Un plus dans le parcours personnel de l’étudiant

etudiants-hall-universite

Étudiants dans le hall d'une université.

Le choix de suivre à l’étranger une partie de sa scolarité est un choix lourd d’investissement personnel : apprentissage de la langue, ou tout au moins de l’anglais, à un niveau permettant de suivre les cours ; adaptation à un système d’enseignement différent, capacité à nouer des relations avec des étudiants d’autres cultures. Un temps d’études à l’étranger représente également le plus souvent des frais non négligeables que les bourses d’études ne couvrent en général que partiellement.

La grande majorité des témoignages soulignent cependant le caractère très positif d’une telle démarche. Les avantages les plus fréquemment cités sont les suivants :

Une expérience d’autonomie. Cette dimension est très sensible pour les étudiants. Constituant parfois la première expérience de vie en dehors du cadre familial, la période de mobilité amène quelquefois à devoir partager un même logement avec d’autres étudiants. Nouveau statut, nouveaux types de relations, nouvelle gestion de sa vie…nombreux sont les étudiants qui évoquent les dimensions humaine et personnelle de leur mobilité.

Une expérience culturelle. L’expérience tangible de la différence culturelle est également très présente dans les témoignages. Vivre au quotidien dans une langue et des personnes différentes permet aussi de porter un regard différent sur sa propre culture et sur l’altérité au-delà des préjugés.

Un cursus valorisé. L’année d’études à l’étranger est le plus souvent reconnue, mais même si ce n’est pas le cas, elle valorise fortement un CV dans la mesure où elle manifeste le dynamisme et les capacités d’adaptation de l’étudiant.

De possibles suites professionnelles. Cette réalité n’est pas du tout négligeable, surtout dans des pays offrant davantage d’opportunités à un étudiant de haut niveau que son pays d’origine.

Les facteurs d’attraction de la mobilité étudiante

Quels sont les facteurs d’attraction d’un pays donné pour les étudiants étrangers ?

Les facteurs éducatifs : réputation de l’établissement et du pays d’accueil; degré de reconnaissance des diplômes ; contacts privilégiés entre établissements d’accueil et d’origine.

Les facteurs pratiques : coût de la vie et de la scolarité, qualité des infrastructures d’accueil (logement, dispositifs d’apprentissage de la langue, modalités de financement de la mobilité, prestations sociales) ; qualité de vie générale.

Les facteurs culturels : la langue utilisée (avec un puissant avantage pour les pays de langue anglaise), la proximité géographique, historique et culturelle, la présence éventuelle d’une communauté de concitoyens déjà installée.

La dimension globale de la mobilité étudiante

Les enjeux économiques

Durant ces vingt dernières années, l’une des principales caractéristiques du développement économique est sa dépendance de plus en plus forte à l’égard de la production et de l’utilisation de nouvelles connaissances.

Une telle évolution entraîne une croissance continue des besoins en étudiants de haut niveau et en chercheurs avec dans certains cas des situations de pénurie. Une économie fortement animée par l’innovation comme celle des États-Unis ne peut plus se passer de l’apport des étudiants étrangers, vivier potentiel de chercheurs et d’ingénieurs.

Dans les pays de l’OCDE, le nombre d’étudiants étrangers inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur s’élève à environ 2 millions en 2003, soit un doublement en vingt ans. À l’horizon 2025, ce chiffre devrait être multiplié par 5. Il y a donc une réalité globale de la mobilité étudiante pour l’enseignement supérieur et la recherche, avec des phénomènes de concurrence entre établissements voire entre pays.

De nombreux États, soucieux de conserver leur compétitivité, ont d’ailleurs mis en place des dispositifs visant à attirer et à conserver un « réservoir » d’étudiants en particulier dans les domaines scientifique et technique.

