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Les solidarités européennes à l’épreuve du gaz russe, par Céline Bayou

[Les solidarités européennes à l’épreuve du gaz russe, par Céline Bayou], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Une station-service Gazprom en Serbie
Photo : Gazprom.ru/NIS, 2014

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Mis à jour le 31/12/2014

Introduction

Alors que plane la menace d’une nouvelle « crise du gaz » russo-ukrainienne, force est de constater que la politique de diversification des approvisionnements énergétiques prônée par l’Union européenne depuis le milieu des années 2000 n’a pas suffisamment progressé pour que chaque État membre envisage l’éventualité de coupures dans les livraisons de gaz russe sans inquiétude. Afin de sécuriser les pays clients, des solutions existent mais elles sont longues à mettre en œuvre et, surtout, semblent pâtir d’intérêts communs trop faibles pour faire enfin émerger une politique énergétique commune européenne qui s’apparente de plus en plus à un Graal inaccessible. Sans aller jusqu’à soupçonner la Russie d’orchestrer ce manque de solidarités européennes, on peut faire l’hypothèse que cette cacophonie arrange plutôt ses affaires…


Les solidarités européennes à l’épreuve du gaz russe

Céline Bayou*

Le 30 octobre 2014, Russes, Ukrainiens et Européens ont trouvé un accord fixant les conditions de reprise des livraisons de gaz russe à l’Ukraine. Gazprom avait en effet suspendu en juin 2014 ses fournitures à son voisin, débiteur depuis 2013. Les précédentes crises du gaz, pendant les hivers 2006 et 2009, avaient été plus brèves, la suspension se résumant à quelques jours. Mais les causes en étaient les mêmes, centrées à la fois sur le prix du gaz et sur les arriérés de paiement(1). Aux termes du récent accord, Kiev s’est engagé à régler auprès de Moscou 3,1 milliards de dollars d’ici la fin de 2014, dont 1,45 milliard ont été versés dès novembre. Mais cette entente ne règle pas tout, loin s’en faut, les deux parties ayant porté devant un tribunal d’arbitrage de Stockholm leur différend concernant l’évaluation de la dette totale contractée par l’Ukraine : Moscou réclame plus de 5 milliards de dollars au total, somme que Kiev juge surévaluée(2). Quel que soit le montant final, pour être honoré il nécessitera des soutiens extérieurs, ce à quoi doit contribuer notamment le plan d’aide accordé par le FMI. L’Union européenne (UE), elle, se fait plus réticente, embarrassée par la gestion opaque de l’opérateur ukrainien Naftogaz. C’est à ce titre qu’elle a annoncé son refus de se porter garante sur ces sommes.

Un compromis provisoire a également été trouvé sur le prix du gaz : Kiev a payé 378 dollars pour 1 000 m3 jusqu’à la fin de 2014, puis devra s’acquitter de 365 dollars pour 1 000 m3 jusqu’en mars 2015. On évoque ensuite 325 dollars, une fois l’hiver passé. Pour mesurer l’importance du pas réalisé, il convient de revenir en décembre 2013, lorsque le Président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, avait refusé de signer l’accord d’association de son pays avec l’UE. La Russie lui avait alors proposé de passer de 400 à 268,5 dollars pour 1 000 m3 de gaz, avant de revenir sur sa décision à la suite de la destitution du Président par le Parlement ukrainien, le 22 février 2014, et d’imposer un prix de 485 dollars les 1 000 m3.

On ne peut pas considérer pour autant que la situation soit stabilisée. Depuis octobre 2014, le volume d’extraction du gaz des réservoirs ukrainiens est supérieur à celui du remplissage et, si tous s’accordent à juger que le pays ne devrait pas manquer de gaz jusqu’au début du mois de janvier, personne ne semble prêt à s’engager pour les mois suivants. Dès lors, et Moscou ne se gêne pas pour agiter ce chiffon rouge, le risque pour les pays plus à l’Ouest serait que l’Ukraine se mette à ponctionner une partie du gaz transitant par son territoire mais destiné à l’UE.

