Retour
 
 

Richesse et patrimoine en Europe, approche comparative, par Markus Gabel

[Richesse et patrimoine en Europe, approche comparative, par Markus Gabel], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Banque centrale européenne.
Wikicommons media - 2008

Agrandir l'image

Mis à jour le 30/07/2013

Introduction

Une étude de la Banque centrale européenne publiée en avril 2013 fait ressortir des niveaux de patrimoines des ménages nettement différents selon les pays membres de la zone euro. Faisant fi d’un certain nombre de clichés, cette étude appelle néanmoins à être nuancée et assortie d’autres paramètres tels que le niveau global de richesses nationales ou encore le stock de capitaux.


Richesse et patrimoine en Europe, approche comparative

Markus Gabel*

La crise de l’euro a projeté sur le devant de l’actualité la très grande disparité des niveaux de richesses et de patrimoine en Europe. Près de quinze ans après la mise en place de la monnaie unique et plus de vingt-cinq ans après celle du marché unique, coexistent en Europe non seulement des niveaux de patrimoines très variés, mais également des « régimes de richesses » (1) fort disparates.

Niveaux de patrimoines : de surprenantes disparités...

L’étude sur la richesse des ménages européens publiée en avril 2013 par un groupe d’experts européens, sous l’égide de la Banque centrale européenne (BCE) (2), a créé la surprise : les niveaux de patrimoines diffèrent très fortement entre les pays membres de la zone euro, les ménages les plus riches possédant jusqu’à huit fois plus que les ménages les plus pauvres. Il apparaît également que les ménages des pays du sud de l’Europe, pays qui enregistrent les difficultés économiques les plus profondes et qui, pour certains, sont épaulés par les autres membres de l’Union européenne (UE), présentent des niveaux de richesses privés souvent élevés, voire supérieurs à la moyenne européenne et – fait étonnant – plus importants que ceux des États, comme l'Allemagne, la France, l’Autriche ou les Pays-Bas, qui fournissent l’essentiel des sommes imparties aux plans de secours. Par ailleurs, au sein des quatre grands pays de la zone euro – Allemagne, France, Italie, Espagne (AFIE) – les ménages allemands apparaissent les plus « pauvres », très loin derrière les « riches » Espagnols et Italiens.

Patrimoine des ménages en Europe selon l’étude de la BCE (1)

Patrimoine des ménages en Europe selon l’étude de la BCE

(1) Chiffres pour 2010, sauf pour l’Espagne (données pour 2008).
(2) Propriétaires de leur résidence principale.
(3) Zone euro à 15 pays.
Source : Eurosystem Household Finance and Consumption Network (2013).

L’indicateur du patrimoine médian fait nettement ressortir cette pauvreté relative des ménages allemands : avec 51 400 euros, le ménage médian allemand dispose en effet du niveau de richesse le plus modeste de la zone euro. Sa position est cependant meilleure si l’on considère le patrimoine moyen ; les Allemands restent néanmoins en-deçà du niveau moyen de la zone euro (3).

Les chiffres de la BCE doivent toutefois être interprétés avec prudence. Tout d’abord, l’étude est basée sur une méthode d’enquête déclarative. Ensuite, les chiffres ne portent que sur le niveau des richesses par ménages et non sur le patrimoine par habitant. Troisièmement, l’élément essentiel du patrimoine, à savoir la résidence principale, est très variable selon les pays : avec 44 %, la part de propriétaires en Allemagne est la plus faible des pays de l’UE. Par ailleurs, plusieurs pays, notamment du Sud, ont connu des phénomènes de bulles spéculatives dans le secteur de l’immobilier (4). Corriger les chiffres en tenant compte de ces facteurs n’améliore cependant que peu la position des ménages allemands : même dans la catégorie « propriétaires », leur patrimoine médian ne dépasse pas la moyenne de la zone euro.