La capacité à attirer des étudiants étrangers devient également un facteur de rayonnement culturel et technologique avec ses bénéfices afférents sur d’autres terrains : adoption de normes internationales, exportation de modèles d’organisation et de pensée. Elle a également des effets significatifs pour la balance des biens et des services des pays d’accueil, comme l’exemple de l’Australie l’illustre : le poste « formation supérieure » de ce pays est le troisième en matière de recettes dans sa balance des paiements.

Ces politiques d’incitations posent également la question de la mobilité des étudiants venant de pays en développement, pour lesquels les pays d’origine consentent souvent un effort financier substantiel, et qui pour certains d’entre eux font le choix de rester dans le pays d’accueil après leurs études.

Les enjeux universitaires et de recherche

La mobilité internationale est nécessaire à l’excellence scientifique qui suppose des interactions entre étudiants et chercheurs au niveau international. Elle permet l’intensification des coopérations entre laboratoires de recherche de différents pays et la formation de réseaux internationaux de chercheurs.

Elle contribue également à la compétitivité internationale des établissements d’enseignement et des laboratoires de recherche publics et privés, compétitivité de plus en plus évaluée au travers des classements internationaux (cf. le désormais célèbre classement des universités établi par l’Université de Shanghaï).

Réalités de la mobilité étudiante en France

etudiants-amphi

Étudiants dans un amphithéâtre.

En 2007, la France accueillait 260 596 étudiants étrangers, ce qui la place parmi les cinq premiers pays de l’OCDE en nombre d’étudiants accueillis.

La France, avec 20 673 étudiants « Erasmus » pour l’année 2006, est également l’un des tout premiers pays d’accueil des étudiants européens dans le cadre de ce programme.

Pour 2007, le taux d’étudiants étrangers s’établit en moyenne à 11,7 % des étudiants à l’université. Cette proportion est de plus en plus élevée à mesure que l’on s’élève dans le niveau d’études.

Cette forte présence à ce niveau se retrouve dans la plupart des pays de l’OCDE avec une place particulière pour les États-Unis, largement en tête dans l’accueil des doctorants. D’autres pays tels que la Suisse, la Belgique où le Royaume-Uni sont également très attractifs pour les étudiants de haut niveau.

La France se distingue sur deux points de l’ensemble des pays de l’OCDE : elle attire plutôt moins d’étudiants étrangers dans ses filières scientifiques ou d’ingénieurs, elle accueille proportionnellement plus d’étudiants en provenance d’Afrique et moins d’étudiants en provenance d’Asie.

En sens inverse, 76 971 étudiants français étaient inscrits à l’étranger en 2006.

Les principaux pays de destination sont le Royaume-Uni, la Belgique, l’Allemagne, les États-Unis, l’Espagne et la Suisse

Au niveau européen, 22 981 étudiants français en mobilité relevaient d’un programme « Erasmus » pour l’année 2006-2007. De façon générale, le pourcentage d’étudiants français faisant des études dans un autre pays membre de l’UE était de l’ordre de de 4 à 5 %.

Les principaux pays de destination « Erasmus » pour les Français sont le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie.

Au total, la France apparaît globalement comme attractive. En effet, pour un étudiant français en mobilité internationale, plus de trois étudiants étrangers poursuivent leurs études en France.

Plusieurs rapports récents préconisent d'aller encore plus loin.
 Ainsi parmi les propositions du rapport Attali (rapport de la Commission pour la libération de la croissance française, 2008), on peut noter :
 - « Proposer à nos partenaires européens de multiplier par 10 le nombre de bénéficiaires du programme Erasmus et en étendre le champ d’application à toutes les formations relevant de l’université des métiers » (décision 218)
 - « Étendre les bourses de l’enseignement supérieur ainsi que l’offre de formations qualifiantes aux pays de la future Union méditerranéenne » (décision 219)
 - « Accueillir davantage d’étudiants étrangers en scolarité payante » (décision 221).

Mis à jour le 13/10/2008

 

Autres contenus apparentés

Restez informé
Abonnement à la lettre d'information de la DF

 

[Publicité]