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FRANCE. Conseil d'orientation des retraites
Paris
;
La Documentation française
Après un état des lieux de la situation actuelle, le Conseil d'orientation des retraites, dans son premier rapport, identifie les différents éléments à prendre en compte pour déterminer l'équilibre des régimes de retraites (évolution démographique, croissance économique notamment) et qui permettent de fixer un besoin de financement à 4 points de PIB en 2040 à réglementation inchangée. Les orientations et propositions définies visent à établir un nouveau contrat social entre les générations en menant une grande politique nationale en matière "d'âge et travail" permettant de pouvoir trouver un équilibre sur vingt puis quarante ans. Si plusieurs questions "substantielles" donnent lieu à un accord au sein du Conseil, un point de désaccord demeure sur les modalités d'alignement des régimes de retraites entre secteur public et secteur privé.
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Sommaire
Retraites
: renouveler le contrat social entre les générations. Orientations
et débats.
Premier rapport du Conseil d'orientation des retraites
Conseil
d'orientation des retraites
6
décembre 2001
INTRODUCTION
I - Changer le mode de pilotage du système des retraites..........................................2
II - Mettre en place des méthodes pour une concertation régulière
sur la situation
et lavenir des systèmes de retraite ..............................................................................3
1 - Réaliser pour lensemble des régimes de retraite la transparence
et la concertation
dans la durée.................................................................................................................3
2 - Des méthodes très interactives pour une concertation élargie
................................4
III - Poser, dans un premier rapport, le socle des réformes et engager
le travail
dans la durée ...................................................................................................................5
PREMIERE PARTIE : LA SITUATION ACTUELLE................................................................7
CHAPITRE I : LES APPORTS DES REGIMES EN REPARTITION SONT AUJOURDHUI
CONSIDERABLES ....................................................................................................................8
I - Le droit à la retraite.....................................................................................................8
1 - La genèse du droit à la retraite.................................................................................8
1 - 1 Un droit qui prend forme dans les grandes entreprises et la fonction publique
.8
1 - 2 Un droit qui se généralise à lensemble des
actifs...........................................9
2 - Les réformes de limmédiat après-guerre.................................................................9
3 - Les caractéristiques du pacte social issu des trente glorieuses.............................10
4 - Labaissement de lâge de la retraite en 1982........................................................10
5 - Les réformes des années 90..................................................................................11
II - Un droit devenu effectif sous leffet de laugmentation de lespérance
de vie..11
1 - Laugmentation de lespérance de vie....................................................................12
2 - De l'espérance de vie à l'"espérance de retraite"
...................................................13
3 - Dimportantes inégalités par catégories socioprofessionnelles
subsistent.............14
III - Lindépendance financière des personnes âgées
...............................................19
1 - Lamélioration du montant moyen des pensions ....................................................19
2 - Le niveau de vie des retraités par rapport à celui des actifs
..................................19
2 - 1 Le revenu des retraités ..................................................................................19
2 - 2 Les disparités dans les niveaux de pension ..................................................21
3 - Lévolution des pensions après la liquidation .........................................................21
CHAPITRE II : LA MONTEE DUN CHOMAGE DE MASSE A PERTURBE LE PASSAGE DE
LACTIVITE
A LA RETRAITE .....................................................................................................................24
I - Des salariés âgés exclus de lemploi......................................................................24
1 - Lévolution constatée depuis les années 1970.......................................................24
2 - La situation actuelle................................................................................................26
II - La diversité des situations lors du passage de lactivité
à la retraite.................27
1 - Une diversité selon le secteur dactivité et le mode
dexercice ..............................27
2 - Une diversité au sein du secteur privé ...................................................................28
3 - Un chômage en fin de carrière moins bien vécu que la
préretraite........................29
III - Les raisons dun cercle vicieux.............................................................................30
206
1 - Le chômage et les restructurations ........................................................................30
2 - La question de la productivité.................................................................................30
2 - 1 Les horaires décalés et la diversification des contraintes
de temps ..............31
2 - 2 Les changements dans le travail ...................................................................31
3 - Lévolution de la perception des salariés ...............................................................32
IV - Les amorces de changement ................................................................................32
1 - Les raisons d'un début de changement..................................................................32
1 - 1 Les raisons d'ordre démographique ..............................................................32
1 - 2 Les raisons dordre économique....................................................................33
1 - 3 Age et productivité : une relation aujourdhui remise en cause
.....................33
1 - 4 La nécessité de sortir d'une contradiction majeure entre
politique de l'emploi
et politique de la retraite.........................................................................................33
2 - Les manifestations de ce changement...................................................................34
2 - 1 La remise en cause de la légitimité des politiques de cessation
anticipée
d'activité .................................................................................................................34
2 - 2 L'émergence de nouvelles politiques d'entreprises de gestion des
âges ......34
3 - Un mouvement encore limité..................................................................................35
CHAPITRE III : LA DIVERSITE DES REGIMES DE RETRAITE, ACCEPTEE ET SOUVENT BIENVENUE,
POSE AUJOURDHUI DE NOUVELLES QUESTIONS ....................................................................37
I - Lorganisation du système dassurance vieillesse par régime
............................37
II - Les régimes de retraite et leurs avantages respectifs .........................................37
1 - Lâge de cessation dactivité et lâge
de liquidation de la pension .........................39
2 - Les taux de remplacement du revenu dactivité par la pension
.............................39
3 - Leffort contributif....................................................................................................41
4 - Les avantages familiaux.........................................................................................44
III - Les questions nouvelles posées aujourdhui par la diversité
des régimes......45
IV - La compensation financière entre les régimes ...................................................45
1 - Les choix présidant à lorganisation des différents
mécanismes de compensation
.....46
2 - Des modalités de mise en uvre susceptibles damélioration...............................48
CHAPITRE IV : LA PLACE DES RETRAITES DANS LA PROTECTION SOCIALE, DANS LES
FINANCES PUBLIQUES ET DANS LECONOMIE .........................................................................50
I - La part des dépenses de protection sociale et de retraite dans le
produit
intérieur brut..................................................................................................................50
II - Le financement de la protection sociale et des retraites .....................................51
III - Le poids des principaux régimes de retraite........................................................51
CHAPITRE V : DES REFORMES DE GRANDE AMPLEUR ONT ETE ENGAGEES, DONT LES EFFETS
SONT AUJOURDHUI MAL IDENTIFIES ......................................................................................52
I - Présentation des réformes engagées dans le régime
général, les régimes
complémentaires de salariés du secteur privé et les régimes
de non salariés ......52
1 - La réforme de 1993 dans le régime général et
