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Contribution des associations locales au développement des services de proximité en milieu rural : rapport final

Auteur(s) :

    • FRANCE. Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale; COMITE D'ETUDE ET DE LIAISON DES ASSOCIATIONS A VOCATION AGRICOLE ET RURALE (Paris)

Editeur :

  • Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale

Date de remise : Décembre 1998
100 pages

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Analyse du contexte et des enjeux de la contribution des associations locales au développement des services de proximité en milieu rural. Ensuite présentation d'éléments de réflexion et de remarques méthodologiques à l'intention des associations locales. Enfin présentation d'expériences menées par des associations en milieu rural.


SECTION 1


. Rapport sur l'organisation des travaux p. 3


. Introduction sur le contexte et les enjeux p. 5


. Eléments de réflexion à l'intention des associations locales p. 9


. Remarques méthodologiques à l'usage des associations locales p. 17


. Présentation des expériences locales étudiées p. 34


SECTION 2


. Compte rendu des interviews des expériences locales p. 49







Rapport sur l'organisation des travaux


L'ensemble des travaux a été réalisé par un comité de pilotage associant des représentants des expériences locales observées, du CELAVAR et de quelques uns de ses adhérents (AFIP et PEC) et partenaires associés (CNIDFF et ADMR), de trois administrations centrales concernées (DERF, DGEFP et DATAR).


Ces travaux ont été menés sous la responsabilité d'Alain Chanard.


1 - Déroulement des travaux


. Première étape :


En juillet 1997, les expériences locales ont fait l'objet d'interviews réunissant, dans chaque cas, des techniciens et des élus des associations pilotes, des élus des collectivités locales concernées, des représentants d'autres organisations locales.


Fin août 1997, chaque expérience interviewée a fait l'objet d'une note de description et de première analyse.


Ces comptes rendus ont été diffusés à l'ensemble des membres du comité de pilotage, pour validation, début septembre 1997.


. Deuxième étape :


Mi-septembre 1997. le comité de pilotage a identifié les points forts des expériences étudiées, dégagé des éléments de synthèse et élaboré une première trame de réflexions et de remarques méthodologiques.


De mi-septembre à fin octobre 1997, le responsable de l'étude a élaboré une trame développée de réflexions et de remarques méthodologiques.


Cette trame a été diffusée aux membres du comité de pilotage fin octobre 1997.


. Troisième étape :


En novembre et décembre 1997, le responsable de l'étude a rédigé les éléments de réflexion et remarques méthodologiques à l'usage des associations locales.


Cette rédaction a été validée par le comité de pilotage en janvier 1998.


2 - Expériences locales étudiées


- Création de Points Accueil Service, par la Fédération des foyers ruraux de l'Allier ;


- Constitution d'un réseau de familles d'accueil à caractère social et thérapeutique, par l'AFODIP en Mayenne ;


- Mise en place d'un Info-Bus, par l'IFAD Ganges dans le Gard et l'Hérault ;


- Appui à l'émergence de nouvelles filières professionnelles en matière d'aide à domicile et de services de proximité, par le CEAS-Culture et Promotion dans les Vosges ;


- Extension de l'action d'aide à la mobilité par la création de points de location de vélomoteurs, par le centre social de Doué-la-Fontaine en Maine-et-Loire ;


- Développement de l'emploi à coût partagé, par l'association Ségala-Limargue dans le Lot ;


- Mise en place de structures de garde et d'animation de la petite enfance appropriées à un milieu rural peu dense, par l'IFADMR dans le Jura et en Haute-Saône.


Introduction sur le contexte et les enjeux


Les associations, facteur de vitalité des territoires ruraux


Toute association est en elle-même un service : cette forme d'auto-organisation permet de développer des activités qui correspondent à certains besoins, à certaines attentes, à certains souhaits. Le plus souvent, ces activités ne concernent pas que les membres de l'association mais débouchent, par exemple, sur des manifestations culturelles, des prestations à caractère social ou des actions pédagogiques ouvertes à des publics extérieurs. Ces activités sont, selon les cas, organisées seulement par des bénévoles ou avec l'aide de salariés.


En l'occurrence, l'intérêt du cadre associatif est qu'il permet de faire réfléchir et travailler ensemble des personnes dont les caractéristiques sociales, les compétences professionnelles. les âges et les opinions sont fréquemment des plus variés. Il en résulte que les associations sont par nature très ouvertes à leur environnement. Elles constituent ainsi un des lieux privilégiés d'expression des demandes non satisfaites ou mal satisfaites et d'émergence d'idées originales concernant l'organisation des services existants ou le lancement d'activités nouvelles.


Cette fonction est particulièrement précieuse dans deux types de territoires ruraux.


Ceux qui souffrent d'un déclin démographique souffrent également d'un recul de l'offre de services, tant publics que privés. Mais, quand un refus de la fatalité parvient à s'esquisser, les associations figurent alors souvent en première ligne pour impulser et organiser une mobilisation locale, pour lancer un débat collectif, puis pour aider à transformer une situation de résistance en initiatives constructives.


