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[Le Kurdistan au-delà du territoire et de l’ethnie, par Jean-François Pérouse], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Le « Grand Kurdistan »
Organisation indépendantiste Khoybun – 1945

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Mis à jour le 12/01/2011


Le Kurdistan au-delà du territoire et de l’ethnie

Jean-François Pérouse*

Afin de sortir de l’impasse à laquelle conduit la tentative de traiter conjointement l’identité et le territoire, il est nécessaire de penser les dynamiques et revendications identitaires kurdes au-delà de l’obsession territoriale(1). Tout en reconnaissant au territoire sa valeur économique (avec ses ressources exploitables) et sa valeur symbolique qui alimente les processus d’identification, mais sans se focaliser sur la vaine querelle des limites, il s’agira de proposer une forme politique de reconnaissance de l’identité qui ne s’articule pas exclusivement autour de l’impératif territorial.

Du séparatisme au régionalisme ou à l’autonomisme

Faire le deuil du morcellement du « Grand Kurdistan »

Fréquemment reprises sans aucune précaution critique, les cartes du «Grand Kurdistan » sont pour la plupart dérivées de celle dressée en 1945 par l’organisation indépendantiste Khoybun(2) et présentée par la Kurdish League Delegation (Délégation de la Ligue kurde) lors de la première session des Nations unies à San Francisco, le 30 mars 1945. On la retrouve également dans le « Mémorandum sur la situation des Kurdes et de leurs revendications », publié à Paris en 1948 par les anciens de Khoybun. Ce « Grand Kurdistan », calé sur trois étendues d’eau (golfe Arabo-persique, Méditerranée et lac d’Ourmiyeh en Iran qui couvre plus de 500 000 km2, a été tracé en convoquant à la fois l’histoire, les sciences naturelles (pour les limites orographiques, hydrographiques et climatiques), l’ethnologie, la linguistique, la statistique ethnique et la démographie(3). Il cristallise et fonde un imaginaire territorial qui continue à agir de nos jours sur les représentations et les pratiques politiques, comme sur les dynamiques identitaires. L’identification au territoire du « Grand Kurdistan », érigé en objectif de l’action politique, a été une composante cardinale des dynamiques identitaires kurdes.

Cependant, les mouvements kurdes – et en premier lieu le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) créé en 1978 dans le village de Fis (Diyarbakir/Lice) et passé à l’action armée systématique en 1984 –ont renoncé à toute prétention territoriale «séparatiste» (depuis 1992 pour le PKK). Cette modification substantielle des objectifs politiques mérite d’être rappelée.

Il en va de même pour les formations politiques kurdes en Irak qui, pour les principales du moins, se satisfont du statu quo actuel au sein de l’État fédéral irakien. En Syrie et en Iran, les militants de la kurdicité ont déjà suffisamment à faire avec leur État respectif pour ne pas mettre en avant cette revendication de la séparation territoriale. S’il existe bien, en Iran, une région officielle dénommée Kurdistan (qui est loin de correspondre à l’ensemble des territoires de ce pays où la pratique des langues kurdes est dominante), les conditions politiques conduisent à rendre nulle et non avenue cette reconnaissance territoriale formelle. En effet, la répression contre les Kurdes opposés au régime demeure très violente et l’exercice de la différence identitaire territorialisée n’a donc aucun sens si les droits les plus fondamentaux ne sont pas respectés par ailleurs.

En somme le « Grand Kurdistan » de la carte-Khoybun de 1945 s’est dématérialisé pour devenir une icône offerte à l’identification, voire à la nostalgie pan-kurde. Les temps de l’éphémère République de Mahabad, créée en 1946 dans le Kurdistan iranien et dont les leaders proclamaient clairement avoir pour objectif le Grand Kurdistan, sont bel et bien révolus(4). Le pragmatisme prévaut désormais.

