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Les cinq pays candidats

Carte de l'élargissement de l'Europe.

Carte de l'élargissement de l'Europe.
© Dila

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Les négociations d'adhésion avec la Turquie et la Croatie ont été lancées en octobre 2005, avant même l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie en janvier 2007. Ayant été menés à bien assez rapidement pour la Croatie, entrée dans l'Union le 1er juillet 2013, les pourparlers avec la Turquie s'annoncent beaucoup plus longs et complexes.
Le Conseil européen a décidé d'ouvrir les négociations d'adhésion avec l'Islande en juin 2010. Par ailleurs, l'Union européenne a officiellement accepté la demande d'adhésion de l'ancienne République yougoslave de Macédoine, sans pour autant fixer de date pour l'ouverture des négociations, ainsi que celle du Monténégro, intronisé candidat en décembre 2010.
La Serbie, quant à elle, a obtenu le statut de candidat à l'Union européenne, le 1er mars 2012, après la signature d'un accord de coopération régionale  le 24 févier 2012 avec le Kosovo.

C'est le Conseil qui décide à l'unanimité d'octroyer ou non le statut de candidat au pays demandeur, ce qui constitue une étape clé dans le chemin vers l'adhésion. Avant de pouvoir entrer dans l'UE, tout pays candidat doit être pourvu d'un régime démocratique stable et d'institutions basées sur la primauté du droit et le respect des droits de l'homme.
Le statut de candidat donne accès à l'ensemble des programmes de l'instrument de préadhésion (IPA), et permet d'être associé à certaines activités de l'UE. Cependant la reconnaissance du statut de candidat est distincte de l'ouverture des négociations proprement dites, qui font elles-mêmes l'objet d'une décision à l'unanimité.

La Macédoine (ARYM)

macedoine

Vue d'Ohrid en Macédoine.

© CE.

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Capitale : Skopje
Superficie : 25 713 km²
Population : 2 millions
PIB par habitant (2012) : 4 570 dollars

« Bien que l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) soit l’Etat des Balkans occidentaux ayant la relation contractuelle avec l’Union européenne la plus ancienne et, jusque récemment, la plus avancée, elle voit avec inquiétude ses partenaires régionaux combler leur retard ou la dépasser. (…) Malgré l’octroi du statut de pays candidat en décembre 2005 et les recommandations positives de la Commission européenne depuis 2009, le Conseil s’est jusqu’à présent abstenu de fixer une date d’ouverture de négociations d’adhésion avec Skopje, faute d’accord de la part d’Athènes. » (in Renaud Dorlhiac "La République de Macédoine : de célébrations ambigües en interrogations légitimes", Questions internationales, n° 55, mai-juin 2012, La Documentation française)
Zoï Muletier analyse pour sa part le contentieux gréco-macédonien ainsi que les tensions intercommunautaires qui entravent la candidature macédonienne ( "L'Europe en zone de turbulences" (Questions internationales, n°45, septembre-octobre 2010, La Documentation française) : « Celle-ci reste bloquée par la Grèce qui s'oppose à l'emploi du nom de Macédoine, qui est aussi celui d'une région grecque. Depuis 1995, l'ONU, par la voix de son envoyé personnel pour les pourparlers entre la Grèce et l'ARYM tente d'arbitrer le différend et propose des dénominations susceptibles de convenir aux deux parties. La Grèce insiste sur la nécessité d'un terme comportant une indication géographique pour "éviter la confusion avec la Macédoine grecque et mettre fin à la politique irrédentiste et aux revendications territoriales de l'ARYM", tandis que l'ARYM voudrait que soit rendue possible une formule de "double nom", utilisé en fonction des circonstances et des interlocuteurs. Dans une zone où la question de la nation demeure sensible, le nom devient ainsi un enjeu politique source de tensions régionales.
À ce différend s'ajoute le problème de la stabilité à long terme d'un État en proie aux revendications de ses minorités. Si, depuis l'accord-cadre d'Ohrid signé en 2001, la population albanaise (25,2 % de la population selon le dernier recensement de 2002) a vu ses droits consolidés, les rapports restent tendus, la Commission appelant ainsi en 2009 les autorités à "redoubler d'efforts pour encourager l'intégration des minorités ethniques du pays, en particulier dans le système éducatif". »

 

Le Monténégro

montenegro

José Manuel Barroso (à g.) président de la CE et Filip Vujanovic, président du Monténégro, avril 2011.

© CE.