D'autres territoires ruraux enregistrent au contraire l'arrivée de populations plus ou moins diversifiées : familles dont au moins un des adultes continue à travailler en ville, retraités, chômeurs persuadés que la vie est plus facile dans les villages... Dans ces territoires, les besoins en services deviennent en conséquence de plus en plus nombreux et de plus en plus variés. Le problème est que ces besoins nouveaux tardent parfois à être identifiés et pris en compte. Ceux qui sont suffisamment mobiles se tournent alors vers la ville pour scolariser et distraire leurs enfants, pour occuper leurs propres loisirs, pour effectuer tous leurs achats... Moins autonomes, d'autres ont fréquemment du mal à faire entendre, voire simplement à formuler leur insatisfaction. Là encore, les associations peuvent contribuer au repérage des besoins, à l'émergence de nouveaux services, à l'invention collective de solutions originales.


Il existe également un troisième type de territoires ruraux : ceux où l'offre de services parvient, grosso modo, à s'ajuster à l'évolution des besoins. Ceux qui s'y intéressent ne manquent généralement pas de souligner une caractéristique qui leur est commune : la vie associative y est intense.


Associations et services


Après cette grossière typologie des territoires ruraux, il convient maintenant de distinguer deux grands types de positionnement associatifs pour ce qui concerne l'émergence d'un nouveau service. Dans certains cas, l'association souhaite se charger de l'organisation de ce dernier. Dans d'autres, elle choisit au contraire de ne pas le faire, estimant que cette tâche incombe à l'Etat, à une collectivité locale, à une autre association ou à un entrepreneur privé.


Le premier positionnement est celui d'une multitude d'associations locales qui gèrent une grande variété de services. Ainsi, après avoir joué un rôle souvent pionnier, le mouvement associatif reste puissamment présent dans les secteurs du socio-sanitaire, de la culture, de l'environnement, des loisirs ou encore du périscolaire.


En revanche, certaines interventions associatives ne visent qu'à créer des conditions plus favorables pour qu'un service soit maintenu ou créé.


Ces deux positionnements correspondent à des logiques différentes, toutes deux parfaitement respectables. De plus, une association peut être amenée à passer de l'une à l'autre. Par exemple, alors qu'elle ne le souhaitait pas au départ, elle se retrouve dans l'obligation d'assumer durablement l'organisation du nouveau service. Ou bien, au contraire, certaines contraintes (ou le choix d'une autre priorité) la conduise à confier à d'autres la responsabilité d'un service qu'elle avait mis en route.


Il apparait ainsi qu'une association locale qui souhaite contribuer au développement d'un service est susceptible d'agir à des niveaux extrêmement divers. Dans certains cas, elle sera la plus efficace en concentrant ses efforts sur l'enrichissement du débat local ou sur l'accompagnement technique d'un projet lié à un thème qu'elle connaît bien. Dans d'autres cas, elle pourra utiliser ses compétences pour organiser un travail d'enquête, pour animer une réflexion collective, pour aider au montage de dossiers administratifs... Dans d'autres cas encore, il lui faudra initier la démarche et faire vivre durablement une nouvelle activité.


L'IFADGanges a conçu et développéle projet « Infos-Bus », mais cetteassociation n'a pas vocation àgérer son activité sur lelong terme : après avoir « couvé »,puis « porté » cette activité,l'IFAD Ganges souhaite qu'elle s'autonomise,y compris sur un plan statutaire.


Certains des services créésavec le soutien de l'AssociationSégala-Limargue bénéficient àdes collectivités locales ou àdes petites entreprises privées. Bienque les cas évoqués dansle présent document portent pourl'essentiel sur des services auxpersonnes, cet exemple conduit àsouligner qu'en milieu rural, la frontièren'est pas toujours bien visible entreservices aux personnes et services auxentreprises.


L'enjeu des services de proximité en milieu rural


Au moins trois raisons militent en faveur du développement des services de proximité en milieu rural.


. Il n'est plus guère possible de distinguer les attentes et aspirations des ruraux de celles des urbains. Ainsi, les territoires ruraux ne se situent pas à l'écart d'une tendance générale à la tertiarisation des activités et à « l'achat de temps » (par exemple, les plats préparés sont de plus en plus souvent préférés aux légumes à éplucher). De plus, qu'ils soient « de souche » ou « néo-ruraux », ceux qui vivent à la campagne n'ont aucune raison d'être moins exigeants que d'autres sur la qualité de l'enseignement, des activités périscolaires, des prestations médico-sociales, des manifestations culturelles, des transports, des télécommunications...


. Par ailleurs, les nouveaux résidents qu'accueillent nombre de territoires ruraux sont souvent très demandeurs de services de proximité. En effet, ces nouveaux arrivants comptent des proportions importantes de retraités et de jeunes parents continuant à travailler en ville. Cependant, les foyers à la fois aisés et demandeurs de prestations ne sont pas seuls à migrer vers la campagne : moins bien lotis financièrement et ayant plus particulièrement besoin de certains types de services (dans les domaines de l'emploi, de la formation des adultes, de l'aide sociale. de l'aide à la mobilité...), des chômeurs, des Rmistes ou des mères isolées se trouvent plus ou moins « exclus de la ville » ou bien estiment avoir plus de chances de s'en sortir en milieu rural.


. Enfin, outre cette fonction d'accueil permanent, le milieu rural ne cesse de voir croître sa fonction d'accueil temporaire. Cette réalité est bien connue dans sa dimension touristique, mais elle est également importante dans un registre socio-sanitaire.