Retour
 

Les PME éco-industrielles en France : situation et axes de développement : résultats de l'enquête 1000 PME éco-industrielles

Auteur(s) :

    • CHAMBRE DE COMMERCE ET D'INDUSTRIE (Paris). Centre régional d'observation du commerce, de l'industrie et des services; FRANCE. Ministère de l'industrie, de la poste et des télécommunications; FRANCE. Ministère de l'environnement

Editeur :

  • Ministère de l'environnement

Date de remise : Décembre 1995
137 pages

Pour lire les rapports au format PDF vous avez besoin d'un lecteur PDF.
Pour lire les rapports au format EPUB vous avez besoin d'un lecteur EPUB.

Numérique (PDF)
 
Télécharger

Etude sur les PME françaises dont une part de l'activité concerne la production de biens ou la prestation de services liés à l'environnement. Observation des conditions de création et de développement des activités éco-industrielles, l'organisation de ce secteur, ses forces et ses faiblesses. Etude sur les attentes des acteurs éco-industriels en terme d'évolution de la réglementation environnementale, d'outils économiques et de partenariats à développer entre entreprises, collectivités locales et pouvoirs publics.


SECTION 1


1. LA STRUCTURE DE L'OFFRE p. 9


2. LES MARCHES ET L'ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE p. 28


3. LES STRATEGIES ET LES PERSPECTIVES DES ENTREPRISES p. 47


SECTION 2


4. L'EMPLOI p. 70


5. LES ATTENTES p. 80


CONCLUSIONS - PISTES DE REFLEXION POUR LE DEVELOPPEMENT DES PME ECO-INDUSTRIELLES p. 92


ANNEXES p. 106







- Un secteur en croissance mais mal connu


Les activités éco-industrielles ont bénéficié au cours de la décennie passée d'une croissance significative, proche du double de l'évolution économique générale pour les plus importantes d'entre elles', et la croissance de certains marchés est demeurée soutenue malgré le ralentissement conjoncturel global2 de l'économie française.


Les Petites et Moyennes Entreprises (PME), qui assurent dans une large mesure le développement des activités éco-industrielles, forment ainsi un tissu économique en croissance rapide, créateur de richesse et d'emplois.


Contribuant en amont à la protection de l'environnement et porteuses d'innovation technologique, ces entreprises sont à même de constituer une vitrine du savoir-faire français à l'étranger.


Concourant, de plus, à l'aménagement du territoire, elles forment un secteur dorénavant stratégique.


Or ce secteur des PME éco-industrielles est mal connu, notamment du fait de sa très grande hétérogénéité. Y figurent en effet:


. des entreprises de forte intensité technologique, parfois de création récente (par exemple instrumentation, mesure, contrôle), mais également des sociétés plus traditionnelles dont le savoir-faire s'analyse en termes de négoce (récupération, en particulier) ;


. des entreprises industrielles (biens d'équipement), d'ingénierie et de conseil (audits environnementaux, par exemple) et des sociétés de services (gestion de l'eau, collecte des déchets) ;


. des firmes qui réalisent l'essentiel de leur chiffre d'affaires sur les marchés éco-industriels et d'autres pour lesquelles ce degré d'engagement éco-industriel demeure mineur ;


. des PME indépendantes et des sociétés rattachées à des grands groupes.


Enfin, il convient de noter que certaines activités des éco-industries se situent à la lisière de l'économie marchande et d'activités aujourd'hui non marchandes (entretien du milieu rural, cadre de vie,...). Dans la perspective d'accroître le "contenu en emplois" de la croissance et de faciliter l'insertion ou la réinsertion professionnelle, les PME éco-industrielles ont sans doute un rôle à jouer qui trouve peu d'équivalents dans d'autres secteurs.


- Une initiative innovante


C'est dans ce contexte que le Ministère de l'Environnement, le Ministère de l'Industrie de la Poste et des Télécommunications et l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) ont décidé de lancer conjointement une étude destinée à mieux connaître ces PME.


