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L'extension des horaires d'ouverture des bibliothèques : progrès et obstacles

Auteur(s) :

Editeur :

  • Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche : Ministère de la culture et de la communication

Date de remise : Décembre 2012
70 pages

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Le présent rapport fait apparaître que, malgré quelques avancées dans les bibliothèques de santé et dans quelques établissements pionniers, il reste encore beaucoup à faire pour que les bibliothèques proposent des horaires adaptés à tous leurs publics. Trop de bibliothèques municipales encore calquent leurs horaires sur les rythmes de travail des services administratifs et, de ce fait, excluent a priori toute une partie de leurs publics potentiels. Les insuffisances des bibliothèques françaises pénalisent en premier lieu les populations les plus fragiles : étudiants salariés, familles qui ne partent pas en vacances, travailleurs aux horaires irréguliers. Pour remédier à cet état de fait qui place la France en situation d'infériorité par rapport à un certain nombre d'autres pays européens et aux bibliothèques nord-américaines, le rapport préconise notamment de renouveler la conception du métier de bibliothécaire en mettant au centre de l'activité la médiation face au public et en tirant tout le bénéfice possible des outils nationaux de mutualisation et de l'externalisation de certaines tâches (par exemple, l'équipement des documents), de tirer le meilleur parti des services en ligne et de tout ce qui peut rendre les services de la bibliothèque accessibles en dehors des heures d'ouverture (boîtes de retour extérieures, par exemple) et de favoriser sur un même site les concertations entre établissements (bibliothèques universitaires et bibliothèques municipales) sur les horaires d'ouverture et les horaires d'été

Synthèse

Introduction

1. Les évolutions dans les différentes catégories de bibliothèques

1.1. Dans les bibliothèques de l’enseignement supérieur

1.1.1. La situation en province

1.1.2. La situation en région parisienne

1.1.3. Les grands équipements universitaires franciliens

1.1.4. Bilan d’ensemble

1.2. Dans les bibliothèques municipales et intercommunales

1.2.1. Les horaires des bibliothèques centrales

1.2.2. Les horaires des bibliothèques annexes

1.2.3. Les horaires des bibliobus urbains

1.3. Les bibliothèques de la Ville de Paris

1.4. A la Bibliothèque nationale de France et à la BPI

1.4.1. A la BnF

1.4.2. A la BPI

1.5. Une question spécifique : l’ouverture du dimanche

1.6. L’ouverture du samedi

1.7. L’ouverture du lundi dans les bibliothèques municipales

1.8. Les différences d’horaires entre services dans un même bâtiment

1.9. Les fermetures méridiennes

1.10. L’ouverture en été et durant les périodes de congés scolaires

1.11. D’autres formes d’ouverture au public

1.11.1. Les visites de classe et les animations-jeunesse

1.11.2. Le portage à domicile

1.11.3. Le prêt aux collectivités

1.11.4. Bibliothèques de rue et lectures en plein air

1.11.5. Bibliothèques d’établissements pénitentiaires

1.12. Les dispositifs d’aide de l’Etat et des Régions à l’extension des horaires

1.12.1. Dans les bibliothèques municipales

1.12.2. Dans les bibliothèques des universités

2. Quelques exemples étrangers

3. Les principaux obstacles

3.1. Configuration des locaux et environnement

3.2. Moyens humains et financiers

3.2.1. Le rôle déterminant de l’emploi étudiant

3.2.2. Les compensations accordées aux agents

3.3. Gestion des horaires des personnels

3.3.1. Le volume de congés annuels

3.3.2. La gestion du temps de travail hebdomadaire

3.4. Place des manifestations d’action culturelle et d’animation

3.5. Organisation du travail et priorisation insuffisante des activités de service public : quelle vision du métier ?

3.6. Place déterminante des outils nationaux dans la réorganisation du travail interne

3.7. Le point de vue des directeurs d’établissements interrogés

4. Principales pistes d’amélioration

4.1. Concevoir des locaux accessibles et peu gourmands en personnel

4.1.1. Systématiser les «boîtes de retour » extérieures

4.2. Expérimenter de nouveaux lieux et de nouvelles stratégies

4.2.1. Privilégier les automates de prêt/retour

4.3. Mettre la fonction/accueil du public au centre des fiches de poste

4.3.1. Intégrer les contraintes horaires dès les entretiens de recrutement

4.3.2. Prévoir des programmes de formation à l’accueil

4.4. Mettre l’accent sur la qualité du dialogue social et du management

4.5. Améliorer les services en ligne

4.6. Privilégier le pragmatisme et l’expérimentation

4.7. Consulter les usagers

4.8. Évaluer et labelliser

Conclusion

Annexes

Le présent rapport fait apparaître que, malgré quelques avancées dans les bibliothèques de santé et dans quelques établissements pionniers, il reste encore beaucoup à faire pour que les bibliothèques proposent des horaires adaptés à tous leurs publics. Trop de bibliothèques municipales encore calquent leurs horaires sur les rythmes de travail des services administratifs et, de ce fait, excluent a priori toute une partie de leurs publics potentiels. Les insuffisances des bibliothèques françaises, à l’Université comme dans les villes, pénalisent en premier lieu les populations les plus fragiles : étudiants salariés, familles qui ne partent pas en vacances, travailleurs aux horaires irréguliers.

