Catalogue mis à jour
le 9 Février 2010
La Documentation française
La Documentation française,
Problèmes économiques
No 2.942
27 février 2008
DOSSIER :
Entreprise et risques
La notion de risque dans les entreprises aujourd'hui
Regards croisés sur l'entreprise - IGPDE
Pierre-Charles Pradier
Le risque, inhérent à l'activité économique et notamment à la notion de profit, est depuis longtemps un objet d'analyse de la théorie économique. Les économistes distinguent deux grandes classes de risques : les risques simples, aléatoires et les risques d'interaction. Si cette typologie semble limitée, dans la mesure où le classement d'un risque n'est pas toujours aisé, elle demeure néanmoins fondamentale pour l'appréhension théorique des risques. L'économiste américain Franck Knight a, quant à lui, établi une distinction devenue aujourd'hui classique entre le risque probabilisable, et de fait assurable, et le risque d'entreprise ou " incertitude ", et donc non assurable. Le profit correspond dès lors à la rémunération du risque pris à l'occasion de l'activité économique.
Dirigeants d'entreprise : les risques du métier
Risques
Muriel Fontugne
Les risques de mise en cause ou de condamnation d'un dirigeant d'entreprise ne cessent, ces dernières années, d'augmenter. Toutes les personnes physiques ou morales qui estiment avoir subi un préjudice, à la suite d'une faute de gestion d'un dirigeant, peuvent exercer une action en responsabilité civile contre ce dernier. De nombreux facteurs comme la réglementation croissante de l'environnement économique et social, l'accès plus facile aux sources d'information, la judiciarisation croissante de la vie des affaires, etc. expliquent cette évolution. L'assurance constitue dans ce contexte une protection financière indispensable pour les dirigeants d'entreprise.
Un risque à l'international multiforme
Accomex
Jacques Hogard
Si le risque est inhérent à l'activité entrepreneuriale, celui-ci s'accroît dès lors que l'entreprise décide de développer son activité à l'étranger. Dans un monde globalisé, en perpétuel, mutation, le risque à l'international, que l'on considère habituellement comme un " grand risque classique ", se complexifie et oblige les entreprises à chercher de nouvelles méthodes de prévention. Les sociétés d'intelligence économique et de renseignement, qui fournissent des informations sur l'environnement économique d'un pays ou d'une région du monde apparaissent alors comme un moyen de réduire l'incertitude, condition nécessaire au développement international d'une entreprise.
Coface : profession, évaluer les risques
Le Monde Économie
Adrien de Tricornot
L'évolution de l'économie mondiale a des répercussions positives ou négatives sur l'environnement des entreprises. Ces risques sont, pour les entreprises, difficilement maîtrisables. En France, la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface) évalue, au début de chaque année, les risques financiers dans le monde. Pour 2008, en dépit de la crise financière qui sévit depuis l'été 2007, elle ne prévoit pas de récession mondiale, mais seulement un ralentissement. Si la note des Etats-Unis, de l'Irlande, du Royaume-Uni et de l'Espagne s'est dégradée, ces pays étant placés " sous surveillance négative " par la Coface, la poursuite du dynamisme des pays émergents, notamment asiatiques devrait permettre de soutenir la croissance économique mondiale. Le risque souverain des pays en développement s'est par ailleurs nettement amélioré en raison de la forte croissance économique et de l'abondance des liquidités, notamment en Chine. Certains risques apparaissent toutefois dans plusieurs pays en développement comme le Vietnam et l'Ukraine.
Quelles stratégies pour les entreprises exportatrices face à la contrainte de l'euro ?