les régimes alignés.......................52
2 - Les réformes dans les régimes complémentaires de salariés
du secteur privé .....53
II - Les effets des réformes engagées .........................................................................54
1 - Impact pour les régimes .........................................................................................54
2 - Impact pour les assurés .........................................................................................55
III - Des effets altérés par le maintien dun chômage
élevé ......................................56
IV - Des effets méconnus et souvent mal compris ....................................................56
V - La création du Fonds de solidarité vieillesse .......................................................57
VI - La création du Fonds de réserve pour les retraites ............................................57
1 - Les ressources du Fonds de réserve .....................................................................58
2 - La gestion du Fonds de réserve.............................................................................58
3 - Les perspectives du Fonds de réserve ..................................................................58
CHAPITRE VI : LES FRANÇAIS SONT ATTACHES A LEUR SYSTEME DE RETRAITE ET
PREOCCUPES DE SA PERENNITE............................................................................................59
I - Des attentes fortes à légard de la retraite après
des fins de carrière difficiles .59
1 - Une vision nouvelle de la vie au temps de la retraite .............................................59
2 - Des fins de carrière mal vécues .............................................................................60
3 - Le travailleur âgé et le jeune retraité ......................................................................61
II - Des inquiétudes croissantes concernant lavenir des retraites..........................63
1 - Une préoccupation centrale et unanime.................................................................63
2 - Une connaissance approximative des droits futurs de chacun ..............................63
3 - Un public alarmé par des informations récurrentes sur les
difficultés financières
des régimes .................................................................................................................65
4 - Les dangers dune crise de confiance dans les régimes de retraite
si linquiétude
persistait ......................................................................................................................66
III - Des inquiétudes auxquelles il est possible et nécessaire
de répondre ............66
DEUXIEME PARTIE : LES ELEMENTS A PRENDRE EN COMPTE POUR LE FUTUR.....68
CHAPITRE I : LES FACTEURS DETERMINANT LEQUILIBRE DES REGIMES DE RETRAITE
SONT EN
NOMBRE LIMITE ....................................................................................................................69
CHAPITRE II : LES EVOLUTIONS DEMOGRAPHIQUES SONT MARQUEES PAR UNE RUPTURE AUX
COURS DES ANNEES 2005-2010 ...........................................................................................72
I - Les hypothèses dévolution démographique de lINSEE......................................72
II - Le ratio de dépendance démographique...............................................................73
1 - Les conventions de calcul du ratio de dépendance démographique
.....................73
2 - Lévolution en projection du ratio de dépendance démographique........................74
3 - Deux phénomènes expliquent lévolution du ratio
de dépendance démographique
.....75
3 - 1 Allongement de la vie.....................................................................................76
3 - 2 Baby boom.....................................................................................................76
3 - 3 Effets respectifs de lallongement de la vie et du baby boom sur
le ratio de
dépendance démographique .................................................................................78
III - Des éléments dincertitude ....................................................................................78
1 - La fécondité............................................................................................................78
2 - La mortalité.............................................................................................................79
3 - Le solde migratoire.................................................................................................79
CHAPITRE III : LE SCENARIO ECONOMIQUE RETENU POUR REFERENCE PREVOIT LE RETOUR
AU PLEIN EMPLOI EN 2010 ....................................................................................................81
I - Présentation générale du scénario économique
de référence.............................81
II - La productivité et le partage de la valeur ajoutée.................................................84
1 - La croissance de la productivité du travail .............................................................84
2 - Le partage de la valeur ajoutée entre revenus du travail et revenus
du capital .....85
III - Le nombre dactifs occupés ..................................................................................86
1 - Le chômage............................................................................................................87
2 - L'activité des jeunes ...............................................................................................88
3 - L'activité des femmes.............................................................................................88
4 - L'activité des plus de 50 ans ..................................................................................89
CHAPITRE IV : UN BESOIN DE FINANCEMENT DU SYSTEME DE RETRAITE QUI SETABLIRAIT
A 4
POINTS DE PIB EN 2040, A REGLEMENTATION INCHANGEE ....................................................91
I - La méthode retenue pour les projections financières ..........................................91
II - Le compte associé au scénario économique de référence
.................................92
1 - Le poids des dépenses de retraite dans le PIB......................................................92
2 - Les résultats par régime.........................................................................................94
3 - La contribution du Fonds de réserve au financement des régimes
entre 2020 et
III - Lévolution des niveaux de pension comparés aux revenus
dactivité, dans le
compte de référence .....................................................................................................98
1 - Lévolution du ratio pension moyenne sur revenu moyen dactivité,
estimée à partir
de la maquette de la DREES.......................................................................................98
2 - Lévolution des pensions, au moment de la liquidation, par régime.......................99
IV - Les variantes.........................................................................................................101
1 - Les variantes démographiques ............................................................................101
2 - Les variantes économiques..................................................................................103
2 - 1 Les variantes sur lévolution de la productivité du
travail.............................103
2 - 2 Les variantes sur lévolution du partage de la valeur ajoutée
......................106
2 - 3 Les variantes sur lévolution du taux de chômage .......................................108
3 - Les variantes relatives aux règles de calcul et dindexation
des pensions
appliquées dans les régimes de retraite....................................................................110
3 - 1 Variante globale ...........................................................................................110
3 - 2 Variantes par régime....................................................................................111
CHAPITRE V : UNE EVOLUTION POSSIBLE DES TEMPS DE LA VIE........................................114
I - Un changement dans le cycle de vie ? .................................................................114
II - Evolutions possibles dans le futur ......................................................................116
1 - Les plages de transition en début et en fin de vie active......................................116
2 - La modulation des temps de travail, de formation et de loisir ..............................117
3 - Larticulation de la vie familiale et de la vie professionnelle .................................117
III - Létat du débat sur les perspectives de redistribution
des temps tout au long
de lexistence...............................................................................................................117
1 - La redistribution des temps tout au long de lexistence........................................119
2 - Une certaine mutualisation des temps sociaux ....................................................119
CHAPITRE VI : LEVOLUTION DEMOGRAPHIQUE CONDUIT DANS LA PLUPART DES PAYS
ETRANGERS A RENEGOCIER LE COMPROMIS SOCIAL RELATIF AUX RETRAITES ......................122
I - Les orientations européennes en matière de retraite .........................................122