Confiée à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, cette étude a été menée par son Centre Régional d'Observation du Commerce, de l'Industrie et des Services (CROCIS), avec le concours de la société BIPE CONSEIL.


Cette étude est la première a être réalisée en France sur ce sujet3. Elle a pour objet l'analyse structurelle, économique et stratégique du tissu des PME françaises dont une part significative de l'activité s'exerce dans les domaines de la production de biens ou de la prestation de services liés à l'environnement.


Elle vise à mieux cerner les conditions de création et de développement des activités éco- industrielles, l'organisation de ce secteur, ses forces et faiblesses.


Elle permet également, pour la première fois, d'appréhender les attentes des acteurs éco- industriels en termes d'évolution de la réglementation environnementale, d'outils économiques et de partenariats à développer entre entreprises, collectivités locales et pouvoirs publics.


- Une démarche rigoureuse et pragmatique


Du fait de son caractère innovant, et de la dimension par nature transversale des activités éco-industrielles, très difficiles à identifier dans les nomenclatures officielles, cette étude a fait l'objet d'une démarche qui s'est voulue à la fois rigoureuse et pragmatique.


Dans un premier temps, un travail de définition du champ des éco-industries a été nécessaire 4, complété par un recensement systématique des sources d'information méthodologiques et factuelles sur les PME éco-industrielles en France, mais aussi à l'étranger5.


Une double approche a ensuite paru pertinente :


. d'une part une enquête quantitative approfondie auprès de plus de 10 000 PME sélectionnées à partir de la consolidation de 17 fichiers différents6 a permis d'exploiter les réponses d'un échantillon de plus de 1000 PME éco-industrielles, mis au point pour la première fois, à un questionnaire très complet 7.


. d'autre part, une enquête qualitative auprès de 70 entreprises contactées à la suite des premiers resultats de l'enquête quantitative, de façon à approfondir, par des entretiens, l'analyse de la problématique du secteur et de la dynamique de fonctionnement des entreprises8.


Le présent rapport présente une synthèse des résultats obtenus suivant le plan suivant:


. structure de l'offre ;


. marchés et environnement économique ;


. stratégies et perspectives des entreprises ;


. emploi ;


. attentes des entreprises.


La taille importante de l'échantillon exploité (1020 réponses) et l'effort réalisé par les entreprises pour répondre précisément aux nombreuses questions posées permettent de dégager des enseignements originaux sur les forces et les faiblesses des PME éco- industrielles en France. Une typologie nouvelle de ces entreprises se dessine ainsi, qui pourra contribuer à la définition des politiques publiques.


CONCLUSIONS ET PISTES DE REFLEXION POUR POUR LE DEVELOPPEMENT DES PME ECO-INDUSTRIELLES


A la lumière des résultats de l'enquête sur les PME éco-industrielles, un ensemble de messages et de pistes de réflexion se dégage aujourd'hui.


Certes, le secteur considéré se caractérise toujours par une forte hétérogénéité et il serait vain de prétendre réduire à une simple grille d'analyse et de lecture une dynamique globale et multi-dimensionnelle par essence.


Et pourtant, les éco-indutries existent. La présente étude permet d'établir une « carte d'identité » de ces entreprises, à décliner cependant selon leur positionnement sectoriel, taille, filialisation éventuelle, part du chiffre d'affaires éco-industriel dans le chiffre d'affaires total, « santé financière »... La reconnaissance de cette réalité peut alors servir de base à la proposition de mesures en faveur du développement des éco-industries.


1. Les PME éco-industrielles ont une identité propre


La PME éco-industrielle est d'abord et avant tout une entreprise de services : seules 28 % d'entre elles développent une activité de production d'équipement. C'est peut-être l'une des explications majeures des difficultés conceptuelles et d'analyse rencontrées jusqu'ici à travers les différents travaux de recherche et d'étude. Dans une société post-industrielle où le secteur tertiaire s'affirme toujours davantage comme le nouveau ressort de l'économie, ce fait n'est peut-être pas très surprenant.


