Retour
 
Vie économique

Chine : le temps des périls

Problèmes économiques
N°3037 - 15 février 2012

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2012
Réf. : 3303332030378
64 pages, 21 x 27 cm

4,70

 

C’est en Chine que se décide désormais une partie du sort de la croissance et l’avenir de la mondialisation. Mais dans le même temps, la Chine inquiète, surtout en Europe, victime de la crise de la dette souveraine et d’un sentiment plus général de déclin. La crise de la zone euro a en effet fragilisé la cohésion européenne sur le plan économique et politique. La Chine en profite et accélère ses investissements, notamment dans les pays en difficulté.

La Chine défie le monde
Le Débat
Bryan Gould
Grâce à un processus de transformation sans précédent, la Chine est aujourd’hui la deuxième puissance économique mondiale. Le pays a réussi là où l’URSS a échoué, c’est-à-dire parvenir à créer une symbiose entre une structure étatique monolithique et l’entreprise privée. L’Occident, notamment les pays anglo-saxons, est dérouté par cette réussite spectaculaire, ainsi que par les différences qui  distinguent son modèle économique de celui de la Chine : politique de concurrence contre politique industrielle active, libre flottement de la monnaie contre intervention monétaire, unilatéralisme versus bilatéralisme dans le commerce international, etc. Afin de pérenniser sa transformation, la Chine cherche de plus en plus à obtenir une redistribution des ressources naturelles en sa faveur – un sérieux défi pour les dirigeants du « Vieux monde ».

Pékin fait son marché en Europe
L’Expansion
Franck Dedieu, Béatrice Mathieu et Sébastien Julian
La crise de la dette souveraine a considérablement affaibli la position de l’Europe face à la Chine qui, elle, bénéficie d’un essor apparemment sans limites. Ainsi, en Europe la perception de l’Empire du Milieu oscille entre l’espoir que ce dernier suscite pour sauver la croissance et les craintes qu’éveille un pays désormais deuxième puissance économique mondiale. Le volume des investissements chinois en Europe est notamment  un de ces facteurs d’inquiétudes. La Chine réalise en effet jusqu’à 20 % du total des investissements directs étrangers (IDE) en Europe. Son objectif est de s’approprier l’ensemble de la chaîne de valeur depuis le fabricant jusqu’aux distributeurs en passant par la logistique : fabricants d’automobiles, grands magasins, ports, autoroutes figurent ainsi sur la liste des achats. Par ailleurs, si on additionne les réserves de la Banque centrale et les actifs détenus par ses fonds souverains, la Chine pourrait racheter toute la dette publique française et italienne ou acquérir les quatre-vingts premières sociétés cotées de la zone euro.

Nous ne pouvons pas sauver le monde entier
Frankfurter Allgemeine Zeitung
Mark Siemons
La Chine suscite souvent la crainte car le pays est perçu comme une entité homogène, riche d’une force de frappe économique impressionnante et guidée par une seule et unique stratégie. La réalité est plus complexe comme l’illustre la crise de la dette européenne. Si, à un moment, Pékin paraissait très intéressé par le rachat d’obligations souveraines des pays les plus fragiles de la zone euro, elle s’est par la suite montrée plus réticente. La lecture de la crise faite par les dirigeants chinois est en effet très nuancée : d’une part, ces derniers restent prudents quant à la liquidité et à la qualité réelle de ces titres, de l’autre, ils doivent de plus en plus composer avec une opinion publique qui préfère que l’État investisse sur son propre territoire au lieu d’aider des pays dont le produit intérieur brut (PIB) par tête dépasse largement celui de la Chine. Dans le  même temps, Pékin poursuit son objectif de bâtir un monde multipolaire, un affaiblissement de l’Europe n’est donc pas réellement dans son intérêt.

Quels sont les risques de l’économie chinoise ?
Rapport du Conseil d’analyse économique
Constance Boublil et Yves Zlotowski
La situation macroéconomique de la Chine est plus que confortable : 3180 milliards de dollars de réserves de change et un excédent du compte courant réduisent quasiment à zéro le risque de surendettement, une situation encore renforcée par la faiblesse du risque souverain. Si la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface) décerne seulement à la Chine la note A3 (contre A1 au Japon), cette évaluation traduit pour l’essentiel le risque microéconomique qui concerne les entreprises, les collectivités locales et les banques. Ces trois secteurs sont confrontés aux contreparties de la très forte croissance des dernières années, notamment des lacunes en matière de contrôle de la situation financière. La stratégie de montée en gamme contribue également à une certaine fragilisation de l’économie. Néanmoins, le risque de défaillance en chaîne est relativement faible compte tenu de la solidité financière de l’État.

La bulle dans l’immobilier se confirme
VoxEu.org
Christian Dreger et Yanqun Zhang
Les observateurs du marché immobilier chinois considèrent que tous les ingrédients conduisant à la formation d'une bulle spéculative sont actuellement réunis. Les données concernant 35 grandes villes en fourniraient la preuve. L’estimation des prix de l'immobilier compte tenu des variables macroéconomiques permet en effet de conclure que les prix actuels sont surévalués de 20 % environ dans les villes les plus prospères. De plus en plus de ménages ont aujourd’hui le sentiment qu’ils ne peuvent plus devenir propriétaire. Néanmoins, un certain nombre d’arguments qui ne plaident pas en faveur de la formation d’une bulle dans le secteur de l’immobilier sont également à prendre en compte comme l’urbanisation grandissante, la hausse des revenus et l’accroissement continu de la classe moyenne.

