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Communication, médias

Rapport d'étape du groupe de travail sur les perspectives du secteur des télécommunications en France et en Europe

Auteur(s) :

    • FRANCE. Conseil général des technologies de l'information

Editeur :

  • Ministère de l'industrie : Ministère de l'emploi, du travail et de l'insertion professionnelle des jeunes

Date de remise : Avril 2007
42 pages

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Rapport d'étape du groupe de travail, présidé par Pascal Faure, Vice-président du Conseil général des technologies de l'information, ce document présente un état des lieux du secteur des équipementiers de télécommunications dans son ensemble. Dans sa première partie, le rapport relève que les équipementiers de télécommunications présents en Europe évoluent dans un secteur globalement en croissance mais en pleine mutation et soumis à une très forte pression concurrentielle. La deuxième partie du rapport souligne que, dans cet environnement économique, les équipementiers présents en Europe sont des acteurs majeurs de leur secteur au plan mondial et qu'ils disposent d'atouts pour garder leur place dans le monde à condition qu'ils parviennent à remonter dans la chaîne de valeur. Enfin, la troisième partie du rapport met en exergue, au delà des adaptations jugées nécessaires des stratégies propres à chaque entreprise, quatre axes d'actions possibles pour que les pouvoirs publics contribuent activement en France et en Europe à créer les conditions favorables au développement de ce secteur d'activité.



INTRODUCTION


I - LES EQUIPEMENTIERS DE TELECOMMUNICATIONS PRESENTS EN EUROPE EVOLUENT DANS UN SECTEUR GLOBALEMENT EN CROISSANCE MAIS EN PLEINE MUTATION ET SOUMIS A UNE TRES FORTE PRESSION CONCURRENTIELLE
 

1. Le secteur des technologies de l’information et de la communication dans son
ensemble connaît un dynamisme mondial exceptionnel depuis plus de 15 ans

1.1- Un secteur extrêmement innovant
1.1.1- un secteur marqué par des ruptures technologiques majeures et
l’apparition de nouveaux services
1.1.2- une force d’innovation dans le secteur reconnue et soutenue par les
pouvoirs publics en France
1.2- Un secteur marqué par une forte croissance en volume des marchés
1.2.1- La téléphonie mobile
1.2.2- Le haut débit
1.2.3- Les marchés émergents

2. Le dynamisme du secteur des services de télécommunications ne s’accompagne
plus d’une croissance en valeur de la même ampleur ce qui conduit les
opérateurs de services à adopter des politiques d’achat très rigoureuses
affectant fortement les équipementiers
2.1- Un marché final aujourd’hui en faible croissance en valeur
2.1.1- La téléphonie fixe s’essouffle en Europe
2.1.2- La téléphonie mobile croît bien plus fortement en volume qu’en
valeur en Europe
2.2- Cette faible croissance en valeur conduit à des consolidations
progressives chez les opérateurs, principaux clients des équipementiers
2.3- La pression du marché sur les opérateurs se répercute sur les équipementiers qui ont du procéder à des restructurations importantes,
notamment sous la forme de fusions-acquisitions, et sur leurs sous-traitants
2.4- Les équipementiers présents en Europe doivent en plus faire face à l’arrivée de nouveaux entrants sur leurs marchés


3. Le secteur des télécommunications est en train de recomposer sa chaîne de
valeur globale avec des conséquences pour chaque catégorie d’acteurs
notamment les équipementiers
3.1- Les opérateurs de services de télécommunications s’orientent vers les
contenus et les services innovants
3.2- Les équipementiers de télécommunications complètent leur offre de
produits et solutions par l’exploitation technique des réseaux et le logiciel

 
II - LES EQUIPEMENTIERS DE TELECOMMUNICATIONS PRESENTS EN EUROPE DISPOSENT D’ATOUTS POUR CONFORTER LEUR PLACE DANS LE MONDE A CONDITION QU’ILS PARVIENNENT A REMONTER DANS LA CHAINE DE VALEUR
 

1. Des atouts à affirmer
1.1- Une force industrielle existante en cours de consolidation qui conduit à relativiser pour le moment l’ampleur de la concurrence chinoise en termes
de parts de marché en France et en Europe, en dépit d’une pression très
forte sur les prix
1.2- Des entreprises leaders bien positionnées sur de nombreux segments
technologiques et s’appuyant sur des clients opérateurs puissants
1.3- Des entreprises bénéficiant d’un environnement de formation et de
compétence très favorable à la recherche et à l’innovation
1.4- Un marché européen important qui permettrait d’asseoir durablement
le développement d’entreprises conquérantes sur les autres marchés
mondiaux en croissance s’il n’était pas aussi fragmenté