II - Des modèles sociaux différenciés selon les pays..............................................123
III - Les contraintes en termes de démographie et dactivité..................................124
1 - Le calendrier du choc démographique varie dun pays à
lautre ..........................124
2 - Les gains possibles sur les taux dactivité diffèrent
selon les pays......................125
IV - Les points de convergence entre les différents pays dans lapproche
des
réformes.......................................................................................................................125
1 - La convergence sur les objectifs ..........................................................................125
2 - La convergence sur les méthodes .......................................................................127
3 - La convergence sur certaines modalités de réforme ...........................................128
3 - 1 Le relèvement des taux dactivité.................................................................128
3 - 2 Le recours à des financements extérieurs ...................................................128
3 - 3 La création de Fonds de réserve .................................................................129
3 - 4 Lintroduction de compléments de retraite par capitalisation
.......................129
V - La diversité maintenue des stratégies nationales..............................................129
1 - La Suède ..............................................................................................................130
2 - LItalie ...................................................................................................................130
3 - LAllemagne..........................................................................................................131
4 - Les Etats-Unis ......................................................................................................132
5 - Le Royaume-Uni ..................................................................................................133
VI - La situation de la France : éléments communs avec les autres
pays et
éléments originaux .....................................................................................................133
1 - Les points communs avec les pays étrangers .....................................................133
1 - 1 Le contexte démographique et la situation en matière de
taux dactivité ....134
1 - 2 Des réformes dune ampleur significative déjà
engagées ...........................134
1 - 3 Un processus de décision long ....................................................................134
2 - Les particularités françaises.................................................................................134
2 - 1 La fragmentation du système en de multiples régimes................................135
2 - 2 Létablissement récent dune modalité de
suivi et de préparation des réformes
dans la durée .......................................................................................................135
2 - 3 La perte des repères sur les objectifs du système de retraite
.....................135
TROISIEME PARTIE ORIENTATIONS ET PROPOSITIONS POUR LE DEBAT...............136
CHAPITRE I : BATIR UN CONTRAT SOCIAL RENOUVELE ENTRE LES GENERATIONS..............137
I - Pourquoi chercher à bâtir un nouveau contrat sur les retraites
?.....................137
II - Principes et contenu dun contrat........................................................................139
1 - Les principes réaffirmés .......................................................................................139
1 - 1 Le choix réaffirmé dun système par répartition
et de la solidarité entre les
générations ..........................................................................................................139
1 - 2 Le choix réaffirmé dun système liant retraites
et travail et comportant une
part de redistribution par loctroi davantages non contributifs .............................139
1 - 3 Le droit à la retraite ne prive pas les retraités dun
droit fondamental, le droit
au travail...............................................................................................................140
2 - Les principes complémentaires............................................................................140
2 - 1 La solidité financière ....................................................................................140
2 - 2 Légalité de traitement et la solidarité entre
les cotisants ............................141
2 - 3 Des marges de choix individuels ouvertes aux assurés, dans un cadre
collectivement organisé........................................................................................141
2 - 4 Le droit à linformation..................................................................................141
CHAPITRE II : AGE ET TRAVAIL : CONDUIRE UNE GRANDE POLITIQUE NATIONALE.........143
I - Une mutation longtemps retardée et dont lurgence est accrue
par
laugmentation de lespérance de vie .......................................................................143
1 - Une mutation longtemps retardée ........................................................................143
2 - Une mutation désormais urgente .........................................................................143
II - Une nécessité commune à tous les pays européens
et intégrée à des degrés
divers dans les politiques nationales .......................................................................144
1 - Une nécessité commune......................................................................................144
2 - Lintégration dun objectif de relèvement des taux
dactivité dans la politique
européenne et à des degrés divers dans les politiques nationales
...........................144
III - Conduire des évolutions en profondeur.............................................................145
1 - Une grande politique nationale à bâtir par lÉtat
et les partenaires sociaux.........145
2 - Modifier les perceptions et la capacité de gérer les âges
....................................145
3 - Prendre en compte la gestion des âges tout au long de la vie active
..................146
3 - 1 Encourager la formation tout au long de la vie professionnelle ...................146
3 - 2 Agir sur les conditions et lorganisation du travail pour maintenir
dans lemploi
les travailleurs âgés .............................................................................................147
3 - 3 Favoriser la valorisation des compétences des travailleurs âgés................147
3 - 4 Développer des mécanismes incitatifs au retrait progressif
dactivité..........148
4 - Rechercher les moyens dune plus grande neutralité de lâge
tant à lentrée dans la
vie active quà la sortie de celle-ci .............................................................................148
4 - 1 A court terme, resserrer les conditions daccès aux cessations
totales et
anticipées dactivité ..............................................................................................148
4 - 2 Développer les incitations à lembauche des travailleurs
âgés....................149
4 - 3 Eliminer les discriminations par lâge........................................................149
CHAPITRE III : CHERCHER LES VOIES DUN EQUILIBRE SUR VINGT ANS PUIS QUARANTE
ANS
..........151
I - Introduire un élément de continuité par un affichage
sur le niveau des pensions
......151
1 - Dun objectif global aux situations individuelles et aux paramètres
réglementaires
...151
1 - 1 Indications sur le niveau moyen des pensions ............................................152
1 - 2 Passage aux données individuelles et aux paramètres de fonctionnement
des
régimes ................................................................................................................153
2 - Le niveau de la pension au moment du départ à la retraite
.................................153
2 - 1 La notion de taux de remplacement susceptible dêtre retenue
collectivement
.............................................................................................................................153
2 - 2 Un indicateur construit à partir dune carrière type
......................................154
2 - 3 La traduction dans les régimes ....................................................................155
2 - 4 Le suivi de la mise en oeuvre ......................................................................155
3 - La revalorisation des pensions servies ................................................................156
4 - La nécessité dindicateurs complémentaires........................................................157
II - Pour garantir la solidité financière, il existe une palette
de moyens
mobilisables ................................................................................................................157
1 - Les besoins à financer : rappel des ordres de grandeur et des incertitudes........158
1 - 1 Les besoins à financer .................................................................................158
1 - 2 Les incertitudes liées aux évolutions démographiques................................158
1 - 3 Les incertitudes liées aux évolutions économiques
.....................................159
2 - Les apports du Fonds de réserve des retraites....................................................159