Mais dès lors, ne vaudrait-il pas mieux employer le terme d'éco-entreprises, plus conforme à la réalité que celui « d'éco-industrie » ? Quoi qu'il en soit, les pôles d'activité dominants parmi ces entreprises sont ceux des déchets, de l'eau et du conseil-ingénierie, sachant toutefois qu'elles développent souvent des activités multi-sectorielles.


Dans l'ensemble, le secteur est plutôt jeune, une PME éco-industrielle sur deux n'ayant pas plus de 10 ans. Leur implantation s'avère particulièrement forte en Ile-de-France (celle-ci regroupant 29 % des PME ayant répondu à l'enquête) ainsi que dans la région Rhônes-Alpes (14 % des PME ayant répondu). Sans doute faut-il rapprocher cette localisation de leur besoin d'un tissu économique d'autant plus propice à leur activité que sa densité favorisera la demande de services. Il ne s'agit, cependant que d'une tentative d'explication, pas d'un enseignement de l'enquête.


En termes de classes de salariés, les entreprises de moins de 20 salariés dominent : elles forment plus de la moitié des rangs de notre population, alors que les trois quarts ont moins de 50 salariés (on se souviendra toutefois que celles ayant moins de 5 salariés ont été exclues du champ de l'enquête). Toutefois, les entreprises de plus de 200 salariés paraissent en nombre significativement plus élevé que parmi les PME en général.


Le secteur est marqué fortement par la présence de groupes , près de 4 PME sur 10 étant filialisées (à titre indicatif, on peut noter que c'était le cas de près de 2 PMI sur 10 en 1992). Beaucoup de PME filiales considèrent leur appartenance à un groupe comme un facteur de pérennité dans leur secteur.


Les partenariats se montrent relativement peu développés au sein des PME éco- industrielles. Le plus grand nombre concerne les activités de recherche et de développement technologique. Les réseaux locaux ne figurent d'ailleurs pas parmi les critères prioritaires de choix d'une localisation que retiennent ces entreprises.


Le volume des clients des PME éco-industrielles est important. Sur le plan qualitatif, il s'agit d'abord d'entreprises puis de collectivités locales, majoritairement localisées à l'intérieur du territoire national. La concurrence s'exerce à l'échelle régionale et nationale, à travers une stratégie de qualité du service et de différenciation du « produit » plutôt que par une compétition des tarifs.


2. Leurs perspectives d'avenir restent fondamentalement encourageantes.


Les PME éco-industrielles se montrent optimistes quant à l'avenir de leur activité, plus d'une sur deux prévoyant une augmentation annuelle de son chiffre d'affaires éco-industriel de plus de 5 % dans les trois ans à venir. On se souviendra, toutefois, que le temps n'est pas si loin où la croissance attendue des prestataires de l'environnement était à deux chiffres. Cette perspective d'une croissance ralentie (mais qui ferait pourtant bien des heureux dans d'autres secteurs) était d'ailleurs durement ressentie par les intéressés si l'on en juge au moral des exposants du salon Pollutec 1996, par exemple. L'euphorie s'est donc effacée devant une sorte de confiance réaliste.


Il reste que les "fondamentaux" du développement de ces entreprises ne se trouvent absolument pas remis en cause. En effet, la réglementation environnementale (véritable facteur clé) et l'évolution technologique constituent les moteurs principaux du développement des éco-industries.


Beaucoup d'entreprises ont pour stratégie de chercher à anticiper la réglementation à venir, afin de se positionner sur de nouveaux marchés ou créneaux et d'occuper le terrain avant leurs concurrents. L'innovation se manifeste, notamment, dans le domaine du traitement des déchets, à travers la mise au point de nouveaux matériels ou procédés de traitement, directement liés aux évolutions de la réglementation.


