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Mobilité et marché du travail en Europe, par Markus Gabel

[Mobilité et marché du travail en Europe, par Markus Gabel], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Depuis 2005, l'Agence européenne pour l'emploi (EURES) organise le salon annuel "European Job Days", Bruxelles, 2007.
UE

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Mis à jour le 24/03/2014

Introduction

La libre circulation ainsi que la crise économique qui pèse sur les États membres de l’Union européenne (UE) depuis 2008-2009 ont accéléré les flux migratoires sur le continent européen. À cet égard, cette crise a eu un effet bénéfique sur la cohésion économique de l’Union européenne, alors que le faible niveau de la mobilité du travail constituait, jusqu’alors, un obstacle sérieux au bon fonctionnement de la zone euro.


Mobilité et marché du travail en Europe

Markus Gabel*

Pour tous les ressortissants des États membres de l’Union européenne (UE), la libre circulation des travailleurs est un droit fondamental garanti par l'article 45 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Pourtant, en 2010, 3 % seulement des citoyens européens en âge de travailler résidaient dans un autre pays de l’UE-27 (2,5 % si on prend la population totale comme référence, chiffres Eurostat). Les migrations en provenance de pays non membres de l’UE sont plus importantes, ces personnes représentant 5% environ de la population active(1). Dans la plupart des pays de la zone euro, la part des ressortissants étrangers non citoyens de l’UE-27 dans la population totale est nettement plus élevée que celle des ressortissants européens(2). Ce n’est que dans les « petits » pays –  Irlande, Belgique, Luxembourg, Hongrie et Chypre – que les ressortissants européens sont plus nombreux (voir tableau).

Une mobilité globalement modeste

Les causes de cette faible mobilité intra-européenne sont multiples. Cela tient, d’une part, à la prolongation de la faible mobilité au sein même des États membres et, parmi eux, au sein des grands pays : les déplacements y sont nettement plus modestes que ceux enregistrés aux États-Unis ou en Australie(3). Viennent, d’autre part, des causes classiques : l’éloignement familial, la langue et les barrières culturelles, les entraves juridiques et administratives, l’hétérogénéité des systèmes de sécurité sociale, le manque d’informations, la non reconnaissance des diplômes, l’emploi du conjoint, et, enfin, le logement. Certes, ces dernières années, de nombreuses avancées ont amélioré la situation, notamment en matière de non reconnaissance des diplômes et de coordination des systèmes de sécurité sociale, mais les textes communautaires ne couvrent toujours pas la totalité des situations(4).Les élargissements de l’UE en 2004 et 2007 ont stimulé les flux Est-Ouest. Le nombre de ressortissants des nouveaux États membres résidant dans l’un des pays de l’UE-15 est ainsi passé de 1,6 millions en 2003 à 4,8 millions en 2009(5). A contrario, l’essentiel de l’immigration en provenance des pays du Sud (Grèce, Espagne, Portugal) a eu lieu avant l’adhésion de ces pays (1981 pour la Grèce et 1986 pour l’Espagne et le Portugal). Cette différence s’explique par le plus grand différentiel de salaires des pays à l’Est, notamment en Bulgarie et en Roumanie, par rapport au niveau de ceux de l’Europe occidentale(6). Cas spécifique, la France, contrairement à l’Allemagne ou au Royaume-Uni, attire relativement peu l’immigration intra-européenne, les flux y restant dominés par les liens historiques avec l’Afrique, notamment le Maghreb.Au sein de l’UE, nombreux sont les immigrés qui occupent des emplois pour lesquels ils sont surqualifiés. Ce constat vaut particulièrement pour les travailleurs originaires de l’UE-10 : la surqualification est environ deux fois plus élevée parmi eux que parmi les travailleurs autochtones de l’UE-15 (7). Il  existe également des différences sectorielles : les ressortissants de l’EU-15 travaillent souvent dans les secteurs des services rendus aux entreprises, du transport et de l’immobilier, tandis que ceux provenant des pays de l’UE-10 trouvent principalement un emploi dans le secteur manufacturier ou le commerce, et ceux de l’UE-2 surtout dans la construction et les services à la personne.