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Capitale : Podgorica
Superficie : 13 812 km²
Population (2011) : 620 000 habitants
PIB par habitant (2012) : 6 800 dollars

« Etat jeune et relativement méconnu, le Monténégro a distancé en quelques années la plupart de ses voisins balkaniques sur la voie de l'Union européenne. En juin 2012, il a entamé la dernière ligne droite avant l'adhésion en lançant le processus final de négociations. Son parcours, remarquable, a bénéficié d'un engagement résolu de la part de la classe politique monténégrine et a su s'appuyer sur un soutien populaire massif. (...) Proclamé indépendant en 2006 et immédiatement reconnu par l'Union européenne, le Monténégro a établi au plus vite des relations avec Bruxelles et la plupart des capitales européennes. Il est ainsi parvenu à signer un accord de stabilisation et d'association dès 2007. Cet accord est entré en vigueur en janvier 2010 et dès le mois de décembre de la même année, le Conseil européen accordait au pays le statut de candidat. » (in Florent Marciacq, "Le Monténégro en route vers l'intégration européenne", Questions internationales, n° 61-62, mai-août 2013).

L'Islande

islande-rue

Rue de Reykjavik.

© CE.

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Capitale : Reykjavík
Superficie : 103 125 km²
Population (2011) : 319 000 habitants
PIB par habitant (2012) : 42 658 euros

La candidature islandaise à l’Union européenne a été retardée par la crise financière de 2008 mais également par le manque de soutien de la population à la décision d’adhésion. Selon le ministère français des affaires étrangères, « Dès le 27 juillet 2009, le Conseil affaires générales et relations extérieures islandais décidait de transmettre la candidature de l'Islande à la Commission européenne. Le gouvernement islandais tablait alors sur un traitement rapide de sa candidature. Or à l'évidence, les soubresauts du contentieux Icesave [contentieux opposant l'Islande aux gouvernements britannique et néerlandais à propos de la faillite de Landsbanki, première banque islandaise et maison-mère de Icesave] et surtout le vote négatif des Islandais lors des référendums des 6 mars 2010 et 9 avril 2011 ont perturbé le calendrier. Néanmoins, le Conseil européen du 17 juin 2010 avait donné son accord à l'ouverture des négociations de candidature. La procédure de criblage avait commencé en novembre 2010, et s'est achevée en juin 2011. (…) Lors des élections législatives d’avril 2013, la question de l’entrée dans l’UE s’est retrouvée au centre  des débats électoraux. Il s’est avéré que les Islandais étaient dans leur majorité (60% selon les sondages) hostiles à l’entrée dans l’Union Européenne, mais néanmoins favorables (à 62 %) à la poursuite du processus de négociation. L’arrivée au pouvoir d’une coalition de deux partis hostiles à l’adhésion reflète cet état de l’opinion publique et a conduit le nouveau gouvernement à interrompre les négociations et à dissoudre le comité de négociation.
Sur le plan économique, l'Islande a subi durement les conséquences de la crise financière mondiale de septembre 2008. Pays le plus pauvre d'Europe il y a encore 70 ans, l'Islande se trouvait avant l'automne 2008, parmi les plus riches du monde (6ème des pays de l'OCDE), avec une croissance de 4,9 % pour 2007, un taux de chômage de 2,3 % et un budget de l'Etat excédentaire de 5,5 % du PIB. Globalement, la chute du revenu disponible des ménages a atteint 19,9 % en 2009 et 15,8 % en 2010. Depuis, l’économie islandaise semble s’être rétablie : les données pour l’année 2012 font état d’une progression du PIB (1,6 %) et d’une baisse du chômage (maintenant à 6 %) pour la deuxième année consécutive. »

Le cas particulier de la Turquie

istanbul

Rivages du Bosphore à Istanbul.

© Marie-Christine Saubole-Gallon.

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Capitale : Ankara
Superficie : 780 580 km²
Population : 72,9 millions
PIB par habitant (2012) : 10 600 dollars

"Comprendre l'Union européenne" (Formation, Administration, Concours, sous la direction de Jean-Marc Sauron, La Documentation française) s'intéresse au cas particulier de la Turquie.
« Les négociations d'adhésion entre l'UE et la Turquie sont un processus porteur de transformations profondes pour les deux parties et se heurtent à des obstacles importants. Ainsi, si le statut de candidat de la Turquie a été reconnu en 1999, lors du Conseil européen d'Helsinki, ce n'est qu'en décembre 2004 qu'un accord a pu être trouvé à l'arraché. (…)
 La Turquie s'était vu reconnaître une perspective européenne dès l'accord d'association de 1963 (sous une forme similaire à la Grèce, qui avait conclu un accord d'association avec la CEE en 1964), mais elle n'a déposé formellement sa candidature qu'en 1987, en grande partie en raison de troubles internes récurrents (notamment plusieurs coups d'État). (…)

