jardins-maison-blanche

Les jardins de la Maison Blanche à Washington.

Trait culturel dominant, aux États-Unis l'argent est considéré comme un moyen de liberté. La Cour suprême, dans sa jurisprudence, a fait de la liberté de dépenser en matière électorale un accessoire de la liberté d'expression garanti par la Constitution. La course aux voix est donc devenue pour les candidats une véritable course aux dollars.

Pour financer leur campagne électorale, les candidats des principaux partis ont recours à des fonds d'origine publique et privée. Le financement public, régi par le Federal Election Campaign Act (FECA) de 1971 et par le Revenue Act de 1971, prend la forme d'une subvention fédérale aux principaux candidats financée notamment par un prélèvement sur une partie des impôts des contribuables. La Federal Election Commission (FEC) est l'agence indépendante chargée d'appliquer et de faire respecter cette réglementation.

En fait, plus des trois quarts des sommes dépensées au cours d’une campagne sont d'origine privée. Jusqu'en 2002, les contributions versées aux partis politiques par des particuliers étaient limitées à 1000 dollars et celles en provenance des entreprises, groupes de pression ou syndicats étaient illimitées.

Le 20 mars 2002, conséquence du scandale Enron, le Congrès américain a voté une nouvelle loi réformant le mode de financement des campagnes électorales (dite « loi McCain-Feingold » du nom de ses initiateurs). Cette loi autorisait les dons de particuliers aux appareils politiques jusqu'à 2000 dollars mais prohibait désormais purement et simplement les contributions directes des entreprises, groupes de pression et syndicats. Ces derniers gardent toutefois le moyen de soutenir financièrement un candidat via des comités d'action politique (PAC), mais ces dons sont plafonnés, contrôlés et publics.

Pour l’élection de 2008, les contributions individuelles à un candidat à la présidence ont été plafonnées à 4 600 dollars (2 300 dollars pour les primaires et 2 300 dollars pour l’élection générale). Le comité de campagne de chaque candidat doit indiquer à la FEC toutes les contributions financières qu’il a reçues et toutes les dépenses qu’il a engagées. Il doit en outre indiquer le nom de toute personne dont la contribution est supérieure à 200 dollars.

Les dépenses consacrées aux campagnes n'ont cessé de croître d'une élection présidentielle à l'autre. Tous les records ont été battus pour le scrutin de 2008 puisque l’ensemble des candidats avait déjà récolté pour les primaires plus de un milliard de dollars. Face à l’abondance des fonds qu’il a recueillis pendant sa campagne, le candidat démocrate Barack Obama a refusé sa quote-part de financement public (soit 85 millions de dollars) et ce afin de répondre aux attaques et publicités négatives des groupes indépendants et ne pas être obligé de limiter ses dépenses électorales (puisque fonds publics et privé sont liés). Au moment de l’élection le 4 novembre 2008, le cap des deux milliards de dollars avait été dépassé pour les dépenses des candidats.

L'essentiel des sommes collectées par les candidats est consacré à l'achat d'espaces publicitaires dans les médias, notamment pour la diffusion de spots publicitaires à la télévision (commercials). Aux États-Unis, parce qu'elle est peu réglementée et payante, la publicité politique constitue un élément important et parfois décisif des stratégies électorales. Une campagne massive de spots télévisés contribue à ce qu'un candidat réussisse ou non à imposer son image, laquelle doit être aussi proche que possible des souhaits et des intérêts des électeurs de chaque État. Quelques jours avant le scrutin du 4 novembre 2008, Barack Obama s’est offert une campagne de spots publicitaires de 30 minutes sur les principales chaines de télévision du pays pour plusieurs millions de dollars et le montant total des sommes dépensées en publicité par les démocrates est estimé à quelque 250 millions de dollars.

Autre poste de dépenses important pour les candidats, la rémunération des professionnels de la communication chargés des différents aspects du marketing électoral : en 2008, l’ensemble des rémunérations des consultants engagés par les candidats pour les seules primaires était estimé à plus de 100 millions de dollars avant même la tenue des conventions.

Mis à jour le 16/11/2011

 

Autres contenus apparentés

Restez informé
Abonnement à la lettre d'information de la DF

 

[Publicité]