NATIONAUX ET NON-NATIONAUX DANS LES PAYS EUROPÉENS (2010)

immigration par groupe de nationalités

UE+Islande-Liechtenstein-Norvège-Suisse

Population totale (en milliers)

 Nationaux

Non-nationaux

en milliers

en %

en milliers

en %

UE-27

502 500

469 000

93,3

33 300

6,6

Belgique

11 001

9 832

89,4

1 163

10,6

Bulgarie

7 369

7 331

99,5

39

0,5

République .Tchèque

10 533

10 116

96,0

417

4,0

Danemark

5 561

5 215

93,8

346

6,2

Allemagne

81 752

74 553

91,2

7 199

8,8

Estonie

1 321

1 112

84,2

208

15,7

Irlande

4 481

4 067

90,8

362

8,1

Grèce

11 310

10 354

91,5

956

8,5

Espagne

46 153

40 498

87,7

5 655

12,3

France

65 048

61 224

94,1

3 825

5,9

Italie

60626

56 056

92,5

4 570

7,5

Chypre

840

669

79,7

168

20,0

Lettonie

2 230

1 850

83,0

380

17,0

Lituanie

3 245

3 211

99,0

34

1,0

Luxembourg

512

290

56,8

221

43,1

Hongrie

9 986

9 777

97,9

209

2,1

Malte

418

397

95,1

20

4,9

Pays-Bas

16 656

15 895

95,4

673

4,0

Autriche

8 396

7 479

89,1

907

10,8

Pologne

38 200

38 149

99,9

47

0,1

Portugal

10 637

10 189

95,8

448

4,2

Roumanie

21 414

       

Slovénie

2 050

1 967

96,0

83

4,0

Slovaquie

5 435

5 367

98,7

68

1,3

Finlande

5 375

5 207

96,9

167

3,1

Suède

9 416

8 782

93,3

622

6,6

Royaume-Uni

62 499

57 986

92,8

4 487

7,2

Islande

318

297

93,4

21

6,6

Liechtenstein

36

24

66,8

12

33,2

Norvège

4 918

4 550

92,5

368

7,5

Suisse

7 870

6 104

77,6

1 766

22,4

Source : Eurostat (code des données en ligne : migr_pop1ctz), 2014

PART DE L'IMMIGRATION EXTRA ET INTRA-EUROPÉENNE DANS LES PAYS EUROPÉENS (2010)

Immigration par groupes non nationaux

TOTAL

Citoyens d'autres États membres de l'UE

Citoyens de pays tiers

UE+Islande-Liechtenstein-Norvège-Suisse

en milliers

en %*

en milliers

en %* 

en milliers

en %*

UE-27

33 300

6,6

12 800

2,5

20 500

4,1

Belgique

1 163

10,6

749

6,8

414

3,8

Bulgarie

39

0,5

8

0,1

30

0,4

République. tchèque

417

4,0

135

1,3

281

2,7

Danemark

346

6,2

125

2,3

221

4,0

Allemagne

7 199

8,8

2 628

3,2

4 571

5,6

Estonie

208

15,7

13

1,0

195

14,8

Irlande

362

8,1

292

6,5

69

1,5

Grèce

956

8,5

153

1,4

803

7,1

Espagne

5 655

12,3

2 329

5,0

3 325

7,2

France

3 825

5,9

1 340

2,1

2 485

3,8

Italie

4 570

7,5

1 335

2,2

3 235

5,3

Chypre

168

20,0

105

12,5

62

7,4

Lettonie

380

20,0

10

0,4

370

16,6

Lituanie

34

17,5

2

0,1

32

1,0

Luxembourg

221

43,1

191

37,2

30

5,9

Hongrie

209

2,1

127

1,3

82

0,8

Malte

20

4,9

10

2,5

10

2,4

Pays-Bas

673

4,0

335

2,0

339

2,0

Autriche

907

10,8

352

4,2

555

6,6

Pologne

47

0,1

16

0,0

32

0,1

Portugal

448

4,2

103

1,0

345

3,2

Roumanie

           

Slovénie

83

4,0

5

3,0

77

3,8

Slovaquie

68

1,3

42

0,8

26

0,5

Finlande

167

3,1

61

1,1

105

2,0

Suède

622

6,6

270

2,9

352

3,7

Royaume - Uni

4 487

7,2

2 061

3,3

2 425

3,9

Islande

21

6,6

17

5,2

4

1,4

Liechtenstein

12

33,2

6

16,4

6

16,8

Norvège

368

7,5

214

4,4

154

3,1

Suisse

1 766

22,4

1 098

13,9

668

8,5

* en % de la population totale.
Source : Eurostat (code des données en ligne) : migr_pop 1ctz ), 2014. 