En revanche, l'insuffisance chronique des moyens financiers des PME-PMI en France constitue le principal facteur de frein au développement des activités considérées ici.


Son effet s'avère d'autant plus fort que les clients des PME éco-industrielles connaissent eux-mêmes des difficultés de financement, ce qui vient contre-balancer la croissance des marchés liés à (ou créés par) la réglementation.


Dans ce contexte, une stratégie de développement à l'international prendrait toute sa valeur. Les grands groupes la mettent déjà en oeuvre en ce qui les concerne. Il apparaîtrait donc important de pouvoir aider les PME éco-industrielles à adopter une stratégie internationale (peut-être à travers des « clubs d'export » où elles pourraient partager leur expérience et bénéficier d'un suivi approprié ?).


II reste que les prévisions des chefs d'entreprise dénotent un dynamisme spécifique à l'éco- industrie, les évolutions prévues du chiffre d'affaires éco-industriel étant supérieures à celles du chiffre d'affaires total des PME en général(les secteurs les plus prometteurs ici s'annonçant comme ceux des déchets et de l'air). L'effet de levier d'un éventuel développement à l'international n'en serait évidemment que plus élevé.


A ce titre, il n'est pas indifférent de relever que plus d'une PME éco-industrielle sur deux table sur une augmentation de la part de son chiffre d'affaires à l'exportation. Il s'agit alors justement, dans l'esprit de ces entreprises, d'un palliatif à la saturation du marché français(quelle qu'en soit la cause). Le recours aux importations, pour sa part, devrait demeurer limité.


Sur le plan de la gestion du quotidien, l'efficacité commerciale, la qualité et l'innovation constitueront les principaux axes de la stratégie des PME éco-industrielles dans les trois ans à venir.


L'innovation est un facteur de compétitivité important, voire déterminant, à en juger par les modalités observées de la concurrence sur ces marchés. Ce sont d'ailleurs les PME qui envisagent les plus fortes croissances de leur chiffre d'affaires éco-industriel qui privilégient le plus cet axe d'effort. En outre, les PME les plus éco-industrielles s'avèrent aussi celles qui consentent les dépenses de recherche et développement les plus importantes. Dès lors, il n'est pas étonnant que la R & D interne se révèle l'outil privilégié de la politique d'innovation des PME éco-industrielles.


S'agissant des perspectives de ventes, ces entreprises se montrent plutôt optimistes à l'horizon de trois ans. Elles anticipent à tout le moins un maintien, voire un renforcement, du dynamisme des différents marchés qui les concernent.


Enfin, les trois quarts des chefs d'entreprises éco-industrielles estiment, sur le plan « qualitatif », que leurs investissements pour les trois années à venir seront « moyens à importants », ce qui augure tout de même favorablement de l'avenir.


3. Un certain nombre d'attentes spécifiques


Les PME enquêtées ont manifesté des préoccupations convergentes dans un certain nombre de domaines. Voyons d'abord quelles réponses apporter à celles qui paraissent en relation directe avec leur nature éco-industrielle.


- Amélioration de l'information sur la réglementation et son évolution


Bien évidemment, « nul n'est censé ignorer la loi »; mais il faut cependant reconnaître que les PME éco-industrielles affichent un plus grand souci que les autres de s'adapter au dispositif légal et réglementaire. Le constat est logique puisque l'enquête a montré l'existence de liens étroits entre les activités concernées et les évolutions de la législation. Toute réglementation crée un marché dérivé : interdire un produit ou une démarche revient mécaniquement à induire objectivement son substitut. Et la production normative en matière d'environnement s'est avérée fort riche ces dernières années, et continue de l'être.


La modernisation de la gestion des déchets reflète bien cette situation. La loi de juillet 1992 avait bien pour objectif de modifier radicalement des pratiques anciennes. La notion du déchet ultime, ainsi que sa mise en oeuvre à travers les plans d'élimination des déchets, produisent l'effet d'une véritable révolution culturelle : le marché de la récupération / valorisation / élimination des déchets se développe puissamment sur ce véritable « terreau réglementaire ».


