Le contexte

Passation des pouvoirs entre Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, le 21 mai 1981 au Palais de l'Elysée

Passation des pouvoirs entre Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, le 21 mai 1981 au Palais de l'Elysée.

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  • A gauche comme à droite, c’est la division qui l’emporte.
  • L’union de la gauche a volé en éclats à l’automne 1977. Les partis de gauche sont défaits aux élections législatives de mars 1978 et au PS, François Mitterrand est fortement contesté par Michel Rocard qui déclare ses ambitions présidentielles. En vain, car le PS fera de François Mitterrand son candidat ; c’est sa troisième tentative. Le PCF est représenté par son secrétaire général, Georges Marchais et les radicaux de gauche par Michel Crépeau, député-maire de La Rochelle. A l’extrême gauche Huguette Bouchardeau représente le PSU et Arlette Laguiller Lutte ouvrière.
  • A droite, Valéry Giscard d’Estaing termine son premier mandat, mais sa majorité parlementaire est fragilisée. Le RPR derrière Jacques Chirac se montre de plus en plus critique à l’égard de la politique économique et européenne suivie par le Président et son Premier ministre Raymond Barre. Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac seront concurrents au premier tour auquel se présentent aussi Michel Debré, ancien Premier ministre du général de Gaulle de 1959 à 1962, et Marie-France Garaud ancienne conseillère de Georges Pompidou et Jacques Chirac.
  • Brice Lalonde représente le mouvement écologiste.

Innovations et particularités

 Le Président Mitterrand salue le Président de l’Assemblée nationale Jacques Chaban-Delmas et le Président du Sénat Alain Poher, 21 mai 1981

Le Président Mitterrand salue le Président de l’Assemblée nationale Jacques Chaban-Delmas et le Président du Sénat Alain Poher, 21 mai 1981.

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  • L’encadrement juridique de la campagne électorale est renforcé.
  • Dans le domaine de la propagande, la loi interdit la publicité commerciale par voie de presse pendant la campagne électorale.
  • La loi du 19 juillet 1977 interdit la publication de sondage dans la dernière semaine précédant chaque tour de scrutin et le jour du vote. Une Commission des sondages est créée afin de contrôler le respect de la législation et de veiller à la fiabilité technique et à la transparence des enquêtes. Ce qui n’empêche nullement leur développement spectaculaire.
  • Afin d’éviter la multiplication des candidatures comme en 1974, le nombre d’élus devant parrainer les candidats passe de 100 à 500 provenant d’au moins 30 départements, les signatures émanant d’un même département ne pouvant pas dépasser le 1/10e du total des 500. Autre innovation : la liste des parrains est rendue publique.
  • C’est la première élection où à gauche, en particulier au PS, les armes du marketing politique sont totalement intégrées. 1981 s’inscrit dans les mémoires par l’affiche de "la force tranquille".
  • Du fait de l’abaissement de la majorité électorale de 18 à 21 ans, le nombre d’inscrits sur les listes électorales est passé de 30,6 à 36,3 millions d’électeurs.
  • C’est la première élection, à l’exception de celle de 1965 (mais celle de 1958 n’était pas au suffrage universel direct), où un Président sortant se représente.
  • C’est la première élection qui enregistre le déclin électoral du PCF : Georges Marchais totalise 15 % des suffrages, alors qu’aux élections législatives de 1978 les candidats communistes avaient recueilli 20,6% des voix.
  • Pour la première fois un Président de gauche est élu (François Mitterrand : 51,8 %). Un mois plus tard, le PS obtient la majorité absolue à l’Assemblée nationale. L’alternance politique est complète ; c’est la première fois depuis 1958.
  • La défaite de Valéry Giscard d’Estaing redonne aux gaullistes et particulièrement à Jacques Chirac le leadership de l’opposition.

Les résultats

Résultats du 1er tour : 26 avril 1981

Résultats du 1er tour : 26 avril 1981
 

Suffrages

% des inscrits

% des exprimés

Inscrits

36 398 859

100,0

 

Votants

29 516 082

81,1

 

Suffrages exprimés

29 038 117

79,8

100,0

Huguette Bouchardeau

321 353

0,9

1,1

Jacques Chirac

5 225 848

14,4

18,0

Michel Crépeau

642 847

1,8

2,2

Michel Debré

481 821

1,3

1,7

Marie-France Garaud

386 623

1,1

1,3

Valéry Giscard d'Estaing  

8 222 432

22,6

28,3

Arlette Laguiller

668 057

1,8

2,3

Brice Lalonde

1 126 254

3,1

3,9

Georges Marchais

4 456 922

12,2

15,3

François Mitterrand

7 505 960

20,6

25,9

> Proclamation des résultats du 1er tour par le Conseil constitutionnel (décision du 29 avril 1981)

Résultats du 2nd tour : 10 mai 1981

Résultats du 2nd tour : 10 mai 1981
 

Suffrages

% des inscrits

% des exprimés

Inscrits

36 398 762

100,0

 

Votants

31 249 552

85,9

 

Suffrages exprimés

30 350 568

83,4

100,0

Valéry Giscard d'Estaing

14 642 306

40,2

48,2

François Mitterrand

15 708 262

43,2

51,8

> Proclamation des résultats du 2nd tour par le Conseil constitutionnel (décision du 15 mai 1981)

Carte de France représentant les départements dans lequels François Mittérand est majoritaire et ceux où Valéry Giscard d'Estaing est majoritaire lors du scrutin du 10 mai 1974

 

Source : Pierre Bréchon, La France aux urnes - Edition 2009, Les Etudes de la Documentation française

Mis à jour le 29/03/2012

 

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