 

La mobilité européenne : des réalités très contrastées

La mobilité des travailleurs recouvre des réalités très variables entre les pays européens. Les déterminants à l’œuvre peuvent être les taux de croissance et les opportunités d’emploi au sein des pays, mais renvoient également aux caractéristiques des systèmes de sécurité sociale (8). En Europe du Nord, où les services publics sont très bien développés et où les personnes travaillant dans les secteurs de la santé et des services à la personne bénéficient de salaires conventionnés, les autochtones ne boudent pas ce type de travail et les entreprises ont peu d’incitation à employer des personnes en-dessous de leurs niveaux de qualification. La Suède avec son système très régulé et égalitaire incarne parfaitement ce type de fonctionnement. Le flux de migrants en provenance d’Europe de l’Est, et notamment de Bulgarie ou de Roumanie, vers ce pays est ainsi resté faible. En Europe du Sud (Grèce, Italie, Espagne), par contre, la situation est quasiment inverse avec des services publics moins développés et des salaires dans les services à la personne plus bas et souvent non-conventionnés. Cette situation favorise les relations informelles de travail, d’autant que les nationaux sont de moins en moins prêts à s’engager dans ce genre de secteur. Il y a un effet boule de neige : le secteur des bas salaires s’étend, les nationaux essayent de passer dès lors dans des secteurs mieux payés et le marché du travail se segmente de plus en plus. La crise économique qui sévit depuis 2009 a encore accéléré ces mécanismes. Les entreprises dans les pays en crise sont obligées de réduire les coûts et, dans ce cadre, l’emploi de personnes acceptant des salaires bas apparaît comme une solution. Parallèlement, la situation dans les pays à fort potentiel migratoire (notamment la Bulgarie et la Roumanie) ne s’améliore pas ; au contraire même, la pression à émigrer s’y accroît. Souvent, les emplois dans les secteurs informels, aussi mal payés soient-ils, et les conditions de travail aussi difficiles soient-elles dans les pays d’accueil (Italie, Espagne, Irlande, Royaume-Uni) restent plus attractifs que les alternatives dans les pays d’origine.

Principaux pays d’origine des non-nationaux, UE-27, 2011 (en millions)(1)

 

Principaux pays d’origine des non-nationaux dans l’UE-27, 2011

Le faible niveau de mobilité actuelle pose problème

Si de nombreux migrants ne sont pas employés conformément à leurs qualifications, la compétitivité de l’UE dans son ensemble en pâtit. Par ailleurs, alors que l’arrivée de migrants gonfle le secteur des bas salaires et en même temps que le taux de chômage des nationaux reste élevé, des tensions sociales risquent d’augmenter.Plus grave encore, le niveau même des flux est devenu source d’inquiétude. Entre 2000 et 2011, et exception faite de l’Irlande, de l’Espagne et de Chypre, la mobilité intra-européenne est restée modeste dans la zone euro. Elle témoigne ainsi de l’échec patent de la Stratégie de Lisbonne dont l’un des objectifs était de relancer la croissance et de créer des emplois de meilleure qualité. En 2000,  la mobilité des travailleurs avait été définie comme l’une de ses priorités (9).Pour bien fonctionner, une union monétaire entre pays souverains a besoin de satisfaire à des conditions précises : une forte intégration commerciale et la prédominance de chocs économiques symétriques (choc d'offre ou de demande qui affecte de la même manière deux régions), une réelle mobilité géographique des facteurs de production entre les régions et les pays, ainsi que des mécanismes d’ajustement face à des chocs asymétriques (en particulier un fédéralisme budgétaire) en compensation de l’abandon de la souveraineté monétaire. Le fédéralisme budgétaire en est encore à ses débuts  – le Mécanisme européen de stabilité (MES) instauré en 2012 peut être interprété dans ce sens, et la mobilité des personnes est ainsi tout à fait primordiale au bon fonctionnement de la zone euro.Durant des années (2003-2008), la négligence avec laquelle certains pays ont poursuivi les objectifs de la Stratégie de Lisbonne a été compensée par l’expansion économique : non seulement le taux de chômage de la zone euro s’est inscrit à la baisse, mais la dispersion des niveaux de chômage entre les pays de la zone a également diminué, donnant ainsi l’impression d’une apparente convergence des économies. Avec la crise, cette dispersion a très nettement augmenté pour revenir aux niveaux enregistrés avant l’introduction de la monnaie unique en 2002. Le choc subi par les économies européennes a donc été asymétrique : certains pays, comme l’Allemagne, la Finlande, l’Autriche et les Pays-Bas, ont pu stabiliser voire réduire le chômage, tandis que d’autres au Sud, mais également la France, ont subi une évolution inverse. La situation des États-Unis, pays souvent pris comme référence pour son usage d’une monnaie unique entre plusieurs États, est tout autre : le taux de chômage y est structurellement plus faible et, pendant la crise, la dispersion des taux entre les États n’a qu’à peine augmenté. L’analyse conjointe du taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) conforte cette image(10) : alors qu’une hausse de la dispersion des niveaux d’activité intra-zone (c’est-à-dire entre les États américains ou entre les pays de la zone euro) est associée entre 2000 et 2010 à une hausse de la dispersion des taux de chômage régionaux dans la zone euro, il y a absence de relation entre les deux variables dans le cas américain. Cette situation découle de la faible mobilité du facteur travail au sein de l’Union, et notamment dans la zone euro, et reflète la rigidité du marché du travail dans bon nombre de pays européens(11).