Le MOCI
Christine Gilguy
Avec l'envolée du cours de la monnaie européenne, certaines entreprises exportatrices redécouvrent le risque de change. Les industriels de l'aéronautique sont les premiers à avoir tiré la sonnette d'alarme. Pour une société comme Airbus dont 76 % des coûts sont en euros - alors que 60 % de ses ventes sont réalisées hors d'Europe, sur un marché où son seul concurrent est l'américain Boeing - un euro s'échangeant contre 1,50 dollar devient un problème crucial. Cette évolution du taux de change de la devise européenne ne laisse dès lors guère de choix à l'avionneur européen s'il veut rester compétitif : il lui faut délocaliser une partie de ses unités de production dans la zone dollar. C'est cette stratégie qu'ont commencé à évoquer les dirigeants d'EADS ou de Dassault Aviation ...
Prévenir le risque de conflit social
La Revue des sciences de gestion
Chantal Mornet-Périer
Si les risques auxquels doit faire face une entreprise émanent souvent de l'extérieur, le risque de conflit social prend en revanche naissance au sein de l'entreprise. Sa forte occurrence signifie que les méthodes de prévention de ce risque ne sont pas adaptées, voire inexistantes dans certains cas. Ce qui expliquerait que la question de la gestion du risque de conflit social dans l'entreprise en général (hormis le cas des grandes entreprises) soit peu étudiée. Il ressort de l'enquête menée par l'auteur, auprès de nombreuses petites et moyennes entreprises (PME), que l'apparition du conflit est considérée comme " soudaine ". Ainsi, les cadres, peu préparés, ont, pour y faire face, souvent recours aux compensations financières et aux aménagements du temps de travail. Afin de quitter le registre émotionnel auquel est généralement associée la gestion du risque de conflit social, il est nécessaire, selon l'auteur, pour la prévention de celui-ci, d'impliquer tous les acteurs de l'entreprise dans l'identification préalable des risques.
Risque terroriste : prévoir l'imprévisible !
The Economist
Les attentats terroristes du 11 Septembre 2001 qui, avec la destruction des tours du World Trade Center, ont frappé le cœur financier des Etats-Unis ont marqué l'entrée dans une nouvelle ère du terrorisme et montré à quel point les entreprises pouvaient être vulnérables face à ce risque. Quatre ans plus tard, les attentats de Londres ont rappelé que l'aléa terroriste était plus que jamais une réalité. Le montant des sinistres générés par ce type d'événements est d'une telle ampleur qu'il dépasse souvent aisément les capacités de dédommagement des compagnies d'assurance. Celles-ci ont d'ailleurs depuis les attaques de 2001 cherché à limiter leur couverture du risque terroriste : la mise en place de dispositifs de réassurance impliquant l'Etat est désormais devenue indispensable.
Les risques informatiques majeurs
Strategic Risk
Andrew Leslie
Les technologies de l'information et de la communication occupent aujourd'hui une place centrale, voire vitale dans la plupart des entreprises. Les responsables de la gestion des risques savent bien que les systèmes informatiques sont particulièrement vulnérables et les cyber-risques sont parmi ceux qu'ils redoutent le plus. Ces derniers présentent une grande diversité : de la propagation de virus à la fraude en passant par le piratage et les pannes matérielles ou de logiciels. Des risques nouveaux apparaissent en outre régulièrement, au gré des évolutions technologiques. En dépit de la menace souvent considérable que constituent les risques informatiques, il est relativement rare que les entreprises soient couvertes par des polices d'assurance spécifiques.
Activités industrielles : le " risque zéro " est une illusion...
Responsabilité et environnement - Annales des Mines
Michel Turpin
A la suite de l'explosion de l'usine AZF à Toulouse en 2001, une loi sur la maîtrise des risques industriels a été adoptée en 2003. Tous les grands groupes industriels ont désormais mis en place des systèmes de maîtrise des risques intégrés à leur gestion quotidienne. Les résultats concernant la sécurité sont publiés au même titre que leurs résultats financiers. Cette nouvelle gestion des grandes catastrophes dans l'industrie, davantage transparente, a contribué à diminuer la fréquence des accidents. Toutefois, si les méthodes probabilistes pour prévoir ce type de risques se sont développées, leur coût très élevé et la rareté des moyens matériels et immatériels requis empêchent les responsables d'aboutir au " risque zéro ".