Des interdépendances pesantes

Afin d’éviter la répétition des scénarios de 2006 et 2009, peut-être en pire, l’UE s’efforce de réduire son degré de dépendance vis-à-vis du gaz russe. Or, 53 % de l’énergie consommée sur son territoire est importé et la part du gaz dans le mix énergétique communautaire (25 %) est en hausse. En 2013, la Russie a fourni 39 % des importations de gaz de l’UE et contribué à 27 % de sa consommation. Cette dépendance est très variée d’un pays à l’autre puisqu’elle va de 0 à 100 %, la Finlande, les États baltes, la Slovaquie, la Bulgarie et la Roumanie se trouvant être parmi les pays les plus dépendants de ces approvisionnements(3). Le maître-mot depuis quelques années est donc la diversification, que celle-ci porte sur les sources d’énergie, sur les fournisseurs ou sur les voies d’acheminement.

Attentive à ce discours, la Russie ne cache pas ses inquiétudes face à un client qu’elle juge de plus en plus inconstant. Au milieu des années 2000 déjà, Vladimir Poutine dénonçait la dépendance de la Russie vis-à-vis du client européen, plus forte notait-il, que celle de l’UE vis-à-vis de la Russie : en effet, 70 % des exportations russes de gaz vont vers l’Europe. Or, le Président russe aime à le répéter, depuis la signature des premiers contrats énergétique avec l’URSS en 1967, l’Europe n’a jamais eu à se plaindre de son fournisseur. D’ailleurs, les volumes de livraison n’ont cessé d’augmenter, passant de 20 milliards de m3 de gaz en 1977 à 147 milliards en 2014.

Contourner les pays de transit

En revanche, Moscou dénie toute responsabilité dans les coupures de livraison de 2006 et 2009, imputables à l’Ukraine et non à une quelconque défaillance du fournisseur. Dès lors, la stratégie de contournement des pays de transit adoptée par la Russie se trouve pleinement justifiée à ses yeux.

Depuis quelques années, elle a en effet promu la construction de gazoducs la reliant à l’ouest de l’Europe, diversifiant les trajets et tentant d’éviter les territoires de pays jugés peu enclins à collaborer. Du gazoduc Iamal (via la Biélorussie et la Pologne, il est doté d’une capacité de 66 milliards de m3 par an) au Nord Stream (via la mer Baltique, il relie directement la Russie à l’Allemagne, capacité de 55 milliards de m3), en passant par le Blue Stream (qui relie via la mer Noire la Russie à la Turquie, capacité de 16 milliards de m3), des investissements colossaux ont été réalisés, réduisant d’autant le rôle de l’Ukraine en tant que voie de transit. Si, entre 1991 et 2000, 93 % du gaz russe acheminé vers l’Europe transitait par ce pays, cette part n’était plus que de 49 % en 2013, avec 60 milliards de m3 destinés aux pays de l’UE. Ce rôle dédié à l’Ukraine pourrait même lui être tout à fait dénié si le projet de gazoduc South Stream, prévu pour acheminer 63 milliards de m3 de gaz de la Russie à la Bulgarie et au reste des Balkans occidentaux via la mer Noire, était finalement réalisé(4), ou son avatar pour le moment qualifié de South Stream 2, doublant en quelque sorte le Blue Stream vers la Turquie.

L’Ukraine est clairement dans le collimateur de Moscou, mais elle n’est pas la seule : la construction du Nord Stream, mis en service en 2011, avait aussi pour objectif d’éviter d’autres pays de transit jugés peu amicaux à l’égard de la Russie, à savoir les États baltes et la Pologne(5).