Regain de mobilité intra-européenne avec ou lié à la crise

Paradoxalement, la crise économique que traverse la zone euro semble avoir relancé la mobilité intra-européenne. Depuis 2011, on constate en effet une accélération des flux Est-Ouest et surtout l’émergence de nouveaux déplacements entre le sud et le nord de l’Europe(12). La crise qui sévit en Europe du Sud provoque en effet d’importants mouvements migratoires vers le centre et le nord de l’Europe, notamment en provenance d’Espagne, de Grèce, d’Italie et, dans une moindre mesure, du Portugal. Cependant, pour modifier en profondeur les chiffres migratoires, le chemin est encore long (voir graphique) : en 2011, les Roumains et les Polonais, avec respectivement 307 000 et 269 000 personnes, sont arrivés largement en tête de classement pour les départs.L’Allemagne est devenue un pays particulièrement attractif pour les Européens. Avec le Royaume-Uni, c’est elle qui accueille le plus de migrants. En 2012, elle a ainsi attiré 1 million de personnes, dont les trois quarts étaient issus de l’UE-27 et 58 % étaient d’origine européenne(13). En chiffres absolus, les Polonais, les Roumains, les Bulgares et les Hongrois y sont toujours en tête, mais l’immigration venue d’Italie, de Grèce et d’Espagne a enregistré les plus fortes augmentations (supérieures à 40 % en 2012). En 2012 et en 2013, le solde migratoire net – tous pays d’origine confondus – a atteint environ 400 000 personnes. Il rejoint les records enregistrés il y a vingt ans et devrait continuer à croître(14). Ces migrants  dont le niveau de qualification est souvent élevé, constitue une aubaine pour l’économie de l’Allemagne qui fait actuellement face à une pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs et au vieillissement de sa population.Cette dynamisation des flux migratoires par la crise n’est pas étonnante. Si, auparavant, les pays en crise pouvaient surmonter les difficultés économiques en dévaluant leur monnaie, ce n’est plus possible avec une monnaie unique. Cette nouvelle donne amène les États de la zone euro à appliquer des politiques de réformes structurelles. Le départ des populations vers des zones moins touchées par le chômage réduit également les effets de la crise en allégeant notamment le marché du travail. Une telle migration peut apparaître comme bénéfique à la cohésion de la zone : elle permet de réduire le chômage dans les pays en forte crise et de soulager ainsi leurs systèmes de sécurité sociale ; dans les pays qui accueillent les migrants, pour la plupart très qualifiés, l’afflux de cette main-d’œuvre diminue les effets de pénurie sur certains segments du marché du travail (ingénieurs, architectes, informaticiens …), tout en exerçant une pression à la baisse sur les salaires.Ces nouveaux flux migratoires sont donc porteurs d’effets multiples à moyen terme. Ils contribuent, d’une part, à l’émergence d’un véritable marché du travail européen. Mais ils peuvent, d’autre part, avoir aussi des effets négatifs. Une redistribution du capital humain au détriment de certaines régions qui pâtissent de la fuite de leurs cerveaux n’est pas à exclure. Si ce phénomène existe, ses conséquences ne sont pour l’instant pas dramatiques car, en termes de volume, ces mouvements ne sont pas massifs. Par ailleurs, dans les pays du Sud, les systèmes de formation et les marchés du travail sont souvent en inadéquation profonde : trop de jeunes qualifiés sortent annuellement des écoles et des universités au regard des besoins effectifs de ces pays (15).Les régions déjà dynamiques, quant à elles, profitent d’un double effet bénéfique : leur nombre de postes non pourvus diminue et leur compétitivité sort renforcée grâce à la baisse des salaires. Il n’en reste pas moins que l’approfondissement de la fracture économique entre les pays en bonne santé et les autres risques de s’amplifier. La nécessité de faire des réformes structurelles dans les pays en crise semblerait donc la seule voie de sortie durable, sinon les personnes continueront de voter avec leurs pieds (exit) ou exprimeront leur mécontentement lors des élections (voice)(16).