Dans ce contexte, la taille des ménages constitue également un élément de clarification important. Ceux du Nord de l’Europe comptent en moyenne moins de personnes que ceux d’Europe du Sud (2 en Allemagne contre 2,7 en Espagne et 2,8 en Chypre). Or, plus un ménage compte de membres, plus le patrimoine médian et moyen a tendance à être élevé (5).
 
Patrimoine par adulte en Europe en 2011 (1)

Patrimoine par adulte en Europe en 2011

(1) Il s’agit du capital financier (comptes, titres, assurances, etc.) sans le patrimoine immobilier.
Source : Crédit Suisse Global Wealth Databook 2012.

Pour nuancer ce constat, il est utile d’étudier le patrimoine par adulte qui fait apparaître une situation  un peu différente (graphique 2). Si l’on prend le patrimoine net moyen du groupe AFIE, les Allemands (174 500 euros) arrivent en troisième position, devant les Espagnols (104 700) mais en fin du peloton pour le patrimoine net médian. L’écart est moins grand toutefois que dans le cas de l’indicateur ‘ménage’.

Comme pour ce dernier, les Luxembourgeois se retrouvent en tête du classement du patrimoine par adulte, suivis de près par les Français qui se caractérisent par une forte différence entre le patrimoine médian et moyen, le niveau élevé de l’inégalité (coefficient de Gini de 0,76) légèrement en-deçà de l’Allemagne, mais très au-dessus des autres pays européens. Les patrimoines des pays actuellement en difficultés, à l’exception du cas de l’Irlande, apparaissent, quant à eux, largement inférieurs à la moyenne de la zone.

Au final, les observations de la BCE en sortent confirmées dans les grandes lignes. On constate que la prise en compte du facteur immobilier (et de l’effet bulle dans les pays concernés), comme c’est le cas dans l’étude de la BCE, introduit un biais important, notamment en faveur des pays du Sud.

Mais le patrimoine ne renseigne guère sur les flux financiers des ménages (par ex. salaires, loyers…). Si l’on prend en compte les revenus (graphique 1), les ménages allemands se situent très au-dessus de la moyenne de la zone euro, en tête du groupe AFIE, mais distancés par les ménages belges, hollandais, finlandais, autrichiens et, surtout, luxembourgeois. Dans tous les pays du Sud, ces revenus sont inférieurs à la moyenne de la zone euro, chiffres confirmés par les niveaux de pauvreté. Selon Eurostat, en 2010, 20 % de la population allemande était menacée de pauvreté ou d’exclusion sociale contre respectivement 19 %, 27 % et 28 % en France, en Espagne et en Italie (31 % en Grèce, mais seulement 16 % et 17 % aux Pays-Bas et en Autriche).

…qui contrastent avec le niveau de richesses nationales

Le patrimoine des ménages n’est pas le seul indicateur de richesse à prendre en compte. Une partie significative est en effet détenue par le secteur public et les entreprises. Évaluer la richesse de manière plus exacte est notamment utile si on veut déterminer la capacité globale d’un pays à contribuer à des plans de soutien.Le produit intérieur brut (PIB), ainsi que le stock de capital constituent des indicateurs exhaustifs. Si le premier traduit la valeur de la production annuelle d’un pays donné, le second indique le montant du capital détenu par le secteur public ainsi que par les résidents et non-résidents ; ainsi, il capitalise le passé. Corrigé de la position extérieure nette (donc du capital ou des dettes détenus par des résidents à l’étranger), on obtient un indicateur global du patrimoine(6). Ces deux indicateurs révèlent qu’un clivage assez net s’établit entre le nord (plus prospère) et le sud de l’Europe. Parmi les pays en difficulté, seule l’Italie dispose d’un niveau de richesse proche de la moyenne de la zone euro. Par contre, la Grèce et le Portugal, avec des balances courantes chroniquement négatives, sont dans une situation préoccupante, notamment en ce qui concerne le stock de capital par habitant. L'Espagne s’en sort un peu mieux, mais son faible niveau de stock de capital la fragilise également. Au sein du groupe AFIE, l’Allemagne se révèle le pays le plus riche, tout en demeurant derrière plusieurs petits pays européens.

