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L'évaluation de l'enseignement dans les universités françaises : rapport suivi de l'avis du Haut conseil de l'évaluation de l'école

Auteur(s) :

Editeur :

  • Haut conseil de l'évaluation de l'école

Date de remise : Février 2002
112 pages

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Ce rapport a pour but de permettre au Haut Conseil de l'Evaluation de l'Ecole de formuler un avis sur "l'évaluation de l'enseignement dans les universités françaises". Ce rapport cherche à établir un état des lieux de l'évaluation de l'enseignement dans les universités françaises afin de repérer les principales caractéristiques, évolutions et tendances de la situation actuelle, 4 ans après l'arrêté du 9 avril 1997 invitant les universités à organiser, pour "chaque cursus" de DEUG, de licence et de maîtrise "une procédure d'évaluation des enseignements et des formations". Le Haut Conseil a décidé de centrer cette étude sur un champ assez précis, pour permettre un diagnostic aussi significatif que possible : celui de "l'enseignement" proprement dit : tel qu'il est conçu (définition des objectifs, des contenus, des méthodes, des pratiques d'évaluation... mais aussi modalités de définition de ces aspects - individuelles ou collectives) et tel qu'il est réalisé par les enseignants.



SYNTHESE

INTRODUCTION

CHAPITRE 1- DE QUOI S'AGIT- IL ?
1.1 - Qu'est-ce que l'évaluation de l'enseignement ?
1.2 - Bref historique

CHAPITRE 2 - LA SITUATION AUJOURD'HUI DANS LES UNIVERSITES FRANÇAISES … ET AU MINISTERE
2.1 - Dans les universités
2.2 - Au ministère
2.3 - En conclusion : y a-t-il des évolutions sur la question de l'évaluation de l'enseignement ?

CHAPITRE 3 - ELEMENTS D'ANALYSE
3.1 - Obstacles au développement de l'évaluation de l'enseignement, liés à la nature même de
cette activité
3.2 - Obstacles liés à la non-reconnaissance des activités d'enseignement à l'université
3.3 - Autres obstacles, liés à la culture universitaire française
3.4 - L'absence de volonté politique de l'administration centrale en matière d'évaluation des
enseignements (et d'évaluation en général ?)
3.5 - Facteurs favorisant le développement de l'évaluation de l'enseignement

CHAPITRE 4 - QUE PEUT- ON OU DEVRAIT- ON FAIRE ?
4.1 - Enoncer les enjeux d'une "évaluation instituée" et en débattre
4.1.1 - Motifs d'ordre général (pour se lancer dans l'évaluation de l'enseignement)
4.1.2 - Gains possibles pour les principaux acteurs concernés : une meilleure résolution des
problèmes posés par une population qui a considérablement évolué
4.2 - Une théorie de l'évaluation de l'enseignement adaptée au contexte de notre culture
4.3 - Une administration centrale qui accepte de jouer un rôle actif dans l'impulsion et le suivi
4.4 - Des décisions concernant la carrière des enseignants
4.5 - Les obstacles à la prise en compte des activités pédagogiques dans la carrière
4.6 - Autres suggestions
L'arrêt de l'expérience madrilène permet-elle d'annoncer un échec prévisible de la généralisation de l'évaluation de
l'enseignement dans les universités françaises ?

EN GUISE DE CONCLUSION :RECONSTRUIRE UN SYSTEME DE VALEURS POUR L'UNIVERSITE ?

Bibliographie

Plan détaillé

ANNEXES
Annexe 1 : Exemples d'évaluations à l'Université Victor Segalen Bordeaux 2
Annexe 2 : Un exemple d'évaluation d'enseignements à l'Université des Sciences et
Technologies de Lille 1
Annexe 3 : 4ème de couverture du Rapport Crozier de 1990

AVIS DU HAUT CONSEIL DE L'EVALUATION DE L'ECOLE









Synthèse
L'évaluation de l'enseignement dans les universités françaises : rapport suivi de l'avis du haut conseil de l'évaluation de l'école

Jacques
Dejean
Haut conseil de l'évaluation de l'école
février
2002

1 - Aujourd'hui, alors qu'elle est très souvent confondue avec l'évaluation
des formations,
l'évaluation de l'enseignement est très peu développée
dans les universités françaises.
Il existe néanmoins quelques initiatives intéressantes mais isolées,
qu'il faut faire connaître
(par exemple Bordeaux 2 et Lille 1 pour l'évaluation des enseignements
et des formations,
Grenoble 1, Toulouse 3 et Nantes pour celle des formations).
Les plus remarquables sont celles qui ne se réduisent pas à des
démarches d'auto-évaluation.
2 - Pour des raisons multiples, les enseignants-chercheurs redoutent que cette
évaluation ne
débouche sur une évaluation des enseignants.
En général, ils n'en voient pas l'intérêt, n'en saisissent
pas les enjeux et ne perçoivent pas qu'elle
peut être un outil d'aide à la résolution des problèmes
posés par une population qui a
considérablement évolué.
Parmi d'autres, elle est un des éléments utiles d'une nécessaire
politique d'amélioration de
la qualité de notre enseignement supérieur et de l'indispensable
revalorisation des
fonctions d'enseignement.
Ces enjeux devraient être largement explicités, communiqués
et discutés, tout comme les
fondements théoriques sur lesquels on peut s'appuyer pour développer
des pratiques
d'évaluation de l'enseignement adaptées à la culture de
notre pays.
3 - On peut être inquiet pour l'avenir de la qualité de l'enseignement
dans les universités
françaises :
- quand on sait que de nombreux enseignants-chercheurs vont être recrutés
dans les prochaines
années,
- et quand on voit les contraintes et la pression qui s'exercent sur les nouveaux
recrutés pour les
inciter à privilégier leurs autres missions au détriment
de l'enseignement.
Les conditions actuelles de recrutement et de promotion des enseignants-chercheurs
sont
un obstacle à l'amélioration de la qualité de cet enseignement.
Compte tenu des spécificités de notre système éducatif,
on peut penser que les choses ne
bougeront en France que lorsque les pratiques d'évaluation des enseignements
et des
formations (et avec elles toutes celles qui contribuent à la qualité
de l'enseignement) auront
des répercussions sur la carrière des enseignants, répercussions
dont les modalités sont à
définir avec les enseignants eux-mêmes.
Il faut prévoir et organiser une formation à l'enseignement pour
tout nouvel enseignant, mais
également pour accompagner le développement de l'évaluation
de l'enseignement.
4 - L'absence de volonté politique du ministère dans ces domaines
est vivement ressentie
sur le terrain.
Le ministre a certainement un rôle déterminant à jouer :
- en impulsant une véritable politique d'évaluation pour l'enseignement
universitaire, qui ne se
limite pas au développement de pratiques d'auto-évaluation,
- en impulsant la mise en place d'une véritable formation à l'enseignement
pour tous les
enseignants-chercheurs,
- et en vérifiant que ses services jouent effectivement un rôle
d'impulsion, de suivi et d'appui dans
ce domaine, rôle qu'ils ne jouent pas pour l'instant.
5 - L'évaluation pose inévitablement la question des valeurs :
après une période où l'université a
dû faire face à une augmentation considérable du nombre
de ses étudiants en quelques
décennies, certains estiment indispensable aujourd'hui l'instauration
d'un véritable débat
sur les valeurs de l'université et des enseignants-chercheurs.