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L'efficacité de la vidéoprotection

Auteur(s) :

Editeur :

  • Ministère de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales

Date de remise : Octobre 2009
82 pages

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Dans le cadre du plan d'action visant à tripler le nombre de caméras sur la voie publique, le Président du comité de pilotage stratégique pour le développement de la vidéoprotection a été chargé de conduire une mission pour mesurer l'efficacité des systèmes installés sur la voie publique mais également dans les établissements recevant du public. La mission, composée de l'Inspection générale de l'administration, de l'Inspection générale de la police nationale et de l'Inspection de la gendarmerie nationale, a travaillé sur un échantillon large et sur une période assez longue, pour établir des tendances sur l'efficacité de la vidéoprotection comme outil au service des municipalités et des forces de l'ordre. A la lumière des analyses statistiques conduites par la mission, celle-ci indique globalement que la vidéoprotection de voie urbaine permet de réduire le niveau de délinquance et a un effet préventif significatif. En matière d'élucidation des crimes et délits, elle n'a un véritable impact que si une densité de caméras suffisante a été installée et si le système permet de disposer d'images et d'enregistrements de bonne qualité.



Synthèse

Introduction


A - L’IMPACT DE LA VIDEOPROTECTION SUR LA PREVENTION DE LA DELINQUANCE
 

1. Les caméras sont principalement installées en centre-ville
1.1. L’impact sur les faits constatés
1.1.1. La densité de caméras a un effet préventif pour les agressions contre les personnes
1.1.2. L’effet plumeau n’est pas avéré
1.2. L’impact de la vidéoprotection a un effet variable selon la taille des villes

2. L’impact de la vidéoprotection sur les élucidations
2.1. Un recours accru aux images par les enquêteurs
2.2. La nature des faits élucidés
2.2.1. En zone police
2.2.2. En zone gendarmerie
2.2.3. Un rôle plus large sur les dégradations et les incivilités
2.3. Le taux d’élucidation en zone police
2.4. Le taux d’élucidation en zone gendarmerie
2.5. La densité de caméras a un impact sur le taux d’élucidation
2.5. L’évolution des taux d’élucidation comparée entre zones équipées et zones sans caméras
2.6. L’utilisation « judiciaire » des images

3. L’impact sur l’activité et les missions des services se développe
3.1. L’impact sur l’activité courante des services
3.2. L’utilisation en ordre public et la sécurité en intervention

4. Une généralisation de la vidéoprotection dans les établissements recevant du public
4.1. La sécurité dans les transports.
4.2. Les banques
4.3. Le logement social
4.4. Le commerce

 
B - LES FACTEURS D’EFFICACITE
 

5. Le diagnostic de sécurité est une étape indispensable

6. La nécessité de bonnes conditions techniques

7. Le centre de supervision urbaine : un facteur clé du dispositif
7.1. Appréciations techniques sur les CSU visités
7.1.1. Le raccordement des caméras à un CSU
7.1.2. Les déports d'images vers les unités en charge de l'intervention
7.1.3. La qualité et la durée de conservation des images
7.1.4. Les systèmes d'enregistrement et la question du déplacement des caméras
7.1.5. Certaines utilisations connexes peuvent réduire les coûts de fonctionnement des CSU
7.2. Appréciations sur les performances opérationnelles des dispositifs
7.2.1. Un facteur essentiel : la qualité des opérateurs dans les CSU
7.2.2. Le problème des statuts des opérateurs des CSU
7.2.3. Le contrôle des CSU
7.2.4. Une organisation spécifique à Paris

7.3. L’externalisation à des acteurs privés
7.4. Le coût des prestations


 

Conclusion

Annexes








INTRODUCTION

 

Par lettre du 27 février 2009, le directeur du cabinet du Ministre de l’intérieur, de
l’outre-mer et des collectivités territoriales confiait au Président du comité de pilotage
stratégique pour le développement de la vidéoprotection une mission visant à évaluer et à quantifier l’efficacité de la vidéoprotection. Messieurs Philippe DEBROSSE, inspecteur de
l’administration, Jean-Pierre SALLAZ, inspecteur général de la police nationale, et le Colonel
Dominique HAN, de l’inspection de la gendarmerie nationale, ont été chargés de réaliser cette
mission.

L’impact exclusif de la vidéoprotection est très difficile à isoler dans un
environnement mouvant et dans lequel elle n’est qu’un outil au service des municipalités et
des forces de l’ordre. La comparaison de ville à ville est très délicate compte tenu de
l’hétérogénéité des situations : nature et étendue des zones vidéoprotégées, typologie de la
délinquance, organisation des forces de l’ordre, implication des municipalités au travers des
polices municipales ou de politiques de prévention, évolution des qualifications pénales de
certains faits, etc., tous phénomènes qui peuvent interagir et ne facilitent pas la mesure de la
seule efficacité des dispositifs installés.

Pour surmonter cette difficulté méthodologique la mission a travaillé sur un échantillon large et sur une période assez longue. Ce choix repose sur le postulat que ces
phénomènes complexes auront affecté de manière similaire aussi bien les villes équipées de
vidéoprotection que celles qui ne le sont pas. L’observation sur une période de près de 10 ans
peut également permettre d’atténuer les effets « feu de paille » qui pourraient être liés à la
nouveauté de l’installation de caméras.

En zone police, le tiers des 146 circonscriptions de police disposant de vidéoprotection
de voie urbaine a été étudié, avec une répartition géographique couvrant l’ensemble du
territoire ainsi que des villes de tailles différentes. En zone gendarmerie, la mission a analysé l’ensemble des 63 brigades disposant d’au moins 10 caméras de voie publique.

En raison de cette méthodologie, les résultats qui sont présentés dans ce rapport
doivent être interprétés comme des tendances. De manière synthétique, il paraît
possible, à la lumière des analyses statistiques conduites par la mission, d’affirmer que
la vidéoprotection de voie urbaine permet de réduire le niveau de délinquance et a un
effet préventif significatif. En matière d’élucidation des crimes et délits, elle n’a un
véritable impact que si une densité de caméras suffisante a été installée et si le système
permet de disposer d’images et d’enregistrements de bonne qualité.