Richesse nationale par tête

Richesse natgionale par tête
 

PIB par habitant (2010, SPA, 1 000 euros) (1)

PIB par habitant 2010, SPA, EU 27 = 100

PNB par habitant (2010, 1 000 euros)

Stock de capital par habitant corrigé de la PIIN (2012) (1 000 euros) (2)

Allemagne

29

119

38,1

147

Autriche

31,1

127

39,9

142

Belgique

29,2

119

38,4

143

Bulgarie

10,7

44

nd

nd

Chypre

23,6

97

nd

nd

Danemark

31,3

128

41,1

nd

Espagne

24,3

99

31,4

78

Estonie

15,5

63

19,4

nd

Finlande

27,7

113

36,8

138

France

26,5

108

34,9

110

Grèce

21,4

87

27,6

60

Irlande

31,6

129

33,5

75

Italie

24,7

101

31,7

104

Luxembourg

65,2

266

61,3

nd

Pays-Bas

32,1

131

41,8

155

Pologne

15,3

63

19,2

nd

Portugal

19,7

80

24,6

42

République tchèque

19,5

80

23,5

nd

Royaume-Uni

27,2

111

35,8

nd

Slovaquie

17,9

73

22,9

nd

Slovénie

20,5

84

26,5

nd

EU 17

27,1

--

33,1 (3)

109 (4)

EU 27

24,5

100

31,8

--

(1) SPA : standards de pouvoir d'achat.
(2) PIIN : Position d’investissement international nette (ou position extérieure nette). Elle est positive en cas d’excédent de la balance courante (Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Finlande sont dans cette position). Le stock de capital correspond au stock accumulé de biens ou de richesses que l'on utilise pour produire de nouveaux biens ou revenus. Il est donc la somme des valeurs, à un moment donné et sur un territoire, de tous les actifs fixes. Pour rendre compte de l’usure d’une partie de ce stock un facteur de dépréciation doit être appliqué. Chiffres arrondis issus du travail De Grauwe et Ji (2013).
(3) Sans Chypre.
(4) Moyenne de onze pays de la zone euro.
Sources : Eurostat; OCDE ; De Grauwe et Ji (2013).

On constate ainsi que la mesure du seul niveau de richesse des ménages ou des habitants ne renseigne que très partiellement sur celui d’un pays dans son ensemble. A fortiori lors que la richesse globale est détenue dans des proportions importantes par le secteur public et les entreprises. L’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas et la Finlande sont dans ce cas. Outre par la valeur des infrastructures et par le secteur des banques publiques, le patrimoine y est largement capté par les entreprises, notamment des PME (petites et moyennes entreprises). Le Mittelstand allemand, qui incarne le secteur des entreprises familiales, imbriquant patrimoine privé et patrimoine de l’entreprise, en est l’exemple type. Cet enchevêtrement est également la fragilité de ce régime de richesse, notamment en période de crise. Qu’une partie de la richesse corresponde à des créances à l’étranger ou simplement qu’elle soit placée dans des pays économiquement fragiles, est un facteur de vulnérabilité patent. En période de difficultés, elle subit une dépréciation qui peut conduire à la perte totale. Les deux crises des années 2000 ont montré que ce risque est bien réel (7).

Une coexistence de régimes de richesse en Europe

À partir des trois indicateurs « patrimoine privé (par ménage ou par adulte) », « valeur de la richesse nationale par habitant » et « stock de capital par habitant » (8), il est possible de classer les pays et d’établir des « régimes de richesse » positionnés en fonction du niveau moyen de la zone euro. On obtient trois tableaux  à double entrée.

