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Comment renforcer les capacités de renseignement ?

Vers un renforcement des moyens de renseignement

Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (Odile Jacob, La Documentation française, juin 2008) souligne la nécessité « d'un renforcement systématique de nos moyens de renseignement dans le cadre d’une planification d’ensemble, mise en œuvre selon quatre axes :

1. L'amélioration des ressources humaines se traduira par une attention renforcée au recrutement, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, au développement de filières spécialisées, au déroulement des carrières et à la formation, avec notamment la création d’une académie du renseignement. Parallèlement, un effort sera porté sur le renseignement de source humaine, qui devra être mis en adéquation avec la hiérarchisation de nos priorités géographiques.

2. La mise à niveau et le développement de nos moyens techniques sont indispensables. Ils impliqueront un effort important, dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication, dans le domaine de l'imagerie (satellites, capteurs embarqués sur avions, drones, etc.) et de l'écoute (satellites, stations terrestres, bâtiment de la Marine, capteurs embarqués sur avions, drones, etc.). L'espace fera l’objet d’un effort spécifique, avec un doublement de ses crédits annuels sur la période du Livre blanc (ces crédits s’élèvent à 380 millions d’euros en 2008).

3. La rénovation du pilotage et de la coordination des services de renseignement se traduira par la mise en place du Conseil national du renseignement. Présidé par le Président de la République, ce conseil fixera les orientations aux services de renseignement, répartira les objectifs et rendra les arbitrages nécessaires. Parallèlement, le coordonnateur national du renseignement sera le point d’entrée des services de renseignement auprès du Chef de l’Etat.

4. Un nouveau cadre juridique définira l’exercice des missions des services de renseignement et les modalités de la protection du secret de la défense nationale ».

Source : dossier de presse sur le Livre blanc, juin 2008.

 

Les moyens humains et matériels actuels

centre de télé-surveillance
© La Documentation française. Photo : Leonardo Antoniadis.

Dans son avis sur le projet de loi de finances 2007 (n° 3367, tome II : Défense – Environnement et prospective de la politique de défense, octobre 2006), le député Yves Fromion revient sur les moyens accordés au renseignement en France en évoquant « un effort à amplifier au regard des capacités de nos principaux partenaires », même si les moyens ont été accrus ces dernières années notamment en termes d’effectifs.

« Si les moyens dont disposent les services de renseignement relevant du ministère de la défense ne sont pas négligeables, force est de constater que leur renforcement n’a pas constitué un objectif de premier rang de la loi de programmation militaire 2003-2008. Pourtant, rares sont ceux qui ne conviennent pas du caractère indispensable d’un renseignement de haute qualité face à l’évolution récente des menaces ainsi qu’à leur complexité croissante. De plus, l’accumulation progressive des missions, particulièrement sensible dans un service généraliste comme la DGSE, limite progressivement la capacité des services, pourtant vitale, à s’adapter aux besoins nouveaux.

Des efforts substantiels doivent donc être prévus en matière de personnels, la qualité du renseignement d’origine humaine et les capacités d’analyse étant déterminantes. Ils devront être complétés par une politique d’équipement permettant de se doter des moyens nécessaires. A cet égard, on peut relever que la France a réalisé avec succès plusieurs générations de démonstrateurs technologiques d’écoute à partir de l’espace et qu’il serait sans doute avisé de capitaliser cette expérience en définissant un véritable programme en la matière.

Enfin, même si la coopération à l’échelle européenne en matière de renseignement est essentielle, il ne faut pas perdre de vue que les relations dans ce domaine sont encore fondées sur la capacité à échanger de l’information, selon la vieille règle du "donnant-donnant". Or, la comparaison entre les moyens des services français et ceux de leurs principaux partenaires est de ce point de vue éclairante.

Pour mémoire, on rappellera que, selon les informations transmises au rapporteur, l’ensemble des services français représente environ 9500 personnes (1) et 753 millions d’euros (2).

Les capacités des services allemands et, surtout, britanniques apparaissent singulièrement plus étoffées (…) ».

 

(1) Plafond des emplois autorisés en 2007 exprimé en ETPT (SGDN et services relevant des ministères de la défense et de l’intérieur).

(2) SGDN et services relevant du ministère de la défense.

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