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Surmortalité liée à la canicule d'août 2003 - rapport d'étape : estimation de la surmortalité et principales caractéristiques épidémiologiques

Auteur(s) :

    • FRANCE. Ministère de la santé, de la famille et des personnes handicapées; INSTITUT NATIONAL DE LA SANTE ET DE LA RECHERCHE MEDICALE (France)

Editeur :

  • Ministère de la santé, de la famille et des personnes handicapées

Date de remise : Septembre 2003
57 pages

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La France métropolitaine a connu dans la première quinzaine d'août 2003 une vague de chaleur d'une intensité et d'une durée sans précédent depuis le début des enregistrements météorologiques au 19ème siècle. Cette vague de chaleur s'est accompagnée d'une vague de surmortalité. Ce rapport examine les différents facteurs associés à la surmortalité (âge, sexe, degré d'urbanisation, durée de la canicule) et met en évidence des disparités géographiques (surmortalité particulièrement importante dans les régions Centre (+103%) et Ile-de-France (+134%) et en zones urbaines). Le rapport examine également les principales causes de décès directement attribuables à la chaleur : déshydratation, hyperthermie, maladies de l'appareil génito-urinaire et maladies respiratoires.

I. CONTEXTE, OBJECTIFS ET APPROCHE GÉNÉRALE

II. METHODES
II.1 Le certificat de décès : circuit, traitement et analyse
· Le certificat médical de décès
· La codification des décès
· Le lieu de décès

II.2 Evaluation de l'exhaustivité des informations recueillies sur les décès d'août 2003
· Comparaison des informations fournies par les sources INSERM et INSEE
· Comparaison des dénombrements de décès obtenus à partir des trois sources INSERM, INSEE et InVS
· Conclusion

II.3 Etablissement des valeurs de référence : MORTALITE "ATTENDUE" EN AOUT 2003
· Méthode "A" : Comparaison aux nombres de décès des années 2000, 2001 et 2002
· Méthode "B" : Prise en compte des taux de mortalité de 2000-2002 et de l'estimation de population 2003
· Méthode "C": Modélisation de l'évolution de la mortalité au cours des dix dernières années
· Comparaison des trois méthodes
· Conclusion

II.4 Causes médicales de décès

II.5 Informations météorologiques

II.6 Degré d'urbanisation

III. RESULTATS
III.1 Chronologie de la mortalité observée et estimation de la surmortalité à court terme

III.2 Surmortalité selon l'âge et le sexe
III.3 Disparités géographiques
III.4 Relations temporelles et spatiales entre exposition à la chaleur et surmortalité
III.5 Facteurs modulant la surmortalité liée à la vague de chaleur
· Surmortalité en fonction du nombre de jours "de grande chaleur"
· Surmortalité en fonction du degré d'urbanisation
· Surmortalité et âge, sexe, degré d'urbanisation et nombre de jours de "grande chaleur"
III.6 Lieu de décès
III.7 Causes médicales de décès
IV. DISCUSSION
IV.1 Synthèse des résultats
IV.2 Cadrage des résultats par rapport aux observations épidémiologiques faites sur d'autres vagues de chaleur
V. CONCLUSIONS, RECOMMANDATIONS ET PROCHAINES ETAPES
V.1 Conclusions
V.2 Recommandations et perspectives
VI. RÉFÉRENCES
VI.1 Rapports
VI.2 Articles scientifiques

 
Synthèse
Surmortalité
liée à la canicule d'août 2004 : rapport d'étape :
estimation de la surmortalité et principales caractéristiques épidémiologiques
Denis
HEMON, Eric JOUGLA
INSERM
septembre
2003
La
 France métropolitaine a connu dans la première quinzaine d'août
 2003 une vague de chaleur d'une intensité et d'une durée sans
 précédent depuis le début des enregistrements météorologiques
 au 19ème siècle. Cette vague de chaleur s'est accompagnée
 d'une vague de surmortalité à court terme d'une importance également
 exceptionnelle : pour la seule journée du 4 août, près de
 300 décès ont été observés en excès
 par rapport aux années précédentes ; l'excès a augmenté
 régulièrement et massivement jusqu'à atteindre, pour la
 journée du 12 août plus de 2 000 décès. A partir
 du 19 août et au cours de la semaine qui a suivi la mortalité quotidienne
 a retrouvé un niveau normal. Au total, le nombre cumulé des décès
 en excès par rapport aux années précédentes a été
 d'environ 400 le 4 août, 3 900 le 8 août, 10 600 le 12 août
 et 14 800 le 20 août, soit une augmentation de 60% par rapport à
 la mortalité attendue.
 