Patrimoine des ménages
   

Richesse nationale (1)

   

+

-

Patrimoine des ménages (2)

+

Autriche, Belgique, Irlande, Luxembourg

Chypre, Espagne, France, Italie

-

Allemagne, Pays-Bas, Finlande

Grèce, Portugal, Slovénie

(1) PIB par habitant.
(2) Patrimoine moyen des ménages selon l’étude de la BCE ; patrimoine moyen par adulte pour l’Irlande.

Stock de capital par habitant
   

Richesse nationale (1)

   

+

-

Stock de capital par habitant (2)

+

Allemagne, Autriche, Belgique, Finlande, Luxembourg, Pays-Bas

France

-

Irlande

Espagne, Grèce, Portugal, Slovénie, Italie

(1) PIB par habitant.
(2) Corrigé de la position extérieure nette.

Patrimoine des ménages. Stock de capital par habitant
   

Patrimoine des ménages (1)

   

+

-

Stock de capital par habitant (2)

+

Autriche, Belgique, France, Luxembourg

Allemagne, Finlande, Pays-Bas

-

Espagne, Irlande, Italie

Grèce, Portugal, Slovénie

(1) Patrimoine moyen des ménages selon l’étude de la BCE ; patrimoine moyen par adulte pour l’Irlande.
(2) Corrigé de la position extérieure nette.

On constate ainsi que la richesse par habitant la plus élevée se trouve en Autriche, en Belgique et au Luxembourg. Ces pays associent richesse nationale élevée à des niveaux de richesses des ménages et des entreprises également élevés. Par ailleurs, le clivage Nord/Sud est manifeste : les cases « + + » abritent toujours des pays du Nord et du centre de l’Europe, exception faite de l’Irlande, pays pourtant en grave difficulté et soutenu par des plans d’aide en 2009. Les cases « - - » comptent exclusivement des pays du pourtour méditerranéen. La position du groupe AFIE retient l’attention : la France ne figure, comme l’Allemagne, qu’une fois dans une case à double  « + ». L’Espagne, quant à elle, se situe une fois dans une case à double « - ». On peut en conclure que la richesse de pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande se fonde surtout sur leur stock de capital et se trouve donc moins entre les mains des individus ou des ménages, mais davantage du côté des entreprises. Elle est donc de ce fait davantage socialisée.Ces résultats prennent toute leur importance quand il s’agit de déterminer non seulement les capacités globales d’un pays à contribuer à des plans d’aides, mais également les modalités de cette contribution, y compris dans les pays en difficulté, eux aussi appelés à participer aux mécanismes d’aide. L’accord européen sur les faillites bancaires obtenu le 27 juin 2013 qui vise à limiter le recours aux fonds publics, quitte à imposer des pertes aux actionnaires, créanciers, voire aux déposants les plus fortunés des banques en faillite rompt avec le mode de financement du MES (Mécanisme européen de stabilité), dont les ressources proviennent des budgets des pays membres, donc des contribuables.

