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Entreprise, industrie

Le retour en grâce du capitalisme familial

Problèmes économiques
N°2971 - 13 mai 2009

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2009
Réf. : 3303332029716
48 pages, 21 x 27 cm

4,70

 

Problèmes économiques
No 2.971
13 mai 2009


DOSSIER :
Le retour en grâce du capitalisme familial

Gestion d'entreprise : en bon père de famille
Le Nouvel Economiste
Sovanny Chhun
Les entreprises familiales semblent mieux résister que les autres à la crise économique. Outre leur faible présence dans les secteurs particulièrement exposés aux turbulences, elles doivent leur bonne santé à une stratégie prudente, basée sur le long terme, à l'inverse des horizons plus courts et des effets de levier du capitalisme financier. Elles sont surtout implantées dans les services, le textile et l'alimentation et sont ainsi moins affectées par les cycles qui bouleversent régulièrement des secteurs comme la finance ou l'énergie. Souvent peu endettées, elles suscitent à nouveau - sous l'effet de la crise - l'intérêt des investisseurs qui les avaient délaissées par crainte que la gestion en " bon père de famille " ne se transforme en gestion " pépère ".

Les entreprises familiales : un ensemble très hétérogène
La Revue des Sciences de Gestion
Jean-Jacques Croutsche et Basile Ganidis
Les entreprises familiales forment un groupe très hétérogène. Cet élément est souvent négligé quand il s'agit d'analyser la rationalité de la gestion ou la performance économique et financière de ce type de firmes. A partir d'une étude empirique, les auteurs démontrent les similitudes et les différences des entreprises familiales. Ces dernières concernent notamment la taille, la part de capital détenue par la majorité familiale et le marché de cotation choisi par ces entreprises. Pour cerner précisément le concept d'entreprise familiale, les auteurs proposent comme critères la part du capital et le pourcentage de voix qui reviennent à la majorité familiale. Par exemple, plus la taille de l'entreprise est grande, moins sont importants ces deux éléments et vice versa.

La famille entrepreneuriale : un autre capitalisme
Alain Bienaymé
Cahiers de recherche de l'EURISCO
Sur le plan de la rationalité des conduites, l'entreprise et la famille s'opposent très nettement : tandis que la première est animée par une logique instrumentale, visant surtout le résultat, la famille, quant à elle, est davantage gardienne de valeurs éthiques. La famille entrepreneuriale représente l'opportunité de réunir les deux tendances, comme le montre la stratégie patrimoniale poursuivie par la plupart de ces entreprises. Un membre d'une firme familiale est à la fois épargnant, créancier, actionnaire, décideur et parent d'un ou de plusieurs enfants. Pour assurer la survie et l'indépendance de l'outil professionnel, les entrepreneurs familiaux visent la pérennisation. Ainsi, l'entreprise familiale parvient à concilier trois variantes du comportement des agents économiques, soit respectivement la désertion, la revendication et la fidélité. Elle représente alors une forme d'organisation capitaliste qui s'accorde parfaitement aux défis de notre époque.

Capital social, gouvernance et efficacité: y a-t-il une spécificité de l'entreprise familiale ?
Régis Coeurderoy et Albert B.R. Lwango
Document de travail du CRECIS
La littérature concernant les entreprises familiales met en avant son capital social en tant qu'actif spécifique. Celui-ci est - en référence aux entreprises non familiales - caractérisé par une stabilité plus grande, des interactions plus fréquentes et une interdépendance plus forte entre les membres dirigeants. Il en résulte un mode de gouvernance qui a l'avantage d'économiser des coûts d'agence, car il est basé sur la confiance et la reconnaissance mutuelles. Le point critique que connaît toute entreprise familiale est cependant le moment de sa transmission à une autre génération. Lorsque le fondateur se retire, les avantages du capital social liés à la famille peuvent se transformer en contraintes. Cela pourrait expliquer la difficulté qu'éprouvent de nombreuses entreprises familiales à passer aux mains de la seconde génération.

Capitalisme familial, capitalisme d'héritiers ?
Horizons stratégiques
Frédéric Lazorthes
Les entreprises familiales font l'objet d'un certain regain d'intérêt. Cette tendance s'explique largement par les caractéristiques positives qu'on leur attribue : souvent peu endettées, menant une stratégie prudente du long terme, elles sont considérées comme plus humaines et offrent une sécurité d'emploi plus grande. Cette vision positive est néanmoins nuancée par Thomas Philippon dans son livre Le capitalisme d'héritiers. Si les entreprises familiales parviennent à limiter les conflits sociaux, particulièrement lorsque la méfiance domine les rapports entre les partenaires sociaux, elles peuvent aussi être un obstacle au renouvellement des élites managériales. Le capitalisme familial, quand il se transforme en capitalisme d'héritiers et confie systématiquement le management à un parent, peut ainsi décourager d'autres agents économiques entreprenants et priver l'économie de talents nouveaux.


Egalement dans ce numéro

MARCHE DU TRAVAIL
Vers un système de flexicurité en France ?
Ecoflash
Matthias Knol et Delphine Pouchain
La crise économique a provoqué une hausse brutale du taux de chômage qui a atteint, en France, début 2009 près de 10 %. Si cette tendance se poursuit, la politique de relance adoptée par le gouvernement pour lutter contre la crise pourrait être moins efficace que prévu. Le modèle de " flexicurité " danois - qui concilie flexibilité de l'emploi, sécurité du travailleur et accompagnement des actifs -, considéré par nombre d'économistes comme une des voies les plus prometteuses pour lutter contre le chômage, est-il vraiment exportable ? Si la flexibilité de l'emploi dans les entreprises françaises s'est accrue, la sécurisation des parcours professionnels n'est pas comparable à ce qui prévaut dans les pays nordiques. En cela, la politique de l'emploi en France tendrait davantage à se rapprocher du modèle anglo-saxon du workfare.

ECONOMIE URBAINE
Plus une ville est référencée sur l'Internet, plus elle rayonne mondialement
La Revue des Sciences de Gestion
Jérôme Baray
A l'heure de la globalisation, les villes deviennent des acteurs économiques majeurs qui se livrent une concurrence sans merci. On évalue généralement la compétitivité d'une ville à l'aide de critères économiques, comme le degré de diversification ou de spécialisation des activités, la production de services, etc. Dans un monde globalisé, les villes cherchent avant tout à se doter des moyens de " rayonner " à l'international. Pour ce faire, elles mettent en œuvre des stratégies marketing pour lesquelles l'Internet est désormais devenu l'outil privilégié.

SECTEURS
L'évolution de l'activité des cafés-tabacs depuis dix ans
INSEE première
Nicolas Le Ru et Xavier Niel
L'activité des cafés-tabacs a beaucoup fluctué ces dernières années. Entre 1997 et 2003, leur chiffre d'affaires a nettement augmenté. La consommation soutenue, ainsi que la hausse des prix du tabac et des consommations servies dans les cafés, plus rapide que l'inflation, expliquent cette évolution. Cette phase a pris fin en 2003 à la suite de la forte hausse des prix du tabac (+ 30 %) et des actions de prévention dans le cadre de la lutte anti-tabac. La consommation de cigarettes a ainsi baissé d'un tiers. Le chiffre d'affaires des bars-tabacs a alors chuté puis stagné, mais il a continué sa progression en valeur. Cette dernière s'est néanmoins interrompue en 2007 avec l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer dans les lieux publics. En dix ans, le nombre de cafés-tabacs a diminué de 16 %.


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