Mobilités, émigration et dispersion : du territoire au réseau

L’émigration et la dispersion qui affectent depuis des décennies le peuple kurde ont provoqué une sortie des bastions originels (composant le « Grand Kurdistan », territoire d’origine et référence). Aux mobilités (saisonnières ou plus durables) liées à la recherche d’une meilleure éducation ou d’opportunités d’emplois et de revenus, s’est ajoutée une émigration directement induite par l’état chronique de violence exercée sur ce territoire d’origine à l’encontre des Kurdes. Sans parler des déportations systématiques organisées en Irak du temps de Saddam Hussein, les affrontements intenses durant la décennie 1990 en Turquie ont forcé au moins un million de personnes à quitter leurs villages du sud-est anatolien. Ainsi, le territoire-origine s’est dépeuplé, à tout le moins pour ce qui est de ses espaces ruraux qui concentraient la grande majorité de la population jusqu’à la fin des années 1980. Avec cette émigration massive, le rapport démographique entre Kurdes du « Kurdistan » et Kurdes de l’extérieur s’est inversé, obligeant les mouvements kurdes à repenser la question du territoire et à s’interroger sur les dynamiques identitaires en réseau. Les jeunes générations kurdes actuelles ne correspondent plus au stéréotype véhiculé par une certaine littérature romantique et essentialiste sur les Kurdes, à savoir celui du Kurde rural, montagnard, volontiers berger, transfrontalier et un peu brigand. Au contraire, elles sont en majorité urbaines, éduquées, vivent hors du Grand Kurdistan et maîtrisent souvent mieux les langues véhiculaires de leurs pays respectifs que les langues kurdes. Ces Kurdes en diaspora hors du territoire-référence participent activement à la reconstruction imaginaire de celui-ci(5).

Par ailleurs, des dynamiques transfrontalières recommencent à se faire jour, tout particulièrement entre la Turquie et l’Irak, avec la reprise de la circulation des personnes et des marchandises(6). Les changements intervenus ces dernières années sont à cet égard spectaculaires et prouvent que la division en État-nation-territoire du « Grand Kurdistan » n’empêche pas, d’une certaine manière, de le faire exister sous d’autres modalités. L’assouplissement des formalités de passage de la frontière turco-syrienne – avec la suppression des visas, en janvier 2010 – participe du même mouvement(7). Les liens transfrontaliers se tissent de nouveau et Nüsaybin du côté turc de la frontière ou Qamishliyé du côté syrien, ont cessé d’être les bouts du monde qu’ils étaient depuis le tracé de la frontière, au début des années 1920.

Renoncement à la violence armée ?

Le renoncement territorial, qui n’est pas une démission politique mais seulement une réorientation, s’est accompagné, avec un certain retard, d’un renoncement aux actions armées, à l’exception de l’Iran (et de la Syrie) où l’espace politique ne semble pas offrir aux mouvements kurdes d’autres possibilités que la violence désespérée(8). En Turquie, après de multiples essais infructueux pour se faire accepter comme un interlocuteur politique, le PKK a ainsi prolongé une deuxième fois en octobre 2010 le cessez-le-feu proclamé unilatéralement le 13 août 2010(9). Depuis, le gouvernement turc paraît tout à fait disposé à prendre en compte ce geste pour impulser une autre dynamique de résolution des conflits(10). Pour la première fois, l’État turc semble avoir rompu avec la position qui était la sienne jusqu’alors de « non-négociation avec une organisation terroriste » et, depuis le début des années 2000, on note une corrélation directe entre les cessez-le-feu édictés par le PKK (comme en 2002) et le faible nombre de victimes du côté des forces de l’ordre turques. En outre, par rapport à 1999, on relève une sensible diminution des affrontements et du nombre annuel de victimes en résultat.

Nombre de victimes des forces de l’ordre turques* entre 1999 et 2009

Nombre de victimes des forces de l'ordre turques entre 1999 et 2009

Années

Nombre de victimes

1999

203

2000

41

2001

41

2002

6

2003

21

2004

73

2005

92

2006

87

2007

118

2008

139

2009

135

* A savoir militaires/soldats, membres de la Sécurité (ministère de l’Intérieur) et protecteurs de village (milices locales supplétives).
Source : Haber Türk, 25 juin 2010, p. 18.

En Irak, le recours à la violence est dénoncé par les principaux mouvements kurdes(11) depuis 1992, date à partir de laquelle ils ont été impliqués dans la gestion des provinces kurdes (Dohuk, Erbil, Kerkük, Suleymaniye) puis dans celle de l’État fédéral irakien lui-même, le recours à la violence est dénoncé. Les formations politiques kurdes d’Irak s’associent même à l’État turc pour neutraliser le PKK dont les dirigeants sont encore retranchés dans les montagnes du nord-est de l’Irak, à la frontière avec l’Iran (le massif de Kandil)(12). Ce renoncement à la violence armée résulte de la remise en cause, en Turquie depuis 2008, de l’impunité de l’armée et de toute une série de procès en cours qui montrent que la logique de la violence a pu être entretenue par des acteurs liés à l’appareil de sécurité d’Etat, dont les affaires ne peuvent prospérer que dans un climat de violence.

