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Moldavie. Le scrutin de la désillusion, par Régis Genté

[Moldavie. Le scrutin de la désillusion, par Régis Genté], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Dans les rues de Chisinau.
Photo : Céline Bayou

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Mis à jour le 26/11/2014

Introduction

Les élections législatives du 30 novembre 2014 s’annoncent comme celles de la désillusion face au choix européen de Chisinau, concrétisé il y a cinq mois seulement lors de la signature de l’Accord d’association avec l’UE. À vrai dire, c’est moins l’Europe qui déçoit que les coalitions pro-européennes au pouvoir depuis 2009, empêtrées dans des affaires de corruption et les bisbilles entre politiciens. Du coup, les 3,5 millions de Moldaves sont partagés au sujet de ce que doit être la grande orientation stratégique du pays : pro-européenne ou pro-russe ? Le tout se déroule sur fond de pressions du Kremlin qui manie tout ensemble la carotte et le bâton, et de guerre chez le voisin ukrainien.


Moldavie. Le scrutin de la désillusion

Régis Genté*

Déboussolée, c’est ce qui semble le mieux qualifier l’état d’esprit de la population moldave aujourd’hui. D’ailleurs, une quinzaine de jours avant les élections législatives du 30 novembre 2014, une enquête d’opinion réalisée par l’Institutul de Politici Publice (IPP) a montré qu’un tiers environ des électeurs ne savaient pas encore pour qui voter(1). Pourtant, en 2009, lors de l’arrivée au pouvoir de la coalition Alliance pour l'intégration européenne, les trois quarts des Moldaves rêvaient d’Europe. « Aujourd’hui, nous constatons que 44 % de nos concitoyens sont pour un avenir européen de la Moldavie, et 47 % au contraire pour rejoindre l’Union douanière eurasiatique dominée par la Russie. C’est la première fois que le projet de Moscou passe devant celui de Bruxelles », constate Arcadie Barbaroşie, le directeur de l’IPP.

Voilà qui confère au scrutin du 30 novembre un singulier enjeu « géopolitique ». Et qui fait donc de cette consultation un rendez-vous particulièrement important pour l’avenir du pays, mais également pour celui de la région, alors que l’Ukraine voisine s’enfonce dans une guerre qui ne dit pas son nom avec la Russie, après que le mouvement de protestation du Maïdan (entamé fin novembre 2013) a clairement réorienté Kiev du côté de l’Europe. Pour le Premier ministre moldave, Iurie Leanca, ces élections législatives « sont très importantes, pour la Moldavie mais aussi pour la région. Si les forces revanchistes gagnaient, ce serait un coup dur pour nos efforts et pour ceux de nos partenaires européens en faveur de la modernisation du pays. Cela serait aussi très dangereux pour la région »(2).

I. Leanca et la Coalition pour un gouvernement pro-européen dont il est issu peuvent être déçus, mais ils sont jugés responsables par leurs concitoyens de la désillusion qui s’exprime à l’égard du projet européen de Chisinau(3). Affaires de corruption, intrigues politiciennes à n’en plus finir, jeu des oligarques, la population en arrive à se demander si l’Europe promise ressemble réellement à ce tableau, tandis que le porte-monnaie de chacun demeure bien maigre. Le PIB par habitant se situe en effet à environ 200 euros mensuels. Certes, l’Accord d’association signé avec l’UE le 27 juin 2014 dans le cadre du Partenariat oriental, accompagné du projet de création d’une zone de libre-échange approfondie et complète (DCFTA), apporte une bouffée d’air aux Moldaves. Ils bénéficient depuis avril d’un régime libre de visa dans l’espace Schengen(4) et voient arriver des fonds de Bruxelles. Mais l’Europe n’est plus perçue comme la panacée et, pour jouir de ces avantages, chacun se rend compte qu’il va aussi falloir travailler dur afin de mettre le pays aux standards exigés par Bruxelles.

Ministère des Affaires étrangères et de l'intégration européenne

Le ministère des Affaires étrangères et de l’intégration européenne à Chisinau.

Photo : Céline Bayou

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Du coup, le fond de nostalgie soviétique et les quelques sentiments pro-russes qui demeurent dans de larges pans de la population tendent à se renforcer. Beaucoup lorgnent avec bienveillance sur les avances faites par Moscou. D’autant que la Russie manie avec dextérité la carotte et le bâton, bannissant les fruits et légumes moldaves de son marché pour mieux faire sentir en quoi un accord avec l’UE est « contre nature », ou agitant la menace d’un conflit et du séparatisme dans certaines régions du pays.

Qui dirigera le pays ?

