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Vie économique

L'Europe après la crise grecque

Problèmes économiques
N°3001 - 01 septembre 2010

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2010
Réf. : 3303332030019
48 pages, 21 x 27 cm

4,70

 

Problèmes économiques
No 3001
1er septembre 2010

L'Europe après la crise grecque

Après la crise grecque : où en est-on ?
L'Expansion
La crise grecque, qui s'est muée en une " crise de l'euro ", a fortement ébranlé, au printemps 2010, l'Union européenne (UE) et les marchés financiers internationaux. La crise qui a éclaté à la suite de l'endettement excessif de l'Etat grec, s'est ensuite rapidement étendue à d'autres pays, comme l'Espagne, le Portugal ou l'Irlande. Afin d'endiguer cette " crise de la dette européenne ", les chefs d'Etat et de gouvernement ont annoncé, le 9 mai 2010, la mise en place du Fonds de stabilisation financière, constitué à partir de garanties émises par les Etats, ainsi qu'une contribution du Fonds monétaire international (FMI). Ce Fonds européen représente un pas de plus vers une gouvernance commune de la zone euro. Néanmoins, la création de cet instrument financier n'a pas pour autant mis un terme à la crise et de nombreuses questions demeurent…

La crise révèle l'incohérence de la zone euro
Le Monde
Michel Aglietta
L'histoire montre que, le plus souvent, les crises bancaires internationales dégénèrent en crises de dettes souveraines. La crise de la dette européenne ne fait pas exception. Son déclenchement n'est cependant pas vraiment une surprise, car les difficultés de la Grèce et d'autres pays, ainsi que les turbulences autour de la monnaie unique sont le résultat du manque de cohérence de la zone euro qui se traduit par un problème de crédibilité. Les investisseurs internationaux, craignant une crise systémique, se sont rués vers les titres publics allemands, selon un scénario classique de fuite vers la qualité. Seul le déploiement de moyens d'intervention d'urgence et de garanties gouvernementales associées a pu mettre fin à cette spirale négative. Cependant, ces moyens restent insuffisants. L'Union européenne ne pourra pas sortir de l'impasse sans un changement radical de politique et de gouvernance économiques.

Le Fonds de stabilisation financière, une fausse bonne idée ?
Ifo-Schnelldienst
Hans-Werner Sinn
La création du Fonds de stabilisation financière, annoncée le 9 mai 2010, a calmé les marchés et mis fin à une grave crise de la zone euro. Hans-Werner Sinn, directeur de l'institut IFO à Munich et un des économistes allemands les plus réputés, s'interroge sur les bien-fondés de cette décision. Tout d'abord, parce qu'il réfute l'idée même de l'existence d'une crise systémique qui aurait menacé l'euro, sa baisse demeurant relativement modérée. La crise concernait plutôt les détenteurs des titres des pays fragilisés par la crise - surtout des établissements bancaires. Le problème était, selon lui, que certains pays craignaient de ne plus pouvoir se financer aussi bon marché que durant les premières années de la monnaie commune. Hans-Werner Sinn estime, ensuite, que l'union monétaire a besoin de mécanismes d'ajustement afin de réduire les déséquilibres dans la zone euro. Or, le Fonds de stabilisation qui s'assimile à une assurance tout risque, rend ces ajustements plus difficiles, ce qui peut s'avérer dangereux à terme.

Quelle solution autre que des politiques économiques très restrictives ?
Flash Economie - Natixis
Patrick Artus
Afin de réduire rapidement leurs déficits, les gouvernements de la zone euro ont décidé de mettre en place un ensemble de politiques restrictives. Cette décision a recueilli l'aval de la Banque centrale européenne (BCE), de la Commission européenne et de l'Allemagne, qui préconisent de regagner de la compétitivité, en pratiquant notamment une plus grande modération dans les politiques salariales. Cependant, si le niveau des salaires dans certains pays a augmenté plus vite qu'en Allemagne, cette évolution est aussi due à un effet de convergence et à une spécialisation induite par l'euro. Ainsi, les pays du sud de l'Europe ont exploité leurs avantages comparatifs dans les domaines de l'agriculture et du tourisme. Une baisse des salaires n'aurait ainsi que peu d'effet sur leur compétitivité industrielle. La mise en œuvre d'une politique économique alternative nécessite de s'interroger sur les mécanismes de spécialisation productive existant dans la zone euro, ainsi que sur l'absence de solidarité financière directe entre Etats membres.