Revendications autonomistes et reconnaissance identitaire

Si l’indépendance au sein d’un nouvel État dont la formation supposerait le redécoupage des frontières internationales actuelles n’est plus à l’agenda des mouvements kurdes, en revanche des formules d’autonomie sont envisagées. En Turquie, les partis légaux pro-kurdes défendent ainsi le projet d’une régionalisation effective – pour l’instant, il n’existe pas en Turquie de région administrative dotée d’une assemblée élue et de compétences quelconques – ainsi que celui d’une autonomie (özerklik) renforcée des pouvoirs locaux (surtout municipaux). Cette « autonomie » – le mot fait encore peur au sein de l’appareil d’État turc – est conçue par ceux qui la préconisent comme une reconnaissance politique de la différence kurde au sein de l’État turc réformé, dont le territoire et les fondements ne sont pas remis en cause. La reconnaissance identitaire par le pouvoir central aurait donc pour effet de relativiser encore davantage la question territoriale.

Blessures identitaires et territoriales persistantes

Identités niées ou contrariées et identités meurtries

S’agissant de la reconnaissance officielle de l’identité kurde et de ses conséquences politiques, les États des pays concernés (l’Irak excepté) demeurent encore timides et contradictoires. Depuis le changement politique de novembre 2002 (avec l’arrivée au pouvoir du Parti de la justice et du développement – AKP), la Turquie connaît à cet égard des tendances divergentes. Certes, la reconnaissance verbale et publique de la « réalité kurde » et de l’existence d’une « question kurde » a cessé d’être un tabou pour les membres du gouvernement – dont une partie notable est constituée de personnes d’origine kurde parlant une langue kurde(13) –. Ainsi, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan parle volontiers de « ses ministres et députés kurdes ». Cependant, le référendum de septembre 2010 sur la réforme constitutionnelle ne proposait aucune modification des premiers articles de la Constitution en vue d’inscrire cette reconnaissance au cœur d’une sorte de nouveau pacte national. De même, si la pratique des langues kurdes est désormais banalisée, leur utilisation dans certaines institutions, comme la justice ou l’éducation, certains lieux et certains contextes est loin d’être un fait acquis.

Le territoire violenté

Le premier degré de la violence, c’est l’interdiction d’accès. L’impossibilité de se rendre aisément sur un territoire est évidente pour les déplacés et émigrés ; mais elle est aussi une réalité quotidienne pour ceux dont les mobilités sont étroitement contrôlées et restreintes. La guerre et la « menace terroriste » servent en effet de prétexte aux forces de l’ordre pour bloquer l’accès aux montagnes (notamment aux alpages) et entraver les mobilités pastorales (nomades ou semi-nomades). Les hauteurs d’Ovacik dans le département de Tunceli, interdites depuis 1994, viennent juste d’être ré-ouvertes au civils locaux. La relation quotidienne des populations locales à leur territoire se trouve ainsi contrariée par l’interdiction pure et simple, pour « raisons de sécurité ».

En outre, l’attachement au territoire-origine est renforcé par les actes de mutilation et de domination que celui-ci subit. Les violences les plus marquantes, multiples et souvent impunies, à l’encontre du territoire sont liées aux actes de guerre(14). L’utilisation de gaz chimiques meurtriers par l’aviation de Saddam Hussein contre la petite ville de Halepçe en mars 1988 s’est soldée par une catastrophe pour les hommes et l’environnement. Relèvent également de ces actes de violence contre le territoire les incendies de forêts provoqués par l’armée turque dans les montagnes du Dersim, pour débusquer les terroristes dans leur refuge. Le fait que ces incendies se propagent dans les montagnes kurdes turques, iraniennes ou irakiennes, renforce la mobilisation identitaire kurde autour de la valeur-territoire. Mais, de façon plus banale, la désertification des campagnes générée par l’état de guerre et les migrations forcées s’accompagnent d’une dégradation du territoire, puisque les chemins, les terrasses et les systèmes d’écoulement des eaux ne sont plus entretenus. Avec l’abandon du territoire-origine, c’est aussi la mémoire collective d’un espace à la fois naturel et historique, modelé par toutes les générations passées, qui est meurtrie.

