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La guillotine, symbole de la mise à mort légale en France depuis la Révolution

Réagir contre une double injustice

Exécution de Doré et Berland - La sortie de la Roquette
Exécution de Doré et Berland
La sortie de la Roquette
Le Petit Journal, samedi 8 août 1891
Source : Musée national des prisons - Direction de l'administration pénitentiaire - Ministère de la Justice

Quand il s'agit, sous l'Ancien régime, de mettre à mort un condamné, le bourreau a à sa disposition les procédés les plus variés et barbares : la potence, le bûcher, la roue, l'écartèlement, et - exclusivement réservée à l'usage des nobles - la décapitation.

Or, le bourreau n'est pas toujours adroit et inflige souvent d'inutiles tortures à ses patients. Par ailleurs, cette inégalité jusque dans la mort choque des révolutionnaires de 1789.

C'est contre cette double injustice que le docteur Guillotin, député à la Constituante, se propose de réagir. Le 10 octobre 1789, il prend une première fois la parole pour demander que la loi soit égale pour tous et qu'aux mêmes crimes soit appliquée la même peine. Il revient à la charge le 1er décembre suivant, en proposant de rédiger ainsi l'article relatif à la peine de mort : "Le criminel sera décapité ; il le sera par l'effet d'un simple mécanisme."

Le Code pénal de 1791 précise que "tout condamné à mort aura la tête tranchée", suivant une formule devenue célèbre.

LE DOCTEUR GUILLOTIN
Joseph-Ignace Guillotin (1738-1814), docteur en médecine, était député à l'Assemblée nationale constituante. Il proposa en 1789 un nouveau mode de châtiment égalitaire et rapide pour les condamnés à mort, mais ne fut nullement, en réalité, l'inventeur de la machine qui porte son nom.

"Un simple mécanisme"

Exécution de Doré et Berland - La guillotine
Exécution de Doré et Berland
La guillotine
Le Petit Journal, samedi 8 août 1891
Source : Musée national des prisons - Direction de l'administration pénitentiaire - Ministère de la Justice

C'est alors à Antoine Louis, secrétaire perpétuel de l'Académie de chirurgie, que l'on s'adresse pour la réalisation de ce "simple mécanisme". N'ignorant sans doute pas l'existence ancienne d'instruments à décapiter en Europe, il conçoit une machine et s'adresse d'abord au charpentier du Domaine pour la construire. Devant un devis jugé excessif, on se tourne vers un facteur de clavecin allemand du nom de Tobias Schmidt.

Le premier essai de cette machine a lieu à l'hôpital de Bicêtre, le 17 avril 1792, sur trois cadavres. Le résultat est jugé satisfaisant. Le nouveau châtiment devant être exemplaire, la machine est juchée sur une haute estrade, un "échafaud".

La première exécution utilisant le nouvel instrument intervient quelques jours après. Le 25 avril 1792, sur la place de Grève à Paris, Nicolas Pelletier est décapité.

De la "mirabelle" à la "guillotine"

L'imagination populaire en cette fin de XVIIIème siècle est particulièrement fertile, colportée à travers le pays notamment par la chanson. La nouvelle machine à décapiter reçoit ainsi de nombreuses appellations populaires, comme la "mirabelle", en hommage à Mirabeau, ou encore la "louisette" ou la "louison", pour honorer son créateur, le chirurgien Antoine Louis.

LES SURNOMS DE LA GUILLOTINE
LOUISETTE : surnom donné sous la Révolution (dérivé d'Antoine Louis).
LOUISON : surnom donné sous la Révolution (dérivé d'Antoine Louis).
MIRABELLE : surnom donné sous la Révolution (dérivé de Mirabeau).
MONTE-À-REGRET (LA) : surnom donné sous la Révolution.
RASOIR NATIONAL (LE) : surnom donné sous la Révolution.
VASISTAS (LE) : surnom donné sous la Révolution.
VEUVE (LA) : surnom donné sous la Révolution.
LUCARNE (LA) : surnom donné au XIXème siècle.
MASSICOT (LE) : surnom donné au XXème siècle.
BÉCANE (LA) : surnom donné au XXème siècle.

 

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