alors le problème des alliances, des compromis possibles et des forces politiques susceptibles d’être associées au projet de conquête du pouvoir. Cette démarche passe inévitablement par une définition des alliés potentiels et de ceux qui, tenus pour « traîtres au socialisme » ou pour « convertis au capitalisme », ne sont pas jugés dignes d’attention. Or, d’un pays européen à l’autre, la réponse est différente, car elle dépend de l’évaluation des forces en présence, des modes de scrutin et de leurs conséquences pour l’élection au Parlement (facteurs que l’on pourrait résumer sous le terme générique de stratégie), de même que des évolutions doctrinales de ces formations de gauche(22).

En troisième lieu, l’arrivée de nouvelles générations de militants ou de sympathisants entraîne des changements en profondeur dans les partis d’extrême gauche, tandis que le contexte international les amène à réévaluer les repères d’hier ou le type d’engagement à privilégier (mouvements sociaux, altermondialisme, syndicalisme, etc.)(23). Les parcours individuels, que ce soit des leaders ou des militants, la multiplicité des lieux de socialisation et d’engagement, l’arrivée de nouveaux venus moins au fait des expériences passées, voire étrangers à une culture de parti, modifient, sans doute durablement, l’extrême gauche, en particulier dans sa capacité à se faire la porte-parole des mouvements ou revendications de sympathisants ou militants.

L’extrême gauche a adopté, du fait du renouvellement des rapports à la politique, de nouveaux modes d’action et de nouvelles sensibilités socio-politiques qui, s’ils ne font pas nécessairement de ce mouvement un acteur central du jeu politique, témoignent d’une identité en évolution permanente.

Notes
(1) Que l’on pense au « Parti de Gauche » de Jean-Luc Mélenchon, à la « Gauche Moderne » de Jean-Marie Bockel, ou à l’association « Nouvelle gauche » de Pierre Larrouturou...
(2) Le terme « trotskiste » a ainsi été d’abord utilisé pour nommer l’adversaire ou l’ennemi de l’intérieur au sein du parti communiste soviétique, expression reprise par les autres partis communistes dans les années 1930. Voir à ce titre Jean Birnbaum, Leur jeunesse et la nôtre, Paris, Stock, 2005, p. 40 et ss.
(3) Daniel-Louis Seiler, Les partis politiques français, Paris, Armand Colin, 2000, 2e édition.
(4) Voir l’avant-propos de l’ouvrage placé sous leur direction,  Histoire des gauches en France, Paris, La Découverte/Poche, 2005, pp. 7-20.
(5) Voir à ce titre le lien qu’établit Giovanni Sartori entre systèmes pluralistes polarisés et partis « anti-système » dans Parties and Party Systems. A Framework for Analysis, Oxford, ECPR Press, 2005, p. 117 et ss.
(6) Philippe Raynaud, L’extrême gauche plurielle. Entre démocratie radicale et révolution, Paris, Editions Autrement, 2006.
(7) En ce sens, la « gauche radicale », sous sa forme ultragauche, anarchiste ou autonome, ne se reconnaît pas dans le léninisme, pas plus d’ailleurs qu’elle ne prétend participer, par candidat interposé, aux élections.
(8) Michel Winock, La France politique. XIXe – XXe siècles, Paris, Seuil, 2003.
(9) Serge Cosseron, Dictionnaire de l’extrême gauche, Paris, Larousse, 2007.
(10) Les trotskismes français témoignent aisément de cette diversité qui dépasse, et de loin, l’explication simpliste en termes d’oppositions de personnes.
(11) Christine Pina, L’extrême gauche en Europe, Paris, Les études de la Documentation française, 2005.
(12) Michel Winock, pour sa part, identifie quatre terreaux d’origine : la conspiration révolutionnaire, le terrorisme, le parti révolutionnaire et la révolution des masses, in La France politique. XIXe – XXe siècles, op. cit.
(13) Ibid.
(14) Daniel Bensaïd, Les trotskysmes, Paris, PUF, 2002.
(15) Le socialisme se construisant à l’échelle nationale et internationale selon Trotski, il s’agit de parvenir à une organisation capable de fédérer les forces révolutionnaires au niveau international et ainsi de répondre à un capitalisme qui ne connaît pas de frontières. Dissoute en 1943, la IIIè Internationale (Komintern) n’a, de ce point de vue, pas tenu ses promesses en ce qu’elle s’est attachée à construire le « socialisme dans un seul pays » (en l’occurrence l’URSS). La IVe Internationale a été fondée en 1938.
(16) Voir Isabelle Sommier « A la gauche des partis historiques », in Xavier Crettiez, Isabelle Sommier (dir.), La France rebelle, Paris, Éditions Michalon, 2006.
(17)  Christophe Bourseiller, Histoire générale de l’ultra-gauche, Paris, Denoël, 2003, p. 37.
(18) Roland Biard, Dictionnaire de l’extrême gauche, Paris, Belfond, 1978, p. 223.
(19) Daniel Bensaïd, op. cit.
(20) On lira avec intérêt l’ouvrage de Philippe Pignarre, Être anticapitaliste aujourd’hui. Les défis du NPA, Paris, La Découverte, 2009, qui décrit, non sans une tendance caricaturale qu’il assume, les tensions travaillant le Nouveau Parti Anticapitaliste dans sa volonté de créer un front politique qui dépasse, et de loin, les seuls contours de feu la Ligue communiste révolutionnaire.
(21) Que l’on songe à la question de la définition de l’Universel ou aux difficultés de rendre compte tout à la fois de revendications féministes et communautaires.
(22) Par exemple, le SP – Socialistische Partij – néerlandais a choisi le « repli » sur une terminologie socialiste, abandonnant de fait toute référence à Mao ou au marxisme. En Suède, le VP – Vänsterpartiet – s’est peu à peu tourné vers les revendications féministes, écologistes et antiracistes. L’ « écosocialisme » est une des formes possibles de ces évolutions.
(23) Voir, pour la France, les travaux de Florence Joshua, dont « La dynamique militante à l’extrême gauche : le cas de la Ligue communiste révolutionnaire », Cahiers du CEVIPOF, n° 37, mai 2004.

Quelques repères bibliographiques
 Christine Pina, L’extrême gauche en Europe, Les études de la Documentation française, Paris, 2005, 160 pages.
Marc Lazar (dir.), La gauche en Europe depuis 1945, PUF, 1996, 704 pages.
Éric Agrikoliansky, Isabelle Sommier (dir.), Radiographie du mouvement altermondialiste, La dispute, Paris, 2005, 318 pages.
Patrick Moreau (dir.), Les partis communistes et postcommunistes en Europe occidentale, Problèmes politiques et sociaux, n° 830-831, novembre-décembre 1999, La Documentation française, Paris, 147 pages.
« Gauches extrêmes, gauches radicales » (dossier), 2050, n° 10, novembre 2008, pp. 13-78. Articles sur la France, l’Italie, l’Allemagne et l’Amérique latine.
Daniela Heimerl, « Allemagne. La nouvelle gauche, un casse-tête politique », novembre 2008,

* Maître de conférences en Science politique à l’Université de Nice-Sophia Antipolis, directrice du laboratoire ERMES (Equipe de recherche sur les mutations de l’Europe et de ses sociétés)

Pour citer cet article : Christine Pina, « L’extrême gauche. Définition(s) et diversité des positionnements politiques », Grande Europe n° 16, janvier 2010 – La Documentation française © DILA

 

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