L’Union européenne et la solidarité gazière

Lors du lancement du Nord Stream, en 2005, les pays évités avaient pu mesurer l’absence de solidarité européenne. Projet promu par deux « amis », à savoir le Président russe V. Poutine et le chancelier allemand Gerhard Schröder, le Nord Stream n’avait suscité qu’un silence pesant de Bruxelles à Paris, en passant par d’autres capitales européennes. Varsovie ou Vilnius avaient eu beau s’indigner de cet accueil, alors que les quatre pays contournés venaient à peine de rejoindre l’UE, personne n’avait manifesté d’embarras face à ce qui était bien une tentative de leur ravir de potentielles recettes de transit et un rôle géopolitique. Bruxelles avait même inscrit le tube au rang des projets européens et n’avait eu cure de l’ire des autorités polonaises qui dénoncèrent un accord contraire aux véritables intérêts communautaires.

En va-t-il différemment aujourd’hui, alors que Kiev est mis sous pression énergétique par la Russie ? On peut en douter, tant en ce qui concerne l’engagement communautaire en faveur de l’approvisionnement de l’Ukraine que du maintien de son rôle de pays de transit.

Approvisionner l’Ukraine quand le gaz manque

Lorsque, en juin 2014, Gazprom a suspendu ses livraisons à l’Ukraine (leur montant est d’environ 30 milliards de m3 par an, destinés à la consommation nationale), l’embarras des pays plus à l’Ouest et de la Commission européenne fut grand. Alors que l’UE s’efforce depuis quelques années d’installer des interconnecteurs destinés à inverser les flux, les pays sont désormais plus à même de se dépanner en cas de problème. Pourtant, on a pu constater que l’approvisionnement de l’Ukraine ne relevait pas seulement de considérations techniques.

La Slovaquie a d’emblée été interpellée par Bruxelles, qui lui a demandé d’approvisionner l’Ukraine, id est de se délester d’une part du gaz qui lui était destiné, au risque de déplaire à Moscou. L’embarras de Bratislava fut grand, qui commença par prétexter le mauvais état du tronçon de gazoduc reliant le pays à l’Ukraine. La Hongrie, elle, a d’abord dépanné l’Ukraine avant que l’opérateur du réseau local de gazoducs n’annonce en septembre 2014 la suspension de ces livraisons pour une durée indéterminée et pour des raisons techniques qui n’ont pas été explicitées. Amer, l’opérateur ukrainien Naftogaz n’a pas manqué de noter que cette annonce intervenait juste après une rencontre entre le Président hongrois, Viktor Orban, et le président de Gazprom, Alexeï Miller. Quant à la Pologne, peu encline à faire le dos rond face à Moscou, elle a largement dépanné Kiev au cours des dernier mois, acheminant du gaz en provenance d’Allemagne. Mais, début septembre 2014, elle aurait elle-même été victime de réductions d’approvisionnement via le gazoduc Iamal.

Gazprom estime en effet que ces reventes de gaz ne sont pas conformes aux contrats conclus qui, selon le ministre russe de l’Énergie Alexandre Novak, « ne prévoient aucune réexportation »(6). Or, seul le respect des contrats peut garantir des livraisons sans interruption aux consommateurs européens, a-t-il précisé en guise de menace. V. Poutine, lui, avait d’emblée raillé la solution des flux inversés, artificielle tant que ces derniers ne permettent que de faire tourner du gaz qui reste russe.

L’Ukraine, pays de transit pérenne ?

L’Europe peine, donc, à dépanner l’Ukraine quand le gaz lui manque, mais la soutient-elle dans son combat pour se maintenir au rang de pays de transit du gaz russe ? Si l’UE prétend soutenir Kiev, elle doit l’aider à ne pas perdre cette fonction qui lui assure un rôle géopolitique. Or, les tout derniers événements attestent que Bruxelles est loin du compte.