C’est à coup sûr une coalition de partis hétéroclites qui va diriger la vie politique moldave dans les quatre prochaines années. Selon l’IPP, à la mi-novembre 2014, six des vingt-six partis en lice devraient passer le seuil des 6 % permettant l’obtention d’au moins un des 101 sièges du Parlement. Selon les sondages réalisés, à lire avec toutes les précautions possibles dans un pays où ils ne sont que moyennement fiables, on pouvait créditer ces quelques partis des résultats suivants :

  • 21 % pour le Parti communiste (PCRM) ;
  • 21 % pour le Parti libéral-démocrate (PLDM) de l’homme d’affaires Vlad Filat, qui dirige la coalition au pouvoir depuis 2013. Le Premier ministre Iurie Leanca en est membre ;
  • 18 % pour le Parti démocrate (PDM) aux mains de l’oligarque le plus puissant du pays, Vlad Plahotniuc ;
  • 12 % pour Patria, plateforme d’un nouveau venu en politique, Renato Oussatiy, homme d’affaires ayant fait une fortune éclair en Russie et soupçonné de liens avec la pègre russe. Il milite contre le rapprochement avec l’UE et suggère d’examiner ce que vaudrait l’adhésion avec l’Union eurasiatique(5) ;
  • 10 % pour le Parti libéral (PLM) ;
  • 10 % pour le Parti socialiste (PSRM), dont le patron Igor Dodon joue pleinement la carte pro-russe.

Les piliers de la coalition au pouvoir, à savoir le PLDM, le PDM et le PLM, réuniraient donc à eux trois 49 % des suffrages. Ce sont eux qui ont fait le choix de l’Europe et qui ont signé l’Accord d’association avec l’UE. « Mais il n’est pas certain qu’ils s’entendent au point de former à nouveau une coalition gouvernementale. Cette alliance est fragile et notre vie politique a été salie ces dernières années par les rivalités entre les dirigeants de ces partis », confie un cadre du PLDM.

Dans ce contexte, quel rôle peut jouer le Parti communiste ? Il reste pour le moment la première force politique du pays, mais loin des 39 % obtenus lors des législatives de 2010 et il est profondément travaillé par le difficile choix géopolitique que Chisinau doit faire. Au début de l’été, le PCRM a été secoué par une grave crise politique interne, opposant une aile « radicale » réticente à la voie européenne et le gros du parti toujours tenu par l’ancien chef de l’État (2001-2009) Vladimir Voronine, 73 ans, pro-européen par pragmatisme. Finalement, V. Voronine l’a emporté et les radicaux ont quitté le PCRM pour rejoindre, notamment, le Parti socialiste.

« V. Voronine a compris sur la fin de sa présidence qu’il n’y avait pas à attendre de geste positif de la part de Moscou pour résoudre le conflit avec la région séparatiste de Transnistrie. Depuis, il pense qu’il faut orienter stratégiquement le pays vers l’Europe. Mais son problème est que son électorat est largement pro-russe et nostalgique de l’URSS. Il doit donc faire le grand écart, dire d’un côté que, si le PCRM revient au pouvoir, on n’annulera pas l’Accord d’association avec l’UE, et laisser entendre d’un autre côté qu’il est pour l’Union eurasiatique de V. Poutine », explique le politologue Igor Botan. Du coup, « tout est possible en Moldavie. Y compris que les communistes entrent dans une coalition de gouvernement », ironise A. Barbaroşie.

Quant aux partis qui militent pour le rapprochement avec la Russie, le PSRM d’I. Dodon et, implicitement, Patria de R. Oussatiy(6), leurs chances de l’emporter et d’entrer dans une coalition sont quasi nulles. Et ce, même si leur cote de popularité a augmenté ces derniers mois. « Pour ce qui est de R. Oussatiy, son relatif succès tient au vote de protestation exprimé par une partie de la population. Oussatiy se contente de slogans dénonçant la corruption de nos élites et dit que son livre de chevet est le Code pénal », observe I. Botan.

L’Europe, projet à moitié vendeur

Les partis de la coalition, quant à eux, ont fait campagne sur l’Europe. Ils vantent autant que possible la pertinence de la voie occidentale, rappelant à l’envi que le régime libre de visa dans l’espace Schengen sera bénéfique à chacun et combien, à terme, l’économie nationale profitera de son rapprochement avec l’Europe. Ces partis évoquent volontiers l’exemple de la Roumanie et des progrès réalisés par ce pays depuis son adhésion à l’UE. Les Moldaves ressentent évidemment une forte proximité avec ce voisin dont ils partagent la langue et qui leur apparaît comme une porte d’entrée vers l’Europe. D’ailleurs, depuis que Bucarest l’a autorisé en 2009, plus de 350.000 Moldaves auraient officiellement obtenu un passeport roumain.

La mise en place progressive de l’aide financière octroyée par Bruxelles suite à la signature de l’Accord d’association aide à faire passer le message. À la mi-novembre, I. Leanca annonçait que 410 millions d’euros seraient débloqués par l’Union européenne « en fonction de l’avancée des réformes. Le gouvernement moldave s'engage à mener ces réformes, [lesquelles] concerneront l'agriculture, le développement régional, la police, le système judiciaire et les collectivités locales ».

