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L'épargne vice ou vertu ?

Problèmes économiques
N°3087 - Première quinzaine 04.2014

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2014
Réf. : 3303332030873
64 pages, 21 x 27 cm

4,80
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L’épargne est depuis fort longtemps un sujet de controverses. D’un côté, elle permet l’investissement, favorisant la production et la création de richesses supplémentaires. De l’autre, elle réduit la consommation immédiate et pèse donc sur la croissance. Ce débat ancien qui préoccupe les économistes depuis plus de deux cents ans - d’Adam Smith à Robert Lucas en passant par John Maynard Keynes et Milton Friedman – continue aujourd’hui encore à peser sur les politiques économiques

L’épargne : le choc des cultures
Die Politische Meinung
Entretien avec Roland Benedikter
Les traditions et la culture d’un pays jouent un rôle fondamental dans le comportement d’épargne et d’endettement de ses habitants. L’Europe et les États-Unis sont, dans ce domaine, si éloignés qu’on peut parler d’un véritable choc des cultures. Sur le Vieux Continent, l’épargne est une condition préalable à la consommation : on travaille, puis, à partir d’une partie du fruit de son labeur, on constitue une épargne qui permettra ensuite de consommer. L’acte d’achat est donc le résultat, l’expression matérialisée du passé. La conception américaine est diamétralement opposée. Aux États-Unis, l’argent est davantage un pari sur l’avenir, une avance qui se transforme par la suite en obligation, en engagement. Ainsi, dans la culture américaine, qui est une véritable « civilisation de l’avenir », contracter des dettes n’a rien de négatif. L’argent n’est finalement qu’une convention sociale sans valeur en soi, qui sert à insérer l’avenir dans le présent.  De ces différences découle une dynamique sociétale, culturelle et économique complètement distincte.

À chaque pays ses comportements d’épargne
Constructif
Didier Davydoff
Les grandes théories de l’épargne fonctionnent assez bien pour expliquer les différences de comportement entre les individus d’un même pays, mais elles sont peu efficaces pour comprendre les différences qui ont cours d’un pays à l’autre. Ces-dernières sont pourtant importantes et ne s’expliquent pas uniquement par le choix des définitions employées. L’analyse de la composition du patrimoine, ainsi que des pratiques d’endettement, permet de mieux comprendre ces différences. Le comportement d’épargne est également influencé par le modèle de protection sociale en vigueur – en particulier son degré de générosité - et dépend aussi de la place et de l’activité des marchés financiers. Enfin, le taux de propriétaires de logement joue également un rôle non négligeable.

Les marchés d’actifs sûrs : mythe ou réalité ?
Risques
Didier Folus
De nombreux investisseurs rechercbent des titres présentant un faible niveau de risque. Les actifs financiers sûrs sont ainsi au cœur de la finance de marché. Le système financier a en effet besoin d’actifs considérés comme sûrs, non seulement pour protéger la valeur de l’épargne, mais également pour servir de garantie à des prêteurs, pour permettre aux entités souveraines de se financer et aux banques centrales de conduire la politique monétaire. Un actif financier sûr est celui dont le propriétaire ne doute pas. L’idée selon laquelle il existerait des actifs « sans risque » repose donc essentiellement sur la perception que les investisseurs ont du marché. Or cette dernière peut être biaisée comme l’ont montrés la crise des subprimes et des dettes souveraines.

Comprendre les taux d’intérêt négatifs
Le Cercle-Les Échos
Pascal Ordonneau
Les taux d’intérêt peuvent être négatifs. Ce phénomène se produit lorsque l’inflation dépasse le taux d’intérêt nominal (le taux d’intérêt réel est donc négatif) ou s’il faut payer les emprunteurs afin qu’ils acceptent d’être débiteurs. Le premier cas, les taux d’intérêt réels négatifs, est le  plus courant. Cette situation avantage l’emprunteur, car elle constitue une incitation à s’endetter. Le second cas correspond à une situation où le taux d’intérêt monétaire est nul et où il faut payer les demandeurs de monnaie pour qu’ils en acceptent. Les offreurs, pour leur part, en ont trop, ils sont prêts à payer pour qu’on les en débarrasse. L’économie peut alors se retrouver plongée dans la déflation et la récession.