En effet, le projet de construction du gazoduc South Stream s’est bien heurté, pendant de longs mois, à l’opposition résolue de Bruxelles qui dénonçait le non-respect par Moscou des règles communautaires de découplage (entre producteur, transporteur et distributeur de gaz) et d’accès aux tiers (Gazprom souhaitant être l’unique opérateur des différents tronçons du gazoduc). Mais lorsque, dans un coup de théâtre parfaitement inattendu, V. Poutine a décrété le 1er décembre 2014 que son pays renonçait à la construction du gazoduc, Bruxelles s’est trouvé au pied du mur : « Si l’Europe ne veut pas qu’il [le gazoduc] soit réalisé, il ne le sera pas. C’est la décision de nos amis européens. À la fin, ce sont bien eux les consommateurs. C’est leur choix ! », a ponctué le Président russe. Acculé, le président de la Commission européenne a réagi, en précisant que l’UE n’avait jamais été opposée au South Stream mais qu’elle voulait simplement sa mise en conformité avec les règles communautaires. Par son annonce, V. Poutine a donc forcé l’UE à, enfin, exprimer le fait que ce tube lui semblait nécessaire. Kiev a dû apprécier ce retournement à sa juste valeur.

Les sacrifiés du South Stream

Mais l’Ukraine n’est pas la seule sacrifiée sur l’autel des désaccords entre Bruxelles et Moscou. Les pays qui, en parfait manque de solidarité, se réjouissaient de voir passer ce tube sur leur territoire au détriment de Kiev sont désormais placés dans une situation inconfortable.

La Bulgarie, tout d’abord, qui n’a pas eu d’autre choix, au printemps 2014, que d’annoncer l’interruption des travaux de pose du tube sur son sol afin de se conformer aux demandes de l’Union : elle n’a pas été épargnée lors du discours de V. Poutine, qui l’a renvoyée vers l’UE pour demander d’éventuelles compensations aux 400 millions de dollars par an dont elle aurait pu bénéficier au titre du transit. Et Bruxelles de répliquer aussitôt qu’il n’y aurait pas de compensations. Après avoir caressé l’espoir de devenir un acteur du jeu gazier européen, la Bulgarie se sent flouée, abandonnée par une Europe et des États-Unis qui lui reprochaient de s’être ralliée au South Stream mais n’ont rien à lui proposer aujourd’hui, et vilipendée par une Russie qui a beau jeu de la tancer pour son manque d’engagement.

La Serbie, courtisée par Moscou qui ne cache pas son ambition de voir ce candidat à l’adhésion européenne devenir, le cas échéant, un pays qui lui soit moins hostile que les nouveaux États membres en général, a été particulièrement choyée dans le cadre du projet South Stream. La Russie s’était engagée à prendre en charge les frais de construction des tubes, à doter le pays de stations de compression et à diriger à partir de ce territoire des branches de raccordement vers d’autres pays voisins. Même si certains vilipendaient le faible coût de rachat par Gazprom de la compagnie énergétique serbe, Belgrade se voyait assurer dans ce cadre un rôle de hub gazier bien tentant. Alors que la perspective d’une adhésion à l’UE est un horizon lointain, certains en Serbie se demandent si le pays a réellement une alternative entre Moscou et Bruxelles. Le 1er décembre 2014, le représentant de l’Association gazière de Serbie, Vojislav Vuletić, déclarait : « Ce n’est pas la Russie qui nous a trahis, c’est l’Europe et plus précisément la Commission européenne. Les Russes veulent construire leur tube ? Ils le veulent. L’Europe avec ses chicaneries incessantes s’en moque ? Elle s’en moque. Dans de telles conditions, je crois que Poutine et Miller auraient dû annoncer encore plus tôt l’abandon du projet. »(7) L’appréciation est la même à Budapest, où les autorités estiment que c’est l’UE qui a sapé le South Stream.

