Extrait Extrait
Rapport à la suite du débat sur les OGM et les essais au champ
Christian BARBUSIAUX, Jean-Yves LE DEAUT, Didier SICARD, Jacques TESTARD
Mars 2002
Présentation
Le 14 novembre 2001, le Ministre de l'agriculture et de la pêche et celui de l'aménagement du territoire et de l'environnement, en liaison avec ceux chargés de la recherche, de la santé et de la consommation, nous ont demandé d'organiser un débat public sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) et les essais au champ, de le piloter, de veiller à sa déontologie et d'en assurer la synthèse.
Le débat devait porter sur les questions suivantes :
Quels sont les enjeux pour la société de la recherche sur les OGM, au plan national et international ? Pour quelles raisons conduit-on des essais au champ ?
Comment évaluer les bénéfices et les inconvénients potentiels des OGM, dans toutes leurs dimensions sociales, environnementales, sanitaires, économiques ou culturelles ? Quelles conséquences en tirer pour les décisions publiques ?
Comment améliorer la participation citoyenne et l'information du public sur les OGM et mieux prendre en compte ses attentes ?
Ces sujets ne devaient pas être envisagés pour l'ensemble des organismes génétiquement modifiés qui comprend par exemple les vaccins, déjà constitués quasi totalement d'OGM, et la biologie nucléaire à destinée humaine qui se fonde sur les OGM mais spécifiquement sur les plantes génétiquement modifiées (PGM). Nous emploierons donc ce terme de PGM dans le rapport.
Le débat s'est déroulé les 4 et 5 février 2002 au Conseil économique et social.
A l'issue de ces deux journées de débats, le présent rapport propose une première synthèse.
Après avoir rappelé l'organisation et le déroulement des débats (Cf. §1), il retrace les principales attentes des citoyens et des acteurs de la société civile qui se sont exprimé pendant les deux jours (Cf. §2). Il se propose ensuite de dégager des éléments d'analyse (Cf. §3) et de formuler les recommandations qui paraissent à notre Comité ressortir du débat (Cf. §4), sans méconnaître que les avancées ultérieures des connaissances et des discussions, sur ce sujet nécessairement évolutif, nécessiteront une adaptation régulière de l'action des pouvoirs publics.
Conclusion
Le débat en public n'a jamais fait apparaître une remise en cause du principe de la recherche sur les PGM. Il n'a jamais été question de nier ni l'existence d'une recherche fondamentale qui reste évidemment nécessaire, ni l'existence d'une compétition scientifique internationale et d'enjeux économiques importants.
En revanche, la recherche et la compétition économique ne doivent pas faire considérer le passage en champ comme une simple péripétie imposant sa propre logique, indifférente aux enjeux sociaux. Car ce passage reste une recherche qui demeure d'autant plus vécue comme une intrusion dans l'espace social que l'intérêt au moins immédiat pour le consommateur apparaît bien modeste. Un encadrement extrêmement strict des normes de sécurité, la confiance dans des instances évaluant d'une part les risques envisagés (santé publique,