3 - Les ajustements possibles : décalage de lâge de cessation
dactivité ou
financements supplémentaires..................................................................................160
3 - 1 Le décalage de lâge de cessation dactivité................................................160
3 - 2 Lapport de financements nouveaux pour la retraite....................................165
4 - La nécessité dexaminer l'ensemble des mesures et de
les insérer dans des
politiques ...................................................................................................................170
4 - 1 La nécessité dexaminer l'ensemble des mesures dans
la période considérée
.............................................................................................................................170
4 - 2 La nécessité d'insérer ces mesures dans des politiques.............................173
III - Choisir léquilibre entre les différentes politiques
en tenant compte des
horizons et des cheminements : une responsabilité politique essentielle
...........174
1 - Les éléments de calendrier sur lapparition des besoins......................................175
2 - Les éléments de calendrier sur la portée dans le temps
des réformes................176
3 - La prise en compte des effets sur les différentes générations
.............................177
4 - La gestion du temps .............................................................................................178
CHAPITRE IV : PRENDRE EN COMPTE DES ASPIRATIONS NOUVELLES ................................179
I - Des politiques favorisant légalité et la solidarité
entre les cotisants ...............179
1 - Prendre en compte les inégalités par catégorie socioprofessionnelle
et la pénibilité
du travail ....................................................................................................................180
1 - 1 Situation des assurés totalisant 40 années dassurance
avant 60 ans .......180
1 - 2 Conditions générales de prise en compte de la pénibilité
dans les régimes de
retraite ..................................................................................................................181
2 - Mieux prendre en compte les aléas de carrière ...................................................183
2 - 1 Les pluripensionnés.....................................................................................183
2 - 2 Lexistence de périodes non validées ..........................................................184
2 - 3 Les périodes au cours desquelles sont perçues de faibles
rémunérations .185
3 - Rapprocher certaines règles fondamentales : cotisations et durée
de cotisation 186
3 - 1 Les cotisations .............................................................................................188
3 - 2 La durée de cotisation et la gestion des carrières .......................................188
4 - Améliorer la compensation financière entre les régimes......................................192
4 - 1 La surcompensation.....................................................................................192
4 - 2 Une articulation avec le Fonds de réserve à prévoir....................................194
II - Des politiques favorisant les choix individuels ..................................................195
1 - Les rachats de cotisation......................................................................................195
2 - Les dispositifs assouplissant lusage du temps....................................................196
2 - 1 Les barèmes déterminant les coefficients dabattement
ou de majoration en
cas de départ anticipé à la retraite ou de départ
différé.......................................197
2 - 2 La retraite progressive .................................................................................198
III - Le droit à linformation .........................................................................................200
1 - Les objectifs du droit à linformation .....................................................................200
1 - 1 Un objectif général dinformation .................................................................200
1 - 2 Améliorer la connaissance des droits individuels ........................................200
2 - Des progrès engagés et à poursuivre ..................................................................201
2 - 1 Limpact des règles de calcul de la pension sur lévaluation
des droits
individuels ............................................................................................................201
2 - 2 La prise en compte des profils de carrière et notamment de la pluriactivité
202
CONCLUSION .....................................................................................................................203
I - Des accords qui portent sur des questions substantielles :..............................203
II - Des points essentiels relèvent de négociations et de décisions
politiques de
l'Etat et des partenaires sociaux ...............................................................................204
III - Un point de désaccord important subsiste ........................................................204
LISTE DES ANNEXES
1. Remerciements.
2. Décret instituant le Conseil dorientation des retraites
3. Composition du Conseil dorientation des retraites
4. Rapport dactivité du Conseil dorientation des retraites
5. Secrétariat général du Conseil d'orientation des retraites
et rédaction du rapport
6. Liste des personnes auditionnées par le Conseil dorientation
des retraites
7. Complément sur lévolution des ratios démographiques
8. Projections financières des régimes de retraite
9. Projections financières du Fonds de réserves
10. La notion de taux de remplacement du revenu dactivité par la
pension de vieillesse
11. La compensation financière entre les régimes de retraite.
Document rédigé à partir de
létude réalisée pour le Conseil dorientation
des retraites par MM. Y. Ullmo, conseiller maître
honoraire à la Cour des comptes et LP. Pelé, administrateur de
lINSEE
12. Relever le taux dactivité des salariés âgés
: les enseignements de la
comparaison des cas néerlandais et finlandais. Résumé de
létude réalisée pour le
Conseil dorientation des retraites par Mme A-M. Guillemard, professeur
des universités et M. G.
Cornet, expert
Extrait Extrait
Retraites : renouveler le contrat social entre les générations. Orientations et débats.
Premier rapport du Conseil d'orientation des retraites
Conseil d'orientation des retraites
6 décembre 2001
INTRODUCTION
Le Conseil d'orientation des retraites livre aujourdhui son premier rapport.
Nombre de questions ont été posées sur les raisons pour lesquelles le gouvernement a
estimé nécessaire de créer une nouvelle commission et de lui confier le soin de rédiger un
nouveau rapport.
Il faut dabord répondre à cette interrogation et décrire le rôle assigné au Conseil et les
méthodes de travail quil a adoptées pour présenter les objectifs de ce premier rapport.
I - Changer le mode de pilotage du système des retraites
Lanalyse des politiques menées à létranger le montre, nombreux sont les pays qui se sont
dotés, de façon durable, dinstruments permettant dassurer la concertation, la transparence
et la veille nécessaires à la gestion dans le long terme des régimes de retraite.
Les formes institutionnelles et les modalités retenues varient. Selon les cas, cest une
commission parlementaire ad hoc qui joue un rôle pivot dans la conduite du processus de
réforme ou encore un conseil de sages placé auprès du gouvernement. Dans les pays
anglo-saxons, des services dactuariat sont chargés de produire de façon régulière des
projections financières à très long terme concernant les régimes de retraite et ces
projections, rendues publiques, alimentent le débat sur lévolution de lassurance vieillesse.
Partout la finalité est la même : organiser dans la durée un débat sur les retraites associant
lensemble des parties prenantes, politiques et syndicales, sappuyant sur des projections
financières et des données régulièrement actualisées et expertisées contradictoirement, puis
discutées de façon publique. Le temps du débat est généralement long et, comme en
témoigne la succession des réformes, le processus nest jamais achevé, car la gestion de
tout système dassurance vieillesse nécessite une adaptation régulière aux évolutions
économiques et sociales, un suivi des mesures mises en uvre et déventuels
réajustements.
En France, le processus de réforme a été jusquà une époque récente différent. Il a fait
coexister des périodes de constat public, des intervalles de concertation, des phases de
crispation et des moments de décision sans négociation préalable. Il sest caractérisé par un
suivi irrégulier des mesures prises.
Au livre blanc sur les retraites, qui a versé au débat de nombreux éléments, ont succédé un
travail discret de concertation mené par la mission Cottave, puis, au mois daoût 1993, une
réforme importante concernant le seul régime général et les régimes alignés sur celui-ci
(régimes des salariés agricoles, des commerçants et des artisans). Simultanément, les
régimes complémentaires des salariés du secteur privé, qui procèdent à des adaptations
régulières, ont décidé dajustements extrêmement significatifs de leurs paramètres de
fonctionnement.