Et les entreprises en cause manifestent un intérêt pour la réglementation d'autant plus important qu'elles participent à la gestion globale du risque environnement de par leur activité.


Ceci n'empêche pas que les PME éco-industrielles se plaignent elles aussi de ne plus pouvoir suivre l'évolution de la réglementation : elles estiment que la solvabilité de leurs clients n'est pas insondable et que le perfectionnisme risque de discréditer leur activité, donc de tuer leur marché. Elles réagissent aussi, parfois, comme des entreprises « classiques » : la réglementation qui ne vient pas soutenir le créneau sur lequel elles opèrent représente une contrainte supplémentaire pour elles. Par contre, celles qui exploitent certaines niches, comme la dépollution des sols, n'hésitent pas à déclarer que leurs activités ne parviennent pas véritablement à décoller du fait d'un « manque d'incitation » en la matière.


- Au-delà de ces considérations liés aux marchés et au positionnement de chacun, les PME éco-industrielles souhaitent bénéficier d'une meilleure information sur la réglementation ainsi que sur la normalisation (ISO 9 000 et 14 000).


Mais le plus important, ici, pourrait bien être de noter qu'elles attendent qu'on leur apporte cette information : elles n'accompliront une démarche positive que si elles sont déjà intéressées par un point particulier. Cette remarque est fondamentale pour la définition d'un dispositif de proximité et de suivi de ces entreprises (lequel ne s'adresserait sans doute pas uniquement aux éco-industries mais les utiliserait comme un levier pour atteindre, dans un second temps, l'ensemble du tissu des PME).


- Une solution pourrait consister à créer une cellule spécialisée sur le plan local dans la fourniture de ce type de renseignements aux entreprises concernées, de façon régulière et à la demande. Le problème est peut-être que trop d'initiatives se superposent : les entreprises ne savent pas à qui s'adresser, parce qu'elles ne savent pas « qui fait quoi ». Sans doute faut-il respecter l'autonomie de chacun des acteurs, mais on pourrait imaginer la réalisation de « guichets uniques » de l'environnement sur une base régionale ou plus locale.


- Une lettre d'information commune aux différents partenaires permettrait, parallèlement au renseignement téléphonique, de diffuser l'information de façon ciblée et coordonnée.


- Meilleure identification de l'offre et de la demande


Les PME éco-industrielles souhaitent davantage d'informations sur les marchés, en particulier sur leur structure et leur évolution, ainsi que sur les contours exacts de l'offre et de la demande. Ce dernier besoin correspondrait à un sentiment que trop d'activités « d'insertion » (recyclage, entretien d'espaces verts...) seraient l'occasion d'une concurrence déloyale du secteur non marchand, contribuant à empêcher le développement d'une demande solvable.


Certes, l'aspect « étude de marché » ne peut être écarté... Mais on peut aussi considérer qu'à leur manière les plans territoriaux d'élimination des déchets réalisent une certaine cartographie régionale de l'offre et de la demande en ce qui les concerne.


Il est clair que toute information sur l'état des marchés serait mise à profit par les PME éco- industrielles pour exploiter les opportunités qu'elles ne connaissent pas à l'heure actuelle, contribuant ainsi au dynamisme du secteur.


- Des formations mieux adaptées pour accroître l'emploi et l'employabilité


Dans près de 6 PME sur 10 considérées dans cette enquête, les emplois dans l'entreprise sont majoritairement éco-industriels. Le recrutement ne semble pas poser de problème majeur, en général.


Ces entreprises embauchent davantage des collaborateurs spécialisés (dans des domaines comme l'eau, la chimie,..) qu'elles forment ensuite en interne aux spécificités des métiers de l'environnement. Mais les formations généralistes à l'environnement qui ne seraient pas complétées par un bagage technique ne représentent pas un gage de forte employabilité, a priori. L'entreprise recrute d'abord des spécialistes et des techniciens; la « culture environnement » n'apparaît qu'en complément de cette formation.


