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Justice, droits fondamentaux

Rapport d'information fait au nom de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale par le groupe de travail sur l'évolution du régime de l'enquête et de l'instruction

Auteur(s) :

    • FRANCE. Sénat. Commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d'administration générale

Editeur :

  • Sénat

Collection : Les Rapports du Sénat

Titre de couverture : "Procédure pénale : les clefs d'une réforme équilibrée"

Date de remise : Décembre 2010
81 pages

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Le présent rapport d'information s'intéresse à la phase préparatoire du procès pénal, sur la base de l'avant-projet de réforme de la procédure pénale présenté par le Gouvernement. Cette réforme instituerait notamment un cadre unique d'enquête fusionnant les enquêtes de police et l'instruction (l'« enquête judiciaire pénale »). Cette enquête serait conduite par le procureur de la République et contrôlée par les nouvelles juridictions de l'enquête et des libertés. La réforme aurait pour corollaire la suppression de la fonction du juge d'instruction. La commission estime que la détermination d'un cadre unique d'enquête peut représenter une alternative au système actuel à la condition que le renforcement du rôle du parquet ait quatre séries de contreparties : la modification du statut du ministère public, l'effectivité du contrôle exercé par la juridiction de l'enquête et des libertés, la reconnaissance des droits de la défense en particulier dans le cadre de la garde à vue et, enfin, l'affirmation de certaines garanties au bénéfice des parties civiles.



LES DIX RECOMMANDATIONS DU GROUPE DE TRAVAIL SUR
L’ÉVOLUTION DU RÉGIME DE L’ENQUÊTE ET DE L’INSTRUCTION

INTRODUCTION

 
I. L’UNIFICATION SOUHAITABLE DU CADRE D’ENQUÊTE
 

A. FAUT-IL SUPPRIMER LA FONCTION DE JUGE D’INSTRUCTION ?
1. Des critiques parfois excessives
2. Les effets de certaines évolutions de fond

B. LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE, NOUVEAU PIVOT DE LA PHASE
PRÉPARATOIRE DU PROCÈS PÉNAL
1. Un rôle contesté
2. Les moyens de lever les suspicions
a) La légalité des poursuites
b) Le statut du parquet

 
II. LES ÉLÉMENTS D’ÉQUILIBRE
 

A. L’EXIGENCE D’UN CONTRÔLE EFFECTIF DE L’ENQUÊTE
1. Le statut du juge
2. L’effectivité du contrôle

B. LES DROITS DE LA DÉFENSE : L’ENJEU DE LA GARDE À VUE
1. L’amélioration des garanties envisagée par le Gouvernement
a) Aujourd’hui : une mesure de contrainte assortie de certains droits
b) L’avant-projet de réforme
c) L’exigence d’une réforme ambitieuse
2. Les voies d’un équilibre satisfaisant
a) L’exigence d’un juge indépendant
b) Respecter les droits des personnes sans « judiciariser » la procédure
c) Les interrogations soulevées par l’audition libre

C. UNE JUSTE RECONNAISSANCE DE LA PLACE DES VICTIMES DANS LA
PHASE PRÉPARATOIRE DU PROCÈS PÉNAL
1. Vers un renforcement des droits de la victime dans la phase d’enquête
a) Des droits aujourd’hui reconnus dans le seul cadre de l’instruction
b) Des droits renforcés par l’avant-projet de réforme
2. Favoriser l’accès de la victime au procès pénal dans le respect des principes de
notre droit
a) Assouplir les conditions d’accès de la victime à la qualité de partie civile
b) Clarifier les rôles de chacun au cours de l’enquête


 


EXAMEN EN COMMISSION LE MERCREDI 8 DÉCEMBRE 2010

ANNEXE LISTE DES PERSONNES ENTENDUES ET DES CONTRIBUTIONS ÉCRITES

ANNEXE 1 LES EXPÉRIENCES ALLEMANDE ET ITALIENNE







LES DIX RECOMMANDATIONS DU GROUPE DE TRAVAIL
SUR L’ÉVOLUTION DU RÉGIME DE L’ENQUÊTE
ET DE L’INSTRUCTION

S’agissant du ministère public :

1°-Le rôle confié au parquet dans la phase préparatoire du procès
pénal implique qu’aucune suspicion ne puisse peser sur son action. Une modification de son statut et, partant, une révision constitutionnelle sont
nécessaires. Les principes de la réforme inaboutie de 1999 pourraient être
repris soit, d’une part, l’avis conforme du CSM sur les nominations des
magistrats du parquet et, d’autre part, la compétence du CSM pour statuer en
tant que conseil de discipline.

2°- Au regard des exigences de cohérence de la politique pénale, il
n’y a pas lieu de modifier les dispositions actuelles de l’article 30 du code
de procédure pénale selon lesquelles « le ministre de la justice conduit la
politique d’action publique déterminée par le Gouvernement », « veille à la
cohérence de son application sur le territoire de la Nation » et peut « dénoncer au procureur général les infractions à la loi pénale dont il a
connaissance et lui enjoindre, par instructions écrites et versées au dossier de
la procédure, d’engager ou de faire engager des poursuites (…) ».

3°- Afin de conforter le rôle de direction d’enquête dévolu au
ministère public, pourraient être mis en place des « cabinets de délégations
judiciaires » auprès des parquets, composés de policiers expérimentés, placés
sous la seule responsabilité des procureurs.

S’agissant du juge de l’enquête et des libertés :

4°- Le juge de l’enquête et des libertés devrait exclusivement
exercer cette fonction.

5°- Le JEL doit demeurer un juge-arbitre, ce qui ne paraît pas compatible avec le pouvoir d’injonction qui lui serait reconnu vis-à-vis du
procureur de la république. Il n’est pas davantage acceptable qu’il puisse être dessaisi par le procureur de la République.

6°- Afin de permettre au JEL de maîtriser la procédure, dans le
respect des attributions respectives du magistrat du siège et du magistrat du
parquet, des délais butoirs seraient fixés au parquet pour conduire l’enquête.
Ce délai pourrait être prolongé sur autorisation du JEL à l’issue de l’exposé par le parquet de l’avancée de son enquête.

S’agissant du juge de la garde à vue :

7°- Le contrôle de la garde à vue devrait revenir à terme au juge
de l’enquête et des libertés et, dans l’attente de la création de ce magistrat, au
juge des libertés et de la détention.

8°- Les fouilles des personnes gardées à vue et présumées innocentes
doivent répondre a fortiori aux mêmes conditions que celles retenues par la
loi pénitentiaire pour les personnes détenues.

9°- L’audition libre devrait être réservée aux convocations et exclue
en matière d’interpellations sauf les hypothèses dans lesquelles la garde à vue
n’est pas possible, l’assistance d’un avocat devant alors être garantie.

S’agissant des victimes :

10°- En raison des pouvoirs très importants octroyés au procureur de
la République par l’avant-projet de réforme, la constitution de partie civile
ne devrait pas être subordonnée à l’accord de ce dernier pour des motifs
autres que des motifs de droit limitativement énumérés.



 
 

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