Repenser la gouvernance économique de la zone euro
Bruegel Policy Contribution
Jean Pisani-Ferry
La crise grecque est riche d'enseignement : outre les insuffisances de l'appareil statistique dont s'est dotée la Commission européenne pour suivre les politiques économiques des Etats membres, elle a démontré la rigidité des règles de gouvernance en vigueur et le besoin de compléter le système de prévention des crises par un meilleur management des périodes marquées par des turbulences économiques. Afin de repenser la gouvernance économique de la zone euro, la Commission européenne a déjà manifesté son intention de renforcer les règles existantes. Selon Jean Pisani-Ferry, ceci reste insuffisant. Il faudrait d'abord, au-delà du suivi de la discipline budgétaire, étendre la surveillance à d'autres aspects de la politique économique des Etats membres. Il faudrait ensuite décider quel degré de décentralisation on souhaite adopter à l'avenir. Enfin, il serait souhaitable de compléter le système de règles aujourd'hui en vigueur, notamment dans le domaine de la résolution de crises, en particulier par un mécanisme de restructuration de la dette des pays surendettés.

Egalement dans ce numéro

Commerce international
Après la crise : éviter le protectionnisme
Finances et Développement
Christian Henn et Brad Mac Donald
Le protectionnisme n'a guère joué de rôle dans la contraction brutale du commerce de biens et de services en 2008 et 2009. Selon l'Organisation mondiale du commerce (OMC), peu de pays ont en effet mis en œuvre de nouvelles mesures allant dans ce sens. A cet égard, le spectre de la crise des années 1930 a sans aucun doute joué un rôle positif en dissuadant les décideurs politiques de renforcer les obstacles au commerce. Cependant, dans la mesure où les taux de chômage sont, dans les pays avancés, à leurs niveaux les plus élevés depuis plusieurs années, les pressions protectionnistes vont continuer de s'exercer de façon durable. La plus grande vigilance restera donc, au cours des prochains mois, de rigueur.

Economie et Société
Pour en finir avec l'hégémonie du lien économique
Réalités industrielles - Annales des Mines
Michel Berry
Il est devenu naturel, en particulier dans les pays avancés, de considérer que ce qui fonde la relation sociale est avant tout d'essence économique. En période de crise, ce constat aboutit logiquement à ne mobiliser, pour renouer avec la croissance, que des mesures d'ordre économique. Or, la part de l'économie dans les activités humaines a considérablement diminué dans les pays riches. Les biens échangés ne sont qu'un moyen parmi d'autres d'établir des relations entre les individus. Aujourd'hui, remédier au mal-être dans lequel la société est plongée nécessite donc de prendre en compte d'autres sources de richesses que les seuls échanges économiques.


Secteurs
L'activité de transport aérien est-elle un modèle rentable ?
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Les compagnies aériennes sont désormais confrontées à deux types de difficultés : la faiblesse des barrières à l'entrée sur le marché du transport aérien et l'absence de " ressources rares " qui garantissaient, jusque-là, la rentabilité des transporteurs. L'autorisation d'employer une route aérienne s'obtient maintenant plus facilement ; les compagnies ont augmenté, en investissant davantage dans les infrastructures, leur capacité physique à emprunter une route - le créneau horaire ou slot - ; l'offre de vols bon marché s'est accrue, etc. La disparition progressive de ces ressources rares a ainsi provoqué la hausse des droits de trafics, le renchérissement des créneaux horaires et la multiplication du nombre d'appareils. Si les business models de transport aérien sont nombreux (traditionnel, low cost, charter, jet privé, etc.), aucun ne peut miser aujourd'hui sur la durabilité de la rentabilité.







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