Les raisons de ce déficit sont nombreuses. Pour remédier à cet état de fait qui place la France en situation d’infériorité par rapport à un certain nombre d’autres pays européens et aux bibliothèques nord-américaines, il convient de mettre en œuvre un ensemble de mesures complémentaires :

- renouveler radicalement la conception du métier de bibliothécaire en mettant au centre de l’activité la médiation face au public et en tirant tout le bénéfice possible des outils nationaux de mutualisation et de l’externalisation de certaines tâches (par exemple, l’équipement des documents)

- améliorer l’organisation interne du travail et professionnaliser la gestion du temps de travail et l’organisation des plages de service public

- mettre à niveau les moyens de fonctionnement des établissements, là où des manques importants sont manifestes

- favoriser le recours à l’emploi-étudiant dont les effets positifs sont déjà ressentis dans les bibliothèques de l’enseignement supérieur, à la BnF et à la BPI et dans certaines bibliothèques municipales

- concevoir des bibliothèques, lors des chantiers de rénovation ou de construction, susceptibles d’être ouvertes, entièrement ou partiellement, avec un petit nombre d’agents et avec un usage accru des automates de prêt

- tirer le meilleur parti des services en ligne et de tout ce qui peut rendre les services de la bibliothèque accessibles en dehors des heures d’ouverture (boîtes de retour extérieures, par exemple)

- favoriser sur un même site les concertations entre établissements (BU et BM) sur les horaires d’ouverture et les horaires d’été

On voit donc que les marges de progression des bibliothèques françaises existent, pour peu que pouvoirs publics et bibliothécaires fassent de ces objectifs de plus grande ouverture des bibliothèques une priorité.

Introduction

La lettre de mission pour 2012 des ministres de l’enseignement supérieur et de la recherche et de la culture adressée au doyen de l’inspection générale des bibliothèques contenait la demande d’un rapport au sujet de l’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques.

Cette préoccupation, exprimée à plusieurs reprises au plus haut sommet de l’Etat, est à la mesure des défis essentiels de formation initiale et continue, de partage des savoirs et de « vivre ensemble » que les bibliothèques, municipales comme universitaires, peuvent contribuer à relever. En outre, en termes de politiques publiques et de choix budgétaires, ce sujet met en évidence l’écart qui doit être impérativement comblé entre des investissements souvent très lourds et une offre de services consécutive sans commune mesure avec les dépenses initiales.

A travers ce rapport, il paraît utile d’inviter tous les partenaires concernés, au premier rang desquels les bibliothécaires, à être plus attentifs à l’évolution des modes et des rythmes de vie des usagers des bibliothèques : précarité de ressources et d’hébergement de nombreux étudiants, distance croissante entre domicile et travail de la plupart des salariés, place du samedi et du dimanche dans la disponibilité des familles, a fortiori lorsqu’elles sont éclatées ou recomposées, nécessité d’obtenir le plus rapidement possible de multiples informations. Autant de situations et d’attentes nouvelles qui devraient inciter les bibliothèques à penser autrement leurs horaires d’ouverture et la disponibilité de leurs services sur place comme en ligne.

Le rapport de Georges Perrin, inspecteur général des bibliothèques, « Améliorer l’accueil dans les bibliothèques »1, rendu public en avril 2008, avait marqué une étape importante dans la réflexion collective sur la disponibilité du service public des bibliothèques, tant au sein de l’enseignement supérieur que dans le cadre des collectivités territoriales. Il venait accompagner la politique conduite à l’initiative du Ministère de l’enseignement supérieur pour le renouveau des bibliothèques universitaires. Le Ministère de la Culture et de la Communication avait lui-même mis en place un dispositif d’incitation dans ce domaine dans le cadre des 14 mesures pour le livre et la lecture. En Ile-de-France, une enquête détaillée pilotée par le MOTIF a également témoigné de cette préoccupation.

Le présent rapport s’efforce donc, en prolongeant ces premières réflexions, de faire un état des horaires existants, de mesurer les progrès demeurant à accomplir et d’analyser les obstacles qui subsistent tout en mettant en évidence les bonnes pratiques et les pistes de progrès.

Dans le cas des bibliothèques universitaires, il s’agit de se rapprocher de la durée d’ouverture constatée dans la moyenne des bibliothèques européennes en s’adaptant ainsi aux habitudes de travail et aux attentes des enseignants et des étudiants.

En ce qui concerne les réseaux des bibliothèques municipales, dans un contexte encore plus diversifié, le volume horaire d’ouverture proposé au public demeure globalement insuffisant, malgré quelques avancées pionnières.

En fait, ce n’est pas seulement le volume des horaires d’ouverture et leur extension éventuelle qui sont en question dans ce rapport, mais aussi la pertinence même de ces horaires.

Les différents tableaux récapitulatifs proposés ci-dessous ne visent pas à dresser des palmarès qui n’auraient aucun sens, tant les situations et les contextes sont divers. Ils permettent cependant d’approcher de manière plus concrète la situation générale des bibliothèques en matière d’horaires d’ouverture.

La richesse et la diversité des données recueillies exposent d’autant plus l’auteur de ce rapport au risque d’erreurs factuelles dont on voudra bien ne pas lui tenir rigueur, mais qui ne remettent pas cependant en cause la perspective d’ensemble.

La rédaction de ce rapport a été grandement facilitée par la qualité des informations fournies par de nombreux responsables de bibliothèques et par les services du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche et du Ministère de la Culture et de la Communication. Que tous soient ici remerciés pour leur aide. Nos remerciements s’adressent également aux quinze bibliothèques publiques ayant répondu, de manière souvent très détaillée, à l’enquête qui leur avait été transmise.

NB : Les différentes données ont été recueillies telles qu’elles étaient communiquées au public à la date de rédaction de ce rapport sur les sites des différents établissements. Elles ont été complétées par la documentation fournie par les administrations centrales.

1 « Améliorer l’accueil dans les bibliothèques : propositions pour une extension des horaires d’ouverture », rapport n° 2008-001, avril 2008, consultable en ligne à l’adresse ci-dessous  www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid20150/inspection-generale-des-bibliothèques-i.g.b.html