2. Des faiblesses à relativiser
2.1- La concurrence par les prix difficilement soutenable peut être
compensée par la proximité, le service et l'excellence
2.2- Les contraintes structurelles résultant de la gestion et de la
maintenance des équipements installés ont comme contrepartie positive
la fidélisation des clients
2.3- L’orientation marquée vers les clients opérateurs peut être une clé d’entrée vers le marché des entreprises

3. Des soubresauts à accompagner

4. Un handicap structurel majeur à lever : le manque d’homogénéité du marché européen dans le secteur des TIC

 
III - L’AVENIR DES EQUIPEMENTIERS DE TELECOMMUNICATIONS PRESENTS EN EUROPE NECESSITE LA POURSUITE DE LEURS EFFORTS D’ADAPTATION, D’INVESTISSEMENT ET D’INNOVATION QUE LES POUVOIRS PUBLICS DOIVENT SOUTENIR EN CONTRIBUANT A CREER LES CONDITIONS FAVORABLES A LEUR DEVELOPPEMENT
 

1. Les équipementiers doivent poursuivre leurs efforts d’adaptation par
l’investissement et l’innovation

2. Les pouvoirs publics français et européens doivent soutenir cet effort en
contribuant à créer les conditions favorables au renforcement des équipementiers de télécommunications présents en Europe

 


CONCLUSION

ANNEXES










 


Le Ministre délégué à l’Emploi, au travail et à l’insertion professionnelle des
jeunes et le Ministre délégué à l’Industrie ont installé le 15 mars, un groupe de
travail sur les perspectives du secteur des télécommunications en France et en
Europe. Le rapport d’étape de ce groupe présente un état des lieux du secteur
des équipementiers de télécommunications et des pistes de propositions, qui
pourront être approfondies dans une seconde phase.


Le rapport d’étape analyse le paradoxe apparent de la situation de la filière des équipements de télécommunications :

• elle intervient dans le secteur des technologies de l’information et de la
communication qui connaît un dynamisme global en volume et en
innovation, partout dans le Monde et en particulier en Europe ;

• elle procède cependant à des restructurations dans de nombreux pays,
comme cela est le cas actuellement chez Alcatel-Lucent.

L’analyse du groupe de travail met en évidence une explication à ce paradoxe
apparent. En effet, les phénomènes observés actuellement dans l’industrie des équipements de télécommunications sont avant tout la manifestation d’une
mutation progressive et nécessaire de l’industrie des équipements en
télécommunications, résultant de deux facteurs principaux :

• les opérateurs de services de télécommunications, clients principaux des équipementiers connaissent des évolutions d’activité en volume encore
considérables mais qui ne s’accompagnent pas d’une évolution en valeur
de même ampleur, car ils sont aujourd’hui soumis à une pression
concurrentielle très forte. Cette pression se traduit par une baisse
importante du prix des services au bénéfice du consommateur final, mais
aussi par une politique d’investissement et d’achat des opérateurs plus
sélective qu’auparavant sur le critère des prix ; cette situation se
répercute naturellement sur les fournisseurs que sont les équipementiers ;

• parallèlement, les équipementiers en télécommunications ont vu
apparaître ces deux dernières années des concurrents chinois partis à la
conquête de marchés extérieurs avec une politique commerciale très
agressive et qui mettent en avant des prix très bas, susceptibles
d’intéresser les opérateurs en quête d’économies.

Cette mutation entraîne une recomposition de toute la chaîne de valeur,
le partage de la valeur ajoutée s’effectuant désormais davantage au
profit des services, des contenus et des logiciels plutôt qu’à celui des
fournisseurs d’équipements. Mais de l’ensemble, il ressort qu’il est impropre de parler de crise du secteur, alors que l’on est en présence
d’une croissance globale en volume toujours très soutenue.