Le Mont Ararat

Au-delà des identifications ethniques, le Mont Ararat est un bien commun qui appartient aux Arméniens, Turcs et Kurdes.

© Jean-François Pérouse - 2004

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Quant aux actes interprétés par les mouvements kurdes comme visant à instaurer une « domination » sur leur territoire, ils concernent toutes les formes d’exploitation des richesses que celui-ci recèle. Qu’il s’agisse des ressources en forêt ou en eau, celles-ci sont sacralisées par une partie de ces mouvements qui tiennent pour des violations toutes les interventions extérieures (pilotées par les centres politiques et économiques) en vue de leur mise en valeur. Les mobilisations à caractère environnementaliste contre l’aménagement de barrages hydroélectriques sur la rivière Munzur dans les montagnes du Dersim (département de Tunceli en Turquie orientale) sont à cet égard exemplaires dans la mesure où elles associent le facteur identitaire à un registre naturaliste/écologique et anticolonialiste. Ainsi, elles présentent les projets hydroélectriques comme des atteintes illégitimes et irréversibles à l’intégrité territoriale sacralisée.

Le cinéma kurde (courts ou longs métrages) participe à cette exaltation du territoire, à l’instar de Ax (Terre/sol en kurde kurmandji(15) du cinéaste Kazım Öz ou des travaux de Yılmaz Özdil (notamment son documentaire Le vide et la trace, filmé dans les montagnes du département de Hakkarî, Turquie). Depuis ces dernières années, la production cinématographique de jeunes réalisateurs kurdes sur le thème du territoire est particulièrement abondante, mêlant nostalgie de l’origine, ethnographie et histoire politique.

Cette double violence faite à l’expression de l’ethnicité d‘une part, et au territoire-référence d’autre part, a pour effet de maintenir une forme de lien entre ces deux valeurs, les violences à l’encontre du territoire étant interprétées comme perpétrées à l’encontre d’une des composantes les plus concrètes des dynamiques identitaires. Aussi l’identification au territoire quitté de gré ou de force, et de ce fait érigé en valeur primordiale, est-elle une des stratégies identitaires les plus courantes.

« Désethniciser» l’identité ?

Les débats sans fin portant sur les frontières ethniques de l’identité kurde, comme ceux sur le rapport entre définition identitaire et pluralité linguistique kurde conduisent à des impasses qui détournent des enjeux politiques. Paradoxalement, « désethniciser » l’identité, c’est la politiser et faire passer au premier rang les revendications relatives aux droits citoyens fondamentaux (être reconnu dans sa différence, vivre, habiter, s’exprimer, travailler dignement, posséder, investir...). En somme, les données ethniques se trouvent relativisées. La maturation actuelle des mouvements kurdes s’apprécie à cette reconversion des horizons politiques, de l’ethnique vers le civique.

Il ne semble pas, au final, que la déterritorialisation et la « désethnicisation » de l’identité kurde puissent être interprétées comme une défaite des mouvements défendant cette cause. Une fois acquise la reconnaissance institutionnelle (avec les droits politiques et culturels afférents) et celle-ci étant garantie par des systèmes politiques moins arbitraires et autoritaires – ce qui est encore loin d’être le cas –, les Kurdes pourront, dans le cadre de différents États, vivre positivement et sans entrave leur différence. Dès lors, le territoire et l’identité, objets conjoints de cristallisation des colères politiques, perdront de leur importance, leur sacralisation étant liée à un contexte répressif. Une fois satisfaites les revendications politiques et culturelles, le Kurdistan sera peut-être à même d’être décrit comme un territoire post-moderne, libéré de l’obsession des limites exclusives, où les pratiques identitaires peuvent se développer librement, sans être perçues comme une menace pour « l’intégrité nationale » des États-nations, valeur tombée en désuétude…