L'enquête confirme donc une tendance qui était déjà perceptible aux observateurs avertis du secteur. Toute définition d'une politique de soutien au recrutement et à l'emploi dans les PME éco-industrielles devrait donc partir de ce constat : il convient moins d'être un spécialiste de l'environnement que de connaître les questions d'environnement.


Deux conséquences peuvent en être tirées :


- puisque les PME éco-industrielles doivent porter leurs efforts sur la formation en interne (du fait d'une rentabilité insuffisante des nouveaux recrutés), une aide à la formation pourrait s'avérer davantage adaptée aux besoins de ces entreprises qu'une aide à l'embauche;


- développer l'employabilité des candidats sur le marché du travail dans les éco-industries suppose de ne pas axer leur formation sur l'environnement mais plutôt de développer des modules juridiques, techniques et pratiques dans les formations existantes.


Cependant, pour réellement jouer son rôle, l'aide à la formation ne doit pas reproduire ou transposer les difficultés de structuration de la profession ressenties par les éco-industries. Il faudrait donc imaginer un cadre de référence, avec un système d'agrément, de contrôle et de certification des formations à monter. Le dispositif gagnerait enfin certainement à associer des professionnels de la formation à des professionnels de l'éco-industrie, pour valoriser une vision tant théorique que concrète des problèmes que l'on rencontre au quotidien en entreprise. En outre, ce partenariat représenterait un facteur non négligeable d'employabilité des personnes formées ainsi.


Parmi toutes les PME éco-industrielles, les « leaders innovantes » et les « spécialistes techno » trouveraient donc un intérêt particulier aux rencontres entre professionnels et organismes de formation. Ce sont en effet elles qui créent des emplois nouveaux, et il leur importe de faire connaître les technologies et services qu'elles mettent au point à leurs futurs utilisateurs, clients et collaborateurs.


II. CERTAINS BESOINS PARTAGES AVEC L'ENSEMBLE DES PME


La spécificité des PME éco-industrielles ne doit pas faire oublier qu'elles restent des PME, avec les mêmes attentes et besoins que chaque « petite ou moyenne entreprise ». Comme, de plus, une partie variable du chiffre d'affaires de ces entreprises n'est pas réalisé dans le secteur dit éco-industriel, il serait particulièrement vain et réducteur de vouloir encourager le développement des éco-industries sans conserver en mémoire cette double identité.


Bien évidemment, l'objet de la présente enquête n'était pas de lister les problèmes rencontrés et les solutions préconisées par les PME en général. Mais les observations reproduites ci- après reflètent très exactement ce que les éco-industries ont exprimé et qui correspond à leur vécu. Il convient donc de lire les développements suivants comme autant de sources d'inspiration possibles à la définition d'une politique de soutien à l'éco-industrie, même dans le cadre d'une stratégie plus large s'adressant à l'ensemble des petites et moyennes entreprises.


- Simplification et accompagnement des appels d'offres


Certaines PME éco-industrielles, et notamment les plus petites, se sont plaintes de difficultés d'accès aux appels d'offres en raison des procédures administratives jugées trop lourdes pour de petites structures. Celles-ci finissent parfois par renoncer à répondre.


D'autres PME évoquent des clauses techniques trop contraignantes qui confèrent à l'offre une certaine rigidité à l'innovation.


- Ce thème de la simplification administrative des procédures d'appels d'offres est récurrent parmi les PME. L'effort à accomplir dans ce domaine semble important car les plus petites structures doivent faire face à la concurrence des éco-industries de taille plus importante, et notamment celle des filiales de groupe, qui bénéficient de leur adossement et se montrent particulièrement incisives sur les marchés. Un accès plus aisé aux appels d'offre permettrait de supprimer un critère "artificiel" de sélection.