Les grandes tendances de l’épargne des Français
Analyses et Synthèses – ACPR-Banque de France
Jean-Baptiste Feller
En 2013, les placements des ménages français étaient constitués majoritairement de dépôts bancaires (27 %) et de contrats d’assurance vie (35 %). La part de l’épargne bancaire réglementée est en nette progression (augmentation de 22 % des encours) par rapport à l’année précédente. Cette dernière tendance s’inscrit dans un contexte particulier : hausse du plafond du livret A et du livret de développement durable (LDD) et baisse sensible des taux de rémunération servis depuis 2012. La progression des encours d’épargne réglementée – ils ont atteint un niveau historique -  ne semble pas avoir eu de conséquences négatives sur la collecte en assurance vie. À la suite de la nouvelle baisse du taux du livret A au 1er août 2013, une amorce de décollecte sur les livrets réglementés se dessine, ainsi qu’un possible regain d’intérêt des ménages pour l’épargne logement.

ÉGALEMENT DANS CE NUMERO

La machinerie économique du IIIe Reich
L
a Vie des Idées
Jean-Marc Dreyfus
L’économie allemande sous le IIIe  Reich est perçue comme une gigantesque et incroyable machinerie. Pourtant, elle a constamment failli sombrer dans une crise grave, notamment en raison des difficultés d’approvisionnement en devises. C’est un des enseignements qu’apporte l’ouvrage de référence de l’historien britannique Adam Tooze, professeur à l’université Yale (États-Unis), Le Salaire de la destruction, consacré à une lecture de l’histoire du IIIe Reich à travers le prisme de l’économie. L’auteur montre que l’énorme effort d’armement et le gouffre abyssal qu’ont constitués les dépenses de guerre ont été financés par la fiscalité, l’épargne forcée et l’exploitation des territoires occupés en Europe. Si de nombreuses décisions ont finalement  été influencées par des intérêts économiques, l’auteur met également en relief l’irrationalité idéologique fondamentale du régime.

Les étudiants étrangers : un enjeu de la politique migratoire
La lettre du CEPII
Lionel Ragot
On dénombre aujourd’hui dans le monde 4,3 millions d’étudiants étrangers (dont 53 % sont asiatiques), soit deux fois plus qu’il y a dix ans et cinq fois plus qu’en 1975. Six pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, attirent à eux seuls plus de la moitié d’entre eux. L’enjeu est considérable tant pour les pays d’accueil que pour les pays d’origine. Les étudiants étrangers sont en effet considérés comme des vecteurs de diffusion de normes culturelles, économiques et politiques. L’enseignement qui leur est dispensé constitue également une forme d’aide au développement. Une fois diplômés et installés dans le pays d’accueil, les étudiants étrangers permettent aussi d’accroitre le niveau de qualification de la main-d’œuvre locale.

Le transport maritime est de retour
Review of Maritime Transport
CNUCED
Le transport maritime tiré par l’essor de la demande intérieure chinoise et par l’augmentation des échanges intra-asiatiques et Sud-Sud connaît depuis plusieurs mois une embellie qui annonce, après plusieurs années difficiles, un probable retournement de cycle. Les spécialistes du secteur envisagent en effet désormais une forte reprise du fret maritime dans deux ans. Le charbon et le minerai de fer constituent actuellement, en raison de l’appétit asiatique pour ces matières premières, un véritable relais de croissance pour les grands vraquiers. L’amélioration de la situation s’explique toutefois davantage par la réduction de l’excès d’offre de transport que par l’amélioration de la conjoncture mondiale. Il suffit pour s’en convaincre d’observer l’amélioration actuelle de la situation du secteur des porte-conteneurs qui lui ne profite pas de l’embellie. Ces navires emportent d’Asie des marchandises dont ont besoin les consommateurs Américains et Européens. Or, avec la crise, ces derniers ont fortement réduit leurs achats. 

 

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La revue Problèmes économiques est née le 7 janvier 1948 de la fusion du Bulletin hebdomadaire d'informations économiques édité par la Documentation française et de la Revue hebdomadaire de la presse économique française publiée par le Centre national d'information économique (CNIE) de l'INSEE.

Elle a pour vocation, et ce dès son origine :

  • de rendre accessible au plus grand nombre l'information économique et sociale ;
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  • de refléter ce que les revues françaises et étrangères, les instituts de conjoncture, les organisations internationales, les centres de recherche publient.

La revue est structurée autour d'un thème illustré par quatre ou cinq articles issus de revues françaises ou étrangères. Des articles indépendants viennent compléter le dossier.


Chaque année, deux numéros hors-série approfondissent, à partir d'articles inédits, des questions centrales de la science économique.

L'ensemble de ces numéros constitue une véritable collection, indispensable pour comprendre les grandes questions économiques.

Parution bimensuelle

 

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