Cette méthode a permis de réaliser des réformes dont lampleur est trop souvent méconnue,
prises soit bien comprise ni que celles-ci soient publiquement insérées dans un processus
de plus long terme. Le niveau des pensions que lon souhaitait atteindre nétait pas affiché,
de même que nétaient pas indiquées les mesures complémentaires à prendre, notamment
dans le champ de lemploi, dès lors que lon souhaitait allonger la durée de lactivité
professionnelle 1.
Le projet de réforme des régimes du secteur public, annoncé en 1995 sans concertation
préalablement organisée, a suscité les réactions que lon connaît. Depuis, plusieurs rapports
ont alimenté le débat sur les retraites, notamment le rapport de la commission de
concertation réunie en 1998, à la demande du Premier ministre, par M. Jean-Michel Charpin,
Commissaire au plan, et lavis donné en 1999 sur lavenir des retraites par le Conseil
économique et social, sur le rapport de M. René Teulade. La controverse qui a suivi la
publication de ces deux rapports, dont un certain nombre de points de convergence nont
guère été remarqués, témoignait de la nécessité de clarifier la discussion et de poursuivre et
approfondir, comme dailleurs chacun des rapports y invitait, la concertation sur les retraites.
Annoncée dans un discours du Premier ministre du 21 mars 2000 présentant des
orientations relatives à lévolution du système de retraites, la création du Conseil
d'orientation des retraites répond à ce besoin. Elle marque une rupture voulue dans le mode
de pilotage de ce système et dans la conduite de la préparation des réformes.
II - Mettre en place des méthodes pour une concertation régulière sur la situation et
lavenir des systèmes de retraite
1 - Réaliser pour lensemble des régimes de retraite la transparence et la concertation dans
la durée
Créé par un décret du 10 mai 2000, le Conseil est composé de trente deux membres. Il se
réunit sous la présidence de Madame Yannick Moreau, membre du Conseil dÉtat, trois
députés et trois sénateurs, les seize personnes désignées par les organisations
représentatives des salariés des secteurs privé et public, les représentants des employeurs 2
et des travailleurs indépendants 3, deux personnes représentant les familles et les personnes
âgées, les directeurs des administrations centrales principalement concernées par les
questions de retraite et des personnalités choisies pour leur expérience et leur compétence
dans ce domaine.
Le décret assigne au Conseil trois missions :
- décrire la situation financière actuelle et les perspectives des différents régimes de retraite,
compte tenu des évolutions économiques, sociales et démographiques ;
- apprécier les conditions requises pour assurer la viabilité à terme de ces régimes ;
- veiller à la cohésion du système de retraite par répartition, en assurant la solidarité entre
les régimes et le respect de léquité, tant entre les retraités quentre les différentes
générations.
Il précise que le Conseil formule toutes recommandations ou propositions de réforme de
Il remet au gouvernement au moins tous les deux ans un rapport, communiqué au Parlement
et rendu public.
Le décret prévoit que le Conseil dispose dune équipe légère dexperts animée par un
Secrétaire général (Anne-Marie Brocas) et que les administrations et institutions publiques
sont tenues de lui communiquer toutes les informations disponibles.
Ainsi conçu, le Conseil a le triple rôle dassurer la transparence et le suivi transversal des
régimes ainsi que de mener une concertation sur les constats et les évolutions à conduire.
Le Conseil doit jouer un rôle important pour éclairer lopinion sur les enjeux du débat relatif
aux retraites, afin de permettre à chaque citoyen de se forger un point de vue et de disposer
de visibilité pour lavenir. Le Conseil considère ainsi que la diffusion dinformations sur les
retraites, accessibles à tous, est une de ses principales responsabilités.
Ce travail de mise à disposition dinformations suppose que soient réalisées très
régulièrement et pour lensemble des régimes les études nécessaires. Si certaines dentre
elles comme les comptes annuels des régimes sont effectuées régulièrement, dautres
données comme les projections des régimes étaient, jusqu'à la création du Conseil, suivies
de manière plus irrégulière. Dans plusieurs domaines, les informations disponibles sont
encore largement insuffisantes. Or, la transparence nest possible que si, avec l'appui de
lensemble des administrations, caisses de retraite et organismes détudes un travail très
régulier est mené pour que les données utiles soient disponibles.
Il nest évidemment pas indifférent que lanalyse et le suivi des données concernant
lactualité et lavenir des retraites aient été confiées non à un organe purement administratif
ou technique mais à une instance pluraliste.
Si certaines données ne prêtent pas à discussion, le choix dindicateurs et le commentaire
qui en est fait prennent un sens dans le débat. Le débat a lieu dabord au Conseil, mais il est
naturellement élargi chaque fois que le Conseil prend une initiative pour rendre publiques
des données.
Ce rôle de concertation donne naturellement du poids aux propositions quil peut faire pour
assurer la solidité financière du système de retraite et la justice 4 entre les cotisants.
Cest cependant aux pouvoirs publics et aux partenaires sociaux quil appartient de décider
et de négocier déventuelles réformes, dans le cadre approprié. Les propositions du Conseil
ne débouchent pas nécessairement sur une décision immédiate. A linverse, des décisions
peuvent naturellement être prises alors que le Conseil poursuit ses travaux. Le temps de la
concertation et de la décision ne sorganisent pas, en effet, nécessairement dans une
succession linéaire, mais peuvent prendre place dans un processus plus global et continu et,
on peut lespérer, de ce fait plus serein.
2 - Des méthodes très interactives pour une concertation élargie
donné les moyens dune expertise propre.
Il a organisé son travail autour de trois axes, faisant chacun lobjet dun groupe de travail :
- âge et travail,
- diversité et inégalités de situations vis à vis de la retraite,
- prospective générale et perspectives financières.
Ces groupes de travail permettent dassocier aux travaux préparatoires non seulement les
membres du Conseil le souhaitant, mais aussi leurs représentants ainsi que les institutions et
les personnels disposant de données utiles aux travaux.
Lexamen du lien existant entre les questions demploi et les questions de retraite a paru
prioritaire à lensemble du Conseil. Il serait vain, en effet, de sinterroger sur des évolutions
des conditions dâge ou de durée dactivité pour louverture du droit à la retraite, sans, dans
le même temps, prendre en compte le fait quaujourdhui plus dune personne sur deux est
inactive au moment où elle demande à bénéficier de sa pension de vieillesse. La réflexion
sur les moyens de faire évoluer cette situation a largement retenu le Conseil et la conduit à
organiser « un colloque » Age et travail 5.