La simplification des procédures d'appels d'offres profiterait en particulier aux entreprises les moins résistantes, telles les "locales fragilisées", qui pourraient alors tenter leur chance, élargir leur horizon commercial et y puiser un nouveau dynamisme.


- Par ailleurs, on pourrait envisager la création d'organismes fédérateurs des PME pour répondre aux appels d'offre.


Trop souvent, les PME ne peuvent répondre aux appels d'offres, faute de moyens, ou d'aptitude à fournir des prestations complètes. Un soutien pourrait leur être apporté en aidant à leur regroupement au niveau régional, de façon à leur permettre d'intégrer un réseau et de répondre ainsi aux appels d'offres. En outre, ces PME pourraient bénéficier à cette occasion de l'expérience acquise par les autres.


Ces regroupements permettraient d'intégrer les PME telles que les "locales fragilisées dansune dynamique régionale plus importante, voire nationale, et de les sortir de leur situation difficile. Ils seraient en outre favorables aux "matures performantes", et aux "spécialistestechno", qui se révèlent plus sensibles que d'autres à la recherche de réseaux de partenaires.


- Réorientation des aides à l'innovation


Les PME éco-industrielles ont témoigné de difficultés dans l'accès aux aides financières à l'innovation, puis à la diffusion, d'expériences innovantes et d'informations techniques.


Or, l'enquête met en exergue l'importance de l'innovation chez ces entreprises, facteur essentiel de compétitivité et de dynamisme du marché éco-industriel.


Il pourrait donc s'avérer intéressant de répondre aux attentes des PME dans ce domaine en encourageant leurs initiatives par le biais d'aides à la recherche ou à la commercialisation des nouveaux produits.


- La rénovation de l'Anvar, ainsi que l'augmentation des fonds spécifiques de la Caisse des Dépôts prévue dans le "plan PME" du Gouvernement, constituent des exemples d'actions qui peuvent intéresser particulièrement les PME éco-industrielles.


Les aides à l'innovation permettraient aux PME ayant le profil de "spécialistes techno" de faireface aux problèmes financiers rencontrés et, notamment, de maintenir la viabilité de l'entreprise pendant la mise à l'épreuve de nouvelles technologies, dans l'attente dudéveloppement d'un marché. Par ailleurs, on peut raisonnablement imaginer que des aides à l'innovation inciteraient les « matures performantes » à effectuer de la R&D.


- Simplification des procédures d'embauche


De nombreuses PME éco-industrielles souhaitent une simplification des procédures administratives d'embauche. De même que pour les appels d'offres, les petites structures se montrent les plus pénalisées par l'inertie administrative des démarches liées au recrutement d'une personne. En ce qui concerne les aides à l'embauche, certaines PME de petite taille déclarent ne pas y avoir recours en raison de la complexité des formalités, et du foisonnement de ces aides qui aboutit à les rendre incompréhensibles.


- Un guichet unique pour traiter toutes ces formalités permettrait de faciliter la tâche des PME qui ont affirmé, lors de l'enquête, envisager des recrutements dans les trois années à venir, et qui constituent donc un vivier pour l'emploi.


La déclaration unique d'embauche (le remplacement par un seul formulaire des onze qui existaient précédemment), et la déclaration unique sociale mises en place au début de l'année 1996 dans le cadre du plan PME, constituent une des réponses au problème évoqué par les PME éco-industrielles.


La simplification des procédures d'embauche favoriserait l'emploi au sein des entreprises etpermettrait à des PME telles que les "matures performantes" d'embaucher du personnel pour éventuellement développer d'autres activités ou d'autres produits.


- Allégement de la fiscalité


Les allégements fiscaux constituent, sur le plan financier, l'attente prioritaire des PME éco- industrielles. Viennent ensuite les subventions, et l'accès aux financements longs et à l'augmentation des capitaux propres.


