La vision du corps médical est claire : environ 15 % des personnes de plus de 80 ans deviennent dépendantes. C'est un aléa de la vie, comme le handicap ou la maladie. Or, les projections démographiques, concernant notamment l'accession prochaine à cette tranche d'âge de la génération nombreuse née au lendemain de la Seconde guerre mondiale, celle des babyboomers, devenus des papyboomers, prévoient un triplement du nombre de personnes âgées de plus de 85 ans d'ici 2050. D'où l'urgence de trouver des solutions pérennes de prise en charge de ces personnes. Ainsi, dans son article "Quelle réforme pour le cinquième risque"? paru dans la revue Regards sur l'actualité n°366 (décembre 2010 La Documentation française), Stéphane le Bouler note que

« Les coûts de la prise en charge de la dépendance sont à la fois le résultat de la progression de la population de personnes âgées en perte d'autonomie, de la progression des volumes d'aide et de soins nécessaires, compte tenu de l'état de santé des personnes prises en charge, des capacités de l'entourage, et de la montée en gamme des équipements et services.

Deux chocs démographiques successifs …

Le Kouglof traditionnel

Le Kouglof traditionnel.

Photo : Françoise Saur © La Documentation française

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Les projections démographiques et épidémiologiques courantes font état d'une augmentation de l'ordre de 25 % des effectifs de personnes âgées dépendantes de plus de 75 ans d'ici 2025. Au-delà de 2025, la pente s'accentue, avec l'arrivée à l'âge de la dépendance des générations du baby boom. Ce n'est donc pas un choc démographique qu'il s'agit d'absorber d'ici 2050 mais deux. On conçoit que les réponses ne soient pas les mêmes dans les deux cas, ne serait-ce qu'en raison du temps de préparation disponible, qui n'existe qu'à long terme. Quand on parle de réformer la prise en charge de la dépendance, il importe de bien préciser quelle période on évoque.

Au-delà de la progression récente et attendue des effectifs, les rapports d'expertise [...] s'accordaient sur la nécessité de consentir un effort de rattrapage non seulement en termes de volumes d'équipements et de services mais aussi en termes de qualité de la prise en charge, à travers notamment les taux d'encadrement en personnels au sein des structures. »

… mais une diminution du nombre d'années en dépendance

Elections municipales à Paris, 11 mars 2001

Elections municipales à Paris, 11 mars 2001.

Photo : Guy Hersant © La Documentation française

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Dans un entretien mené par la rédaction de cette même revue, Olivier Ferrand souligne également que :

« Le premier enjeu financier [du dossier de la dépendance, ndlr] repose sur la démographie, avec une forte augmentation à venir du nombre de personnes âgées susceptibles d'être atteintes d'incapacités physiques ou psychiques, soient celles âgées de 85 ans et plus. On compte aujourd'hui en France 1,4 million de personnes âgées de 85 ans et plus, en 2020 elles seront 2,1 millions, ce qui représente une augmentation de 66 %. Après 2020, l'augmentation s'accélère avec l'arrivée des babyboomers à cet âge. On prévoit 4,8 millions de plus de 85 ans en 2050 soit plus du double de 2020. Toutes ces personnes ne vont pas devenir dépendantes, loin de là. D'ici 2025, selon les projections de l'Insee, le nombre de personnes âgées dépendantes de plus de 75 ans devrait connaître une augmentation de 20 % en passant de 740 000 personnes à 920 000. Les progrès médicaux font reculer l'âge de la dépendance, ainsi le nombre d'années en dépendance, contrairement à ce que l'on croit, diminue à l'heure actuelle. La situation est donc sérieuse mais maîtrisable. Un milliard d'euros permettrait de couvrir le simple accroissement démographique d'ici 2020. »

Mis à jour le 19/05/2011

 

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