Verdict de l'Erika, le préjudice écologique reconnu
Novethic.fr
Véronique Smée
Le naufrage de l'Erika au large des côtes françaises, en décembre 1999, a provoqué une des plus importantes pollutions maritimes de l'histoire et a entraîné la plus grande catastrophe ornithologique au monde jusqu'à ce jour. Huit ans après les faits, à l'issue du premier procès devant statuer en France sur les conséquences d'une catastrophe écologique de cette ampleur, le tribunal correctionnel de Paris a déclaré le groupe pétrolier Total coupable de pollution maritime et d'une faute d'imprudence. Pour les parties civiles et notamment les ONG (organisations non gouvernementales), la reconnaissance des deux principes fondamentaux que sont le " préjudice écologique " et le droit du " vivant non commercial " crée une nouvelle jurisprudence environnementale qui devrait faire date.
Réchauffement climatique : les entreprises sont sur la sellette
Rapport ParnterRe 2005
Erwann Michel-Kerjan
Les catastrophes (naturelles, terroristes, etc.) ont toujours existé, mais le nombre des événements à grande échelle, qui sont la caractéristique des " nouveaux risques ", ne cesse, depuis quelques années, d'augmenter. Le diagnostic scientifique sur le changement climatique ne fait aujourd'hui quasiment plus débat : les pertes (humaines, matérielles et financières), de plus en plus importantes, engendrées par les catastrophes naturelles, comme les inondations et les ouragans, sont provoquées par l'émission massive de gaz à effet de serre. Ainsi, au-delà des dommages directs, c'est notamment la responsabilité des entreprises dans ces phénomènes qui est incriminée.
La démarche de prévention des risques dans les entreprises, quel rôle pour l'Etat ?
Regards croisés sur l'entreprise - IGPDE
Jean Peyrot
La légitimité de l'intervention de l'Etat dans la gestion des risques au sein des entreprises privées reste une question en débat. Ainsi, pour les libéraux orthodoxes, cette intervention ne se justifie pas, puisque le marché se charge de sanctionner les risques mal évalués. Cependant, parfois, l'Etat ne peut laisser les forces du marché agir seules et se trouve contraint d'intervenir, comme cela a été le cas à la suite des attentats du 11 Septembre. De façon plus générale, concernant son rôle en matière de risque, l'Etat peut intervenir à plusieurs titres comme régulateur, actionnaire et contrôleur.
Gérer les risques " bio-sociaux " : l'Etat, un acteur central
Responsabilité et environnement - Annales des Mines
Yves Le Bars
Certaines entreprises peuvent mener des activités qui sont considérées comme présentant un danger potentiel pour la société : c'est le cas de la production d'organismes génétiquement modifiés (OGM) et de celle des nanotechnologies, pour lesquelles l'entreprise produit des risques " bio-sociaux " dont les effets, diffus sur le long terme, sont sujets à des controverses liées au développement durable. L'implication d'acteurs publics dans la maîtrise et la prévention de ce type de risque, via les politiques mises en œuvre dans les secteurs de l'environnement et de l'agriculture, est indispensable, mais l'insuffisante crédibilité accordée en la matière aux pouvoirs publics ne la facilite pas. L'enjeu, qui consiste ici à rendre aux décisions toute leur légitimité aux yeux de l'opinion publique, est donc avant tout politique.
Le développement durable : une solution pour prévenir les risques
Géoéconomie
Cécile Renouard
Les multinationales sont fréquemment accusées de violation des droits de l'homme (Gap, Nike, etc.) ou de dumping social. Leur irresponsabilité a également été mise au grand jour à la suite de désastres environnementaux et humains qui entachent l'image des entreprises. L'auteur revient ainsi sur la nécessité pour les firmes multinationales de prévenir le risque d'image ou de réputation en adoptant une véritable démarche de développement durable qui consiste notamment à assumer pleinement les responsabilités sociale (vis-à-vis des salariés) et sociétale (vis-à-vis de la société) qui incombent à l'entreprise du XXIe siècle.
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