Rappelons que le financement est souvent considéré comme l'obstacle le plus important au développement des PME éco-industrielles et que, par ailleurs, le banquier est un acteur essentiel du développement de plus d'un tiers des PME éco-industrielles ayant répondu à l'enquête, et plus particulièrement des PME indépendantes. A l'heure actuelle, les banques réclament de plus en plus de cautions aux entreprises Or, la multiplicité des clients qui caractérise la majorité des éco-industries ne permet pas à l'entreprise de prouver qu'elle a une source de revenus suffisamment stable.


- Dans ce cas, le partenariat avec des sociétés de cautionnement mutuelles pourrait être encouragé.


La création de la Banque de Développement des PME devrait particulièrement intéresser les éco-industries.


- L'établissement d'un fonds de garantie, comme celui créé par la SOFARIS (Société française de garantie de financements des PME) pour les Très Petites Entreprises de 0 à 10 salariés, de même que la mise en place d'une société de capital-risque, à l'exemple de celle de la Région Midi-Pyrénées, sont des initiatives intéressantes. Il semble que la piste de partenaires locaux pour les PME les plus modestes puisse être privilégiée.


Enfin, certaines PME souhaiteraient également, même si cela existe déjà, la diffusion d'information sur les aides financières dont elles pourraient bénéficier. En effet, la multiplicité des intervenants et des dispositifs ne facilite pas la lisibilité de l'ensemble. Un effort dans ce sens pourrait donc mener à la mise en place d'une cellule d'information ou l'édition d'un fascicule informatif.


Les allégements fiscaux permettraient d'atténuer les difficultés financières des PME telles que les "locales fragilisées" et favoriseraient le démarrage des jeunes entreprises.


- Réforme du dispositif d'aide à l'exportation pour favoriser le développement à l'international


Les PME concernées par l'exportation souhaitent un accès facilité aux marchés internationaux.


- De « l'aveu » même de certaines PME, une mise aux normes européennes de leurs produits semblerait un moyen efficace (voire la condition sinequa non) de ce nouveau développement. En effet, l'homologation française n'est pas toujours valable dans tous les pays européens, et cela oblige les entreprises à renouveler leur homologation dans chaque pays, ce qui leur coûte du temps et de l'argent. Une réflexion devrait être engagée sur ce sujet, en concertation avec les PME exportatrices de chaque secteur.


- Certaines PME souhaitent une simplification des démarches à accomplir pour obtenir des aides financières auprès d'institutions telles la Banque Mondiale. Ici encore, une meilleure information sur les aides disponibles à l'export, ainsi qu'un rapprochement des structures de gestion des aides, seraient appréciés par celles d'entre elles qui se montrent particulièrement motivées.


A titre d'exemple, on peut citer deux nouvelles mesures sur l'exportation prises dans le cadre du plan PME. La première concerne le régime de parrainage bancaire en matière de crédits liés à la prospection. La SOFARIS garantit désormais à hauteur de 50% les crédits de préfinancement mis en place par les banquiers dans le cadre du parrainage. La seconde concerne la phase de préfinancement, entre le lancement de la commande et le règlement des premières livraisons, durant laquelle les PME ont des difficultés à obtenir les crédits bancaires leur permettant de lancer la fabrication.


- Une proposition de loi mérite d'être citée : elle suggérait le lancement d'une campagne de sensibilisation à l'export, le renforcement des aides à la participation aux foires et aux salons, l'élargissement de l'accès aux procédures Codex, et l'aménagement de l'APS (Assurance Prospection Simplifiée) en faveur des petites entreprises. Par ailleurs, elle proposait la mise en place dans chaque région d'une "maison de l'export" , cofinancée par le Conseil Régional et les organismes consulaires, et qui regrouperait les acteurs du soutien à l'export. Cette dernière initiative paraît tout particulièrement intéressante, et adaptée à la demande des PME qui ont besoin de structures décentralisées en région.


Les aides à l'exportation conviendraient avant tout aux PME ayant le profil de "leadersinnovantes", qui en font la plus forte demande. Elle sont également importantes pour les "spécialistes techno ", qui ont besoin d'élargir leur rayonnement commercial.