Un critère politique partiellement rempli

La décision du Conseil européen de décembre 2004 relative à l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie a été prise bien que le critère politique ait été incomplètement rempli. Les conclusions précisent que "la Turquie remplit suffisamment (et non "complètement") les critères politiques de Copenhague pour que soient ouvertes les négociations d'adhésion", laissant ainsi de nombreuses questions épineuses à traiter : réforme judiciaire, protection effective des droits des citoyens, lutte contre la torture et les mauvais traitements, liberté d'expression et de religion (article 301 du code pénal), respect et protection des minorités, renforcement des droits culturels, des droits des femmes, des enfants, des syndicats, politiques anti-discrimination, etc. (…).

La question non résolue de Chypre

Suite à leur déclaration du 21 septembre 2005, les 25 ont décidé, en décembre 2006, de conditionner l'ouverture de certains chapitres ainsi que la clôture provisoire de tout chapitre à la mise en œuvre intégrale et non discriminatoire du protocole additionnel d'Ankara, en particulier en ce qui concerne l'accès aux ports et aux aéroports turcs pour les navires et aéronefs chypriotes. Au total, si 13 chapitres [sur 35] sont ouverts, l'ouverture de pas moins de 17 chapitres est bloquée et aucun autre chapitre que sciences et recherche ne peut être provisoirement clos tant que le protocole d'Ankara ne sera pas appliqué par la Turquie. »

Voir, à ce sujet, notre dossier : La Turquie entre Europe et Asie

La Serbie

Saint_Sava_et_Partizan_stadium

Cathedrale de Saint Sava et bibliothèque nationale à Belgrade.

© Wikimedia Commons

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Capitale : Belgrade
Superficie : 77 474 km²
Population  : 7,1 millions 
PIB par habitant (2012) : 5 300 dollars

Depuis la chute du Président Slobodan Milosevic en octobre 2000, les autorités de Belgrade (successivement République fédérale de Yougoslavie, État commun de Serbie-et-Monténégro puis République de Serbie) ont fait de leur retour dans la communauté internationale et de leur rapprochement européen des priorités. Il existe en effet un consensus en Serbie en faveur de l'adhésion à l'Union européenne et des réformes qu'elle implique.

La réélection du pro-européen Boris Tadic à la tête de l'État en février 2008 a facilité la poursuite du rapprochement entre la Serbie et l'Union européenne. L'arrestation en juillet 2008 du criminel de guerre Radovan Karadzic, depuis jugé à La Haye, a en effet témoigné des efforts faits par la Serbie dans son engagement européen, efforts déjà récompensés en avril 2008 par la signature d'un Accord de stabilisation et d'association (ASA). La ratification de ce dernier par les États membres restait en revanche tributaire de la poursuite de la coopération avec le TPIY (Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie) et notamment de l'arrestation de Ratko Mladic et de Goran Hadzic, inculpés pour génocide et crimes contre l'humanité. Ces derniers seront finalement arrêtés par la police serbe en 2011.
Belgrade a par ailleurs largement normalisé ses relations avec ses voisins (Croatie, Bosnie-Herzégovine et Albanie), même si plusieurs questions restent en suspens (réfugiés, frontières. Les autorités serbes soutiennent  désormais les accords de Dayton, condamnent le massacre de Srebrenica et appellent à juger tous les criminels de guerre.

Reste le problème du Kosovo, ancienne province serbe à majorité albanaise dont la Serbie ne reconnaît pas l'indépendance (proclamée en février 2008). Les progrès dans les relations entre la Serbie et le Kosovo sont désormais le critère-clé pour la poursuite du processus d’adhésion. Ainsi, ce n’est qu’après la signature d'un accord de coopération régionale avec le Kosovo, le 24 février 2012, que la Serbie a obtenu le statut de candidat à l'Union européenne, le 1er mars 2012. Puis, au lendemain d’un second accord conclu le 19 avril 2013 et concernant les municipalités serbes du nord du Kosovo, le Conseil européen de juin 2013 a décidé l’ouverture des négociations d’adhésion, sans toutefois préciser de date, tandis que l’Accord de stabilisation et d’association entrait en vigueur le 1er septembre 2013.

Sources : Ministère des affaires étrangères, Sénat : rapport d’information sur la perspective européenne de la Serbie

Mis à jour le 23/01/2014

 

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