 Sur la base des informations disponibles à cette étape, il est
 encore difficile de savoir s'il y a eu une augmentation de la mortalité
 des sujets de moins de 45 ans, l'estimation étant plus incertaine sur
 ces effectifs faibles. La surmortalité observée à partir
 de 45 ans est importante, croissante avec l'âge : +20% chez les sujets
 âgés de 45 à 54 ans, +40% chez les sujets âgés
 de 55 à 74 ans, +70% chez les sujets âgés de 75 à
 94 ans et +120 % chez les sujets de 95 ans et plus. L'importante surmortalité
 observée entre le 1er au 20 août 2003 a concerné aussi bien
 les femmes que les hommes. Toutefois, la surmortalité observée
 chez les femmes (+70%) est sensiblement plus élevée que celle
 qui a été observée chez les hommes (+40%).
 
 La surmortalité a été particulièrement importante
 dans les régions Centre (+103 %) et Ile-de-France (+134 %),
 notamment dans l'agglomération parisienne : +127% à Paris , +147%
 dans l'Essonne, + 161% dans les Hauts-de-Seine, +160% en Seine Saint-Denis et
 +171% dans le Val de Marne.
 
 L'analyse de la relation spatio-temporelle entre la surmortalité et le
 degré d'élévation de la température a permis de
 mettre en évidence une surmortalité du 1er au 20 août significative
 même dans les départements où le nombre de jours de canicule
 était faible. Cette surmortalité était plus élevée
 dans les populations des départements exposées à 2 à
 5 jours de grande chaleur ce type (+52%) et plus élevée encore
 dans les populations des départements exposées à 6 jours
 ou plus de grande chaleur (+83%). Les départements ont subi une surmortalité
 d'autant plus importante que le nombre de jours consécutifs avec des
 maximales supérieures à 35°C a été élevé.
 Ainsi, chez les sujets de 75 ans et plus, plus de 1200 décès ont
 été observés après 9 jours d'affilée dépassant
 35°C. La surmortalité a ensuite décru progressivement après
 le retour des maximales au-dessous de 30°C.
 
 Nous avons également montré que les différents facteurs
 associés à la surmortalité —âge,sexe, degré
 d'urbanisation,
 durée de la canicule— agissaient de façon synergique.
 
 Les nombres de décès qui ont eu lieu à domicile et en maison
 de retraite ont été multipliés environ par 2 par rapport
 à leur valeur habituelle. Au total, 42% des décès en excès
 sont survenus dans des hôpitaux, 35% à domicile, 19% dans des maisons
 de retraite et 3% en clinique privée. L'interprétation de ces
 résultats doit être faite avec prudence dans la mesure ou l'état
 de santé des sujets résidant ou transférés dans
 les différentes structures de soins varie et que ce facteur est déterminant
 pour expliquer le niveau de mortalité.
 
 Les augmentations de mortalité les plus importantes sont observées
 pour des causes de décès directement attribuables à la
 chaleur : déshydratation, hyperthermie, canicule. Viennent ensuite les
 maladies de l'appareil génito-urinaire et les maladies de l'appareil
 respiratoire. La plupart des autres causes de décès sont concernées
 par la surmortalité mais avec des progressions nettement moins marquées
 pour les tumeurs, pour les suicides et pour les accidents de la circulation.
 La canicule a fortement modifié la répartition habituelle de la
 mortalité par causes. Dans les décès en excès de
 2003, les causes liées directement à la canicule représentent
 28,9% du total des décès, proportion négligeable les années
 précédentes, alors que les tumeurs représentent 5,5% des
 décès, contre 30,4% dans la structure habituelle de la mortalité.