Démystifier l’économie chinoise
Project Syndicate
Justin Yifu Lin
Si les effets collatéraux de la stratégie chinoise de développement sont une source d’inquiétude, il ne faut pas oublier que la Chine cherche avant tout à réussir son processus de transformation économique. La première phase de la croissance, portée essentiellement par des entreprises d’État, n’a pas permis d’acquérir un avantage comparatif par rapport à l’Occident. Ce dernier n’est apparu que lors de la deuxième phase, fondée sur un modèle alternatif au « consensus de Washington », c’est-à-dire la libéralisation de l’économie chinoise sous la protection de l’État. Si cette période a apporté la stabilité et une forte croissance, elle a également engendré certains déséquilibres qui perdureront tant que la Chine n’aura pas achevé sa transition vers l’économie de marché.

ÉGALEMENT DANS CE NUMERO

L’apprentissage en Allemagne
Regards sur l’économie allemande
René Lasserre
La comparaison des facteurs de compétitivité entre la France et l’Allemagne porte le plus souvent sur des facteurs-coûts. Cependant, la différence de performance entre les deux voisins ne peut pas s’expliquer que par ces seuls facteurs, car ils conduisent à oublier les « soft skills » sans lesquels les facteurs-coûts ne peuvent ni s’expliquer, ni se comprendre. Le système d’apprentissage tel qu’il est conçu Outre-Rhin appartient à cette catégorie des « soft skills » et constitue par excellence un facteur hors coût. Ce système assure non seulement la fluidité de la transition entre la formation et l’emploi, il joue également un rôle essentiel dans le haut niveau de qualification de la population allemande. Au savoir technique et théorique des salariés s’ajoute une grande capacité d’adaptation à un environnement en mutation. Il en découle la force d’innovation des entreprises allemandes notamment du Mittelstand (les petites et moyennes entreprises  - PME - dont beaucoup de taille supérieure) et une véritable culture entrepreneuriale allemande.

Akerlof : le visage humain de l’économie
Finances et développemt
Prakash Loungani
Certains économistes, comme George Stigler, prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel (dit « prix Nobel » d’économie) en 1984, considèrent l’économie comme une science impériale dominant toutes les autres sciences sociales. D’autres rêvent, au contraire, d’une science économique qui ferait appel à une gamme étendue d’émotions et d’actions humaines. C’est le cas de George Akerlof, diplômé de Yale et du Massachussetts of Technology (MIT), récipiendaire, en 2001, du « prix Nobel » qu’il a partagé avec Joseph Stiglitz. George Akerlof s’est en effet sans cesse inspiré de la sociologie et de la psychologie pour aborder les grandes questions économiques. Dans Les esprits animaux (2009), il montre comment des forces comme la justice, la cupidité, la confiance ou encore la procrastination, qui ne sont généralement pas étudiées dans la théorie habituelle, sont essentielles pour comprendre le chômage.

L’évolution des salaires
Futuribles
Gilbert Cette
La stabilité globale du partage de la valeur ajoutée en France au cours des dernières années masque d’une part une explosion des hautes rémunérations, en particulier dans le secteur de la finance, et d’autre part une progression du pouvoir d’achat du salaire minimum de croissance (SMIC) presque continûment plus forte que celle du salaire moyen ou médian. Une telle évolution explique pourquoi nombre de salariés ont le sentiment de ne pas profiter équitablement des fruits de la croissance. L’auteur, après avoir précisé les conditions de cette évolution récente de l’échelle des salaires, propose d’adopter diverses mesures qui favoriseraient la hausse du pouvoir d’achat des salaires moyens et ouvriraient des perspectives de qualification pour les salariés les moins qualifiés afin de réduire le contingent de ces travailleurs demeurant durablement au SMIC.

 

 

 

Auteur(s) moral(aux)

La Documentation française

La Documentation française

Tous les titres de l’éditeur

Problèmes économiques

Gagner du temps
Problèmes économiques extrait les articles les plus pertinents de la presse française et internationale pour donner une analyse distanciée de l'actualité économique

Rester informé
Grâce à la veille effectuée par la rédaction de la revue, aucune question économique importante n'échappe aux lecteurs.

 

La revue Problèmes économiques est née le 7 janvier 1948 de la fusion du Bulletin hebdomadaire d'informations économiques édité par la Documentation française et de la Revue hebdomadaire de la presse économique française publiée par le Centre national d'information économique (CNIE) de l'INSEE.

Elle a pour vocation, et ce dès son origine :

  • de rendre accessible au plus grand nombre l'information économique et sociale ;
  • d'être un outil de travail et de réflexion ;
  • de refléter ce que les revues françaises et étrangères, les instituts de conjoncture, les organisations internationales, les centres de recherche publient.

La revue est structurée autour d'un thème illustré par quatre ou cinq articles issus de revues françaises ou étrangères. Des articles indépendants viennent compléter le dossier.


Chaque année, deux numéros hors-série approfondissent, à partir d'articles inédits, des questions centrales de la science économique.

L'ensemble de ces numéros constitue une véritable collection, indispensable pour comprendre les grandes questions économiques.

Parution bimensuelle

 

Découvrez le n° spécial journées de l'économie - Lyon 2013  : Retrouver la confiance (Textes inédits) [PDF : 5,3 Mo]

S'abonner à la revue
Poster un commentaire
* Champs obligatoires


Conformément à la loi Informatique et libertés du 6 janvier 1978, vous disposez d’un droit d’accès , de rectification et d’opposition relatif aux informations vous concernant Pour exercer ce droit, nous vous invitons à cliquer ici pour nous contacter.

 

Autres contenus apparentés