Dès lors, qu’attendre de ces pays en matière de solidarité européenne ? La Russie l’a bien compris, qui dénonce à voix haute cette trahison comme le montre la déclaration du directeur du Centre d’études économiques de l’Institut de la mondialisation et des mouvements sociaux à Moscou, Vassili Koltachov : « L’UE ne soutiendra pas South Stream pour la bonne raison qu’il doit approvisionner en hydrocarbures russes des régions que la bureaucratie et les élites financières européennes n’ont pas l’intention de développer. Il s’agit des Balkans et du sud du continent européen qui, selon les fonctionnaires de Bruxelles, n’ont pas besoin de gaz. »(8) Enfonçant le clou, Saïd Gafourov, conseiller auprès du gouvernement russe, va plus loin encore lorsqu’il affirme qu’« on trouve [dans l’UE] un groupe de bureaucrates qui sont opposés à la réalisation du South Stream au nom de leurs intérêts personnels. […] La question est de savoir quels changements auront lieu à Bruxelles dans les mois à venir. Les individus dont je parlais doivent être remplacés. Il faut briser cette bureaucratie mafieuse à Bruxelles ».(9)

Il est trop tôt sans doute pour parier sur le devenir du South Stream, et l’on peut apprécier de diverses manières la reculade de V. Poutine sur ce projet. Mais, qu’il s’agisse d’un échec ou d’un coup de poker énergétique, la Russie est parvenue à cette occasion à mettre en lumière comme jamais le manque de solidarité énergétique européenne. Que l’Union réfléchisse désormais ou pas à la façon de récupérer le gaz russe à la frontière gréco-turque ou qu’elle tente de revitaliser le South Stream, elle aura montré que le sort de l’Ukraine en tant que pays de transit est scellé. Mais elle aura aussi avoué que les autres pays de transit envisagés ne seront pas plus soutenus dans leur démarche. Dès lors, l’individualisme et la défense d’intérêts particuliers ne peuvent que triompher.

Plus généralement, les degrés de dépendance gazière incomparables entre les différents pays européens ainsi que leurs relations bilatérales avec la Russie semblent bien être des obstacles sérieux à la mise en œuvre d’une politique énergétique commune souhaitée par les Européens mais restée jusqu’ici un vœu pieux. Dans ce contexte, peut-on placer quelque espoir dans l’arrivée au poste de président du Conseil européen de l’ancien Premier ministre polonais, Donald Tusk, porteur du projet d’une Union de l’énergie ?

Notes
(1) Szymon Kardaś, « Success ? The Russia/Ukraine/EU gas agreement », Ośrodek Studiów Wschodnich (OSW), 11 mai 2014.
(2) « The new Ukraine-Russia gas crisis is set for march », The Moscow Times, 5 novembre 2014.
(3) 16 % du gaz consommé en France provient de Russie, ce qui est peu mais en hausse. En revanche, 40 % de la consommation de gaz de l’Allemagne est fourni par la Russie.
(4) Céline Bayou, « Le gazoduc South Stream. Pari de la Russie pour éviter l’Ukraine », P@ges Europe, 6 mai 2014,
(5) Céline Bayou, « Le gazoduc nord-européen : révélateur d’une nouvelle géopolitique des rapports Russie-Union européenne », Diploweb, 20 avril 2006,
(6) Interview à Handelsblatt le 25 septembre 2014.
(7) « Pisatel i politolog Kirill Benediktov – o reaktsii Evropy na zakrytie proekta ‘Ioujnyï potok’ », Izvestia, 3 décembre 2014.
(8) Valéri Agueiev, « Comment l’Europe s’est privée de gaz russe bon marché », La voix de la Russie, 7 décembre 2014,
(9) Interview de S. Gafourov, « Pourquoi la Russie a-t-elle décidé de mettre un terme au projet South Stream ? », Le courrier de Russie, 16 décembre 2014.

*Analyste-rédactrice à la Documentation française.

Pour citer cet article : Céline Bayou, « Les solidarités européennes à l’épreuve du gaz russe », P@ges Europe, 31 décembre 2014 - La Documentation française © DILA

 

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