La diversité et les inégalités de situations vis à vis de la retraite soulèvent inévitablement des
interrogations à un moment où lensemble des régimes de retraite, arrivés à maturité,
réalisent ou envisagent des adaptations rendues nécessaires par les transformations de la
société et les futurs déséquilibres démographiques. Le Conseil sest efforcé danalyser la
question de la diversité et des inégalités dans toutes ses dimensions. Il a poursuivi et
approfondi la comparaison entre les différents régimes de retraite. Il a également examiné
les inégalités pouvant résulter de la diversité des parcours professionnels et se trouver
accentuées par la longue période de difficultés qua traversée léconomie française.
Enfin, pour éclairer lavenir, le Conseil a demandé à des organismes économiques 6 de
proposer des scénarios économiques ; les projections ont été faites par les régimes de
retraite et à partir dune maquette globale réalisée par le ministère de lemploi et de la
solidarité 7. Lensemble des hypothèses et données produites a été longuement débattu de
façon à identifier ce qui est certain et ce qui est aléatoire à un horizon lointain et à bien
distinguer les variables qui constitueront une donnée de celles sur lesquelles il est possible
dagir.
III - Poser, dans un premier rapport, le socle des réformes et engager le travail dans la
durée
Le Conseil a pleinement conscience quil na pas traité plusieurs sujets dimportance. Ce
choix na pas été guidé par le fait que telle ou telle question serait tabou. Ni lharmonisation
des régimes, ni la dispersion des avantages familiaux ni les compléments de retraite ne sont
des sujets secondaires ou frappés dinterdit.
Il aurait été en revanche impossible détudier sérieusement de trop nombreux sujets. Cest
actuelle, il a concentré ses travaux sur les sujets qui lui paraissent essentiels pour poser le
socle des réformes à venir.
Le rapport présenté aujourdhui par le Conseil dorientation des retraites est le fruit de ces
premiers travaux.
Il ne prétend pas proposer des réformes clés en main, ce nest pas son rôle, mais fournir les
éléments nécessaires au débat et préparer les choix à effectuer lors de décisions ou de
négociations qui se dérouleront dans un autre cadre. Dans le diagnostic comme dans les
orientations présentées, il distingue les points qui font aujourdhui lobjet dun consensus au
sein du Conseil, ceux qui recueillent un large accord, mais avec des marges de choix
possibles, et enfin, les points sur lesquels les opinions demeurent divergentes. Certaines
orientations qui recueillent un large accord nécessitent encore, si lon souhaite les mettre en
uvre, des approfondissements techniques qui seront réalisés dans la suite des travaux du
Conseil.
Le Conseil juge utile de rappeler les apports très positifs dun système de retraite devenu, au
fil des ans, un élément essentiel du contrat social, gage de sécurité et repère central dans la
vie des français. Les prévisions de long terme montrent que ce système est viable pourvu
que lon en gère ladaptation progressive.
Cependant, linquiétude suscitée par les évolutions démographiques futures et les
incertitudes nées des réformes passées justifient que lon sarrête aujourdhui pour
déterminer collectivement les objectifs du système de retraite et les moyens de les atteindre
au cours des années à venir. Les Français nont pas besoin dêtre sensibilisés au problème
des retraites. Cest, toutes les enquêtes le montrent, un de leur premier sujet de
préoccupation. Ils aspirent en revanche légitimement à savoir ce quils peuvent attendre de
leurs régimes : quelle pension, à quel âge ou après quelle durée dactivité. La confiance,
indispensable à la pérennité dun système fondé sur lengagement des générations
successives, est à ce prix. Cest pourquoi le rapport fait une large place aux principes et
objectifs qui, selon le Conseil, devraient orienter un contrat social renouvelé entre les
générations.
Les mesures à prendre pour faire vivre ce contrat et assurer léquilibre à long terme de
lassurance vieillesse ne sauraient se réduire à de simples ajustements des paramètres de
fonctionnement des régimes de retraite. La contradiction entre lallongement récent, à
quarante ans, de la durée dassurance requise dans le régime général et lexclusion
persistante de lemploi des travailleurs âgés illustre amplement ce fait. Pour atteindre leurs
objectifs, les mesures envisagées doivent sinscrire dans des politiques plus vastes :
politique du travail et de lemploi, politique du financement de la sécurité sociale, politique
des âges.
Les calendriers de mise en uvre doivent être, autant que possible, précisés et les horizons
nécessaire entre le rythme de mise en uvre des solutions suggérées et lapparition des
besoins de financement.
Suivant un ordre de présentation assez classique, le rapport traite dans une première partie
des caractéristiques de la situation actuelle. Dans une deuxième partie, il présente les
éléments à prendre en compte pour le futur. Enfin, il développe, dans une troisième partie,
les orientations et propositions du Conseil dorientation pour le débat sur les retraites.
1 Lanalyse des effets de la réforme de 1993 a donné lieu à un rapport dun groupe inter administratif
réuni sous la présidence de M. Raoul BRIET.
2 Le Mouvement des entreprises de France na pas, pour le moment, souhaité désigner de
représentants siégeant au Conseil. En revanche y sont représentés la Confédération générale des
petites et moyennes entreprises et lUnion des professions artisanales.
3 Délibérément aucun mode de suppléance na été prévu ; aucun membre ne peut se faire
représenter.
4 Le décret utilise le terme déquité. Ce terme na en général pas été repris dans les travaux du
Conseil parce quil a des connotations différentes selon le contexte dans lequel il est utilisé. Les
termes dégalité entre cotisants ou entre régimes, ou de justice ont donc été préférés à la place du
terme équité
5 Les actes du colloque du 5 avril 2001 ont été publiés sous le titre de « Age et travail » en septembre
2001 à la Documentation française.
6 Direction de la prévision du ministère de l'économie, des finances et de l'industrie et Observatoire
français des conjonctures économiques.
7 Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques.
CONCLUSIONS
Depuis sa création, le Conseil d'orientation des retraites a fait un travail solide. Les nuances
ou les divergences de position se sont exprimées avec franchise mais sans conduire à
aucun moment à un blocage des discussions. Pas davantage, les travaux ne se sont heurtés
au refus d'examen d'une variante économique ou d'une hypothèse de mesure de
financement ou de modifications éventuelles de la réglementation actuelle. La conviction
unanimement partagée sur quelques points clés a permis de dégager des accords sur des
questions substantielles.
