La Turquie, le nouveau tigre
Problèmes économiques n° 3047
Auteur(s) :
Editeur :
Année d'édition :2012
Réf. :
3303332030477
64 pages, 21x27cm
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Problèmes économiques n° 3047
Auteur(s) :
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Année d'édition :2012
Réf. :
3303332030477
64 pages, 21x27cm
La Turquie figure aujourd'hui parmi les pays émergents au même titre que le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine ou l'Afrique du Sud (BRICS). Si elle a souffert de la crise financière, l’économie turque continue, avec un taux de croissance de 8,8 % au deuxième trimestre 2012, à faire preuve d'un surprenant dynamisme. Les niveaux élevés de la consommation et de l’investissement domestiques, ainsi que la bonne santé de son commerce extérieur ont largement contribué au succès de l’économie. Une surchauffe est pourtant très probable, le modèle économique turc étant en grande partie fondé sur le crédit, lui-même alimenté par des capitaux étrangers de court terme.
La Turquie a su résister à la crise
Éclairages Émergents du Crédit Agricole
Tania Sollogoub
La Turquie dispose d’atouts considérables, notamment du point de vue démographique : elle est le troisième pays européen le plus peuplé (après la Russie et l’Allemagne) et la population y est jeune – 28 % des Turcs ont moins de 14 ans (contre 15 % dans les pays d’Europe centrale et orientale). Le produit intérieur brut (PIB) par habitant a largement dépassé les 10 000 dollars, soit un niveau supérieur à la moyenne des pays émergents comparables en termes de notation. Passé ce seuil, le panier de consommation se transforme, ce qui a, selon les spécialistes, un impact positif sur la spécialisation industrielle et l’attractivité en termes d’investissements directs. La progression du PIB par habitant a sans doute largement contribué au fait que la Turquie ait été le seul pays, avec la Pologne, où la demande domestique a rapidement retrouvé son niveau d’avant la crise.
Une croissance insolente…mais à quels coûts ?
The Economist
En 2011, le taux de croissance turc s’est élevé à 8,5 %, rivalisant avec celui de la Chine.Pour autant, cet essor demeure vulnérable, car très dépendant des capitaux étrangers. En moyenne, le déficit de la balance des paiements courants atteignait 10 % du produit intérieur brut (PIB). En dollars, seuls les États-Unis présentent un déficit plus élevé. Plus inquiétant, ces capitaux sont pour l’essentiel volatils. La Turquie a certes renforcé son système financier après la crise qu’il a connu en 2000, tandis que sa productivité s’est améliorée en moyenne de 3 à 3,5 % par an. Mais la Banque centrale turque navigue entre contrôle des flux de capitaux et lutte contre l’inflation, obscurcissant sa politique monétaire, ce qui pourrait faire fuir les investisseurs étrangers. Et ce, alors que l’épargne intérieure est encore trop faible pour s’y substituer.
Turquie, puissance régionale
L’Expansion
Yves-Michel Riols
L’arrivée au pouvoir du Parti de la justice et du développement (AKP) en 2002 a marqué le début d’une nouvelle diplomatie pour la Turquie. Celle-ci renoue avec ses racines profondes, en s’ouvrant de nouveau à ses voisins orientaux. Son envolée économique a donné au pays une nouvelle puissance, qui lui confère un peu plus de poids face à l’Union européenne (UE). Les échanges commerciaux se sont relativement réduits avec l’Europe au profit de l’Orient. Les entreprises turques de bâtiment et travaux publics (BTP) construisent routes, aéroports et hôtels en Asie centrale, au Proche-Orient ainsi que dans les Balkans. Sans pour autant s’éloigner de l’Occident, la Turquie exalte ainsi une nostalgie de l’Empire ottoman.