Notes
(1) ) Etudes économiques de l’OCDE : Union européenne 2012, Mobilités et migrations en Europe, Paris, 2012.
(2) Les chiffres auxquels il est fait référence dans cet article ne prennent pas en compte la Croatie, ce pays n’étant devenu le vingt-huitième membre de l’UE que le 1er juillet 2013.
(3) Voir : Sylvain Broyer et al., « La faible mobilité du travail est plus que jamais un obstacle à la cohésion de la Zone euro », Flash économieNatixis, 11 janvier 2011, n° 24.
(4) La création en 1993 de l’EURES (EuRopean Employment Services), l’agence de l’emploi européenne qui met en réseau les services nationaux de l’emploi, constitue une autre avancée. Au 5 mars 2014, elle recensait 1 999 252 offres d’emploi. L’Allemagne arrive largement en tête avec 349 000 offres, la France n’en affiche que 37 000.
(5) UE-15 : France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Irlande, Royaume-Uni, Danemark, Grèce, Espagne, Portugal, Finlande, Suède et Autriche ; UE-10 : Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, République tchèque, Slovénie ; UE-2 : Bulgarie, Roumanie ; UE-12 : UE-10 et UE-2.
(6) Lors de l’élargissement de 2004, l’Irlande, le Royaume-Uni étaient les principaux bénéficiaires des flux migratoires. Ils avaient, comme la Suède, ouvert leurs frontières immédiatement et sans conditions. En 2007, la situation était différente : cette fois-ci, les principaux pays d’accueil ont été l’Italie et l’Espagne. Comme la Finlande, la Norvège, le Danemark, la Suède et le Portugal, ils avaient ouvert leur marché de travail sans condition. Les Roumains représentent aujourd’hui, en Italie et en Espagne, le premier contingent d’étrangers.
(7) OCDE op.cit note 3, 2012.
(8) Dietrich Thränhardt, « Tendenzen der innereuropäischen Migration », Aus Politik und Zeitgeschichte,  n° 47, 2013.
(9) Isabelle Bourgeois und Markus Gabel, Wettbewerbsfähig und sozial? Die Lissabon-Strategie aus deutsch-französischer Perspektive, DGAP Analyse 1, 27 février 2007.
(10) Broyer et al. 2011 op.cit note 1.
(11) Cette rigidité a été une des principales motivations qui ont incité la Suède, le Danemark et le Royaume-Uni à ne pas entrer dans la zone euro. Ces trois pays, qui ont un marché du travail extrêmement ouvert, craignaient que les États où il est beaucoup moins souple aient moins de marge de manœuvre en cas d’évolutions économiques défavorables.
(12) Julia Jauer et al., « Migration as an adjustment mechanism in the crisis ? A comparison of Europe and the United States », OECD Social, Employment and Migration Working Papers, n° 155, 2014.
(13) Voir D. Thränhardt 2013  op.cit. note 7. Cf. également www.destatis.de
(14) Carsten-Patrick Meier, « Deutlicher Anstieg der Nettozuwanderung nach Deutschland », Wirtschaftsdienst, n° 93, 7, 2013.
(15) OCDE (2013), « Interview with Georges Lemaître, OECD international migration expert, on recent migration trends in the European Union».
(16) Hirschmann A. O. (1970), Exit, Voice and Loyalty, Harvard university press.

*Analyste rédacteur à la Documentation française, chercheur associé au CIRAC (Centre d’information et de recherche sur l’Allemagne contemporaine) 

Pour citer cet article, Markus Gabel, «Mobilité et marché du travail en Europe », P@ges Europe, 25 mars 2014 – La Documentation française © DILA  

 

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