Mais ce premier rapport, on l'a vu, ne présente pas une réforme toute faite, ce qui ne serait
pas dans le rôle du Conseil. Sont distingués dans le rapport, les points sur lesquels
l'ensemble du Conseil s'accorde, les points qui relèvent d'une négociation et de décisions du
ressort de l'Etat et des partenaires sociaux et les points sur lesquels il y a une divergence
sensible entre les membres.
I - Des accords qui portent sur des questions substantielles :
- Un suivi et une concertation régulière sur lévolution des régimes de retraite sont
nécessaires.
- Les besoins de financement des régimes en 2040 sont, dans les hypothèses économiques
points de PIB. D'ici cette date, le PIB aura lui-même quasiment doublé. Ces besoins de
financement peuvent être influencés par un cheminement économique différent du scénario
de référence qui n'a pas la valeur d'une prévision.
- Un tel besoin de financement est important mais peut être couvert. Le Conseil ne partage
pas l'idée parfois exprimée qu'il sera impossible de financer les retraites.
- Il estime que cet enjeu financier doit être relevé et ne dépend pas simplement de
ladoptation de mesures paramétriques. Cest pourquoi, avant dexaminer la question de la
couverture des besoins de financement, il a souhaité que trois sujets essentiels soient
traités : les principes du contrat entre les générations ; la politique de lemploi et du travail,
primordiale pour ladaptation de la société à sa composition par âges ; la visibilité pour les
actifs du niveau de leurs retraites futures.
- Le moment est effectivement venu de réaffirmer les principes classiques du contrat entre
les générations et den inclure dautres qui répondent à des aspirations nouvelles largement
présentes aujourdhui. Le choix de la répartition et de la solidarité entre les générations, le
choix dun système liant retraites et travail et comportant également une part de solidarité
par loctroi davantages non contributifs, le caractère indissociable du droit au travail et du
droit à la retraite doivent être réaffirmés. En même temps, il faut faire toute leur place à
quatre principes répondant à des aspirations apparues dans un contexte nouveau : solidité
financière ; égalité de traitement entre cotisants ; marges de choix individuelles pour les
assurés ; droit à linformation.
- Il est indispensable de mener une grande politique d'emploi et du travail dans les
entreprises et les administrations pour que le monde du travail s'adapte à une société dans
laquelle l'augmentation continue de l'espérance de vie modifie sa composition par âges. Il
doit faire une bien meilleure place aux salariés âgés qui sont d'abord et surtout des salariés
expérimentés.
- Il est également indispensable de donner une meilleure visibilité aux salariés sur le niveau
futur des pensions par rapport aux salaires (niveau de la première pension et mode
d'indexation). Cette visibilité sur le niveau de remplacement est nécessaire, non seulement
pour ceux qui vont bientôt partir à la retraite et qui savent que les changements sont
progressifs, mais aussi pour les plus jeunes qui se demandent parfois si les cotisations qu'ils
versent aujourd'hui auront pour contrepartie des retraites décentes. La meilleure sécurité
serait atteinte par l'adoption d'un plan de financement de moyen ou de long terme comme le
font d'autres pays étrangers. A défaut, l'affichage des choix faits sur le niveau des retraites
améliorerait la visibilité. Ce choix, arrêté dans une démarche itérative avec l'examen des
besoins de financement, est nécessairement politique.
- La couverture des besoins de financement devra être effectuée en faisant des choix dans
les mesures décrites dans le rapport, choix qui ne relèvent pas de la responsabilité du
Conseil. Ces choix doivent se faire dans le cadre de politiques d'ensemble sur la croissance,
politique salariale.
- Des marges de choix plus grandes doivent être données aux assurés, ce qui correspond au
souhait de beaucoup dentre eux. Une retraite choisie, ou « à la carte », répond à une
légitime aspiration à davantage de liberté ; elle ne résout pas pour autant les problèmes de
financement du système de retraite. Elle doit par ailleurs saccompagner de garanties : les
choix ne seront réels que si le marché du travail fait toute leur place aux salariés âgés.
L'élargissement de marges de choix demande en outre un réexamen des dispositions du
droit du travail pour que les salariés ne soient pas pénalisés par des possibilités de mise à la
retraite précoce.
II - Des points essentiels relèvent de négociations et de décisions politiques de l'Etat
et des partenaires sociaux
Il s'agit notamment du niveau des pensions, du choix des mesures de financement, du
calendrier de décision et de mise en place des mesures. Le rapport du Conseil n'a pas pour
objet de clôturer le débat public, mais de l'enrichir et de contribuer à ce qu'il porte sur les
questions les plus importantes. Dans ce but, toutes les hypothèses envisagées ont été
étudiées sans préjuger des positions des membres sur la probabilité que se produise telle ou
telle situation économique envisagée, ou sur le principe de l'adoption ou de la répartition des
diverses mesures étudiées. Cet examen a été fait dans un souhait partagé d'objectivité.
III - Un point de désaccord important subsiste
Il porte sur la question de savoir comment l'égalité entre les salariés du secteur privé et les
fonctionnaires peut être conçue. Certains membres du Conseil estiment que l'alignement
entre les salariés du secteur privé et les fonctionnaires doit se faire sur la durée de 40
annuités, compte tenu des besoins de financement et de l'augmentation de l'espérance de
vie. D'autres membres du Conseil estiment que l'alignement de la durée de cotisations
devrait se faire par un retour de l'ensemble des actifs à une durée de 37,5 ans de
cotisations. Dans un souci d'objectivité, ils n'ont à aucun moment empêché que soient
étudiées les modalités d'un alignement sur 40 annuités.
Le Conseil va poursuivre ses travaux en examinant les questions, nombreuses, dont il n'a
pas eu le temps de débattre. Plusieurs sont très importantes. Le choix délibéré d'étudier les
questions de solidité financière et d'égalité où son avis était particulièrement attendu ne lui a
pas permis de traiter suffisamment des questions de société, notamment celles liées à la
modification du cycle de vie. Ce choix étant assumé pour le premier rapport,
l'approfondissement des questions de société sera engagé rapidement. Le programme de
travail du Conseil comportera également de nouvelles questions concernant le financement
et l'égalité dans les régimes de retraite et l'approfondissement de toutes les questions
concernant l'activité des salariés expérimentés auxquelles le Conseil attache une importance
particulière.
Lettre_de_mission Lettre de mission
Retraites : renouveler le contrat social entre les générations. Orientations et débats.
Premier rapport du Conseil d'orientation des retraites
Conseil d'orientation des retraites
6 décembre 2001
Décret du 10 mai 2000
portant création du Conseil d'orientation des retraites
Art. 1er. - Il est créé auprès du Premier ministre un Conseil d'orientation des retraites.
