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Prix du pétrole

Auteur(s) :

Editeur :

  • La Documentation française

Collection : Les Rapports du Conseil d'analyse économique

Date de remise : Mai 2001
195 pages

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Le rapport de Joël Maurice examine la question du prix du pétrole dans une perspective de court terme puis de moyen-long terme. Il fait un certain nombre de suggestions afin de réduire la volatilité du prix du baril dans les douze prochains mois. En ce qui concerne les perpectives à l'horizon 2010 ou 2020, il souligne deux problèmes principaux. Le premier est l'augmentation tendancielle des parts de marché détenues par l'OPEP. Le second problème est le dépassement tendanciel des émissions de CO², par rapport aux engagements de Kyoto. Selon Joël Maurice il est nécessaire de mettre en oeuvre, en même temps qu'une taxe, des politiques structurelles (visant notamment les transports collectifs et le ferroutage). Le rapport est accompagné de commentaires de Michel Didier et de Guy de Monchy ainsi que de neuf compléments rédigés par des experts des questions énergétiques et pétrolières qui explorent différents volets de la question traitée.


Introduction
Jean Pisani-Ferry
Prix du pétrole
Joël Maurice
Commentaires
Michel Didier
Guy de Monchy
Compléments
A. Le marché pétrolier à l'horizon 2000-2002
Arnaud Buissé, Jean-Paul Depecker et Bruno Tissot
B. Éléments pour l'analyse des évolutions des prix du brut
Denis Babusiaux
C. Évolution de l'offre de pétrole à court terme
Xavier Burucoa et Didier Houssin
D. Prospective énergétique mondiale à l'horizon 2020 : une présentation du World Energy Outlook
Olivier Appert
E. Une exploration des stratégies de prix de l'OPEP à l'aide du modèle énergétique mondial POLES
Patrick Criqui et Pierre-Noël Giraud
F. Le rôle de l'État dans la gestion du risque de prix du pétrole
Frédéric Lasserre
G. Détermination du prix du gaz naturel
Jean-Marie Chevalier
H. Les perspectives du marché du gaz en Europe
Stéphane Gallon
I. Les actions structurelles dans le domaine des transports
François Moisan
Résumé
Summary









Extrait Extrait
Prix du pétrole
Joël Maurice
Conseil d'analyse économique
mai 2001


Introduction
Au tournant du millénaire, la hausse du prix du pétrole est venue rappeler aux économies avancées qu'elles avaient eu tendance à oublier au cours des quinze années précédentes : leur dépendance pétrolière et leur vulnérabilité aux fluctuations du prix du brut. Certes, cette dépendance a fortement diminué. Mais dans le même temps, notre tolérance à l'inflation a, elle aussi, beaucoup baissé, et en Europe au moins, du fait de gains annuels de productivité par tête nettement plus faibles que dans les années soixante-dix, une dégradation des termes de l'échange implique plus rapidement une perte de pouvoir d'achat. Enfin, les usages du pétrole sont aujourd'hui concentrés sur les transports, ce qui limite les possibilités de substitution entre énergies - au moins à court terme. Nous sommes donc à la fois moins dépendants du pétrole et plus sensibles aux fluctuations de son prix.
Au cours des dernières années, le prix du brut est passé de 25 dollars par baril ($/b) au début de 1997 à 10 $/b à la fin de 1999, pour remonter à 35 $/b à l'automne 2000 et enfin redescendre à 25 $/b. Pourquoi cette instabilité? Les fluctuations de la croissance mondiale n'expliquent pas tout. Le rapport de Joël Maurice étudie longuement cette question centrale. Les réponses qu'il apporte ne sont pas rassurantes : il dépeint un marché sophistiqué par les instruments qu'il mobilise, mais primitif dans son fonctionnement - le prix répond largement à l'écart instantané entre offre et demande mondiales, et défaillant dans sa capacité à produire une information fiable - celle qui concerne les stocks est, selon le rapport, «lacunaire et imprécise»; il rappelle le caractère fortement oligopolistique de ce marché, souligne qu'au terme d'un cycle d'un quart de siècle, l'OPEP a retrouvé son contrôle du marché, et montre en même temps combien l'organisation des pays producteurs a été maladroite dans la gestion de sa politique de quotas. Deux des graphiques les plus saisissants du rapport sont ainsi celui de la page 37, qui montre comment quinze ans de prix bas ont reconstitué le pouvoir de marché de l'OPEP, et celui de la page 40, qui met en évidence ses fausses manouvres dans la période récente. Au total, l'instabilité du prix du pétrole paraît bien être en partie liée à des déficiences dans l'organisation et le fonctionnement de ce marché.
Ces questions sont d'autant plus actuelles que le rapport envisage à horizon de dix ans un net renforcement du pouvoir de marché de l'OPEP, et plus spécifiquement du Moyen-Orient. Après une longue éclipse, le retour des producteurs serait donc durable, avec pour conséquence des prix nettement plus fermes que dans les quinze dernières années - mais éloignés des sommets atteints en 1980 - et une modification substantielle du partage du revenu mondial. Si cette perspective se concrétise, les pays consommateurs n'auront plus, comme par le passé, la possibilité de faire recours à des énergies de substitution : se replier sur le charbon serait, le rapport le montre bien, contradictoire avec les objectifs de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre qui invitent plutôt à substituer du pétrole au charbon; il n'est plus aujourd'hui réaliste de miser sur un développement important du nucléaire; le prix du gaz reste indexé sur celui du pétrole; les autres énergies n'auront pas de contribution très significative à horizon de dix ans. Il n'y a donc pas, cette fois, d'échappatoire au tête-à-tête entre producteurs et consommateurs.


Le rapport est accompagné de commentaires de Michel Didier et Guy de Monchy. Le premier résume le fonctionnement du marché pétrolier en une formule saisissante: les évolutions structurelles sont lentes, les mouvements conjoncturels sont brutaux. Il relativise le risque de pénurie de pétrole mais, comme Joël Maurice, souligne celui des contraintes environnementales. Le second marque son accord avec l'analyse et les recommandations du rapport et souligne la situation spécifique de l'Europe quant à ses approvisionnements énergétiques.
Le rapport de Joël Maurice est accompagné de neuf compléments rédigés par des experts des questions énergétiques et pétrolières, qui explorent différents volets de la question traitée.
Le rapport préliminaire a été discuté à la séance plénière du Conseil d'analyse économique du 21 décembre 2000, puis, en présence du Premier ministre, le 18 janvier 2001.
Jean Pisani-Ferry
Président délégué du Conseil d'analyse économique