Notes
(1) Jean-François Pérouse, « Le Kurdistan : quel territoire pour quelle population ? », in Bonnemaison, J. (dir.), Le territoire : lien ou frontière ?, ORSTOM-éditions, « Colloques et séminaires », Paris, L’Harmattan, 1998, pp. 19-35. On pourra aussi se reporter à notre « Mais que veulent les Kurdes ? », Limes, n° 1, Hiver 1999-2000, Lyon, Ed. Golias, pp. 41-46.
(2) Khoybun dont le nom signifie indépendance est fondée en 1927 au Liban par des intellectuels kurdes ayant fui la Turquie. Elle est influente jusqu’à la fin des années 1940.
(3) Aucun des chiffres (ou pourcentages) fournis relatifs à la population kurde et à sa distribution spatiale n’est scientifiquement fondé ; cela n’empêche pas la production d’une abondante cartographie ethnique qui ne repose en définitive sur aucune réflexion et étude sérieuse. Voir T. K. Schippers, « La cartographie, serpent de mer de l’ethnologie européenne », Ethnologie française, XXXIV, 2004, n° 4, pp. 627-637.
(4) Voir William Eagleton, La République kurde de Mahabad, Bruxelles, Complexe, 1987 (1ère éd. 1957, Oxford), ainsi que Golmorad Moradi, Ein Jahr autonome Regierung in Kurdistan : Die Mahabad-Republik 1946-1947, Hochschule Bremen, « Reihe Kurdistan », Band 1, 1992, 389 p. et Archie Roosevelt, « La République kurde de Mahabad », in Gérard Chaliand (dir.), Les Kurdes et le Kurdistan, Paris, Maspero, 1978, pp. 199-224.
(5) Voir Scalbert Clémence, La diaspora kurde. Territoires d’origine et représentations, Mémoire de DEA, sous la dir. de Michel Korinman et Jean-François Pérouse, Université de Marne La Vallée, juin 2001.
(6) La moitié du volume croissant des échanges actuels entre la Turquie et l’Irak se fait avec les seules régions kurdes d’Irak (Milliyet, 29 septembre 2010). Le montant des exportations turques vers la Syrie est passé de 266 millions de dollars en 2002 à 1,4 milliard en 2009 (Para, 14-10 février 2010).
(7) Alors qu’en février 2009, le nombre de Syriens entrés par voie terrestre en Turquie était de 24 235, en février 2010, il était de 50 350 (Dünya, 22 avril 2010).
(8) Le 22 septembre 2010, une explosion a fait 11 morts et 20 blessés à Mahabad, ville-symbole pour le mouvement kurde en tant que siège de la « République » de 1946 (Yeni Özgür Politika, 23 septembre 2010).
(9) Après un attentat perpétré contre les forces de sécurité à Istanbul en juin 2010, une députée du parti pro-kurde BDP a déclaré : « Il n’y a pas de volonté de séparation. Les Kurdes cherchent à expliquer leurs souffrances » (Habor Türk, 25 juin 2010).
(10) « Si l’organisation [le PKK] dépose les armes, ce sera la fin des opérations militaires », Radikal, 4 novembre 2010.
(11) Réunis à l’issue des élections générales de mars 2010 dans l’ « Union du Kurdistan » (43 sièges sur 325 au Parlement de Bagdad) qui regroupe, outre le Parti Démocrate du Kurdistan de Barzani et l’Union patriotique du Kurdistan de Talabani, douze petits partis kurdes.
(12) Neçirvan Barzani, le Secrétaire général adjoint du Parti démocrate du Kurdistan, déclarait cependant en octobre 2010 qu’il ne fallait pas tenir le PKK à l’écart du processus de pacification et de résolution de la question kurde (Radikal, 15 octobre 2010).
(13) Jean-François Pérouse, « Enjeux et rôle de la "société civile" au Kurdistan : les déterminants géopolitiques et géoéconomiques », Études kurdes, Paris, Institut Kurde/Harmattan, n° 4, 2002, pp. 7-34.
(14) On peut se référer à une brochure éditée en février 2008 par la Chambre des ingénieurs en environnement de Turquie (ÇMO), intitulée « La guerre salit » et qui dénonce les atteintes à l’environnement liées à la situation de guerre.
(15) Il existe plusieurs langues kurdes distinctes ; cela empêche, si l’on accorde à la langue une place centrale dans la définition de l’ethnie, de parler d’une seule ethnicité kurde. Les débats sur l’articulation langue/ethnicité/identité dans le cas kurde restent très vifs ; voir Martin Van Bruinessen, « Nationalisme kurde et ethnicités intra-kurdes », Peuples Méditerranéens, n° 68-69, juillet –décembre 1994, pp. 11-37.

* Maître de conférences - HDR, Université Toulouse-II/Université de Galatasaray (Istanbul).

Pour citer cet article : Jean-François Pérouse, « Le Kurdistan au-delà du territoire et de l’ethnie », Grande Europe n° 28, janvier 2011 – La Documentation française © DILA

 

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