Les Moldaves, comme souvent les habitants des régions orientales de l’Europe, semblent en majorité disposés à plébisciter une économie basée sur le modèle européen, du moins pour ce qui est du fonctionnement quotidien des affaires et du commerce. « L’exemple ukrainien montre bien qu’aujourd’hui, l’État de droit est largement reconnu comme un ensemble de valeurs, au même titre que la démocratie, nul ne pouvant défendre raisonnablement un modèle adverse. C’est plus le fonctionnement (ou le dysfonctionnement) de l’État de droit qui suscite des débats », écrit Florent Parmentier dans un livre dédié aux dynamiques politiques au sein des pays du Partenariat oriental de l’UE(7).

Les partis au pouvoir se gardent de trop souligner que le rapprochement avec l’Europe suppose de faire de pénibles efforts et qu’il comporte des risques. Ceux-ci sont accentués « par la faible compétitivité de la Moldavie, le peu de diversité de ses productions et les capacités limitées de la plupart des institutions publiques du pays », explique un rapport de l’Expert Grup, think tank basé à Chisinau(8). Il convient d’ajouter que, dans un contexte géopolitique très difficile, cette économie se trouve en outre encore plus exposée que d’habitude aux fluctuations extérieures. On estime par exemple que plus de 600 000 Moldaves auraient émigré depuis 1999 pour des raisons économiques, dont les deux tiers en Russie(9), contribuant pour près du quart au PIB national.

Les opposants au projet européen, de leur côté, estiment que « l’UE, c’est bien sur le papier mais ce n’est pas fait pour nous pour le moment. Comment nos producteurs de pommes pourront-ils résister à la concurrence des entreprises européennes, polonaises par exemple ? », nous expliquait ainsi Renato Oussatiy en mai 2014. Et, en effet, un tour dans les verdoyantes campagnes moldaves suffit pour comprendre que le pays va devoir investir ne serait-ce qu’en hangars frigorifiques ou en chaînes de calibrage pour pouvoir prétendre écouler sa production de pommes ou de prunes sur les marchés européens.

Pressions russes

Moscou n’hésite pas à faire sentir aux Moldaves combien l’accès au marché russe leur est nécessaire. Un embargo, invoquant une incompatibilité entre les règles de l’UE et celles de « son » Union douanière(10), a été décrété sur les fruits et légumes moldaves sitôt la signature de l’Accord d’association effectuée à Bruxelles. Or, 90 % des exportations de ce secteur-clé de l’économie moldave se dirigent vers la Russie.

Le Kremlin, tout à son bras de fer avec l’Occident sur ses marches, suit de près la campagne électorale moldave. Mieux, sachant de quel capital de sympathie jouit la Russie auprès d’une partie de la population, Moscou semble bien décidé à peser dans la balance et n’hésite pas, notamment, à user de l’influence de ses médias sur le terrain. Début novembre 2014, V. Poutine a rencontré les leaders du Parti socialiste, emmenés dans la capitale russe par Igor Dodon. Le signal est fort, alors que le PSRM n’a rien de vraiment socialiste en réalité et n’est aujourd’hui qu’une plateforme destinée à capter le vote pro-russe, encore en grande partie récolté par un Parti communiste qui n’est plus le favori de Moscou.

Si le message adressé par le Président russe est d’importance, cela tient d’abord au fait qu’il rappelle aux forces pro-russes du pays que Moscou ne se résigne pas à laisser Chisinau se rapprocher indéfiniment de l’Ouest. Au début de 2014, alors que le gouvernement de I. Leanca préparait l’Accord d’association et le DCFTA, les leaders de la minuscule communauté gagaouze (200 000 chrétiens turcophones) organisaient une consultation référendaire lui demandant si elle se sentait favorable à un rapprochement avec l’Union européenne ou à une intégration à l’Union eurasiatique : 92 % des personnes consultées auraient choisi cette dernière. Ce référendum, bien que sans valeur légale, a alarmé Chisinau qui sait que Moscou est en mesure de se servir de l’arme du séparatisme pour arriver à ses fins géopolitiques. La Moldavie l’a constaté directement avec la perte de la Transnistrie(11), qui a fait sécession du reste du pays en 1992, et indirectement en observant le cas ukrainien après l’annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014, suivie par le déclenchement du conflit dans le Donbass.