Cette évolution de la chaîne de valeur pose un défi ambitieux aux équipementiers européens qui en ont bien pris la mesure et s’efforcent
d’y répondre :

• en procédant à des consolidations qui leur permettent de réduire leurs
coûts par les économies d’échelle et la recherche de synergies ; ainsi, en
2006 et 2007, Ericsson a acquis l’anglais Marconi ; Alcatel et Lucent ont
fusionné ; Nokia et Siemens ont placé dans une joint-venture leurs
activités de réseaux ; Nortel a cédé à Alcatel ses activités UMTS ;

• en s’implantant commercialement et industriellement avec succès sur les
marchés émergents ;

• en complétant leur offre de produits et solutions par l’exploitation
technique des réseaux et une intégration croissante des logiciels et par
une orientation commerciale davantage tournée vers les entreprises.

Ces changements de métiers et de modèles économiques sont difficiles car ils
remettent en cause les organisations et les compétences acquises. Mais ils
peuvent représenter des nouveaux relais de croissance et donc également des
opportunités à saisir.

Le défi à relever par les équipementiers européens n’est cependant pas mince :
les concurrents chinois à bas coûts sont redoutables ; avec la diversification vers
le service et le logiciel, les équipementiers trouvent de nouveaux concurrents,
notamment les grandes SSII ou les grands éditeurs de logiciel ; « l’héritage » de
gestion et de maintenance des systèmes installés de technologies précédentes
pourrait diminuer leur agilité sur les nouveaux marchés.

Les équipementiers européens disposent toutefois d’atouts réels pour
réussir leur mutation :

• ils disposent encore d’une force industrielle largement dominante sur les
marchés mondiaux : les acteurs industriels européens du secteur, avec les
restructurations et consolidations réalisées ou en cours associant des
partenaires nord-américains, sont des acteurs leaders sur les marchés
mondiaux;

• cette force industrielle est bien positionnée sur de nombreux segments technologiques et s’appuie sur des clients opérateurs puissants en Europe
et aux Etats-Unis notamment ;

• ils bénéficient d’un environnement de formation en ingénieurs et
techniciens reconnu pour sa qualité qui permet de disposer d’un important
réservoir de compétences;

• ils agissent sur un marché européen important et exigeant en termes de
qualité et d’innovation sur lequel il est possible d’asseoir le développement
d’entreprises européennes conquérantes sur les autres marchés mondiaux
en croissance, notamment en Asie, à condition toutefois de pouvoir
dépasser la fragmentation des marchés nationaux.

En s’appuyant sur l’ensemble de leurs atouts, les équipementiers de
télécommunications présents en Europe peuvent donc fonder un
positionnement stratégique vers l’excellence et le service de nature à leur conférer une situation concurrentielle plus affirmée au niveau
mondial dans laquelle le facteur prix prendrait une part moindre.

Les pouvoirs publics français et européens peuvent les y aider en
contribuant à créer les conditions les plus favorables à cette dynamique
industrielle.

L’action des pouvoirs publics dans ce domaine est justifiée :

• par la nécessité de développer des emplois à haute valeur ajoutée en
Europe ;

• par le rôle essentiel que la dynamique de R&D joue dans l’ensemble de ce
secteur ;
• par le caractère stratégique que représente, pour l’Europe et chacun des
Etats membres, la maîtrise des technologies de l’information et la
conservation sur le sol européen de compétences de pointe dans ce
secteur.

Pour permettre aux équipementiers européens de développer l’emploi,
d’innover et d’être plus compétitifs, le groupe de travail unanime
propose d’étudier dans sa seconde phase quatre thématiques d’actions
pour les pouvoirs publics

1) Promouvoir un écosystème de dimension européenne fort et innovant
permettant aux équipementiers de s’appuyer sur un marché mieux
harmonisé (via le soutien à la R&D et l’innovation, la promotion des
standards européens, une gestion des fréquences optimisant la création de
valeur ajoutée et d’activité économique, la protection de la propriété intellectuelle, et un cadre stratégique partagé) ;

2) S’assurer que les équipementiers européens puissent lutter à armes égales
contre leurs concurrents américains et asiatiques (via l’articulation avec les
programmes de défense, le respect des règles internationales et la
promotion de partenariats entre les équipementiers européens et leurs
clients) ;

3) Organiser selon des modalités à préciser et sous l’égide du ministère de
l’emploi une concertation associant tous les partenaires afin de mettre en
place une veille prospective permettant d’anticiper les évolutions
structurantes de la filière en terme de compétences, de métiers et
d’emplois ;

4) Amplifier et coordonner les efforts publics en matière de développement
des infrastructures et des usages des TIC (via le développement des
usages des TIC dans les domaines d’action publique prioritaires ; la
promotion du très haut débit ; le développement des usages innovants en
matière de e-commerce et de e-paiement).