Notes
(1) Régime au sens de « mode d’organisation et de répartition » de la richesse.
(2) Eurosystem Household Finance and Consumption Network (2013), "The European Household Finance and Consumption Survey : Results from the First Wave", Statistics paper series – BCE. L’étude porte sur le patrimoine de 62 000 ménages de tous les pays de la zone euro à l’exception de l’Estonie et de l’Irlande.
(3) Plus la différence entre le médian et la moyenne est importante, plus l’inégalité est élevée. La forte différence des deux indicateurs dans le cas de l’Allemagne suggère un niveau d’inégalité élevé en Allemagne. Ceci est confirmé par un indicateur Gini plus élevé en Allemagne (0,76) qu’en France (0,68), Italie (0,61) et Espagne (0,58) en ce qui concerne le patrimoine, mais pas pour la répartition des revenus qui, elle, est plus égalitaire : coefficient de Gini de 0,29 pour l’Allemagne et 0,308 pour la France contre 0,305 pour la zone euro en 2011. L’Allemagne se distingue en effet par une répartition du patrimoine assez particulière avec une très forte concentration sur le tout dernier centile, voire millime, laissant le reste de la population avec des patrimoines relativement égaux.
(4) L’enquête de la BCE a été réalisée dans la plupart des pays en 2010, mais en 2008-2009 en Espagne, à une date où les prix des logements étaient encore largement gonflés par la bulle immobilière, totalement absente en Allemagne. Par ailleurs, le patrimoine des Allemands de l’Est est très peu élevé, car ils n’ont guère pu accumuler de patrimoine à l’époque de la République démocratique d’Allemagne (RDA). Par ailleurs, les pensions de retraites n’ont pas été intégrées dans l’étude. Or, leur niveau ainsi que l’ensemble du système allemand de protection sociale réputé généreux, incitent peu les Allemands à constituer un patrimoine pour leurs vieux jours. Enfin, il faut rappeler qu’après 1945, des milliers d’Allemands s’étant retrouvés sans logement, des propriétaires sont devenus locataires, effet renforcé par l’afflux de plusieurs millions de réfugiés des anciens territoires du Reich, qui tous ont été logés comme locataires, pour la plupart dans des logements sociaux, un secteur particulièrement bien développé en Allemagne.
(5) Un exemple chiffré montre l’importante différence entre patrimoine moyen par habitant et par ménage. Supposons deux pays, A et B, dans lesquels les patrimoines privés sont répartis de la même façon : chacun possède un euro. Médian et moyenne par personne sont ainsi égaux à un euro. Ceci change si on passe au mode ménage. Supposons 14 personnes vivant en A, réparties entre 6 ménages d’une personne et 4 ménages à deux personnes. En B vivent 16 personnes, réparties entre 4 ménages à une personne et 6 ménages à deux personnes. Dans ce cas, le patrimoine moyen en A est de 1,4 euro, en B de 1,6 ; le médian est de 1 euro en A et de 2 euros en B, variant donc du simple au double bien que les personnes possèdent en vérité chacune un euro. Se limiter aux valeurs médianes peut donc conduire à d’importantes erreurs d’interprétation.
(6) Il est plus global, mais également plus fragile, car soumis à plus de risques (voir infra).
(7) Cette même problématique se retrouve derrière la controverse concernant les soldes Target 2 (le système de compensation monétaire de la BCE) : la Bundesbank qui accumule depuis 2009 des records de créances de plus en plus élevés vis-à-vis de la BCE, risque in fine une fragilisation de sa position si les pays débiteurs ne peuvent pas honorer leurs dettes.
(8) Des croisements avec d’autres indicateurs peuvent compléter cette analyse : le revenu, le revenu national net ou le taux de pauvreté.

Bibliographie
• Crédit Suisse, Crédit Suisse Global Wealth Databook 2012.
• D’Alessio G. et al., « Are Germans Poorer than other Europeans ? The Principal Eurozone Differences in Wealth and Income », VoxEU, 24 mai 2013.
• De Grauwe p. et Ji Y, « Are Germans Really Poorer than Spaniards, Italiens and Greeks ? », VoxEU, 16 avril 2013.
• Deutsche Bundesbank, « Households and Their Finances – Results of a Panel Study on the Portfolio Structure and the Distribution of Wealth in Germany », Press notice, 28 mars 2013.
• Eurosystem Household Finance and Consumption Network, «The European Houshold Finance and Consumption Survey : Results from the First Wave, Statistics paper series – BCE, 2013.
• Heusinger R. von, « Traue keiner Statistik », Berliner Zeitung , 10 avril 2013.
http://ec.europa.eu/eurostat
http://stats.oecd.org

* Analyste-rédacteur à La Documentation française.

Pour citer cet article : Markus Gabel, « Richesse et patrimoine en Europe, approche comparative », P@ges Europe, 30 juillet 2013 - La Documentation française © DILA

 

Autres contenus apparentés

Ressources complémentaires