Art. 2. - Le Conseil d'orientation des retraites a pour missions :
1) De décrire la situation financière actuelle et les perspectives des différents régimes de
retraite, compte tenu des évolutions économiques, sociales et démographiques ;
2) D'apprécier les conditions requises pour assurer la viabilité financière à terme de ces
régimes ;
3) De veiller à la cohésion du système de retraite par répartition, en assurant la solidarité
entre les régimes et le respect de l'équité, tant entre les retraités qu'entre les différentes
générations.
Le conseil peut formuler toutes recommandations ou propositions de réforme qui lui
paraissent de nature à répondre aux objectifs précédemment définis. Il remet au Premier
ministre, au moins tous les deux ans, un rapport d'ensemble analysant la situation des
régimes de retraite et proposant les mesures jugées nécessaires pour assurer leur équilibre à
long terme. Ce rapport est communiqué au Parlement et rendu public.
Art. 3. - Outre son président, le conseil est composé de trente-deux membres répartis comme
suit :
1) Seize membres représentant les assurés sociaux et les employeurs :
- deux représentants désignés par la Confédération générale du travail (CGT) ;
- deux représentants désignés par la Confédération française démocratique du travail
(CFDT) ;
- deux représentants désignés par la Confédération générale du travail - Force
ouvrière (CGT-FO) ;
- un représentant désigné par la Confédération française des travailleurs chrétiens
(CFTC) ;
- un représentant désigné par la Confédération française de l'encadrement -
Confédération générale des cadres (CFE-CGC) ;
- deux représentants désignés par le Mouvement des entreprises de France
(MEDEF) ;
- un représentant désigné par la Confédération générale des petites et moyennes
entreprises (CGPME) ;
- un représentant désigné par l'Union professionnelle artisanale (UPA) ;
- un représentant désigné par la Fédération nationale des syndicats d'exploitants
agricoles (FNSEA) ;
- un représentant désigné par l'Union nationale des professions libérales (UNAPL) ;
- un représentant désigné par la Fédération syndicale unitaire (FSU) ;
- un représentant désigné par l'Union des fédérations de fonctionnaires UNSA.
2) Trois députés et trois sénateurs, respectivement désignés par l'Assemblée nationale et par
le Sénat.
3) Quatre représentants de l'Etat :
- le commissaire au Plan ;
- le directeur général de l'administration et de la fonction publique ;
- le directeur de la sécurité sociale ;
- le directeur du budget ;
4) Le président de l'Union nationale des associations familiales (UNAF) ;
6) Quatre personnalités choisies en raison de leur compétence et de leur expérience.
Le président et les membres du Conseil d'orientation des retraites sont nommés par le
Premier ministre. Le Premier ministre désigne, parmi les membres mentionnés au 6) du
présent article, celui qui assurera la suppléance du président du conseil en cas
d'empêchement de ce dernier.
Les membres mentionnés aux 1) et 6) du présent article sont nommés pour une durée de
quatre ans. Toute personne ayant perdu la qualité en raison de laquelle elle a été nommée
cesse d'appartenir au conseil.
Art. 4. - Le conseil se réunit sur convocation de son président.
Art. 5. - Sauf dispositions législatives contraires, les administrations de l'Etat et les
établissements publics de l'Etat sont tenus de communiquer au Conseil d'orientation des
retraites les éléments d'information et les études dont ils disposent et qui apparaissent
nécessaires au conseil pour l'exercice de ses missions. Le conseil leur fait connaître ses
besoins afin qu'ils soient pris en compte dans les programmes de travaux statistiques et
d'études de ces administrations et établissements.
Art. 6. - Le Conseil d'orientation des retraites est assisté par un secrétaire général nommé par
le Premier ministre. Le secrétaire général assure, sous l'autorité du président, l'organisation
des travaux du conseil ainsi que l'établissement de ses rapports.
Art. 7. - Les crédits nécessaires au fonctionnement du Conseil d'orientation des retraites sont
inscrits au budget des services du Premier ministre.
Art. 8. - Le présent décret sera publié au Journal officiel de la République française.
Fait à Paris, le 10 mai 2000.
Lionel Jospin
Composition du conseil dorientation des retraites
Présidente du Conseil : Mme Moreau (Yannick)
1) Au titre des membres représentant les assurés sociaux et les employeurs :
- M. Le Duigou (Jean-Christophe) et M. Ferrier (Vlady), représentant la
Confédération générale du travail (CGT) ;
- M. Toulisse (Jean-Marie) et M. Périer (Michel), représentant la Confédération
française démocratique du travail (CFDT) ;
- M. Devy (Bernard) et M. Gaillard (Roland), représentant la Confédération
générale du travail-Force ouvrière (CGT-FO) ;
- M. Deroussen (Jean-Louis), représentant la Confédération française des
travailleurs chrétiens (CFTC) ;
- Mme Morgenstern (Solange), représentant la Confédération française de
l'encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC) ;
- M. Peyronnet (Jean), représentant la Confédération générale des petites et
moyennes entreprises (CGPME) ;
- M. Buguet (Robert), représentant l'Union professionnelle artisanale (UPA) ;
- M. Boisson (Jean-Pierre), représentant la Fédération nationale des syndicats
d'exploitants agricoles (FNSEA) ;
- M. Salustro (Edouard), représentant l'Union nationale des professions libérales
(UNAPL) ;
- M. Labroille (François), représentant la Fédération syndicale unitaire (FSU) ;
- M. Barbarant (Jean-Claude), représentant l'Union des fédérations de
fonctionnaires -UNSA ;
2) Au titre des personnalités choisies en raison de leur compétence et de leur
expérience :
- M. Blanchet (Didier) ;
- Mme Legros (Florence) ;
- M. Volkoff (Serge).
3) Au titre des représentants de lAssemblée nationale et du Sénat :
- M. Gremetz (Maxime)
- M. Jacquat (Denis)
- M. Recours (Alfred)
- M. Bourdin (Joël)
- M. Domeizel (Claude)
- M. Leclerc (Dominique)
4) Au titre des représentants de lEtat :
- Mme Mahieux (Sophie)
- M. Richard (Jacky)
- M. Charpin (Jean-Michel)
- M. Bras (Pierre-Louis)
5) M. Brin (Hubert), représentant l'Union nationale des associations familiales (UNAF) ;
6) M. Bonnet (Maurice), représentant le Comité national des retraités et des personnes
âgées (CNRPA) ;
Mme Brocas (Anne-Marie) est secrétaire générale du Conseil.
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