Une émergence sur fond de compromis libéral
Mondes en développement
Levent Ünsaldi
En Europe, la Turquie interroge par sa proximité culturelle et géographique, tant de l’Occident que de l’Asie. Mais cette dualité est également au cœur de la perception du développement dans ce pays, explique l’auteur. Après la genèse politique du mouvement kémaliste, la Turquie s’est de plus en plus attachée aux référents économiques, comme les chiffres de croissance du produit intérieur brut (PIB), pour mener son développement. Industrialisme d’Après-guerre, politiques de compétitivité débridées à partir des années 1980, les différentes phases de progression que l’économie turque a connues sont chaque fois déterminées par des dispositifs sociaux et un rapport à l’Occident particuliers. Jusqu’à ce que les concepts néolibéraux (gouvernance, capital humain, compétitivité, etc.), mis en avant par le compromis libéral des années 1990-2000, finissent par s’imposer définitivement dans sa stratégie de développement.
La Turquie n’est pas un BRIC mais un MIST
Asia Times Online
Sreeram Chaulia
Mexique, Indonésie, Corée du Sud, Turquie : ainsi se décompose l’acronyme « MIST ». Cette nouvelle catégorie, proposée par Jim O’Neil, Président de Goldman Sachs Asset Management, déjà à l’origine du désormais incontournable « BRIC », est certes très hétérogène. Mais elle est avant tout destinée aux investisseurs, et pourrait provoquer un afflux de capitaux dans ces pays, à l’instar de ce qu’ont connu le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine ces dix dernières années. Selon l’auteur, il ne manque plus que l’acronyme MIST trouve sa place dans les discours des hommes politiques et des géopolitologues pour que les pays qui le composent, dont la Turquie, bénéficient de l’engouement des investisseurs étrangers.
ÉGALEMENT DANS CE NUMERO
Quel avenir pour Sony ?
Bloomberg Businessweek
Brian Gruley et Cliff Edwards
Autrefois porte-étendard de l’innovation électronique, les produits de Sony sont aujourd’hui en retard face à l’Ipod d’Apple ou la Wii de Nintendo. Trop sûre d’elle, la multinationale japonaise a laissé passer la vague de l’écran plat, puis celle des smartphones. Aujourd’hui en proie à de nombreuses difficultés économiques et organisationnelles et frappée de malchance, l’entreprise nippone semble à bout de souffle. L’ancien dirigeant, Howard Stringer, qui a démissionné en février 2012 pour devenir président du conseil d’administration, et son successeur Kazuo Hirai, espèrent toujours sortir Sony de son long chemin de croix. Et remettre sur pied le géant de l’électronique.
Propriétaires, locataires : une nouvelle fracture sociale
Consommation et modes de vie
Mélanie Babès, Régis Bigot et Sandra Hoibian
Au cours des quinze dernières années, les prix des logements anciens ont été multipliés par 2,5 et les loyers par 1,6, tandis que le revenu était multiplié par 1,5. Cette hausse des prix de l’immobilier fortement déconnectée de l’évolution des revenus a conduit à un alourdissement des dépenses que les ménages consacrent au logement au détriment d’autres postes comme l’équipement du foyer, l’alimentation ou la santé. L’augmentation de la valeur des biens immobiliers s’est également traduite par un creusement du fossé entre les propriétaires et les locataires. Ces derniers, qui appartiennent majoritairement aux classes populaires et moyennes, ne parviennent plus à accéder à la propriété et vivent de plus en plus mal cette situation se considérant fragilisés et déclassés socialement.
L’apport de la nouvelle économie géographique
Idées
Jacques-François Thisse
L’analyse économique spatiale, après avoir connu une certaine éclipse, a retrouvé un nouvel élan depuis les travaux de Paul Krugman. La « nouvelle économie géographique », qui applique à l’économie régionale les nouvelles théories du commerce international, étudie les facteurs économiques qui expliquent l’existence d’une grande variété d’agglomérations humaines, ainsi que l’émergence des inégalités spatiales à différentes échelles géographiques. Se servant des nouveaux outils de la théorie microéconomique, ce champ souligne le rôle important joué par les grandes villes dans le processus de croissance et de développement. Il démontre également la relative stabilité des inégalités spatiales : leur renversement va souvent de pair avec une profonde transformation de l’environnement économique et technologique.
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La revue Problèmes économiques est née le 7 janvier 1948 de la fusion du Bulletin hebdomadaire d'informations économiques édité par la Documentation française et de la Revue hebdomadaire de la presse économique française publiée par le Centre national d'information économique (CNIE) de l'INSEE.
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Parution bimensuelle
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