Le message adressé par V. Poutine lors de sa rencontre avec I. Dodon a aussi fait réagir les figures politiques gagaouzes. Celles-ci ont exprimé haut et fort leur désir de voter contre le rapprochement avec l’UE et avec l’OTAN. Dmitry Konstantinov, le président de l’Assemblée du peuple de Gagaouzie, rappelait ainsi que « nous ne pouvons pas aller à l’encontre de la volonté du peuple » et que celui-ci « veut être avec la Russie et entrer dans l’Union douanière ». Ces mots sonnent comme une potentielle menace sécessionniste, à ne pas prendre à la légère au regard de ce qui se passe en Ukraine. Chisinau sait trop bien, en outre, et même si ce risque ne semble pas jouer de rôle dans la campagne électorale, que Moscou pourrait facilement réactiver le conflit gelé de Transnistrie.

Mais, aussi sérieuse que soit la pression russe, c’est peut-être d’abord eux-mêmes que les dirigeants pro-européens de la Moldavie doivent craindre. La coalition au pouvoir, qui pourrait rester en place, a certes « vendu » l’idée du bonheur avec les Européens mais elle a simultanément déçu par son comportement. Comme l’écrit le journaliste Vladimir Soloviev dans un rapport sur la situation politique dans le pays, « l’euro-scepticisme est à la hausse, comme le résultat de la gestion superficielle de la coalition au pouvoir et de ses rivalités constantes »(12). Le risque est d’autant plus élevé qu’il faut être assis sur une solide légitimité pour amener le pays à réaliser le travail nécessaire pour, peu à peu, prétendre à bénéficier des avantages du voisinage avec l’UE.

Ayant pour l’heure échoué, les dirigeants moldaves ne peuvent que constater le regain de sympathie de l’opinion pour les projets de Moscou. Le Kremlin gagne en soutien en jouant la carte de l’attractivité – les débouchés pour écouler la production locale ou trouver du travail – en même temps que celle de la répulsion – sa politique agressive en Ukraine suscitant un mélange de crainte et de respect parmi les populations de la région. Cette configuration prend place dans un contexte spécifique, alors que l’écart entre la perception des Moldaves et celle de leurs élites politiques majoritairement pro-européennes s’accroît. Ce hiatus est incarné par le Parti communiste, qui continue de dominer le paysage politique par son jeu schizophrène consistant à promettre le maintien du cap européen tout en flattant des sentiments pro-russes qui s’apparentent à une véritable nostalgie des temps révolus.

Si le pari peut être tenu de la poursuite de l’orientation pro-européenne de la Moldavie après les élections du 30 novembre, il n’en reste pas moins que cette consultation révèle une société divisée, au sein de laquelle le consensus quant aux grandes orientations demeure faible. Une des interrogations que peut susciter ce scrutin tient avant tout à la nature et à la solidité de la coalition qui va en sortir. Il appartiendra donc au futur gouvernement de réunir un véritable consensus social autour du projet européen choisi en 2009. Sans cela, le pays pourrait bien sombrer dans de dangereuses divisions.

Notes
(1) « Baromètre de l’opinion public octobre – novembre », 2014. 
(2) « Entretien avec Iurie Leanca. Moldavie : le désir d’Europe » (réalisé par l’auteur), Politique Internationale, n° 145, automne 2014, pp. 231-239.
(3) Sur la crise politique et identitaire qui traverse le pays, voir Julien Danero Iglesias, « Moldavie : la crise politique en cache une autre », P@ges Europe, 10 septembre 2012.
(4) Victoria Stoiciu, « ‘Prends ta valise, oublie les visas’ ou pourquoi tous les Moldaves ne dansent pas de joie le 28 avril », Regard sur l’Est, 15 mai 2014.
(5) L’Union économique eurasiatique a été créée par la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan le 29 mai 2014. L’Arménie y a adhéré le 9 octobre 2014.
(6) Celui-ci construit son discours sur le « Ni UE, ni Union eurasiatique », ce qui revient d’abord à plaider pour annuler le lien avec l’Europe.
(7) Florent Parmentier, Les chemins de l’État de droit. La voie étroite des pays entre Europe et Russie, Presses de Science Po (Bibliothèque du citoyen), Paris, 2014, p. 10.
(8) State of Country – Report 2014, Expert-Grup, Chisinau, 2014. 
(9) « Moldova – The Demographic-Economic Framework of Migration », Migration Policy Center, juin 2013.
(10) Cette Union douanière, créée en 2010, réunit la Russie, le Belarus et le Kazakhstan.
(11) Sur la Transnistrie, voir Damien Dubuc & Sébastien Gobert, « La Transnistrie, une épine dans le pied européen de la Moldavie », P@ges Europe, 26 novembre 2013.
(12) Vladimir Soloviev, Moldova: The failing champion of European integration, Legatum Institute, Chisinau, juillet 2014.

* Journaliste indépendant, spécialiste de l’ancien espace soviétique, installé à Tbilissi.

Pour citer cet article : Régis Genté, « Moldavie. Le scrutin de la désillusion » P@ges Europe, 26 novembre 2014 – La Documentation française © DILA

 

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